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vendredi 06 novembre 2009, a 18:17
HADOPI MENACÉE Le Parlement européen arrache un accord sur les coupures d'Internet
 

Le Parlement européen prend des forces. Il ne veut plus se laisser marcher sur les pieds ou, du moins, plus aussi facilement qu'avant. Face au Conseil (les représentants des États membres), les eurodéputés ont tenu bon, mercredi 4 novembre, pour protéger les droits des citoyens sur Internet. Au menu : le paquet télécom, ensemble de directives européennes destinées à réguler les télécommunications dans l'Union et plus particulièrement la partie touchant aux droits des internautes, au respect de la vie privée et de la présomption d'innocence, et à l'interdiction des suspensions arbitraires des connexions. Face à eux, les délégations gouvernementales menées par la France ont essayé de vider le texte concerné de son sens. En trame de fond, la survie des lois antipiratage adoptées ou en cours d'adoption dans certains États membres, dont la fameuse loi Hadopi.

Menés par Catherine Trautmann, les parlementaires ont maintenu l'essentiel de leurs exigences . Corinne Lepage, eurodéputée et membre de la Commission ITRE (télécoms), raconte le calvaire de la négociation. La partie concernant la protection des internautes face aux suspensions de connexion a été l'objet d'une bataille politique sanglante. Principal point d'achoppement : l'opposition entre une procédure administrative, défendue par les États pour des sanctions plus efficaces, et une procédure judiciaire, défendue par le Parlement européen pour protéger les citoyens via la séparation des pouvoirs.

"L'obligation de passer par une procédure de justice préalable, c'était non négociable", explique la vice-présidente du Modem, qui a "twitté" la réunion en direct . Mais en milieu de soirée, "Catherine Trautmann est revenue de la concertation avec un texte inacceptable, le Conseil avait tout retoqué. La discussion a été très, très ferme" et les eurodéputés ont à nouveau maintenu leurs exigences. Visiblement experte du compromis, Catherine Trautmann est retournée voir le Conseil et "a bien négocié", selon Corinne Lepage, qui estime que Hadopi peut se faire du souci car le texte adopté par l'UE "ne colle pas" avec la suspension d'abonnement prévue par la nouvelle loi française.

Bras de fer sur les mots

Pourtant, ce texte ne fait pas l'unanimité. La Quadrature du Net, collectif citoyen impliqué dans la lutte contre la loi Hadopi, dénonce le jeu sur les mots . Avant la négociation, le texte exigeait une "décision" de justice préalable à la coupure d'Internet alors que les nouveaux termes se contentent d'une "procédure" préalable : la décision du juge ne doit plus être attendue pour suspendre une connexion. Une autre transformation sémantique laisserait par ailleurs le champ libre à des restrictions de connexion par le secteur privé. Malgré tout, le collectif reconnaît qu'il y a "de bons principes, très intéressants, comme l'exigence du respect de la vie privée et de la présomption d'innocence".

Corinne Lepage reconnaît des failles. "Ce n'est évidemment pas un texte parfait, mais compte tenu de la position très ferme du Conseil, nous ne pouvions pas faire mieux", explique-t-elle. "Et puis les pressions françaises ont été particulièrement fortes, contre la protection des libertés", poursuit-elle, refusant d'en dire plus. Catherine Trautmann, que lepoint.fr avait interviewée en avril 2009 , avait elle aussi dénoncé des "pressions qui viennent de tout en haut" de l'État français.

L'ancienne ministre de la Culture se félicite que "cette étape positive ouvre la voie à l'adoption pleine et entière du Paquet télécoms". En effet, le bras de fer sur la lutte contre le piratage a failli faire capoter l'ensemble de la nouvelle régulation européenne des télécommunications. Cela aurait eu pour conséquence de remettre à zéro toutes les négociations de l'Union et de ses 27 États membres, un travail titanesque que personne n'avait envie de recommencer. Le texte renégocié mercredi doit être voté au Parlement européen lors de sa séance plénière du mois de novembre, et adopté par le Conseil dans la foulée. Une "formalité" selon Corinne Lepage. Ensuite, il faudra attendre des procédures judiciaires, et la décision ultime de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE), si elle est un jour saisie. Dans tous les cas, il faudra patienter plusieurs années pour connaître l'effet réel du Paquet télécom sur les libertés des internautes européens.

vendredi 23 octobre 2009, a 17:16
Hadopi 2 : analyse point par point de la décision du Conseil constitutionnel
 

Le Conseil vient de rendre sa décision sur Hadopi 2. Les neuf juges n'auront pas fait de nouvel affront au gouvernement en validant une grosse partie du texte. Toutefois, ils retirent aux ayants droit la possibilité de demander des dommages et intérêts dans le cadre de l'ordonnance pénale. Entre le beurre et la crémière, il faudra choisir en attendant un nouveau texte correctif. Analyse :

Dans les 11 pages de sa décision, le Conseil a jugé licite

  • La procédure TGV pour les infractions au droit d'auteur commises en ligne
  • Le rôle de l'Hadopi, des agents assermentés, et de la commission des droits
  • Le fait que l'abonné suspendu doive continuer à payer son abonnement
  • Le régime du défaut de sécurisation et la sanction de suspension.
C'est la quasi-totalité du texte qui passe sans problème le cap constitutionnel.

Constater des faits très susceptibles

Sur l'article 1 : le fait que les milices des ayants droit et la Commission de protection des droits peuvent « « constater les faits susceptibles de constituer des infractions » n'est ni obscur ni ambigu. La loi est bien intelligible et accessible, pour le juge constitutionnel. Le juge précise que « les autorités judiciaires compétentes apprécieront au cas par cas, comme il leur appartient de le faire, si un supplément d'enquête ou d'instruction est nécessaire ou si les éléments de preuve rassemblés par les fonctionnaires et agents chargés de fonctions de police judiciaire suffisent à établir la culpabilité de la personne mise en cause et permettent, le cas échéant, la détermination de la peine ». Le caractère hargneux ou non d'Hadopi 2 dépendra de l'appétence des juridictions saisies.

L'ordonnance pénale vaut même en matière technique

Sur l'article 6, sur l'ordonnance pénale, le Conseil constitutionnel estime que le législateur a la liberté de soumettre « la poursuite de ces infractions [commises en ligne] à des règles spécifiques ; qu'en prévoyant que ces délits seraient jugés par le tribunal correctionnel composé d'un seul magistrat du siège ou pourraient être poursuivis selon la procédure simplifiée, le législateur a entendu prendre en compte l'ampleur des contrefaçons commises au moyen de ces services de communication ». Le Conseil constitutionnel valide la procédure TGV de l'ordonnance pénale ou du juge unique, en permettant au surplus au juge de suspendre l'accès.

Les ayants droit temporairement désarmés

Sur ce terrain, le Conseil constitutionnel va désarmer les ayants droit : le Conseil souligne d'abord que rien « ne s'oppose à ce que le juge puisse également statuer, par ordonnance pénale, sur la demande de dommages et intérêts formée par la victime », dès lors « qu'il estime disposer des éléments suffisants lui permettant de statuer ». Or, la loi Hadopi 2 a oublié de préciser les formes de cette demande. C'est un cas d'incompétence négative qui donne trop de pouvoir au règlement.

Autre chose, la loi se contredit : l'article 495-6-1 du code de procédure pénale prévoit que, dans le cadre de la procédure simplifiée, la victime peut former une demande de dommages et intérêts. Dans ce cas, elle s'oppose à l'ordonnance pénale. Les textes ne sont donc pas cohérents.

Le Conseil dira aussi que cette loi « ne garantit pas le droit du prévenu de limiter son opposition aux seules dispositions civiles de l'ordonnance pénale ou à ses seules dispositions pénales ».Une option qui n'existe pas dans le texte et qui devra être corrigée au besoin

La peine de suspension d'un an contre le contrefacteur est validée

Sur l'article 7 qui prévoit la suspension en tant que peine complémentaire à une action en contrefaçon. Le conseil constitutionnel ne jugera pas l'opportunité d'une telle sanction, mais son éventuelle disproportion. Est-ce le cas ici ? Non : « l'instauration d'une peine complémentaire destinée à réprimer les délits de contrefaçon commis au moyen d'un service de communication au public en ligne et consistant dans la suspension (...) pour une durée maximale d'un an, assortie de l'interdiction de souscrire pendant la même période un autre contrat (...), ne méconnaît pas le principe de nécessité des peines ». Circulez, donc...

L'abonné suspendu devra continuer à payer

L'abonné suspendu devra continuer de payer : pour le Conseil, cela « ne constitue ni une peine ni une sanction ayant le caractère d'une punition ». Pourquoi ? Car « cette disposition trouve son fondement dans le fait que l'inexécution du contrat est imputable à l'abonné ».

Le rôle de la Commission des droits et celui de la Haute Autorité sont validés : « aucune règle ni aucun principe constitutionnel ne s'oppose à ce qu'une autorité administrative participe à la mise en oeuvre de l'exécution de la peine de suspension de l'accès à internet ».

La négligence caractérisée fait son entrée en France

Sur l'article 8, qui vise la suspension pour négligence caractérisée. Le conseil valide le fait qu'il appartiendra au pouvoir réglementaire de définir les éléments constitutifs « de la négligence caractérisée », et non à la loi. Le CC explique en outre et sans détour que « s'il appartient aux juridictions (...)d'apprécier les situations de fait répondant à la « négligence caractérisée » (...) cette notion, qui ne revêt pas un caractère équivoque, est suffisamment précise pour garantir contre le risque d'arbitraire. » Personne à ce jour ne sait ce qu'est la négligence caractérisée, ou du moins les fameux logiciels de sécurisation. Interrogée maintes fois par les députés, la Rue de Valois n'a jamais éclairé la représentation nationale sur ce point pourtant crucial.

2 ans de prison et 30 000 euros d'amende en cas de réabonnement

Enfin, la peine de deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende qui attend celui qui aura bravé l'interdiction de souscrire un nouveau contrat d'abonnement durant sa période de bannissement n'est pas disproportionnée selon le Conseil constitutionnel.

Le Conseil n'aura soulevé d'office aucune question de conformité à la Constitution, ni fait de réserve d'interprétation pour prévenir du risque d'excès sécuritaire, si ce n'est en passant la patate au juge judiciaire. Nous souhaitons à ce dernier bon courage.

vendredi 23 octobre 2009, a 17:13
Le Conseil constitutionnel valide l'essentiel de la loi HADOPI 2 La fin des clémen... haricots
 


Le Conseil constitutionnel a validé une grosse partie du texte, si ce n'est la possibilité pour les ayants droit de demander des dommages et intérêts, possibilités rédigées en des termes trop flous. 

Voilà la copie du communiqué de presse. Nous analysons la décision actuellement.



Le 22 octobre 2009, par sa décision n° 2009-590 DC, le Conseil constitutionnel a examiné le recours dont il avait été saisi par plus de soixante députés à l'encontre de la loi relative à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet dite « Loi Hadopi 2 ».

À la suite de la loi du 12 juin 2009 dite « Hadopi 1 », partiellement censurée par le Conseil constitutionnel (n° 2009-580 DC du 12 juin 2009), la loi « Hadopi 2 » poursuit deux orientations principales. D'une part, elle soumet le jugement des délits de contrefaçon commis sur internet à des règles de procédure pénale particulières. D'autre part, elle institue deux peines complémentaires, délictuelle et contraventionnelle, de suspension de l'accès à un service de communication au public en ligne.

Les députés requérants contestaient ces orientations et soulevaient des griefs à l'encontre des articles 1er, 6, 7, 8 et 11. Le Conseil a rejeté l'ensemble de ces griefs à l'exception de celui dirigé contre l'article 6.II de la loi. Il a, sur ce point, censuré la disposition relative au prononcé de dommages et intérêts civils par le juge de l'ordonnance pénale.

I – L'article 1er de la loi porte sur la HADOPI et les pouvoirs de ses membres et de ses agents. Les requérants soutenaient que ces dispositions étaient obscures et ambiguës et demandaient au Conseil constitutionnel de les interpréter. Le Conseil a écarté ce grief au regard des termes clairs de la loi qu'il incombera aux autorités judiciaires d'appliquer.

L'article 6 institue une procédure pénale spécifique applicable aux délits de contrefaçon commis par internet (jugement à juge unique et procédure simplifiée de l'ordonnance pénale). Le Conseil constitutionnel a déjà eu l'occasion de juger cette procédure conforme à la Constitution (Décision n° 2002-461 DC du 29 août 2002). Il a confirmé cette jurisprudence et écarté les griefs des requérants contestant cette procédure pénale.

L'article 7 instaure une peine complémentaire, délictuelle, de suspension de l'accès à internet. Cette instauration ne méconnaît ni le principe de nécessité des peines ni le principe d'égalité devant la loi. Elle n'est notamment pas caractérisée par une disproportion manifeste entre l'infraction et la peine encourue. Son instauration relevait donc du pouvoir général d'appréciation du législateur.

L'article 8 instaure la même peine complémentaire de suspension de l'accès à internet en matière contraventionnelle. Il reviendra au pouvoir réglementaire de définir les éléments constitutifs de cette infraction, dont le Conseil constitutionnel n'est pas saisi. Dès lors, le grief ne pouvait qu'être écarté.

II – Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions de l'article 6.II de la loi permettant au juge de statuer par ordonnance pénale sur la demande de dommages et intérêts. Il a jugé que rien ne s'opposait à cette orientation mais qu'il incombait alors au législateur de fixer dans la loi les règles applicables et non de les renvoyer au décret. L'article 34 de la Constitution réserve en effet à la loi le soin de fixer les règles de procédure pénale. En l'espèce, le législateur a méconnu sa compétence ne fixant pas lui-même les précisions nécessaires à l'application de la loi. En conséquence, le Conseil constitutionnel a censuré, pour incompétence négative, à l'article 6.II de la loi, le deuxième alinéa de l'article 495-6-1 du code de procédure pénale.

jeudi 11 juin 2009, a 18:26
Loi/téléchargement illégal : le gouvernement français minimise le revers
 

"90% de la loi a été validée par le Conseil constitutionnel, notamment la création de la Haute autorité qui s'appelle l'Hadopi, tout le processus pédagogique d'envoi des mails, d'envoi des lettres recommandées qui me paraît tout à fait crucial", a déclaré la ministre de la Culture, Christine Albanel, à la radio Europe 1. Cette loi, voulue et fermement défendue par le président Nicolas Sarkozy, prévoyait que les auteurs de téléchargement illégal de musique et de films devaient recevoir dans un premier temps un courriel d'avertissement. En cas de récidive, leur accès à l'internet devait être suspendu après décision d'une "haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet" (Hadopi). La France devait ainsi devenir le premier pays européen à faire appliquer par la loi des coupures d'accès à l'internet. Mercredi, le Conseil, garant de la constitutionnalité des lois en France, a estimé que la coupure de l'abonnement ne pouvait incomber qu'à un juge, et non à une autorité administrative. Mme Albanel a indiqué que deux options s'offraient désormais au gouvernement. "On peut soit promulguer le texte tout de suite, et ensuite le compléter au Parlement sur la partie qui a été effectivement censurée, soit repartir tout de suite au Parlement pour compléter le texte (de la partie amputée par décision constitutionnelle, ndlr)", a-t-elle expliqué. Le texte devrait être promulgué à l'exception des dispositions invalidées, selon des sources gouvernementales. Le Premier ministre François Fillon attend "des propositions" du ministère de la Culture pour mettre au point "un complément "le plus vite possible", selon ces sources. Une réunion devait avoir lieu jeudi après-midi à l'Elysée sur ce sujet, a-t-on par ailleurs appris de source proche de la présidence. "Le président est décidé à trancher très rapidement la question", a indiqué cette source. Une autre source proche du dossier a affirmé qu'un "projet de loi" serait déposé à la rentrée. Il devra "préciser la nature du délit et de la sanction" avec "recours ou non à un juge". Le Parti socialiste, qui juge la loi inutile et liberticide, a estimé qu'elle devait être "entièrement réécrite". "Je demande au gouvernement d'admettre qu'il a fait une erreur", a déclaré jeudi le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault sur la radio RMC. "L'erreur serait de persister dans l'erreur", a-t-il ajouté, demandant l'organisation d'"états généraux du financement de la création culturelle en France".

mardi 20 mars 2007, a 16:01
Le tribunal des conflits tranche contre le gouvernement
 

Il a estimé que la décision concernant le respect du droit international ou non du Contrat nouvelles embauches revenait à la justice judiciaire et non à la justice administrative. 
Le Tribunal des conflits a statué lundi 19 mars contre le gouvernement en estimant qu'il appartenait à la justice judiciaire et non à la justice administrative de décider si le contrat nouvelles embauches (CNE) respecte le droit international, a-t-on appris auprès du ministère de l'Emploi.
Cette décision ne préjuge pas de la légalité du CNE au regard de la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui interdit de licencier sans justification durant une période déraisonnable.
Contesté par les syndicats depuis sa création en août 2005, le CNE est un contrat de travail à durée indéterminée, réservé aux entreprises de 20 salariés ou moins. Il prévoit une période d’essai de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier son salarié sans avoir à fournir de justification.
L'affaire a démarré après le licenciement en janvier 2006 de Linda, une secrétaire embauchée en CNE, après deux CDD d'affilée, à Versailles (Yvelines), et qui a dénoncé la rupture de son contrat.

Contraire à l’OIT

Dans un premier temps, le conseil des prud'hommes de Longjumeau lui a donné raison et a rendu un jugement de principe contre le CNE - une première -, en estimant que le CNE était contraire à la convention 158 de l'OIT.
L’employeur et le parquet avaient alors fait appel et l'affaire aurait dû être jugée à l'automne par la cour d'appel de Paris.
Le dossier est alors remonté jusqu'au Tribunal des conflits, le gouvernement soutenant qu'il relevait de la justice administrative, et non de la justice classique (judiciaire).
Le tribunal des conflits lui a donné tort lundi. "Cette question est maintenant tranchée et les tribunaux judiciaires auront à se prononcer", a déclaré le ministère dans un communiqué.
A l'audience lundi, le commissaire du gouvernement, à savoir le haut fonctionnaire chargé de dire le droit (et non de représenter le gouvernement), a demandé que le dossier soit remis à la Cour d'appel de Paris.
L'avocat de la CGT et de la CFTC, Me Arnaud Lyon-Caen, a estimé que c'était une question de "bon sens juridique".

5% des intentions d’embauche

Pour lui, il ne faisait aucun doute que l'ordonnance ayant créé le CNE avait été ratifiée de facto par le Parlement. Or, les tribunaux classiques ont le droit en France d'apprécier si une loi (ou en l'espèce, une ordonnance ayant acquis une valeur législative) est compatible avec un traité international.
Le tribunal les a suivis dans cette interprétation.
Dans son communiqué, le gouvernement a vanté, de son point de vue, les avantages du CNE pour la relance de l'emploi en France.
Une récente enquête du ministère de l'Emploi (Dares) a toutefois refusé de conclure en ce sens, jugeant impossible à ce stade de mesurer précisément les effets nets du CNE sur l'emploi.
Depuis septembre, le CNE représente 5% environ des intentions d'embauche des entreprises de moins de 20 salariés, selon les données communiquées aux Urssaf.

vendredi 02 mars 2007, a 20:20
La réforme de la justice jugée anticonstitutionnelle
 

Jeudi 2 février, quatre articles dont deux dispositions phares de la loi réformant la justice ont été retoquées par le Conseil constitutionnel.

La première disposition concerne la responsabilité des magistrats, c’est d’ailleurs celle qui avait inspiré Nicolas Sarkozy, lorsqu’il avait déclaré le 20 septembre dernier que les juges étaient responsable de la récidive en Seine-Saint Denis, et plus généralement en leur reprochant leur « manque de courage ».

Le premier président de la Cour d’appel de Paris, Renaud Chazal de Mauriac, lui avait répondu à l’époque qu’« opposer les institutions les unes aux autres est une démarche stérile qui peut s’avérer dangereuse et réjouir ceux qui ne respectent pas les lois de la République ».

La censure du Conseil constitutionnel confirme ce jugement.

Suite à cette décision, nous attendons de Nicolas Sarkozy qu’il ait le courage de dire si OUI ou NON, il compte appliquer le programme de l’UMP, qui reprend cette disposition au risque à son tour de censurer le Conseil constitutionnel lui-même.

La deuxième disposition, porte sur la possibilité donnée au justiciable d’en appeler au Garde des Sceaux pour qu’il saisisse à son tour le CSM s’il se plaint pour ce qui le concerne de la procédure en cours.

Les sages ont sûrement dû imaginer Balkany interpellant Toubon pour rendre leur avis, en invoquant : "le principe de la séparation des pouvoirs et celui de l’indépendance de l’autorité judiciaire" tout en ajoutant à leur critique « la méconnaissance » de ces principes par le législateur qui n’est autre que l’UMP.

Nous voulons une justice indépendante et non inféodée au pouvoir politique.

Nous voulons une justice dotée de moyens et non accablée de tous les maux par ceux qui se défaussent sur elle.

Nous voulons une justice conforme à nos valeurs et à nos principes, ceux de la République.

Une justice conforme à la Constitution, ce que Nicolas Sarkozy par son programme ne peut garantir.

 

vendredi 16 février 2007, a 18:00
Un autre Code du travail, épuré, allegé, lors d’un Conseil des ministres en mars ?
 

La “recodification” du Code du travail a été préparée en secret, D&S l’a révélé, dénoncé, pas à pas depuis le 16 février 2005. (Lire notamment D&S n° 138 “Un coup de Trafalgar caché contre le Code du travail”). Une commission avait été mise en place par Raffarin et Larcher. Elle a travaillé sous la direction de M. Combrexelle, Dgt. Les ordonnances Villepin d’août 2005 ont légitimé par avance ces travaux et prévu, toujours par ordonnance, de les faire ratifier avant le 31 octobre 2006. A cause de sa défaite en rase-campagne sur le Cpe, Villepin, qui espérait faire adopter ce nouveau Code du travail en mai-juin 2006, a dû y renoncer. Mais, obstinés, ils ont persisté et fait voter dans un des articles des dernières lois de fin décembre 2006, un “prolongement” de “l’habilitation par ordonnances” pour une période de neuf mois.
Dans l’hypothèse où Sarkozy passe, ils peuvent, en une seule lecture, faire voter un “nouveau Code du travail”. Les grands médias ont totalement occulté, en dépit de nos alertes répétées, une question d’une telle importance, fondamentale pour 22 millions de salariés - y compris ceux du public, qui y perdront, en étant tirés vers le bas. Droit du licenciement, nouveau contrat de travail, droit de grève, droits syndicaux seront balayés. Pour tout journaliste qui voudrait “révéler” ce scandale, il suffit de demander le texte au “Dgt”, directeur général du travail : le travail dit de “recodification” qualifié mensongèrement “à droits constants” (en fait à droits très allégés) est achevé.

La Cgt dans “le droit en liberté” vient de dénoncer (p. 7, 8 et 9, du n° de février 07) cette “opération gigantesque” qui a “pris du retard” mais que Gérard Larcher se dit “déterminé à mener à bien avant les élections”. Il s’agit, écrit la Cgt d’une ré écriture “aussi inutile que dangereuse” avec un “simulacre de concertation”. La ré écriture ne va, en rien, simplifier le code du travail, mais “perdre” les utilisateurs non professionnels, annuler les jurisprudences. La trace de l’origine et des modifications successives apportées par le législateur sera perdue et permettre la déconstruction de ce droit vivant, historique, produit de rapports de force sociaux depuis 120 ans. C’est ce qu’ils veulent expressément, pour faire passer le “nouveau contrat Cne” de Sarkozy-Parisot, supprimer le droit du licenciement, l’inspection du travail, etc... par la magie du plan et des titres”, du “déclassement des articles de législatifs en réglementaire”, de l’externalisation vers d’autres codes, du changement de vocabulaire et et de grammaire. Le 1er janvier dernier devant le Sénat, sans doute endormi, Gérard Larcher a annoncé que le texte serait examiné en Conseil des ministres courant mars 2007. Autre coup de Trafalgar, devant la commission nationale de la négociation collective du 6 février, le ministre confirme le calendrier annoncé et précise que l’ordonnance entrera immédiatement en vigueur.

Comme le dit la Cgt, il faudrait “dénoncer ce projet inacceptable par tous les moyens possibles” mais elle ajoute “auprès des avocats et juristes avec qui nous sommes en contact” (p. 9 idem). Non, c’est publiquement auprès de tous les salariés, de tout le mouvement social, de tous les candidats à l’élection présidentielle qu’il faut faire cette dénonciation. On trouvera bien quelques médias honnêtes pour nous entendre, et faire leur “une” là-dessus et empêcher ce dernier mais terrible coup bas du gouvernement Chirac, Villepin-Larcher-Sarkzoy au service de Parisot.

Il faut une gauche aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat.
Le Code du travail ne doit pas être réécrit à marche forcée

Comuniqué de la CGT

Gérard Larcher vient d’annoncer la promulgation courant mars 2007 d’une ordonnance réécrivant la partie législative du Code du travail. La partie réglementaire suivrait d’ici un an.

Pendant dix mois, voire plus, les utilisateurs du Code devraient jongler avec une partie législative recodifiée et une partie réglementaire en l’état !

Pire : nombre de dispositions actuelles disparaîtraient purement et simplement. On imagine les conséquences concrètes, difficultés pratiques et l’insécurité juridique qu’entraîneraient cette situation, tant pour les usagers professionnels du droit du travail que pour les salariés et les employeurs.

Le processus de recodification du Code du travail a été engagé en février 2005. Il visait officiellement à rendre ce Code plus accessible, sans en modifier le contenu. Après quelques mois de travaux accompagnés d’une consultation purement formelle des organisations syndicales, la Cgt a dénoncé la réalité de cette opération : une réécriture complète, modifiant le sens, l’interprétation et la portée des textes.

Ce processus, qui représente un énorme travail, devait être achevé en juin 2006. Un nouveau délai de neuf mois a été accordé par le Parlement le 30 décembre dernier. A aucun moment, la finalité de cette « recodification » n’a fait l’objet de débat, alors que ce Code régit la vie quotidienne de millions de salariés. Un tel bouleversement, décidé de façon précipitée à quelques semaines des élections politiques, est inadmissible. Il est en totale contradiction avec la loi récemment votée sur les obligations de concertation avec les partenaires sociaux : il n’avait même pas été inscrit à l’ordre du jour de la Commission nationale de la Négociation collective qui s’est tenue le 6 février.

Dans ces graves circonstances, la Cgt se félicite que les cinq confédérations syndicales aient écrit ensemble au ministre du Travail pour exiger la suspension de cette décision. Elle s’adresse solennellement aux salariés, aux juristes et usagers du droit du travail pour qu’ensemble, nous empêchions ce déni de démocratie aux lourdes conséquences.

 

mercredi 31 janvier 2007, a 03:28
C158 Convention sur le licenciement, 1982
 

Convention concernant la cessation de la relation de travail à l'initiative de l'employeur (Note: Date d'entrée en vigueur: 23:11:1985.)
Lieu:Genève
Date d'adoption:22:06:1982
Session de la Conférence:68
Sujet: Sécurité de l'emploi
Afficher les ratifications enregistrées pour cette convention

Afficher le document en:  Anglais   Espagnol
Statut: Pas de conclusions Le Groupe de travail sur la politique de révision des normes n'est pas parvenu à des conclusions à l'égard de la convention n° 158 et de la recommandation n° 166.

http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C158




  

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Bonjour,
Merci à tous.
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ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE !
On n'est jamais trop au l
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Un an de sarkozy : retour sur un bilan catastrophique

Sarkozy insulté par les pêcheurs au Guilvinec
Sarkozy énervé, un president doit rester calme
Comprendre la Réunion : Virapoullé (UMP) et Vergès (PCR) OBJECTIF :TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR FAIRE PERDURER LA DYNASTIE
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