X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Recherche Web
OK
0 ** zanbrokal**
jeudi 02 avril 2009, a 21:30
Comores : L’État français passible de crime contre l’humanité
 


Au regard du droit international, Mayotte n'est pas un Territoire français d'outre-mer, mais un territoire comorien illégalement occupé par une puissance étrangère. En expulsant chaque années de l'île des milliers de Comoriennes et Comoriens prétendument “ clandestins ”, la puissance coloniale se rend donc coupable de “ déplacement forcé de population ”, donc de crime contre l'humanité.

L'État français, soucieux de présenter un visage émancipateur, a utilisé, et continue d'utiliser les vocables et expressions “ décolonisation ”, “ droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ”. Dans la plupart des cas, cela ne mange pas de pain. La réalité est tout autre lorsqu'il s'agit de peuples et de territoires encore colonisés par la France.

Dans les années 1960, sous le règne du général de Gaulle, on avançait que les peuples d'Afrique s'étaient affranchis de la tutelle coloniale et avaient gagné leur indépendance. Pourtant, dans la plupart des cas – les guerres d'Algérie et d'Indochine constituant une exception –, les indépendances “ accordées ” ont été assorties d'accords dits de “ coopération ” économiques et militaires tout à l'avantage de l'ex-colonisateur. Donnant-donnant : Paris a commencé à soutenir des dictateurs fantoches, qui en retour ont accordé un droit de pillage des ressources naturelles de leur pays par des firmes françaises. Ainsi est née la Françafrique, théâtre de marionnettes à l'échelle d'un continent, dont les ficelles étaient tirées depuis l'Elysée, ou depuis la “ Rue Monsieur ”, dans le VIIe arrondissement de Paris, où siégeait le ministère de la Coopération, spécialement créé en 1959 par de Gaulle pour gérer les relations bilatérales avec les pays du “ champ ” [1].

Décolonisation ? Néocolonialisme ? En fonction des circonstances, le vêtement s'est avéré réversible.

La décolonisation de l'archipel des Comores, au large de Madagascar, s'est lui déroulé de façon très particulière. Avant de rendre son indépendance au pays, Paris l'a en effet amputé d'une partie de son territoire, Mayotte [2]. L'archipel est composé principalement de quatre îles : Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Maoré (en français Mayotte). Lorsque le 22 décembre 1974 un référendum sur l'indépendance est organisé, les Comoriens et Comoriennes votent Oui à 95 %. Le Non n'est majoritaire, de peu, qu'à Mayotte. Le gouvernement français de l'époque, malgré sa promesse de respecter le choix global de la population, en profite pour maintenir sa souveraineté sur cette seule île. Ce qui dès lors, au regard du droit international, devenait une “ occupation ”, que l'ONU condamnera plus de vingt fois.

Archipel amputé

Dès le 12 novembre 1975, la résolution 3385 affirmait la “ nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores ”. Le 6 février 1976, lors d'un nouveau débat sur la question, le vote est bloqué par Paris, unique cas dans l'histoire de cette organisation où la France a opposé seule son veto ! Il faut dire que deux jours plus tard, l'État français organisait sur l'île une “ consultation ” qui donnera cette fois… 99,4 % de Oui à l'occupation française ! Un résultat à faire pâlir d'envie tout régime despotique. Pour y parvenir, il aura fallu faire émerger la faune des petits potentats du Mouvement populaire mahorais (MPM), manipulés par l'Action française, des militants de l'ex-OAS et les gaullistes, user d'intimidation face à une population majoritairement illettrée, et déporter les indépendantistes vers les autres îles, entassé-e-s dans des boutres. Toute cette mascarade sera à nouveau condamnée par l'ONU. Dans son ouvrage, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Pierre Caminade expose les motivations françaises : les matières premières comme la vanille et l'ylang-ylang, certes, mais surtout une présence militaire dans cette région – le canal du Mozambique – où passent deux tiers du pétrole exporté du Moyen-Orient. Le livre analyse le processus de “ dom-tomisation ”, puis ses conséquences, notamment la déstabilisation du reste des Comores, devenu chasse gardée d'une clique de mercenaires, Bob Denard en tête : vingt-cinq tentatives de coups d'État en 25 ans, Mayotte servant souvent de base arrière aux barbouzes agissant pour le compte de la République française, puis pour leur propre compte [3].

Le chaos comorien

Entre 1976 et 1994, pour ne pas aggraver la crise née de la partition, le colonisateur a maintenu la liberté de circulation entre les différentes îles. Les Comoriens et Comoriennes ont donc pu continuer à visiter leur famille de part et d'autre de la “ frontière ”, chercher du travail, commercer, etc. Mais en 1994, pour couper davantage Mayotte du reste de l'archipel, le gouvernement Balladur a inventé ce que Pierre Caminade appelle le “ visa scalpel ”, obligeant les Comoriens des autres îles à obtenir un visa pour venir à Mayotte. La liberté de circulation entre les quatre îles se trouvait ainsi entravée et, surtout, la France plongeait du même coup dans la clandestinité toutes les Comoriennes et Comoriens non mahorais présents sur le sol de Mayotte. Devenus “ illégaux ”, ils et elles sont désormais à la merci du patronat mahorais qui peut les faire travailler au noir dans des conditions misérables. Une telle situation ne peut que créer des tensions entre la population de Mayotte et celle des trois autres îles, les Mahoraises et Mahorais étant désormais vus comme des profiteurs par les autres Comoriennes et Comoriens, eux-mêmes désormais considérés comme des “ immigrés ”. Une division qui profite évidemment aux autorités coloniales.

Des rafles gigantesques sont régulièrement organisées pour “ expulser ” les indésirables, dans des conditions de violence inouïe. Selon l'association Survie, “ les maisons de ces “clandestins” sont régulièrement incendiées avec la bénédiction de maires, du préfet et sous la protection de la gendarmerie. Les victimes sont entassées dans des centres de rétention en attendant leur déportation vers les autres îles ”. Ce faisant, Mayotte étant, au regard du droit international, un territoire des Comores illégalement occupé par une puissance étrangère, la France se rend coupable de “ déplacements forcés de populations ” qui sont “ un crime contre l'humanité, passible de la Cour pénale internationale (articles 7.1.d et 7.2.d des Statuts de Rome) pour ceux commis depuis son entrée en vigueur, en juillet 2002 ” [4]. Fort heureusement pour la France, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée générale de l'ONU depuis 1995.

Malgré le danger, des milliers de Comoriennes et Comoriens tentent chaque année de franchir le bras de mer qui les sépare de Mayotte. Des centaines périssent noyé-e-s.

Mayotte aujourd'hui

Mayotte est une île pauvre de 201 234 habitantes et habitants, où le produit intérieur brut par habitant n'était que de 2 600 $ par habitant en 2003 (contre 27 800 $ en métropole). Étonnamment, pour une population qui a voté à plus de 99 % pour être “française”, trente ans plus tard l'illettrisme en français est toujours de 35 % pour les hommes et 40 % pour les femmes. Les gens préfèrent parler malgache ou mahorais, la langue du colonisateur étant plutôt rejetée.

En 1999, presque 30 % de la population n'avait pas l'eau courante, ou pas l'électricité ; 85% n'avait ni WC avec chasse d'eau, ni douche ni baignoire ; 65 % pas de réfrigérateur ; 92% pas de machine à laver. En 1999, 30 % des hommes et 70 % des femmes étaient au chômage (probablement davantage aujourd'hui), sachant que le RMI n'est pas appliqué à Mayotte. En effet, depuis 1976 la France a inventé pour Mayotte le statut de “ collectivité territoriale ”, laissant l'île très largement à l'écart du droit commun.

Ainsi les Mahorais et Mahoraises peuvent choisir entre le statut de droit commun, identique à la métropole (administrations, tribunaux, etc.), et un “statut personnel” dérogatoire au code civil et à la laïcité, et réservé aux musulmans. Pour ceux et celles relevant du “ statut personnel ”, la justice est rendue par des cadis, dans le cadre de la Charia. Les cadis sont des fonctionnaires religieux nommés et rémunérés par le préfet, Jean-Paul Kihl. Le droit de répudiation des femmes par leur mari, ainsi que la polygamie, ont néanmoins été interdits depuis la loi du 21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer.

La loi du 11 juillet 2001 prévoit en effet l'application progressive du droit commun, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Une évolution qui impliquerait la disparition du “ statut personnel ” et l'application du RMI. De loin, on peut y voir un progrès. Le problème est que cette évolution est “ subie ” par le peuple mahorais, comme une directive coloniale, et ne procède pas d'une authentique volonté populaire.

Quoi que prétendent nos dirigeants de tous bords, c'est une imposture de déclarer que Mayotte doit rester dans le giron d'une France qui foule aux pieds le droit le plus élémentaire de se retrouver et de vivre ensemble pour le peuple comorien. L'État français doit quitter Mayotte et laisser le peuple comorien libre de choisir son avenir.

Ngoc (AL Paris-Sud)

[1] Le ministère de la Coopération a été fondu au sein du ministère des Affaires étrangères le 1er janvier 1999. Le gouvernement Jospin voulait par cet acte symbolique signifier que, désormais, les relations entre la France et ses ex-colonies ne seraient plus marquées du sceau de l'exception, mais répondraient aux règles de la diplomatie classique. Dans ce cadre, Brigitte Girardin est l'actuelle ministre déléguée à la Coopération et à la Francophonie.

[2] En fait l'archipel des Comores avait déjà lui-même été amputé de Madagascar par les Français en 1946.

[3] Pierre Caminade, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Agone, 2003, 192 pages, 11 euros.

[4] Survie, communiqué du 20 décembre 2005.


mercredi 01 avril 2009, a 20:05
Coupure Internet Les eurodéputés votent contre
 


Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à reprendre l'examen du projet de loi Création et Internet, les eurodéputés envoient un signal politique fort à la France. À une écrasante majorité, ils viennent d'adopter un rapport qui inscrit l'accès à Internet comme un droit fondamental.

 

Couper à titre punitif l'accès à Internet, c'est violer le droit d'accès à l'éducation des personnes. Voici, en substance, le message envoyé par les eurodéputés à l'intention, faut-il en douter, du gouvernement français. Alors que l'Assemblée nationale doit reprendre, le 30 mars, l'examen du projet de loi Création et Internet, les parlementaires européens ont adopté à une écrasante majorité (481 voix contre 25 et 21 abstentions) un rapport consacré au « renforcement de la sécurité et des libertés fondamentales sur Internet ». Selon ce rapport, « garantir l'accès de tous les citoyens à Internet équivaut à garantir l'accès de tous les citoyens à l'éducation ». En conséquence, « un tel accès ne devrait pas être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées ». Un amendement déposé, entre autres, par les eurodéputés français Jean-Marie Cavada et Jacques Toubon, qui visait précisément à vider de son sens ce point du rapport, a été rejeté dans la foulée.

 

« Modernisme » de Christine Albanel

Pour l'auteur du texte, le socialiste grec Stavros Lambrinidis, « la tentation de couper l'accès à Internet peut être comparée à l'interdiction de suivre des études au cours des siècles précédents ». Une subtile allusion au modernisme dont fait preuve Christine Albanel, en défendant bec et ongles la suspension de l'accès comme arme de lutte contre le téléchargement illégal de fichiers sur Internet. Lors d'un premier examen du texte, il y a 2 semaines, à l'Assemblée nationale, la ministre de la Culture avait précisément soutenu que l'accès à Internet ne pouvait pas « être considéré comme un droit fondamental », précisant qu'on pouvait avoir accès à Internet « partout ailleurs » que chez soi.

 

Cette nouvelle fronde contre le projet de loi Création et Internet influencera-t-elle les députés français ? On murmure ces jours-ci que le gouvernement serait prêt à privilégier une amende en lieu et place de la coupure de l'accès comme ultime sanction, d'ailleurs 4 amendements ont été déposés en ce sens. Autant dire reculer pour, probablement, ne jamais sauter !

mercredi 01 avril 2009, a 19:47
Personnes âgées Le gouvernement rationne les soins
 


La décision du gouvernement de diminuer les moyens alloués aux établissements accueillant des personnes âgées dépendantes provoque un véritable tollé. La prise en charge efficace et humaine des seniors s'en trouve remise en cause.

 

Les mots sont forts : « sabotage » et « scandale », suivis des plus sobres « poudre aux yeux » et autres « effets d'annonce ». Les communiqués se suivent et se ressemblent. Professionnels du grand âge et représentants des résidents sont unanimes pour dénoncer les budgets rognés. À l'origine de cette vive réaction, la fixation de tarifs plafonds pour les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes, par un arrêté pris en application de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS). Des tarifs assez bas, qui ne tiennent pas compte des démarches qualité. Et sont en totale contradiction avec les beaux discours sur la professionnalisation du secteur et la lutte contre la maltraitance.

 

« Les recommandations de bonnes pratiques se multiplient, mais les moyens pour les atteindre diminuent », fustige la Fédération hospitalière de France (FHF), d'autant que cette réduction s'inscrit dans la durée, en principe jusqu'en 2016. Avec une enveloppe budgétaire en baisse, les établissements devront réduire le personnel. « Aberrant ! dénonce Pascal Champvert, président de l'AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées). Dans son rapport de 2005, la Cour des comptes signalait que seule la moitié des besoins des personnes dépendantes étaient couverts. On manque de moyens et on continue à les baisser. »

 

Opacité des budgets

Autre cheval de bataille : le manque de transparence des crédits votés par le Parlement pour les dépendants et les handicapés. Une partie de ceux-ci sont inutilisés et serviraient à combler le déficit de la Sécurité sociale. « L'essentiel des financements suit un circuit financier complexe, sinon opaque, entre les comptes de l'Assurance maladie et ceux de la Caisse nationale de solidarité à l'autonomie » (argent issu de la journée de solidarité), constate la Cour des comptes dans son rapport public annuel 2009. À noter qu'il en va de même pour la fraction de l'argent de la dernière franchise médicale destinée à financer une partie du Plan Alzheimer III. Il n'apparaît pas sur une ligne budgétaire spécifique, mais est noyé dans les financements de l'assurance maladie...

 

La mobilisation des professionnels ne fait en tout cas que commencer. La médiatisation va se poursuivre, de même que l'interpellation des parlementaires. Quant aux familles, elles sont en colère. « On vit au travers d'effets d'annonce, cela passe bien auprès du grand public mais les familles, elles, s'aperçoivent que la bientraitance en reste au stade de l'écrit, qu'elle n'est pas appliquée, s'indigne Joëlle Legall, présidente de la Fédération des associations de personnes âgées en établissements (FNAPAEF), et que le prix de l'hébergement augmente de 5 % par an alors que les retraites ne sont revalorisées que de 1,5 % ! »

samedi 28 mars 2009, a 18:20
COMORES : L’ÉTAT FRANÇAIS PASSIBLE DE CRIME CONTRE L’HUMANITE
 

Au regard du droit international, Mayotte n'est pas un Territoire français d'outre-mer, mais un territoire comorien illégalement occupé par une puissance étrangère. En expulsant chaque années de l'île des milliers de Comoriennes et Comoriens prétendument “ clandestins ”, la puissance coloniale se rend donc coupable de “ déplacement forcé de population ”, donc de crime contre l'humanité.

L'État français, soucieux de présenter un visage émancipateur, a utilisé, et continue d'utiliser les vocables et expressions “ décolonisation ”, “ droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ”. Dans la plupart des cas, cela ne mange pas de pain. La réalité est tout autre lorsqu'il s'agit de peuples et de territoires encore colonisés par la France.

Dans les années 1960, sous le règne du général de Gaulle, on avançait que les peuples d'Afrique s'étaient affranchis de la tutelle coloniale et avaient gagné leur indépendance. Pourtant, dans la plupart des cas – les guerres d'Algérie et d'Indochine constituant une exception –, les indépendances “ accordées ” ont été assorties d'accords dits de “ coopération ” économiques et militaires tout à l'avantage de l'ex-colonisateur. Donnant-donnant : Paris a commencé à soutenir des dictateurs fantoches, qui en retour ont accordé un droit de pillage des ressources naturelles de leur pays par des firmes françaises. Ainsi est née la Françafrique, théâtre de marionnettes à l'échelle d'un continent, dont les ficelles étaient tirées depuis l'Elysée, ou depuis la “ Rue Monsieur ”, dans le VIIe arrondissement de Paris, où siégeait le ministère de la Coopération, spécialement créé en 1959 par de Gaulle pour gérer les relations bilatérales avec les pays du “ champ ” [1].

Décolonisation ? Néocolonialisme ? En fonction des circonstances, le vêtement s'est avéré réversible.

La décolonisation de l'archipel des Comores, au large de Madagascar, s'est lui déroulé de façon très particulière. Avant de rendre son indépendance au pays, Paris l'a en effet amputé d'une partie de son territoire, Mayotte [2]. L'archipel est composé principalement de quatre îles : Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Maoré (en français Mayotte). Lorsque le 22 décembre 1974 un référendum sur l'indépendance est organisé, les Comoriens et Comoriennes votent Oui à 95 %. Le Non n'est majoritaire, de peu, qu'à Mayotte. Le gouvernement français de l'époque, malgré sa promesse de respecter le choix global de la population, en profite pour maintenir sa souveraineté sur cette seule île. Ce qui dès lors, au regard du droit international, devenait une “ occupation ”, que l'ONU condamnera plus de vingt fois.

Archipel amputé

Dès le 12 novembre 1975, la résolution 3385 affirmait la “ nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores ”. Le 6 février 1976, lors d'un nouveau débat sur la question, le vote est bloqué par Paris, unique cas dans l'histoire de cette organisation où la France a opposé seule son veto ! Il faut dire que deux jours plus tard, l'État français organisait sur l'île une “ consultation ” qui donnera cette fois… 99,4 % de Oui à l'occupation française ! Un résultat à faire pâlir d'envie tout régime despotique. Pour y parvenir, il aura fallu faire émerger la faune des petits potentats du Mouvement populaire mahorais (MPM), manipulés par l'Action française, des militants de l'ex-OAS et les gaullistes, user d'intimidation face à une population majoritairement illettrée, et déporter les indépendantistes vers les autres îles, entassé-e-s dans des boutres.

Toute cette mascarade sera à nouveau condamnée par l'ONU. Dans son ouvrage, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Pierre Caminade expose les motivations françaises : les matières premières comme la vanille et l'ylang-ylang, certes, mais surtout une présence militaire dans cette région – le canal du Mozambique – où passent deux tiers du pétrole exporté du Moyen-Orient. Le livre analyse le processus de “ dom-tomisation ”, puis ses conséquences, notamment la déstabilisation du reste des Comores, devenu chasse gardée d'une clique de mercenaires, Bob Denard en tête : vingt-cinq tentatives de coups d'État en 25 ans, Mayotte servant souvent de base arrière aux barbouzes agissant pour le compte de la République française, puis pour leur propre compte [3].

Le chaos comorien

Entre 1976 et 1994, pour ne pas aggraver la crise née de la partition, le colonisateur a maintenu la liberté de circulation entre les différentes îles. Les Comoriens et Comoriennes ont donc pu continuer à visiter leur famille de part et d'autre de la “ frontière ”, chercher du travail, commercer, etc. Mais en 1994, pour couper davantage Mayotte du reste de l'archipel, le gouvernement Balladur a inventé ce que Pierre Caminade appelle le “ visa scalpel ”, obligeant les Comoriens des autres îles à obtenir un visa pour venir à Mayotte.

La liberté de circulation entre les quatre îles se trouvait ainsi entravée et, surtout, la France plongeait du même coup dans la clandestinité toutes les Comoriennes et Comoriens non mahorais présents sur le sol de Mayotte. Devenus “ illégaux ”, ils et elles sont désormais à la merci du patronat mahorais qui peut les faire travailler au noir dans des conditions misérables. Une telle situation ne peut que créer des tensions entre la population de Mayotte et celle des trois autres îles, les Mahoraises et Mahorais étant désormais vus comme des profiteurs par les autres Comoriennes et Comoriens, eux-mêmes désormais considérés comme des “ immigrés ”. Une division qui profite évidemment aux autorités coloniales.

Des rafles gigantesques sont régulièrement organisées pour “ expulser ” les indésirables, dans des conditions de violence inouïe. Selon l'association Survie, “ les maisons de ces “clandestins” sont régulièrement incendiées avec la bénédiction de maires, du préfet et sous la protection de la gendarmerie. Les victimes sont entassées dans des centres de rétention en attendant leur déportation vers les autres îles ”. Ce faisant, Mayotte étant, au regard du droit international, un territoire des Comores illégalement occupé par une puissance étrangère, la France se rend coupable de “ déplacements forcés de populations ” qui sont “ un crime contre l'humanité, passible de la Cour pénale internationale (articles 7.1.d et 7.2.d des Statuts de Rome) pour ceux commis depuis son entrée en vigueur, en juillet 2002 ” [4]. Fort heureusement pour la France, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée générale de l'ONU depuis 1995. Malgré le danger, des milliers de Comoriennes et Comoriens tentent chaque année de franchir le bras de mer qui les sépare de Mayotte. Des centaines périssent noyé-e-s.

Mayotte aujourd'hui

Mayotte est une île pauvre de 201 234 habitantes et habitants, où le produit intérieur brut par habitant n'était que de 2 600 $ par habitant en 2003 (contre 27 800 $ en métropole). Étonnamment, pour une population qui a voté à plus de 99 % pour être “française”, trente ans plus tard l'illettrisme en français est toujours de 35 % pour les hommes et 40 % pour les femmes. Les gens préfèrent parler malgache ou mahorais, la langue du colonisateur étant plutôt rejetée.

En 1999, presque 30 % de la population n'avait pas l'eau courante, ou pas l'électricité ; 85% n'avait ni WC avec chasse d'eau, ni douche ni baignoire ; 65 % pas de réfrigérateur ; 92% pas de machine à laver. En 1999, 30 % des hommes et 70 % des femmes étaient au chômage (probablement davantage aujourd'hui), sachant que le RMI n'est pas appliqué à Mayotte. En effet, depuis 1976 la France a inventé pour Mayotte le statut de “ collectivité territoriale ”, laissant l'île très largement à l'écart du droit commun.

Ainsi les Mahorais et Mahoraises peuvent choisir entre le statut de droit commun, identique à la métropole (administrations, tribunaux, etc.), et un “statut personnel” dérogatoire au code civil et à la laïcité, et réservé aux musulmans. Pour ceux et celles relevant du “ statut personnel ”, la justice est rendue par des cadis, dans le cadre de la Charia. Les cadis sont des fonctionnaires religieux nommés et rémunérés par le préfet, Jean-Paul Kihl. Le droit de répudiation des femmes par leur mari, ainsi que la polygamie, ont néanmoins été interdits depuis la loi du 21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer.

La loi du 11 juillet 2001 prévoit en effet l'application progressive du droit commun, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Une évolution qui impliquerait la disparition du “ statut personnel ” et l'application du RMI. De loin, on peut y voir un progrès. Le problème est que cette évolution est “ subie ” par le peuple mahorais, comme une directive coloniale, et ne procède pas d'une authentique volonté populaire.

Quoi que prétendent nos dirigeants de tous bords, c'est une imposture de déclarer que Mayotte doit rester dans le giron d'une France qui foule aux pieds le droit le plus élémentaire de se retrouver et de vivre ensemble pour le peuple comorien. L'État français doit quitter Mayotte et laisser le peuple comorien libre de choisir son avenir. Ngoc (AL Paris-Sud)

[1] Le ministère de la Coopération a été fondu au sein du ministère des Affaires étrangères le 1er janvier 1999. Le gouvernement Jospin voulait par cet acte symbolique signifier que, désormais, les relations entre la France et ses ex-colonies ne seraient plus marquées du sceau de l'exception, mais répondraient aux règles de la diplomatie classique. Dans ce cadre, Brigitte Girardin est l'actuelle ministre déléguée à la Coopération et à la Francophonie.

[2] En fait l'archipel des Comores avait déjà lui-même été amputé de Madagascar par les Français en 1946.

[3] Pierre Caminade, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Agone, 2003, 192 pages, 11 euros.

[4] Survie, communiqué du 20 décembre 2005.

Publié le 12 mars 2007 par CAL Paris-S

Source : http://www.alternativelibertaire.or...

vendredi 27 mars 2009, a 16:22
A Madagascar, l'ascension fulgurante d'un jeune homme happé par la politique
 

Son visage pur semble capable de s'éclairer à la demande, et son sourire est irrésistible. Question charme, Andry Rajoelina est sans rival dans la classe politique malgache. Pendant les deux mois qu'a durés le bras de fer avec le président malgache, qu'il vient de faire tomber et de remplacer, l'homme d'affaires a déployé cette séduction immédiate partout. Sur le podium de la contestation, qu'il avait planté au centre de Madagascar. Et dans les médias, pour lesquels il était toujours disponible.

 

Et puis, dans une accélération-dénouement dont la Grande Ile a le secret, le pouvoir lui est arrivé entre les mains, et ce jeune homme de 34 ans aux traits lisses de premier communiant est devenu le plus jeune chef d'Etat africain en prêtant serment le 21 mars. Alors, la situation a changé.

Désormais, Andry Rajoelina file toutes sirènes hurlantes à travers la capitale, escorté de pick-up avec soldats en armes. Le pouvoir n'est pas aussi solide que son aplomb.

"Très jeune, j'ai eu l'habitude d'animer, de manier le micro. Parfois, j'étais aux platines. Dans les clubs, j'enflammais les pistes", raconte-t-il avec nostalgie. C'est l'époque, dans les années 1990, où il monte les "soirées live" qui attirent la jeunesse dorée d'Antananarivo. DJ Andry y fait d'intéressantes rencontres, au sein d'un milieu social qui lui servira bientôt de tremplin.

Ambitieux, il l'est. Sa famille est issue de la classe moyenne, notion importante dans un pays où on dissèque les pedigrees sociaux et ethniques avec des passions d'entomologiste. Le père, colonel, est "sorti du rang", selon l'un de ses vieux compagnons d'armes, au terme d'une carrière qui l'a amené à faire la guerre d'Algérie sous l'uniforme français et donc à léguer la nationalité française à ses enfants.

Andry Rajoelina, lui, sortira de sa classe, prenant femme dans l'élite de Madagascar. Son épouse, Mialy, va mettre de l'ordre dans ses affaires et de ses idées. "Aujourd'hui, cela pose des problèmes. Andry fait des promesses pour des nominations, mais ce qui est fait le jour est défait quand il rentre à la maison", note un proche de longue date.

 

"COMBATTRE UN GRAND"

 

En 1999, un journal de l'île distingue un entrepreneur du nom de Ravalomanana comme "manager de l'année". En 2000, Andry Rajoelina lui succède. Il a fondé la première société d'impression offset numérique et créé un réseau d'affichage avant de se diversifier dans la publicité et les médias. Marc Ravalomanana, lui, a pris le pouvoir. Andry Rajoelina, qui fréquente alors assidûment sa fille, en fait son "modèle".

 

Un jour, son tour viendra, il en est sûr, déclarant au hasard de la discussion : "Les gens disent que je suis le messie." Trop pressé pour verser dans le mysticisme, "TGV" applique à la politique les règles du marketing. Là où son prédécesseur avait confondu programme politique et business plan, Andry Rajoelina, qui a arrêté les études au baccalauréat, fonde ses espérances sur un plan média. Un exemple ? "Nicolas Sarkozy." Pourquoi ? "Il sait très bien communiquer."

On peut lui retourner le "compliment". En 2007, il s'attaque à la fois à la mairie d'Antananarivo et à son ex-modèle, le président Ravalomanana. "Pour devenir grand, il faut combattre un grand",affirme-t-il. La guerre avec Marc Ravalomanana est déclarée. Le mouvement de TGV, conçu comme un happening, capitalise sur le mécontentement de la population sans révéler qu'il s'agit d'une machine pour prendre le pouvoir, avec l'appui des ennemis de Marc Ravalomanana.

Opposants, proches de l'ancien président Didier Ratsiraka, riches hommes d'affaires marginalisés par le chef de l'Etat vont contribuer aux dépenses de la campagne. Mais les mois de contestation échevelée n'ont pas permis de mettre sur pied une équipe complète, ni un programme précis. "On se réunissait toujours en catastrophe, en changeant tout le temps d'endroit, on n'a pas eu le temps de construire", justifie l'opposant Roland Ratsiraka, neveu de l'ex-président en exil en France. "Maintenant, commente un observateur de la politique malgache, il faut surtout que le président écoute les conseils. Il est jeune, très jeune. Et inexpérimenté."

jeudi 26 mars 2009, a 17:30
La victoire des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens en appelle d'autres: Face à Sarkozy et au MEDEF, amplifions la mobilisation
 

90.000 chômeurs de plus le mois dernier, 350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l'annonce de nouveaux plans de licenciements...


Chaque jour qui passe confirme l'ampleur et la gravité de la crise qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.


Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu'il y aurait à laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l'alimenter, continue de nous la faire payer et s'enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !



L'argent, par milliards d'euros, continue de circuler à sens unique: tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail !

Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d'Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l'Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20000 suppressions d'emplois annoncées!). Mais ils sont fermés pour l'université et la recherche, l'hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l'ensemble des services publics.

Cela suffit! C'est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible.

Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l'exigence d'un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi et des services publics.

Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.

Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l'université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d'enseignants-chercheurs.

Plus légitime que jamais, l'exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.

Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C'est vrai dans l'université, la recherche, la santé, la poste et d'autres secteurs publics. C'est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d'unité pour construire le rapport de force le plus large.

Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l'égard des revendications que la journée d'action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l'ensemble des Antilles et à l'ile de la Réunion ont portées, continue.

Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d'une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain.

Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.

Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l'opposition aux suppressions d'emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.


Signataires:
Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC , La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire



jeudi 26 mars 2009, a 17:24
SOS Sécurité Sociale en danger : Réunion publique
 

La Santé, c'est (aussi) votre affaire !
C'est l'affaire de tous !


La santé a un coût mais elle n'a pas de prix !


Le projet de Loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire) dite Loi Bachelot débattu à l'Assemblée Nationale le 10 février est présenté comme le seul moyen pour garantir l'accès aux soins de qualité pour tous.


Pourtant s'il est adopté en l'état, ce projet de Loi ne peut que dégrader et accélérer les inégalités face à l'accès aux soins. Il contient des dispositions pour détruire notre système de santé, transformer l'hôpital en entreprise commerciale.
Il annonce la mort programmée de notre système de santé. Alors que l'actualité révèle régulièrement de tristes événements (décès de patients, d'enfants…) conséquence de la dégradation des conditions de travail des personnels et de la qualité des soins.
Le gouvernement utilise ces faits pour vanter une nouvelle réforme hospitalière catastrophique pour l'hôpital public :


LA LOI HPST

Les hôpitaux malades tout comme les établissements privés associatifs participant au service public hospitalier et le secteur médico-social.
Ils subissent ces dernières années des réorganisations incohérentes, dues notamment aux réformes des modes de financement…

Ces réformes entraînent des insuffisances dans tous les domaines du soin et des dysfonctionnements extrêmement importants.

Les multiples réformes imposées à l'hôpital public n'ont qu'un objectif : son affaiblissement au profit des structures privées et commerciales.

Toutes les restrictions budgétaires conduisent chaque citoyen, à devoir assumer individuellement, sa santé, en fonction de ses moyens et non plus selon ses besoins.


L'EGALITE A L'ACCES AUX SOINS DIMINUE

De plus en plus de citoyens reportent ou renoncent aux soins dont ils ont besoin.
Le transfert de la prise en charge collective par un système solidaire comme c'est le cas encore avec la sécurité sociale vers l'assurance privée (assurances, banques, institutions de prévoyance…) traduit la volonté de marchandisation de la santé.
Les contrats de complémentaire santé obligatoires, signés avec ces organismes, qui s'ont introduits dans les entreprises, accélèrent ce mouvement de privatisation.

Il est évident qu'entre la santé des banques, des financiers et la santé de la population, Sarkosy et Bachelot ont fait leur choix !


Des moyens pour la finance et des restrictions pour la santé.

La notion de politique de santé ne peut se limiter aux modes de financement et d'organisation.
Les réformes politiques menées ces dernières années ont déjà créé des inégalités face à la qualité des soins et démontré que la gestion de l'hôpital comme une entreprise a atteint ses limites.

Parce que les besoins en soins augmentent il convient de regarder la réalité de notre système de santé d'hier et celui d'aujourd'hui. Une véritable politique de soins doit se préoccuper aussi des conditions de vie et de travail de la population.


IL EST URGENT QUE LA POPULATION REPRENNE SA SANTE EN MAIN.

samedi 02 août 2008, a 18:17
Défense nationale ou organisation de corps expéditionnaires ?
 


Il ne s'agit plus d'une armée républicaine de défense du territoire national, mais d'une armée de corps expéditionnaire orientée vers la domination de territoires d'autres nations. Voilà l'essentiel de la réforme qui supprime 54 000 hommes et le quadrillage du sol français au bénéfice d'opérations extérieures comme celles de l'Afghanistan, du Tchad, et dans d'autres pays africains... Nous avons la conception inverse, une armée de défense nationale appuyée sur ses citoyens, et le retrait immédiat de toutes les troupes d'intervention et d'occupation en Afghanistan. La France na rien à faire à défendre à Kaboul le pouvoir du fantoche Hamid Karzaï, homme de main d'UNOCAL du pétrolier Dick Chesney, elle n'a rien à faire à imposer aux populations locales un régime étranger aux afghans totalement dépendant des USA.

jeudi 31 juillet 2008, a 21:07
Roselyne Bachelot : Le prix de la santé n’est qu’un problème de concurrence
 


La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a estimé mardi 29 juillet sur France Inter qu'un assuré peut changer de mutuelle ou d'assurance santé privée si celle-ci augmente ses tarifs pour compenser l'instauration en 2009 d'une nouvelle taxe au profit de la Sécurité sociale.

"Il n'y a aucune raison que les organismes complémentaires augmentent les cotisations. Nous sommes dans un système de libre concurrence. Et d'ailleurs, si vous notez que votre organisme complémentaire augmente ses cotisations, vous avez toute possibilité de vous tourner vers un autre assureur complémentaire", a-t-elle répondu à la question d'un auditeur - Source Nouvel Obs

Sachez Madame que cela peut avoir des conséquence financières encore plus dramatiques en fonction de l'âge des assurés !!!! Mais cela semble vous avoir échappé. De plus, avez-vous le moindre pouvoir pour empêcher quelque augmentation que ce soit. Votre répartie Madame la Ministre sonne comme celle de Marie Antoinette déclarant : "Ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche"

jeudi 31 juillet 2008, a 20:58
Merci à Sarkozy, 62% pour le non en Irlande
 


Sarkozy a bien fait d'agacer les Irlandais ,en ne voulant pas respecter leur vote, il n'a réussi qu'a faire augmenter le nombre de mécontents envers l'Europe des technocrates de Bruxelle. Un récent sondage voit le "non" progresser de 53% à 62%

Si seulement ,son agitation et son mépris pouvait avoir le meme effet sur le peuple français pour qu'enfin la france qui souffre et qui travaille réagisse et se mobilise en masse pour mettre fin aux frasques de ce dictateur.

Selon un sondage réalisé entre le 21 et le 23 juillet pour le cercle de réflexion Open Europe et publié dimanche 27 juillet 2008, près des trois quarts des Irlandais s'opposent à l'organisation d'un nouveau référendum sur le Traité de Lisbonne, rejeté à 53,4% en juin.

samedi 26 juillet 2008, a 18:58
Mettre la gauche à la hauteur !
 

Alors que la France n'a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal redistribuées, chaque jour, ce sale régime sarkozyste pousse les feux anti-sociaux tous azimuts. Un seul objectif : augmenter les profits des multinationales, baisser les salaires et la protection sociale. Bling-bling et sa bande du Medef redistribuent à l'envers : tout pour l'actionnariat, rien pour le salariat, tout pour les riches, rien pour les pauvres.


Ils menacent la Sécu de tous côtés : moins de recettes, moins de soins. Ils hésitent encore sur la date : lors de la LFSS ou par une loi spécifique, mais ils veulent dé-rembourser les soins, taxer les seuls malades, casser la solidarité entre bien-portants et malades.


Ils organisent la guerre aux chômeurs : pas plus de refus de deux pseudo offres valables d'emploi, à bas prix et loin du domicile.


Ils traquent les sans-papiers, y compris ceux qui travaillent, exploités par des patrons délinquants, sans vergogne.


Pour la retraite, ils promulguent les 41 annuités, alors que les Français travaillent toujours en moyenne 37 annuités dans la vie réelle, c'est-à-dire qu'ils baissent encore le niveau des retraites, planifiant la plongée progressive des vieux dans la misère et les mouroirs.


Pour le code du travail, ils le passent à l'acide des exigences du Medef, démantelant le caractère collectif du contrat de travail pour le remplacer par des contrats individuels de gré à gré, de type commercial.


Ils aggravent la loi Fillon du 4 mai 2004 qui permet de déroger par le bas à l'ordre public social, et maintenant de renoncer par accord d'entreprise à la durée légale à 35 h ; ils opèrent même un spectaculaire tête-à-queue, puisque, après avoir valorisé de toute leur propagande, les heures supplémentaires à 25 %, ils permettent de les ramener à 10 %.


Ils ouvrent la voie à 235 jours de travail pour les cadres au lieu de 218, leur supprimant même les jours fériés.


Ils poussent au travail des femmes vendeuses et caissières, pauvres et précaires, le dimanche.


Ils allongent le contingent d'heures supplémentaires de façon illimitée, mais sans les majorer : travailler plus, gagner moins.


Ils bloquent le Smic, facilitent les CDD de 36 mois, les périodes d'essai de 8 mois, la suppression du droit du licenciement.


Ils facilitent les grandes hyper surfaces monopolistiques au détriment des commerces de proximité.

En bloquant les salaires, ils creusent le trou de la Sécu et des caisses de retraite.


Ils ferment les hôpitaux et les services publics, privatisent la Poste pour aller plus vite dans cette voie.


Ils dérégulent chaque jour tous azimuts : la loi imposant un quota de logements sociaux dans les communes est contournée.

Contrairement à toutes leurs pseudo-promesses écologiques, ils bradent le transport du fret par rail.

Ils augmentent le prix du gaz massivement pour satisfaire les nouveaux actionnaires.


Ils proposent de reprendre l'allocation dépendance des personnes âgées sur leurs maigres successions.


Ils affaiblissent cyniquement l'école publique : ils annoncent la 65 000e suppression de postes d'enseignants alors qu'on en a tant besoin pour tirer les élèves en difficulté des secteurs difficiles.


Ils montent comme prévu la loi Pécresse en pleine puissance, mettant en concurrence dix universités “championnes”, à la mode états-unienne.


Ils distribuent 60 milliards d'exonérations de cotisations sociales aux chefs d'entreprise, ils laissent 72 milliards de niches fiscales profiter aux plus riches, ils redonnent au nom du « bouclier fiscal », des impôts « trop perçu » aux 378 000 millionnaires de ce pays.

Ils sont les plus grands licencieurs, empêchant des centaines de milliers de jeunes d'accéder à la fonction publique alors que des postes se libèrent en masse, suppriment un fonctionnaire sur deux, mais les contractuels, les précaires, se multiplient, leur but étant de détruire le statut protecteur de la fonction publique comme ils l'ont fait du code du travail.


C'est une autre société qu'ils essaient de faire passer en force. C'est la France sociale qu'ils cassent. Un recul sans précédent historique depuis 60 ans…


Et Bling-bling, battu aux élections de mars 2008, réduit à 33 % d'opinions favorables, ajoute l'insulte provocatrice à toutes ces attaques : « en France quand il y a une grève, on ne la remarque plus… »

Oui, bah, il va voir… ça va mal finir !

Car l'explosion peut survenir à tout instant, le salariat ne se laissera pas faire, pas davantage qu'en mai 68, novembre - décembre 95 ou 2006… On ne fait pas ainsi reculer une société avec une telle violence : tôt ou tard, elle va s'auto-défendre et trouver en son sein, à la fois un mouvement d'ampleur et à la fois une issue politique, quand bien même la gauche ne se mettrait pas d'elle-même à la hauteur !

Mais notre rôle est de nous battre pour « mettre la gauche à la hauteur » de cette situation explosive, c'est en tout cas, ce à quoi nous œuvrons à l'occasion du congrès du Parti socialiste !

vendredi 25 juillet 2008, a 19:39
Vulgarité de Sarkozy
 


Non, Sarkozy n'est pas bling-bling selon le mot en vigueur dans les médias et qui ne signifie finalement pas grand-chose. Sarkozy n'est pas clinquant, il est vulgaire.


Sarkozy est vulgaire dans sa manière de marcher en roulant les épaules, imitant sans s'en rendre compte la racaille qu'il dénonce.


Sarkozy est vulgaire dans sa manière de parler, de brader la rhétorique comme les marchands de tapis ou les joueurs de bonneteau.


Sarkozy est vulgaire comme son compère Bernard Tapie à qui il vient de refiler un sérieux coup de pouce dans son combat contre le Crédit lyonnais.


Sarkozy est vulgaire dans sa manière de la jouer peuple, de taper sur l'épaule du citoyen comme Chirac tapait sur le cul des vaches. Sarkozy est vulgaire dans sa manière de faire croire aux Français qu'il détricote le droit du travail pour leur bien.


Sarkozy est vulgaire dans sa manière de jouer avec ses montres de marque, d'étaler le pognon qu'elles ont coûté à défaut de pouvoir disserter de leur esthétique.


Sarkozy est vulgaire dans sa manière de triturer son téléphone, d'envoyer des SMS à tout propos, comme si seul son petit ego pouvait avoir de l'importance sur la scène du monde.


Sarkozy est vulgaire dans sa manière d'exhiber ses femmes comme on exhibe une décapotable, vulgaire jusque dans les manières de son fils Jean qui le singe. Sarkozy est vulgaire comme Berlusconi, la honte de l'Italie, comme tous les petits dictateurs d'opérette.


Sarkozy est vulgaire comme un hamburger trop mou, comme un soda trop sucré, comme les états d'âme des stars d'Hollywood, comme l'horoscope sirupeux des magazines féminins, comme la dérision institutionnalisée dans les émissions de télé, comme l'omniprésence du bruit dans les lieux publics. Mais ne nous y trompons pas.


Sarkozy est notre président parce que nous devenons vulgaires. Il est le symptôme de notre maladie, de notre vacuité, de notre néant, de ce que nous sommes en train d'abandonner tout sens des valeurs pour devenir de simples marchandises.


dimanche 22 juin 2008, a 12:15
Appel pour le mandat unique
 


Dans le cadre de l'article 6.11 des statuts du Parti Socialiste, les membres du Parti Socialiste ci-dessous signataires demandent que soit organisée une consultation directe des adhérents, visant à interdire le cumul d'un mandat parlementaire (Député/e, Sénateur/trice, Député/e Européen) par l'introduction, dans l'article 9.3 des statuts du Parti Socialiste du paragraphe suivant :

« Le parti Socialiste applique le mandat unique parlementaire. En conséquence tout(e) candidat(e) membre du parti prend par écrit, avant la ratification de sa candidature, l'engagement sur l'honneur de remettre sa démission de ses autres mandats électifs après son élection au parlement national ou européen ».


Article 6.11 des statuts : consultation directe des adhérents Sur proposition du(de la) Premier(e) Secrétaire du Parti, du Bureau national, de 35 fédérations ou à la demande d'au moins 15% des adhérents (par rapport au nombre arrêté au 31 décembre de l'année précédente), le Conseil national peut décider, après en avoir débattu sur le fond et à la majorité qualifiée des deux tiers de ses membres, d'organiser une consultation directe des adhérents en leur soumettant une question rédigée simplement. Le Conseil national fixe les modalités de discussion collective et d'organisation des votes en découlant.



samedi 21 juin 2008, a 17:41
Après la victoire massive du « non » en Irlande Le mépris et la peur de la démocratie
 


Le peuple irlandais a rejeté le Traité Modificatif Européen (TME), nouvel avatar du Traité Constitutionnel européen (TCE) à une large majorité : 53,4 % contre 46,6 %. 33 des 43 circonscriptions de l'Eire ont donné la majorité au « non ».Le taux de participation s'est élevé à 53,13 %, soit 20 points que lors du premier vote sur le traité de Nice en 2001, alors que l'importance du taux de participation était présenté comme favorable au « oui ».

Pourtant, le non avait pourtant contre lui la quasi-totalité des appareils politiques et la très grande majorité des médias. Pourtant, l'Union européenne, n'avait cessé tout au long de la campagne référendaire d'exercer sa pression sur le peuple irlandais.

Juridiquement, le traité de Lisbonne n'existe plus

Le projet de traité prévoyait lui-même qu'il ne pourrait entrer en vigueur que si 27 Etats-membres l'avaient ratifié. Il n'est pas possible, en effet, de réformer l'Union Européenne sans l'unanimité des Etats-membre. C'est la loi que se sont fixés à eux-mêmes les Etats européens et pour changer cette règle, il faudrait l'unanimité desdits Etats.

La seule concession faite à la victoire du « non » irlandais est la reconnaissance par le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker, que le traité ne pourrait pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009. Tout est mis en œuvre, au contraire, pour passer outre le verdict du suffrage universel, culpabiliser et punir le peuple irlandais.

Les dirigeants européens cherchent à relativiser la portée du référendum

Premier argument : les « élites » comprennent, le peuple ne comprend pas, la démocratie est une erreur dès qu'il s'agit de laisser le peuple trancher des questions aussi complexes. On connaît la chanson, elle était devenue une vraie scie après la victoire du « non » au référendum français en 2005. C'est parce que le contenu du traité n'a pas suffisamment été expliqué et que les Irlandais ne comprennent pas la profonde démocratie de l'Union européenne que le « non » l'a emporté.

Le contraire est pourtant évident : la majorité des Irlandais, comme la majorité des Européens ont très bien compris la véritable nature de l'Union européenne : un instrument au service du capital, dirigé contre le salariat. Un instrument qui interdit toute harmonisation sociale vers le haut et encourage la mise en concurrence des salariés des différents pays de l'Union. Ils connaissent la nature des politiques menées par l'Union européenne depuis plus de vingt ans. Ils savent que l'essentiel du pouvoir de cette Union est détenu par des institutions qui n'ont aucun compte à rendre au suffrage universel : la Commission, la Banque Centrale Européenne, le Conseil européen.

Ben Tora, spécialiste des questions européennes à l'université de Dublin mettait d'ailleurs parfaitement en lumière les raisons essentielles du vote des habitants des zones rurales et des salariés irlandais pour le « non » : ils se sont sentis menacés « par la concurrence étrangère, une baisse des salaire, un risque d'affaiblissement des protections sociales » (Libération du 14 juin 2008). Des raisons identiques à celles qui avaient amené les victoires du « non » en France et aux Pays-Bas en 2005.

Le deuxième argument, c'est « l'alliance de la carpe et du lapin », l'alliance entre le Sinn Fein de gauche et des opposants à l'avortement et au divorce. Comme si l'alliance des partisans du « oui » et la couverture de Paris-Match avec François Hollande et Nicolas Sarkozy en mars 2005 n'avait rien à voir avec ce type d'alliance.

Le comble de la mauvaise foi est atteint lorsque - troisième argument - le rôle de la presse est mis en cause. La victoire du « non » irlandais serait du à la « presse Murdoch ». Alors que les 4/5ème des médias irlandais étaient des inconditionnels du « oui ». Alors qu'en 2005, on avait jamais entendu les médias français dénoncer (et pour cause) les groupes Bouygues, Lagardère, Dassault et Rothschild. Des médias qui ne soient pas à 99 % pour le « oui » et nous voilà bien près du crime de lèse- majesté.

Le dernier argument ne manque pas non plus de sel. Les libéraux de tous poils reprochent aux 862 415 irlandais qui ont voté « non » d'avoir décidé d'un projet conçu pour près de 500 millions d'Européen. Mais s'ils ne voulaient pas que cela soit le cas, pourquoi les dirigeants européens n'ont-ils pas demandé leur avis aux centaines de millions d'Européens concernés en organisant des référendums dans les 27 pays de l'Union ? Pourquoi l'Irlande a-t-elle été le seul pays européen à organiser un référendum ?

Les dirigeants européens veulent se débarrasser du « non » irlandais

Cette volonté ne date pas du triomphe du « non » au référendum irlandais. Pour parer à toute mauvaise surprise, dès le 20 février 2008, le Parlement européen avait cru bon d'approuver le traité de Lisbonne. Un amendement dépose par la Gauche Unitaire Européenne proposait que le Parlement européen « s'engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». Il a été repoussé par 499 voix contre 129 !

En 2005, après les victoires du « non » en France et aux Pays-Bas, les dirigeants européens avaient stoppées les ratifications référendaires pour les Danois, les Tchèques, les Polonais et les Irlandais. Ils avaient même amenés (tant la peur les tenaillait) les parlements suédois et finlandais à différer leurs votes de ratification. Aujourd'hui, ils font la preuve que, pour eux, la fin justifie les moyens en décidant exactement l'inverse, la continuation des ratifications (toutes par voie parlementaire…) dans tous les pays où elles n'ont pas eu lieu. Il s'agit d'intimider les électeurs Irlandais, de les encercler pour les amener à renier leur vote.

Un « chercheur associé », cité par Libération du 14 juin, va jusqu'à justifier à l'avance un nouveau référendum irlandais alors que le gouvernement de Dublin avait expressément rejeté cette hypothèse : « Le rejet d'un second vote était un argument politique de bon aloi, en pleine campagne référendaire. Maintenant que l'on connaît les résultats du référendum, la donne politique change… » On se demande ce que pourrait bien être, pour ce monsieur, un argument de mauvais aloi…

Toutes les stratégies pour « passer outre » le « non » irlandais fleurissent : organiser un nouveau référendum après avoir procédé à un changement cosmétique du TME ; mettre l'Irlande au cachot en créant une Union européenne de deuxième zone… Elles ont toutes en commun le mépris et la peur du suffrage universel.

L'Union européenne bloquée ?

C'est la menace que les partisans de l'Union Européenne libérale brandissent maintenant à tout bout de champ. Comment, selon eux, faire fonctionner avec les règles du Traité de Nice qui étaient faite pour une Europe à 15, une Europe de 27 membres ?

Pourquoi n'ont-ils pas commencé par changer les règles de fonctionnement avant d'élargir l'Union européenne ?

De quelle menace s'agit-il, ensuite, dans la mesure où la Pologne avait imposé un compromis qui permettait de différer les nouvelles modalités de fixation de la majorité qualifiée (et donc de continuer à fonctionner selon les règles du traité de Nice) jusqu'en 2014 et même 2017 si un Etat-membre l'exigeait ?

Comment n'ont-ils pas compris, enfin, que si cette Union Européenne là était bloquée cela ne pourrait que soulager la très grande majorité des Européens. Que signifie, en effet, son fonctionnement, si ce n'est la mise en pièce de nos services publics, l'adoption de la directive McCreevy qui reprend à son compte 70 à 80 % de la directive Bolkestein, des milliards d'euros mis à la disposition des banques privées dont la spéculation a mis l'économie mondiale au bord de la faillite, l'augmentation des taux d'intérêts par la BCE aux dépens de la croissance et aux profits des rentiers…

Ce que veulent les Européens c'est une autre Europe et les dirigeants européens feraient peut-être bien d'écouter ce que dit un économiste comme Patrick Artus, qui n'est pourtant pas spécialement de gauche. Ses propos s'appliquent à la mondialisation mais concernent tout autant l'Union européenne libérale : « Il est à craindre que le pire soit à venir avec un retour en force du protectionnisme et le danger de réactions populistes de plus en plus exacerbées. Ce sera alors, le règne du chacun pour soi et le retour de tensions géopolitiques lourdes de conséquences ».

Une Constituante européenne

Il n'y a pas trente-six méthodes pour réconcilier l'Union européenne et ses habitants mais il faudrait, pour cela, commencer par en finir avec le mépris et la peur de la démocratie en organisant l'élection d'une Assemblée constituante européenne. Il n'est pas possible de décider du sort de près de 500 millions d'Européens sans leur demander d'élaborer démocratiquement la Constitution qui leur permettra de vivre ensemble. Et seule une Assemblée Constituante élue pour proposer une Constitution européenne peut remplir cette fonction.

Conformément à la tradition constitutionnelle européenne cette Assemblée constituante devrait débattre publiquement, en utilisant tous les moyens de communications modernes, les différentes propositions faites par les élus de cette assemblée. Le projet adopté par cette Assemblée Constituante devrait, ensuite, être soumis à un référendum unique pour tous les électeurs de l'Union européenne.


samedi 21 juin 2008, a 17:03
Parole au peuple en Irlande : NON à l'Europe libérale
 


La leçon est de taille : le seul pays de l'Union Européenne à avoir dû se soumettre à un référendum sur la nouvelle constitution (une obligation constitutionnelle) refuse la constitution européenne libérale. Inutile de préciser que l'Irlande est en passe de s'attirer les foudres des milieux libéraux. En France, Sarkozy avait reçu l'appui de la direction du PS pour éviter la voie référendaire et le triste souvenir de 2005, et tous les autres pays avaient également entériné le texte par voie parlementaire.

Comment le libéralisme gagne !

D'abord parce qu'il matraque les esprits. La monopolisation des médias est l'arme du libéralisme. Grâce à cette domination, les tenants du libéralisme ont tout loisir de délivrer quantité de messages allant dans le sens de son éthique et de sa culture.
L'exemple du vote en Irlande est révélateur. Les résultats officiels ne sont même pas encore tombés que l'on parle déjà de contourner la décision des irlandaises et des irlandais : aménagements particuliers pour appliquer le texte malgré tout, voire faire rapidement revoter le texte !
Les médias précisent déjà que seul un « non » massif verra le rejet de la constitution chérie des milieux libéraux. On installe déjà l'évidence qu'un « non » ne suffit pas pour exprimer un refus. La morale est cocasse : la prochaine fois que vous refusez quelque chose, pensez à dire « je refuse massivement » au lieu de juste dire non.
Autre décorticage du message délivré par les média : Imagine t-on que pour entériner la constitution il eut fallu un « oui massif » ? Et qu'en cas d'un « petit oui » il aurait fallu faire revoter les gens ?!

Tout converge vers le fait que le monopole de la culture est l'arme du libéralisme. Il faut à la gauche un média audiovisuel porteur. Avant l'avènement de la télévision, la concurrence entre les journaux et la radio permettait d'équilibrer les forces éthiques et culturelles en présence. Aujourd'hui, ce rapport de force est trop déséquilibré, il faut un mass-média de gauche.

Classes populaires : Où la gauche perd !

La gauche perd parce qu'elle s'est éloignée des classes populaires, c'est à dire de 55% de la population française. Mai 2005 a été une manifestation claire du refus des classes populaires d'aller plus avant dans le libéralisme. La triste réalité d'une partie de la gauche est cette coupure qui s'est doucement opérée entre « classes moyennes » et « classes populaires ». d'abord, force est de constater que les directions des partis pensent davantage en terme de mandats qu'en terme réellement politique. La perte d'un support idéologique et l'abandon d'une démarche de réactualisation des idées sont à l'origine des situations du PS et du PCF. « Boboïsation » pour l'un, écroulement pour l'autre.

L'autre écueil vient des classes moyennes elles-mêmes, c'est à dire de ces gens, « employés du libéralisme », qui ont fini par s'imaginer qu'ils n'étaient justement pas vraiment des employés. Que la misère, l'emploi, les problèmes d'éducations, le système de santé, le logement, la laïcité, sont des sujets pour lesquels ils peuvent s'en sortir (seul, chacun pour soi... ) et qu'ils n'ont aucun lien avec ces gens des classes populaires.
Même l'emblématique association ATTAC est constituée sur cette coupure entre classe moyenne et classe populaire. Il ne s'agit seulement une coupure de dialogue – au sens où l'on se refuse à aller dans les quartiers dits « populaires » – il s'agit une coupure de conception de ce qu'est un individu. Des actions militantes menées par nombres d'associations de gauche, bien que de bonne foi, ne prennent pas en compte les réalités et les conditions de vie des classes populaires, et les messages culturels et politiques sont inaudibles. Le parallèle avec la création des « Maisons de la Culture », sensées ouvrir les gens à la culture, est saisissant. Les maisons de la culture ont été conçues avec l'a priori que les gens – tous ! – viendraient car se sentiraient concernés par la culture. Or, cet a priori marque justement une différence sociologique, et de fait, les maisons de la culture ont été essentiellement fréquentées non par des gens désirant s'ouvrir à la culture, mais par des gens s'intéressant déjà à la culture par ailleurs. La plupart des actions d'ATTAC ont le même problème : bien que faites pour tout le monde, elles ne s'adressent qu'aux classes moyennes parce qu'elles ne prennent pas en compte la réalité sociologique des classes populaires. Bourdieu – entre autre ! – avait expliqué dès le départ le mauvais a priori fondateur des maisons de la culture et expliqué leur échec futur ; de même la gauche se coupe toujours davantage des classes populaires faute de se mettre à leur portée et faute de considérer que l'implication politique et l'intérêt pour la culture ne sont « naturels » que pour ceux qui en ont reçu cette éducation. Or, cette éducation est très souvent le signe des classes moyennes, et non celui des classes populaires.

Revenir vers les gens : cultiver le lien social élémentaire

Si Bourdieu avait prévu les problèmes des maisons de la culture, ce n'est pas par des incantations, mais bien par des réalités sociologiques tangibles et accessibles. Il est nécessaire d'arrêter de considérer que l'intérêt pour la chose politique est naturel : il relève d'une éducation. Il faut arrêter de considérer que tout le monde peut s'intéresser à la culture : cet intérêt relève lui aussi d'une éducation.
Si la gauche veut reconquérir le terrain qui est le sien (et ce terrain est aussi convoité par le pétainisme de Sarkozy, voire le nationalisme... ), les militants doivent repenser les modes d'actions par lesquels ils entendent délivrer leurs messages.
Les conférences n'intéressent que ceux qui connaissent déjà l'intérêt des conférences. Mais par ailleurs, c'est le lien social, le concret, qui suscite l'intérêt des gens qui n'ont pas reçu en héritage l'intérêt pour la culture et la politique. Aide au logement, cours du soir, soutien scolaire et garde pour les enfants, soutien juridique, animation collective, système d'entraide, autant de champs d'actions possibles. Une partie des militants pensent que de telles actions sont de l'ordre du palliatif, du caritatif : on panse les maux du libéralisme. Cette image est très clairement une lecture libérale qui désolidarise les employés entre eux, car c'est par le lien social élémentaire que le message politique et culturel passe auprès de ceux qui n'ont pas reçu cet intérêt en héritage. Ces terrains d'actions possibles sont autant d'opportunités qui permettent de délivrer un message et de montrer ce qu'est la solidarité, ce qu'est la conscience citoyenne, ce qu'est la laïcité.
Là, il y a possibilité de montrer comment on ne vit pas seul, mais avec d'autres, et que toute chose a un prix, un revers, c'est à dire une « valeur citoyenne ». Si je veux être en bonne santé, alors il (me) faut un bon système de santé pour tous. Si je veux de l'instruction pour mes enfants, alors il (me) faut un bon système éducatif pour tous. Si je veux vivre dans un pays en paix, alors il (me) faut les moyens d'éliminer un maximum de tensions dans la vie des individus autour de moi et donc développer l'emploi, les services publics, les lois individuelles garantissant le respect de l'intimité, etc. Par le concret, il y a non seulement le moyen d'illustrer et de rendre accessibles des images comme la solidarité, l'individu-citoyen, la santé pour tous, etc. mais aussi le moyen d'impliquer les gens, de leur faire prendre conscience qu'ils sont parties prenantes, qu'ils sont impliqués dans un système plus vaste qui dépasse les proches (famille, amis) et qu'être citoyen ça n'est pas seulement réclamer des services publics, c'est aussi, dans le quotidien, assumer le lien social avec ses voisins, là où l'on vit, et que la vie du Pacte Républicain c'est le temps que les individus consacrent à d'autres individus.
Parce que le lien social élémentaire sera constitué et soutenu par l'éthique du citoyen, par la culture de l'individualisme républicain (qui est l'individualisme de gauche depuis plus de 200 ans), alors la politique et la culture seront possibles, accessibles et collectives. Alors la gauche sera à nouveau de gauche, des classes populaires jusqu'aux classes moyennes, et ceci aussi bien en France, qu'en Europe.

mardi 17 juin 2008, a 16:45
Bravo les peuples : les élites disent oui, les peuples disent non ! Préparons la suite !
 


L'Irlande est le seul pays où les dirigeants du turbocapitalisme ne pouvaient pas supprimer la voix du peuple et l'Irlande a dit non !

En France comme aux Pays-Bas, mais comme beaucoup d'autres pays européens où l'on baillonne la démocratie (Grande-Bretagne, Allemagne, etc.) les dirigeants du turbocapitalisme, Sarkozy et le patronat européen multinational en tête, bafouent la souveraineté populaire, un des neuf principes fondamentaux de la République.


Ce non rejoint tous les non qui souhaitent plus de démocratie, d'égalité, de laïcité et de social dans tous les pays, en Europe et dans le monde.

Ce non renforce la résistance des citoyens et des peuples contre les complices des dirigeants du turbocapitalisme, gouvernements, patronat, églises, dirigeants des organisations putes et soumises, qui mettent un voile ou un bandeau sur leurs yeux et leurs oreilles pour ne pas voir, ne pas entendre la voix des citoyens et des peuples.


Aujourd'hui, nous devons appeler à renforcer la résistance contre cette Union européenne là, anti-laïque, anti-sociale, anti-démocratique, anti-féministe. Soit les gouvernements nous proposent un autre texte RADICALEMENT DIFFERENT de TOUS les traités européens existants, soit l'Union européenne sera perçu de plus en plus pour ce qu'elle est, c'est-à-dire l'Europe des puissants, des dirigeants des multinationales et des églises, de ceux qui pensent que la croissance des inégalités sociales de revenus, de santé et de protection sociale, de condition, est une fatalité et ce sera "sauve qui peut" de cette Europe-là !


J'appelle donc au rassemblement le plus large possible du non de gauche pour préparer les prochaines élections européennes de juin 2009 avec une liste unitaire du non de gauche regroupant le non de gauche dans tous les pays. Pour la France, cet appel est lancé à toutes les organisations représentatives des 31,3% des citoyens qui ont contribué à la victoire du non le 29 mai 2005, des socialistes de gauche à l'extrême gauche.


jeudi 12 juin 2008, a 12:54
10 % ou 25 % ? Comment MM Fillon et Sarkozy ont bloqué les salaires de 5 millions de salariés depuis 2005 et veulent les re-baisser à nouveau
 


La gauche avait prévu en 2002 que les heures supplémentaires, dans les entreprises de moins de 20 salariés, ne seraient majorées provisoirement que de 10 % jusqu'au 1er janvier 2005 et qu'ensuite elles seraient toutes à 25 % dés la 36e heure de travail hebdomadaire.

Ce sont MM. Raffarin, Fillon et Sarkozy qui ont bloqué l'augmentation de salaire ainsi prévue le 1er janvier 2005 pour ceux auxquels l'employeur faisait faire des heures supplémentaires.

Dans les entreprises de moins de 20, il y a 5 millions de salariés : ceux-ci ont donc, lorsqu'ils travaillaient plus, perdu substantiellement du salaire entre le 1er janvier 2005 et le 1er octobre 2007 où MM Fillon et Sarkozy ont rétabli ce que la gauche avait prévu comme augmentation des majorations d'heures supp'. Mettons un salarié au Smic, qui aurait fait 180 h supp par an (le contingent annuel non soumis à autorisation) en 2005, 2006, et 2007, il aurait gagné environ 1260 euros nets de plus en ces trois années : si cela n'a pas été le cas, c'est la résultante des lois Fillon qui ont différé de trois ans le taux de majoration que la gauche avait voté et fixé.

Concrètement 5 millions de salariés ont été privés de 2005 à 2007 de gagner ce qu'il était prévu qu'ils gagnent d'après la loi de la gauche. Toute la campagne de M. Sarkozy étant axée sur « travailler plus » et les heures supplémentaires majorées, ils ne pouvaient faire autrement que de cesser ce blocage du salaire et de rétablir les 25 % de majoration pour tous les salariés dans toutes les entreprises qui travaillent au delà de 35 h.

Mais voilà que nos hypocrites, menteurs, faussement partisans de la « hausse du pouvoir d'achat », veulent en revenir sur cette petite majoration affectée à ceux qui « travaillent plus » et la ramener à 10 % voire 0 %... pour tous les salariés dans toutes les entreprises soit 16 millions de salariés concernables.

Ils se moquent vraiment des travailleurs, ils comptent sur des médias qui n'expliqueront pas ces manœuvres, ces reculs, ces mensonges. Mais la vérité se fera jour et un mouvement d'ensemble sur les salaires se dessine : tous les travailleurs sont concernés, 10 euros de l'heure, le Smic à 1500 euros, 200 euros d'augmentation pour tous, partagez les richesses, augmentez les salaires, cela fera aussi de l'argent dans les caisses de la Sécu et des retraites.


mardi 10 juin 2008, a 07:47
Le gouvernement accusé de préparer le filtrage du Net
 


Un document en cours de rédaction au ministère de l'Intérieur imposerait de nouvelles obligations aux FAI. Notamment en matière de surveillance du Web.

C'est un document de quatre pages qui a mis le feu aux poudres. Vendredi 6 juin 2008, le site PC Inpact met en ligne un texte intitulé charte « Confiance en ligne », dont le ministère de l'Intérieur serait à l'origine.

Ce document, visiblement encore à l'état de brouillon, serait en discussion entre les acteurs du Net, fournisseurs d'accès à Internet, et opérateurs mobiles, fournisseurs de services en ligne et éditeurs. Il liste une série d'engagements destinés à renforcer la sécurité d'Internet et à en faire « un environnement le plus sûr possible pour tous les citoyens ».

Blocage de certains ports de communication


Les acteurs signataires de cette charte s'engageraient à améliorer la sécurité des utilisateurs. Notamment en les informant des risques qu'ils encourent sur le Net, en leur indiquant une liste d'outils de protection à leur disposition ou encore en leur prodiguant les bons conseils pour lutter contre le spam. Jusque là, rien de bien choquant. Mais la suite, consacrée aux « engagements pris auprès des autorités », est au coeur de la polémique.

Les prestataires s'engageraient en effet à communiquer certains contenus et comportements sur la Toile qu'ils jugeraient suspicieux ou présentant un risque pour la sécurité des personnes et des biens, cela sans qu'il soit fait état d'un quelconque cadre juridique. La Quadrature du Net, association pour la défense des libertés publiques, y voit la mise en place d'un « dispositif de surveillance généralisé et de contrôle de l'information digne du régime chinois » .

D'autres mesures suscitent l'inquiétude, comme la possibilité pour les FAI de suspendre ou carrément de supprimer les espaces de discussion en cas d'absence de mise à jour ou de modération pendant trois mois. Le blocage de certains ports de communication sur les équipements des internautes mettant en jeu la sécurité du réseau et le contrôle a priori des espaces destinés aux mineurs font également craindre à certains la mise en place d'un système de filtrage du Web.
Autant de sujets dont les différents acteurs d'Internet devront discuter. Le gouvernement se serait donné jusqu'au 10 juin pour faire signer cette charte.

lundi 09 juin 2008, a 21:07
Accès à l'emprunt La plaie pour les malades !
 


Selon les propos de M. Xavier BERTRAND, alors ministre de la Santé, parce que 10 à 12 millions de personnes ont ou ont eu un problème de santé, elles sont susceptibles de ne pas avoir accès à l'assurance et par voie de conséquence à la propriété.

Les engagements pris, notamment par les banques et les assureurs, dans le cadre de la convention AERAS (pour s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) devaient permettre de lutter contre cette injustice.

L'enquête menée par l'UFC-Que Choisir dans 625 agences bancaires et sur 50 dossiers, suivis de bout en bout, démontre que les engagements pris ne sont pas tenus. Les personnes avec un risque aggravé de santé continuent à faire face à des obstacles d'ordre administratif ou économique insurmontables.


Défaut d'information et lourdeur administrative

- Rares sont les agences bancaires à faire la publicité de la convention AERAS. Rares sont également les chargés de clientèle à connaître ne serait-ce que l'existence même de cette convention. Dans 93% des établissements, à l'issue de l'entrevue la convention n'a même pas été évoquée.

- La confidentialité des données sur l'état de santé des personnes n'est pas respectée.

- Les personnes entrant dans le champ de la convention ignorent très souvent la nécessité de rechercher une assurance individuelle autre que celle proposée par la banque.

- La plupart du temps un compromis de vente ayant déjà été signé, le temps imparti pour faire jouer la concurrence et souscrire une police d'assurance est insuffisant.


Des barrières économiques majeures

- Les primes d'assurance peuvent être 2 à 3 fois plus chères, soit un surcoût pour la personne assurée pouvant atteindre 200 euros par mois !

- Pour un prix pourtant majoré, les assureurs réduisent très souvent la couverture du risque au seul décès et excluent le risque d'invalidité par exemple.

- L'évaluation du risque et le montant des primes qui en découlent peuvent varier fortement d'un assureur à un autre. Il existe donc un doute sur la prise en compte, par certains, des données épidémiologiques existantes pour calculer une prime véritablement ajustée au risque réel.

Pour mettre fin à cette discrimination, l'UFC-Que Choisir plaide pour un véritable droit opposable à l'assurance en vue d'acquérir sa résidence principale.

Concrètement, compte tenu du montant des surprimes, la mutualisation globale des risques est une nécessité, Il s'agit donc de faire rentrer dans les contrats d'assurance de groupe les personnes avec un risque aggravé de santé.

Cette mutualisation qui s'inscrit dans l'égalité de tous dans l'accès à son logement est possible et cela sans affecter le coût de l'assurance, les marges réalisées par l'assurance emprunteur étant démesurées, de l'ordre de 60 %.

N.B. : Retrouvez l' « Etude de la convention AERAS » au format PDF (363 Ko) sur lequel ce communiqué est basé, en cliquant ici ! .


lundi 02 juin 2008, a 19:36
Mais non, le PS ne peut pas, ne doit pas céder à la tentation libérale !
 


Car s'il le faisait, il reculerait encore davantage, il se condamnerait à perdre les élections suivantes. Ce n'est pas son intérêt ni celui du peuple. En Europe, les "troisièmes voies" sociales ET libérales sont toutes en échec, elles ont conduit à la désespérance, la division et la perdition. En France, c'est encore plus net, le rejet de la politique néo-libérale, extrémiste, intégriste de l'équipe Sarkozy-UMP est encore plus vaste et plus ferme ! La majorité de la France cherche une vraie issue à gauche et non pas un trompe l'oeil ou un placebo néo centriste !


Il faut une gauche à la hauteur des espérances de la gauche, et toutes les saillies droitières récentes.


Il faut un congrès de Reims rénovant la gauche et non pas l'abandonnant. Il faut un congrès de Reims social et non pas libéral. Il faut un congrès de Reims revenant aux fondamentaux et non pas dilapidant nos forces et nos soutiens.


Il faut un congrès de Reims prônant l'unité de la gauche et non l'unité avec le centre. Il faut un congrès de Reims dynamisant et pas décourageant, il faut un congrès gagnant et non pas conduisant à une nouvelle défaite comme celles d'avril 2002 et de mai 2007.


Voilà pourquoi ce qui transparaît ces jours derniers des débats du PS n'est pas la réalité, ni ce qui va l'emporter. La gauche de ce parti existe, elle a les clefs de l'avenir dans ses mains, il faut qu'elle se réunisse et propose une véritable issue... Je dépose avec mes amis une contribution en ce sens, et c'est ce à quoi j'appelle mes camarades ! Pour ancrer à gauche ce parti, il faut faire se rencontrer autour d'une même table les acteurs susceptibles d'y oeuvrer le mieux...


jeudi 29 mai 2008, a 20:48
Au mois de Mai : l'individu se prend à rêver
 


En ce jeudi 22 Mai 2008, le rassemblement pour la défense d'un système de retraites juste a été un succès. Même si elle n'a pas égalée des records, la mobilisation est croissante et elle montre des signes d'enracinement, c'est à dire qu'elle repose de plus en plus sur une construction et une capacité à relier des idées au delà de l'apparence. D'abord, les cortèges ont montré une plus grande variété de personnes. Nombres de jeunes de 30 ans ou moins étaient présents, preuve qu'un système de retraite juste n'est pas qu'une affaire de salariés sur le départ. Notons aussi que l'artifice de l'allongement de la vie justifiant l'allongement de la durée de cotisation est balayé par la prise de conscience que pour cotiser il faut pouvoir travailler, et que là réside le problème essentiel. Autant d'indices qui montrent qu'une prise de conscience est en train de se faire, non sur un point précis, mais bien sur la globalité de ce qui est à l'œuvre actuellement.

n affirmant explicitement sa rupture avec un certain gaullisme qui était à droite, sinon une réalité concrète, du moins une position traditionnelle dans les discours, Sarkozy percute de plein fouet des fondements culturels qui sont les nôtres depuis des générations. Nous ne sommes pas anglo-saxons, ne lui en déplaise, et l'enracinement du Pacte Républicain est profond. Le fait que le président ait du mal à tenir ses troupes UMP illustre que même dans les rangs de la droite, une telle politique de rupture choque les fondements traditionnels de certains.
On l'oublie souvent, car la dénonciation de ce que l'on perd prend toujours le dessus, mais le pétainisme de Sarkozy n'est pas tant destructeur que constructeur d'un nouvel ordre moral. De fait, il n'y a aucune contradiction entre, d'une part, le discours vantant la liberté de tous à entreprendre ou la fin de «  l'ingérence économique  » de l'Etat, et, d'autre part, la volonté d'inscrire «  en dur  » dans la constitution française des règles économiques scellant ainsi la ligne libérale dans les lois de notre pays, privant ainsi la jeunesse à venir de sa liberté à s'autodéterminer (dans sa réforme constitutionnelle, Nicolas Sarkozy a prévu des éléments fixant des règles budgétaires libérales pour l'économie de la France). Seule la constitution de l'Union Soviétique en 1924 avait osé déposséder des êtres humains à venir de leur possibilité de choisir la politique de leur pays.

Du sécuritaire au totalitarisme...
Cette similitude est-elle le fruit d'une pure coïncidence ? Plus qu'une nouvelle avancée libérale, le symbole d'une telle démarche constitutionnelle est révélateur d'une manière de concevoir le monde. La voie totalitaire signe le fait que, malgré les discours, l'individu ne compte pour rien. Il y a sur ce point une ambiguïté fondamentale entretenue par le discours de droite depuis des années (plus de 150 ans !). Cette droite qui se dit protectrice et porteuse de «  l'individualisme  » ne conçoit l'individu dont elle parle que dans l'arène de la loi du plus fort (les plus forts étant déjà en place !). Hors ce cadre, l'individu est un être surveillé, aseptisé, maîtrisé et mis sous sécurité car il est potentiellement porteur de changements. Et on le sait au moins depuis Max Weber, le libéralisme anglo-saxon, outre le fait qu'il n'aime pas vraiment les révolutions populaires, est construit sur des valeurs de vie posant l'existence comme dangereuse, comme une source d'imprévus et de douleurs. On le constate, la vision sécuritaire est toujours liée à un défaut de vitalité heureuse, c'est à dire un défaut de confiance et de joie à vivre. Lorsqu'une personne perçoit la vie avant tout comme une source de dangers et de douleurs, elle tombe dans le sécuritaire par besoin de se protéger. La liberté individuelle est l'incarnation de cette source d'imprévus : contrôler les individus devient une impératif. La politique américaine en matière de surveillance, de justice et de répression est l'illustration flagrante de ce qu'est La Vie et de ce qu'est l'individu pour les valeurs de vie du libéralisme anglo-saxon. De fait, une pensée politique devient totalitaire et sécuritaire non parce qu'elle s'intéresse à l'individualité, mais justement parce qu'elle ne conçoit pas l'individualité. C'est le défaut de capacité à comprendre l'individualisme qui fait qu'un système politique devient méfiant à l'égard des individus et tombe dans la surveillance, le contrôle de l'intimité, la sécurisation, l'internement et la répression. Parce qu'il est méconnu, l'individu est une source d'incertitudes, donc une source de dangers.


N'en déplaise, le libéralisme anglo-saxon n'est pas seul à fonctionner sur ce mode. Toute l'expérience des pays d'Europe de l'Est illustre cette dérive qui conduit de l'immense espoir d'Octobre 1917 à la réalité terrifiante de la Stazi et des goulags. Sarkozy est plus que le porteur d'un mode de fonctionnement économique, il est porteur d'une culture et d'une éthique de vie néfaste à la vie individuelle. Il n'y aura de projet politique à gauche sans la compréhension et la prise en compte de ce qu'est l'individu en dehors de l'aspect économique.


Sur ce terrain, la construction d'un projet à gauche va se heurter à la tradition globalisante qui conçoit l'individu comme un rouage économique et social, et relègue les questions éthiques et anthropologiques dans des corollaires mineurs. Pour relever cette épreuve indispensable et asseoir un nouveau projet de société, la gauche doit réapprendre la place politique de l'individu.


Dans cette tache, une des forces de l'esprit et de la culture de gauche réside dans sa tradition d'érudition et de savoir. Capacité à la critique, à la recherche et à la construction ; désirs de transparence, d'éducation populaire et d'élévation du plus grand nombre, autant de piliers qui fondent la solidité de la pensée et de l'action de gauche. Mai 2005 reste une démonstration grandeur nature, à l'échelle de tout un pays, de cette capacité à la mobilisation et à l'explicitation passionnée par le savoir. Face à des approximations, face à de la politique spectacle, face à des slogans aussi creux que de la publicité, la mobilisation contre le TCE a été la preuve que nous sommes vainqueur dès que nous avons un projet solide à défendre.


Et puis vint le mois de Mai...
Est ce le printemps, de longues années passées à tenter de conserver des acquis, le durcissement qu'incarne le pétainisme d'un sarkozy, ou un 40ième anniversaire qui nous ramène à des élans restés sans réponses, difficile à dire, mais ce début de mois de Mai marque une rupture. Le mot «  dénonciations  » se fait entendre, et avec lui : «  marre de ne faire que de la dénonciation  », «  il faut sortir de la dénonciation  », «  on ne peut plus se contenter de dénoncer, il faut proposer du neuf !   », etc. Voilà ce que l'on pouvait entendre aux détours de conversations dans les manifestations pour défendre les retraites.


De fait, de manière très concrète, un cap a été franchi. La conscience à gauche que le monde des trente glorieuses est achevé prend peu à peu consistance et s'incarne dans ce qui est le réflexe fondateur de l'esprit de gauche : le désir de construire un nouveau monde.
Ce nouveau monde sera le notre.


mercredi 28 mai 2008, a 22:24
George Bush a mené une "campagne de propagande" sur l'Irak, accuse son ancien porte-parole
 


WASHINGTON - Le président américain George W. Bush a préféré mener une "campagne de propagande politique" plutôt que de dire la vérité au sujet de la guerre en Irak, accuse l'ancien porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan dans un nouveau livre, selon la presse américaine.

L'administration Bush a pris la "décision de se détourner de la franchise et de l'honnêteté quand ces qualités étaient les plus nécessaires", à une époque où le pays était au bord de la guerre, écrit M. McClellan dans "What Happened: Inside the Bush White House and Washington's Culture of Deception" ("Ce qui s'est passé: à l'intérieur de la Maison Blanche de Bush et de la culture de la tromperie de Washington").


La manière dont le président américain a géré le dossier irakien "rendait presque inévitable que le recours à la force devienne la seule option envisageable", dénonce l'ancien porte-parole présidentiel dans ses mémoires, rapportent mercredi le "New York Times" et le "Washington Post". Et M. McClellan de préciser: "Il s'agissait de manipuler les sources de l'opinion publique à l'avantage du président."

Dans un jugement étonnamment sévère de la part de l'homme qui était à l'époque le porte-voix fidèle de la Maison Blanche, M. McClellan estime que la guerre en Irak a été une "erreur stratégique grave". "La guerre en Irak n'était pas nécessaire", conclut-il.


Les collaborateurs de la Maison Blanche ont semblé sidérés par cette charge cinglante, et l'actuelle porte-parole de la présidence, Dana Perino, a publié un communiqué très critique à l'égard de son ancien collègue. "Scott, nous le savons maintenant, est mécontent de son expérience à la Maison Blanche", affirme-t-elle. "Ceux d'entre nous qui l'ont soutenu sans réserve, avant, pendant et après qu'il fut porte-parole, sont déconcertés. C'est triste, ce n'est pas le Scott que nous avons connu."

Mme Perino a précisé que M. Bush avait été informé de la teneur du livre, mais qu'il ne fallait s'attendre à aucun commentaire de sa part. "Il a des questions plus urgentes à régler que de passer du temps à commenter des livres d'anciens employés", a-t-elle indiqué.


L'ancien porte-parole reconnaît que certaines de ses déclarations lors des points presse de la Maison Blanche se sont révélées être "gravement erronées". Mais il affirme qu'il était sincère à l'époque. M. McClellan met également en cause les médias, qui ont selon lui facilité la campagne de la Maison Blanche pour manipuler l'opinion sur la guerre en Irak.

Le livre sera en vente à partir du 1er juin aux Etats-Unis. M. McClellan y dresse le portrait d'un président Bush intelligent, charmeur et politiquement habile, mais réticent à reconnaître ses erreurs. En outre, M. Bush "se convainc de croire ce qui l'arrange sur le moment", et "manque de curiosité", ajoute-t-il. AP


vendredi 23 mai 2008, a 17:39
Un an de sarkozy : retour sur un bilan catastrophique
 


Le 6 mai 2008, cela fait déjà un an que Mireille Mathieu braillait « Mille Colombes » sur la Place de la Concorde devant une foule de gogos qui croyait encore que pour gagner plus il suffisait de travailler plus. L'ex-égérie de la chanson française des années 60 était là avec toute la fine fleur du sarkozisme et des courtisans du nouveau régime. Le Leader Minimo, lui, jubilait sur l'estrade. Normal. Même s'il ne put réfréner un énième mensonge (« Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas »), il avait tout de même gagné l'élection présidentielle. Qu'importe si la victoire avait été arrachée aux termes d'une campagne démagogique, populiste et sécuritaire. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse et ce d'autant plus qu'il venait de faire un bon gueuleton au Fouquet's et s'apprêtait, dès le lendemain, à « méditer » sur le yacht prêté par le milliardaire Vincent Bolloré avec celle qui s'appelait – encore – Madame Cécilia Sarkozy. C'était le temps où celui qui n'est jamais parvenu à habiter la fonction présidentielle pensait qu'il suffisait de dire les choses pour qu'elles se réalisent et de chercher la croissance avec les dents pour que celle-ci remonte. Vouloir n'est pas forcément pouvoir, surtout quand on a promis aux Français ce que l'on savait pertinemment ne pas pouvoir tenir. Sarkozy l'a-t-il seulement compris etjusqu'où ira-t-il ? On n'ose formuler une réponse tant il semble qu'avec Sarkozy, le pire est toujours à venir.

Bon anniversaire Monsieur le Président !



jeudi 22 mai 2008, a 20:54
La retraite à 63,5 ans !
 

C'est la nouvelle provocation du Medef. Selon Mme Parisot c'est « le seul scénario qui permette en 2020 de retrouver un équilibre financier ». Elle oublie un autre scénario : l'augmentation de la part de la richesse nationale consacrée au financement des retraites. Un scénario qui ne devrait pas présenter de réelle difficulté dans la mesure où en 2020, avec un taux de croissance médiocre de 1,7 % par an, la richesse réelle de notre pays aura augmenté de plus de 25 %. De 1 700 milliards d'euros aujourd'hui, le PIB passera en effet à 2 150 milliards d'euros (constants c'est-à-dire une fois l'inflation neutralisée), soit une augmentation de 450 milliards d'euros.


Le « besoin de financement » de nos régimes de retraites, serait, selon Madame Parisot de 15,7 milliards d'euro en 2020. Il suffit de rapprocher ces deux chiffres (450 et 15,7) pour constater qu'un tout autre scénario que celui préconisé par le Medef est possible. Augmenter la part du PIB destinée à financer les besoins des régimes de retraites par répartition. Une fois répondu à ce besoin, il resterait encore, en effet, un supplément de richesse de plus de 430 milliards d'euros. De quoi financer l'assurance-maladie, l'assurance-chômage, l'augmentation des salaires directs, l'investissement productif et même les profits…

Ce scénario aurait, certes, un grave inconvénient aux yeux du patronat, celui d'empêcher les profits de confisquer la part de l'augmentation de la richesse nationale qui devrait revenir aux retraites en augmentant les cotisations-retraites et tout particulièrement la part patronale de ces cotisations.

Madame Parisot se permet d'ajouter que le passage de l'âge de la retraite à 63,5 ans permettrait de résoudre du même coup le problème du taux d'emploi des salariés de 55 à 64 ans. Par quel miracle ? Quel est le rapport entre ces deux phénomènes ? Si le patronat continue, comme il le pratique depuis 25 ans, à licencier sans aucune retenue les salariés de plus de 55 ans, en quoi le passage de l'âge à la retraite à 63,5 ans pourrait-il bien permettre d'augmenter le taux d'emploi des « Seniors » ? Pourquoi, d'ailleurs, faudrait-il augmenter le taux d'emploi des « Seniors » alors que des centaines de milliers de jeunes ne trouvent pas d'emplois ?

Ce passage de l'âge de la retraite de 60 ans à 63,5 ans aurait, en fait, une seule conséquence : les salariés qui disposeraient des trimestres nécessaires pour partir en retraite à 60 ans seraient privés de ce droit. Il leur faudrait encore attendre 3,5 ans. Autant de gagné pour éviter l'augmentation des cotisations retraites patronales. Et, comme le Medef veut progressivement supprimer la dispense de recherche d'emploi pour les salariés au chômage de plus de 57 ans, il ne resterait plus qu'une solution par un salarié sans emploi de plus de 60 ans mais de moins de 63,5 ans disposant de 160 trimestres de cotisations : le RMI.

Quant au gouvernement, il estime qu'aucun élément nouveau n'est intervenu depuis la loi Fillon de 2003 et qu'il n'y a donc aucune raison de ne pas allonger d'un an (de 40 à 41 annuités) la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein en 2012 Sans doute n'a-t-il pas lu le dernier rapport du COR (2007) qui remet très sérieusement en cause les hypothèses démographiques qui avaient servi de prétexte à cette loi. Le population en âge de travailler ne subirait plus une diminution de 2,2 millions de personnes entre 2006 et 2050 mais resterait stable. Quant au nombre de retraités, il diminuerait de 650 000 en raison d'une baisse moins rapide du taux de mortalité. Le chiffre d'un trimestre d'augmentation de l'espérance de vie annuelles, sans cesse affirmé par le Medef et le gouvernement est totalement infirmé par ce rapport qui chiffre cette augmentation à 0,44 trimestres par an.

Sans doute le gouvernement n'a-t-il pas lu non plus le bilan que tirait le COR de l'augmentation de la durée de cotisation ? 60 % des salariés du privé continuent à ne plus être au travail au moment où ils prennent leurs retraites. Ils sont au chômage, en invalidité ou en maladie. Selon le COR, l'âge réel de cessation d'activité des salariés du secteur privé augmentait 7 fois moins que la durée d'assurance exigée (0,2 année pour un allongement de 1,5 année). Le passage à 41 annuités de cotisation ne pourrait, dans ces conditions, avoir qu'une conséquence : une nouvelle baisse du montant des retraites. C'est tout aussi inacceptable que la remise en cause du droit à la retraite à 60 ans.

mercredi 21 mai 2008, a 18:45
l'électorat de sarko fera grève
 

Même l'école privée fera grève demain


Si la réforme des retraites est appliquée, les jeunes professeurs des écoles devront travailler jusqu'à 67 ans au moins pour percevoir leur pension. “Nous sommes assimilés fonctionnaires ; mais nous n'en aurons pas la retraite ; nous avons tous les inconvénients du privé”, proteste une enseignante.


“Je suis gavée” soupire Valérie, mère de deux enfants scolarisés à l'école maternelle du Sacré-Coeur (Saint-Denis). “Jeudi, même l'école privée est fermée, alors que j'avais choisi le privé justement pour ne pas avoir de grève”. Pas de chance demain : sur les vingt professeurs de l'école maternelle, dix-neuf cesseront le travail, ainsi que la quasi-totalité des autres personnes (Atsem, agents techniques, secrétaires, etc). Car enseignants et agents se montrent également “gavés” par le projet gouvernemental de réforme de retraites. L'une des institutrices explique : “Moi, j'ai commencé à travailler et à cotiser à 20 ans. Je pourrai donc partir à 60 ans avec une retraite pleine, c'est-à-dire environ 2 000 euros, alors que mon salaire de fin de carrière atteindra 3 300 euros”.

LES JEUNES NE BÉNÉFICIERONT PAS DE LA RETRAITE
C'est déjà une injustice vis-à-vis de ses collègues du secteur public, dont la retraite bénéficie de l'indexation de 35%. À cette inéquité va s'ajouter, avec la réforme en projet, l'obligation de travailler 41 ans à temps complet pour percevoir une retraite. L'institutrice s'insurge : “Les jeunes professeurs des écoles commencent leur carrière à 26 ou 30 ans. Vous ajoutez 41 ans : ils devront travailler jusqu'à 67 ou 71 ans !” Le résultat est prévisible : les actuels jeunes s'arrêteront de travailler avant d'avoir cotisé 41 ans, et ne pourront jamais bénéficier d'une véritable retraite par répartition. C'est d'ailleurs l'objectif de la réforme (lire ci-dessous). Et c'est pour cela que les enseignants du secteur privé, peu coutumiers de la grève, y participeront demain. “Nous sommes assimilés fonctionnaires ; mais nous n'en aurons pas la retraite ; nous avons tous les inconvénients du privé”, proteste l'enseignante. Quant à Valérie, elle a déjà cherché une solution pour faire garder ses deux enfants demain. Lorsqu'elle découvre les motifs de la grogne, elle questionne : “Pourquoi ne fait-on pas grève aussi dans mon entreprise ?” Elle ne sera pas la seule à poser la question. Selon toute vraisemblance, la grève de demain s'annonce fort suivie.

dimanche 18 mai 2008, a 19:46
Vouloir imposer 41 annuités de cotisations, c’est vous faire sauter à la perche sans perche
 

10 questions, 10 réponses sur l'actualité de nos retraites


En juillet, Fillon veut faire voter une loi pour encore diminuer le montant des retraites


1 - Depuis la loi Fillon de 2003, les perspectives démographiques des régimes de retraites se sont-elles détériorées ?

Non, au contraire. Selon le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites (COR) les perspectives démographiques sont plus favorables.

Le nombre de naissances devraient augmenter puisque le taux de fécondité (nombre d'enfants par femmes en âge de procréer) passerait de 1,8 à 1,9, en moyenne.

L'espérance de vie serait revue à la baisse aussi bien pour les hommes et pour les femmes. Ce qui n'est pas, en soi, une bonne nouvelle…

Le solde migratoire passerait, chaque année, de + 50 000 à +100 000. Ce rapport confirme qu'à l'horizon 2050, les prévisions catastrophistes qui avaient présidé à la réforme de 2003 ne sont plus de mise : au lieu de reculer de 2 200 000 personnes entre 2015 et 2050, la population active devrait rester stable.


2 - L'allongement de la durée de cotisation permet-il de maintenir le montant des retraites ?

Non, pour la simple et bonne raison que, dans le secteur privé, 60 % des personnes qui partent en retraite ne sont déjà plus au travail. Elles sont en invalidité, en maladie ou au chômage. La durée moyenne d'une carrière dans le privé est égale à 37 ans. Quant à ceux qui restent au travail, très rares sont les employeurs qui accepteraient de les garder dans leur effectif une fois passé l'âge de 60 ans. Au contraire, les pratiques patronales actuelles consistent à se débarrasser de leurs salariés dès l'âge de 50 ou 55 ans.

Le gouvernement fait comme si un salarié avait le choix de son âge de départ en retraite. En réalité, il n'a ni le choix de son âge de départ en retraite, ni le choix de rester ou non, dans l'entreprise. Avec la possibilité de rupture de contrat « à l'amiable », la situation des salariés âgés ne pourra qu'empirer.


3 - Le travail des « seniors » peut-il apporter une solution au problème des retraites ?

Non, pour trois raisons.

La première de ces raisons est qu'en période de chômage de masse, les salariés âgés prendraient la place des jeunes qui sont aujourd'hui à la recherche d'un emploi. Chaque retraité de la fonction publique qui ne sera pas remplacé signifiera un jeune de plus au chômage. Des centaines de milliers de salariés âgés maintenus au travail, cela signifie des centaines de jeunes qui ne trouveront pas de travail. Il n'est pas possible de traiter le problème des retraites sans considérer la réalité sociale dans sa totalité.

La deuxième raison est que l'on ne voit pas pourquoi les salariés âgés n'auraient pas le droit de profiter des gains de productivité réalisés chaque année (environ 2 %) et que cette augmentation ne devrait profiter qu'aux employeurs.

La troisième raison est que cet éventuel maintien des salariés âgés au travail se traduirait par une précarisation de leurs conditions. Les employeurs ont, en effet, le droit de proposer deux CDD de 18 mois successifs aux salariés de plus de 55 ans. Même si cette mesure n'a pas eu le moindre succès (40 CDD de ce type signés en 2007) elle n'en constitue pas moins une épée de Damoclès au-dessus de la tête des salariés de plus de 55 ans pour qui le gouvernement ne voit qu'un seul choix possible : la porte ou la précarité.


4 - Quel est le bilan du choix fait par CFDT de soutenir la loi Fillon en contrepartie du droit pour certains salariés de pouvoir partir avant 60 ans ?

Près de 600 000 personnes qui avaient commencé à travailler tôt (14, 15 et 16 ans) ont pu, sous certaines conditions, bénéficier d'un départ anticipé en retraite. Le succès de cette mesure indique clairement la volonté de la majorité des salariés âgés de fuir un travail de plus en plus insupportable.

Mais ces 600 000 départs anticipés ont pour contrepartie l'augmentation de la durée de cotisation pour plus de 10 millions de futurs retraités. Le moins que l'on puisse dire est que le patronat est le grand gagnant de l'opération.

D'autant, d'ailleurs, que le gouvernement compte bien supprimer cette mesure lors de la loi qu'il veut faire voter en juillet 2008. En plein été, comme pour la loi Balladur de 1993 ou la loi Fillon de 2003.


5 - L'épargne-retraite peut-elle constituer un complément aux retraites par répartition ?

L'épargne-retraite qui avait disparu des arguments gouvernementaux depuis la crise financière du début des années 2000 vient de resurgir.

C'est pourtant la pire des solutions.

C'est la forme de retraite la plus inégalitaire qui soit. Les salariés qui peuvent tout juste joindre les deux bouts à la fin du mois ne pourront pas en profiter. Seuls pourront le faire une partie des cadres et des salariés des grandes entreprises.

C'est accepter de jouer sa retraite à la bourse. Non seulement les frais de gestion sont trois fois plus élevés que pour la retraite par répartition mais les sommes versées sur les produits d'épargne retraite font l'objet de spéculations boursières. Après la crise des « subprime », quel salarié accepterait de jouer sa retraite en bourse ? Quel salarié accepterait de confier sa retraite à la Société Générale (ou à toute autre banque) après ses 4,9 milliards d'euro de pertes en quelques semaines du fait d'un seul trader ?

Les employeurs ont utilisé près d'une dizaine de milliard d'euros pour abonder ces fonds de pension. Pourquoi n'ont-ils pas utilisé ces sommes pour consolider les retraites par répartition ? L'image de l'épargne-retraite qui serait un « troisième étage » de l'édifice des retraites est une supercherie. La hauteur totale de l'immeuble des retraites ne changera pas : ce soi-disant troisième étage ne fera que siphonner les ressources qui auraient dû être allouées aux deux premiers étages, celui de la retraite de base et celui de la retraite complémentaire.


6 - Le fonds de réserve mis en place par Lionel Jospin est-il la solution pour nos retraites ?

Non, pour trois raisons.

D'abord parce qu'au lieu de cumuler 300 milliards de réserve, la politique de la droite l'a laissé stagner à 30 milliards d'euros.

Ensuite, parce que (comme l'a révélé récemment le Canard enchaîné), les fonds placés sur ce compte sont, eux aussi, joués en bourse et ont essuyé une perte de 3,1 milliards d'euros à la suite de placements risqués.

Enfin, parce que même s'il était correctement abondé, ce fonds de réserve ne constituerait qu'un fonds de lissage, permettant d'amortir le choc d'une augmentation brusque du montant des retraites et non de financer les retraites par répartition.


7 - Les retraites n'ont-elles vraiment rien à voir avec le partage des richesses ?

Si l'on en croit le gouvernement, les deux choses n'ont rien à voir. Elles sont pourtant totalement liées.

En effet, en 40 ans, même avec le taux de croissance médiocre retenu par le COR (1,7 % par an en moyenne), la richesse réelle (en euros constants) de notre pays doublera et passera de 1800 milliards d'euros en 2007 à 3600 milliards d'euros en 2047. La richesse de notre pays augmentera donc de 1800 milliards d'euros en 40 ans.

Pour maintenir le montant des retraites au niveau où il se situait avant les réformes de 1993, 1996, 2003 et 2007 il faudrait que la part du PIB destinée à financer les retraites augmente de 6 points et atteigne donc 216 milliards d'euros en 2047.

Il suffit de rapprocher les deux chiffres : 1800 milliards d'euros et 216 milliards d'euros pour constater qu'il serait parfaitement possible de financer les retraites par répartition tout en permettant aux salaires directs et aux investissements productifs d'augmenter eux aussi. A une condition, c'est que les profits ne confisquent pas la part des richesses qui devraient servir à financer les retraites.


8 - 41 ans de cotisation en 2012, est-ce acceptable ?

Non.

D'abord parce que contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, l'espérance de vie n'augmente pas d'un trimestre tous les ans mais de 0,4 trimestre. Ce qui est quand même assez différent.

Ensuite parce que ce passage à 41 années (puis 42, 43 jusqu'à l'objectif de 45 ans fixé par le Medef) se traduira avant tout par une baisse du montant des pensions, de moins en moins de salariés pouvant bénéficier d'une carrière complète. Non seulement la durée de cotisation augmente mais l'âge d'entrée dans la vie active est de plus en plus tardive et les périodes de chômage de plus en plus fréquentes.

Enfin, parce que la part de la richesse nationale destinée à financer les retraites, ne doit pas être confisqué (comme s'y emploient le gouvernement et le Medef) par les profits.

Le gouvernement s'est attaqué en trois temps au salariat : d'abord ceux du privé en 1993, puis à ceux des fonctions publiques en 2003, enfin aux salariés des régimes spéciaux en 2007. Aujourd'hui, c'est à l'ensemble du salariat qu'il s'attaque en voulant imposer les 41 annuités de cotisations en 2012 (ou en 2016 pour les régimes spéciaux). C'est donc tous ensemble qu'il faut riposter.


9 - Quels sont les véritables objectifs du gouvernement ?

Ils sont doubles et parfaitement complémentaires.

D'abord ne pas augmenter la part patronale des cotisations retraites. L'objectif est d'augmenter les profits patronaux. Ensuite, en diminuant le montant des retraites, de laisser une place à l'épargne-retraite des banques et des assurances. Là encore, le but est d'augmenter les profits dans ces deux secteurs.


10 - Comment financer nos retraites ?

En mettant le capital à contribution.

Chaque année, des dizaines de milliards d'euros de profits sont utilisés à des fins spéculatives ou distribués aux actionnaires alors que la part patronale des cotisations retraites stagne depuis vingt ans. Alors que les impôts des riches diminuent graduellement asséchant les caisses de l'Etat et la possibilité de maintenir le montant des pensions des salariés de la fonction publique.

C'est inacceptable. Les impôts des riches doivent augmenter.

La part patronale des cotisations retraites doit être majorée en fonction des besoins de financement des régimes de retraite par répartition. Le COR (dans son rapport 2000) reconnaissait qu'avec une augmentation de 15 points en 40 ans, il était possible de financer des retraites de même niveau que celles d'avant la contre-réforme de 1993 (passage de 37,5 à 40 années de cotisation, calcul des retraites sur la base des 25 meilleures années et non plus des 10, indexation des retraites sur les prix et non sur les salaires). Une augmentation de 15 points en 40 ans, cela représenterait, chaque année, une augmentation de 0,25 point de la part patronale et de 0,12 point de la part salariale.

En quoi est-ce impossible ? En quoi cela n'est-il pas préférable au retour de la pauvreté pour la grande majorité des retraités dans les vingt ans qui viennent ?

mercredi 07 mai 2008, a 21:29
Espionnage: Olivier Besancenot porte plainte
 

Le porte-parole de la LCR a comme prévu déposé plainte, ce mercredi, auprès du parquet de Paris, après les révélations de LEXPRESS.fr sur l'espionnage privé dont il a été la cible pendant plusieurs mois à la fin de l'année dernière.



Comme l'avait annoncé la LCR dès lundi, son porte-parole, Olivier Besancenot, a porté plainte contre X auprès du parquet de Paris, ce mercredi, pour "atteinte à la vie privée" après l'article d'Eric Pelletier sur LEXPRESS.fr selon lequel il a été espionné, fin 2007 et début 2008, par une officine de renseignement privée.

Selon son avocat, Me Antoine Conte, "M. Besancenot a porté plainte, en son nom, contre X pour atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et violation du secret professionnel".

La plainte a été déposée ce mercredi matin auprès de la section "Presse et protection des libertés" du parquet de Paris, dont l'avocat espère qu'il "va ouvrir une information judiciaire".



dimanche 27 avril 2008, a 11:27
Plaidoyer pour les six de l’Arche de Zoé
 


Arrêtés, puis transférés, puis enfin libérés, les six de l'Arche de Zoé affrontent aujourd'hui l'opprobre public opportunément déversé sur leurs têtes par la classe politique et les médias. Pendant ce temps, les tambours-majors de l'indignation générale, à l'abri de tous reproches, continuent de battre le rappel, pour une autre cause, un autre génocide.

1 - Réfutant les accusations d'enlèvement d'enfants, Eric Breteau, le président de l'Arche de Zoé, a expliqué que l'opération Children Rescue avait pour objectif prioritaire de déclencher "une crise" et de "susciter une prise de conscience internationale". Pourquoi ne pas le croire a priori ?


2 - Il faut se souvenir que pendant les mois qui ont précédé l'arrestation des membres de cette ONG, le Darfour a fait l'objet d'une très grosse campagne de presse. Des associations telles que SAUVER LE DARFOUR ou le collectif URGENCE POUR LE DARFOUR poussaient comme champignons après la pluie. Les débats succédaient aux meetings, que précédaient les manifs, qui suivaient les pétitions et les déclarations à l'emporte-pièce. Les personnalités du showbiz et de la politique, dans le combat qu'ils se livrent depuis toujours pour décrocher la timbale de l'indignation, criaient à qui mieux mieux au génocide. L'improbable Bernard-Henri Lévy se rendit sur place et se fit photographier sur fond de désert soudanais (temps clair et ensoleillé). Quant à l'inimitable Bernard Kouchner, il lança un appel déchirant, un truc à vraiment chialer… Préparez vos mouchoirs : "Mes amis, entendez-vous ce cri qui s'élève du Darfour ? Pouvons-nous, sans rien faire, laisser mourir les hommes, les femmes, les enfants ? Pouvons-nous, sans rien dire, nous résoudre à l'intransigeance du président soudanais qui s'oppose à toute aide humanitaire efficace proposée par la communauté internationale ? Non ! nous ne le pouvons pas. (…) Nombreux sont les volontaires prêts à répondre aux besoins de ces populations livrées à elles-mêmes (c'est moi qui souligne, ndr). Nous demandons l'ouverture de toute urgence d'un corridor humanitaire en direction du Darfour, comme le prévoit la résolution 43/131 adoptée par l'ONU en 1988 et complétée en 1990." Cet appel publié en février 2007 fut aussitôt propulsé en tête des charts médiatiques, seulement devancé par la campagne des présidentielles. Or, de quoi parlaient les candidats, quand ils n'avaient plus rien à dire sur le pouvoir d'achat ? Du Darfour et de l'épouvantable génocide perpétré là-bas.


3 - Au milieu de ce concert d'indignation, quelques voix tentèrent vainement de faire entendre un autre son de cloche. Ronny Brauman, par exemple, expliqua que des ONG se trouvaient déjà sur place, en nombre suffisant, et que la situation des darfouris s'améliorait. Quelle impudence ! BHL se chargea lui-même de tancer l'importun en le qualifiant de "révisionniste". Et les appels au droit d'ingérence toutes affaires cessantes reprirent de plus belle. C'est donc dans cette ambiance d'excitation et d'incitation à la débauche humanitaire que l'idée d'agir pour de vrai germa au sein de l'Arche de Zoé. On avait fourni à ses membres les mobiles politique et juridique (corridor humanitaire et résolution de l'ONU) ; il ne leur restait plus qu'à dégoter les moyens (la contribution financière des familles d'accueil) et à s'attirer la bienveillance de personnes influentes, sans laquelle ils n'auraient probablement jamais osé se lancer à l'assaut d'un pareil moulin à vent.


4 - Dans un entretien daté du 7 avril (Le Figaro), Eric Breteau, fraîchement gracié par Idriss Déby, affirma, avec un aplomb extraordinaire, avoir "été reçu par le conseiller politique de Bernard Kouchner, qui a trouvé l'idée (de ramener des enfants, ndr) très intéressante." Ensuite de quoi, il aurait remis un dossier complet à un conseiller de Nicolas Sarkozy, qui lui aurait dit : "Banco, on va envoyer Cécilia…" Il aurait aussi reçu "un feu vert officieux du ministère de la Justice." Et comme si cela ne suffisait pas, on aurait envisagé, dans le monde opaque des conseillers du pouvoir, que "Cécilia Sarkozy et Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les 103 enfants à l'aéroport de Vatry." Ce même 7 avril, sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus, Breteau donna une autre info (ou intox), plus énorme encore. Le conseiller de Sarkozy dont il est question plus haut, un proche de Catherine Pégard, aurait été démissionné le 25 octobre 2007, quelques heures après le foirage tchadien ! Là encore, pourquoi ne pas le croire a priori ?


5 - Le 18 novembre 2007, nous évoquions ici-même une piste que la presse, à quelques rares exceptions près, s'entête à ne pas suivre (http://lavraiedemocratie.com/spip.php ?article95). Petit rappel pour ceux qui aurait manqué un épisode. Stéphanie Lefebvre, la secrétaire générale de l'Arche de Zoé, est également la directrice adjointe d'un incubateur d'entreprises médicales appelé Paris Biotech Santé, dont le fondateur n'est autre que son père, Jean-François Dhainaut. Ce ponte de la recherche médicale, qui préside l'Université Paris-V, est un proche du pouvoir. C'est lui qui a dirigé la commission Recherche et Enseignement de l'UMP pendant la campagne des présidentielles ; et c'est à lui que Nicolas Sarkozy a confié les rênes de l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur. Or, par le plus grand des hasards, le siège de l'Arche de Zoé se trouve à son domicile parisien. Plus fort, — le NouvelObs l'a révélé le 29 novembre 2007 (http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2247/articles/a361338-lombre_de_la_patronnesse.html) — Olivier Amédée-Manesme, le directeur de Paris Biotech Santé, apporta son soutien à Eric Breteau dans un courrier daté du 14 avril 2005 : "Satisfait de la collaboration entre notre association et votre équipe depuis le début de cette année et soutenant le programme envisagé par les bénévoles de l'Arche de Zoé, je tenais à vous confirmer notre souhait de poursuivre notre collaboration en termes de moyens logistiques et de mise à disposition de réseaux dont vous pourriez avoir besoin dans ce programme." Cet article révèle en outre que l'attachée de presse de Paris Biotech Santé s'appelle "Mary Sills, une vétérante de l'humanitaire. Elle est l'ancienne attachée de presse de Bernard Kouchner. Elle l'a suivi partout pendant près de dix ans, au ministère de la Santé, à Ingérence Santé, son association. En fait, Mary Sills appartient au premier cercle du French doctor, à ce petit groupe de fidèles soudés et solidaires." Si les membres de l'Arche de Zoé ont éprouvé le besoin de s'attirer la bienveillance de personnes influentes, ils n'ont pas eu à chercher très loin. En fait, ils en avaient un plein sac.


6 - Il va de soi que tous ces petits faits et tous ces noms de personnalités mis bout à bout ne prouvent rien. Remarquons quand même qu'ils ont une fâcheuse tendance à converger entre eux comme de la limaille de fer aimantée. Ainsi de ce détail, ce quasi rien dont je ne peux pas croire un instant qu'il a échappé à la presse parisienne : l'un des trois reporters arrêtés au Tchad travaillait pour le compte de CAPA ; le patron de cette agence, Hervé Chabalier, un vieux pote de Kouchner, a été, au titre de journaliste, de tous les bons coups humanitaires du French Doctor.


7 - Avant de conclure, et pour nous distraire, je vais vous narrer une drôle d'histoire*. Elle a pour toile de fond la guerre des Balkans, qui fut en son temps une grande source d'inspiration pour les indignés de tous poils. En 1991, une étrange ONG pointe le bout de sa truffe rose sur le marché de l'humanitaire. Elle a pour nom EQUILIBRE. Elle est étrange parce qu'elle ne fait rien comme les autres. Alors qu'elle achemine gratuitement les denrées nécessaires à la survie de certaines populations, elle affrête commercialement ses camions au retour, une façon plutôt originale de se rembourser. Remarquée par le secrétaire d'état à l'action humanitaire, un certain Bernard Kouchner, elle est missionnée par le Quai d'Orsay pour se rendre en Yougoslavie. Alain Michel, son président, raconte : "Il fallait envoyer l'un des camions à Zagreb et l'autre vers Dubrovnik (…). Je ne comprenais pas pourquoi on organisait deux convois aussi petits. (…) les camions étaient à peine chargés. (…) Et puis soudain, j'ai réalisé. (…) quel que soit l'endroit, il lui fallait un camion à décharger." Il, c'est Bernard Kouchner, évidemment du voyage, avec les médias. Pour un différend d'ordre financier, la collaboration entre l'ONG et le Quai d'Orsay n'ira pas plus loin. Mais Alain Michel était lancé. Dans la foulée, il inventa les "convois pour la paix", qui consistaient à transporter un peu d'aide matérielle, et surtout beaucoup de personnalités : BHL (tiens, tiens…), Jean-François Deniau, etc. Succès médiatique garanti. Lequel succès n'est pourtant rien en comparaison de la gloire et de l'infâmie qu'il connut en ramenant des enfants. Et pas qu'un peu… des centaines ! D'abord, on l'applaudit pour la prouesse ; puis on le suspecta ; enfin, on le salit. On le traita de gourou. On lui reprocha d'arracher des enfants à leurs familles. Bref, devenu gênant pour la si belle et si utile image de l'action humanitaire, on le pria sans ménagement de secourir ailleurs. Toute ressemblance avec des faits existant ou ayant existé serait à l'évidence fortuite.


8 - Reste une question à poser. Pourquoi Nicolas Sarkozy a invité Bernard Kouchner à la table de ses ministres ? Si l'on en juge aux résultats obtenus ces derniers mois en politique étrangère, la réponse s'impose d'elle même : pour rien. Mais si l'on prend en compte la volonté répétée de Nicolas Sarkozy de faire des coups humanitaro-humanistes (infirmières bulgares, Ingrid Bétancourt), alors…


vendredi 25 avril 2008, a 19:41
Le système social français : un démantèlement programmé
 


Back to the futur! Sous l'apparence relativement incohérente des "couacs" gouvernementaux, se cache, de fait, une entreprise tout à fait logique, cohérente, concertée, préméditée, du démantèlement, par l'entreprise de démolition générale Sarko, Medef and Co, du système social français. Bien au-delà de "liquider Mai-68", le but est, clairement, de liquider également 46, et aussi 36, pour laisser enfin le champ libre au libéralisme triomphant, dégagé des pesantes contraintes d'une protection sociale, perçue comme un frein insupportable à la toute-puissance du "marché"...

Ceux qui connaissent un peu la chose politique ne s'y trompent pas : c'est Lionel Jospin qui déclare, hier, au 20 heures de France 2 : "J'entends parler de cafouillage, de cacophonie ; il y a peut-être quelque chose qui relève de l'art de gouverner", a déclaré Lionel Jospin, citant les remboursements de lunettes, la carte famille nombreuse, les allocations familiales.

"Je me suis demandé si, derrière l'apparence de l'incohérence politique, il n'y a pas, en fait, comme explication, une logique économique et sociale dure, qui n'est pas acceptée par la population, et que les députés de la majorité n'arrivent pas à assumer", a-t-il ajouté.
"C'est peut-être au cœur de cette logique économique et sociale que se trouvent les raisons de cette relative incohérence politique", a conclu l'ancien locataire de Matignon.

Lionel Jospin, en disant "peut-être", est encore en dessous de la vérité. Il suffit, pour s'en convaincre, de prendre connaissance des différentes déclarations des porte-parole du Medef, depuis quelque temps.

On citera d'abord celle de Denis Kessler ex-éminence grise du baron Seillière, et estafette du Medef, en octobre dernier, (je cite) : « II faut défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

Kessler s'en réjouissait : au fond, les différentes réformes engagées par Sarkozy, disait-il, « peuvent donner une impression de patchwork », mais « on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux ».

Le 27 janvier dernier, dans une interview au JDD, c'est Charles Beigbeder, PDG de Poweo qui affirmait, que selon lui le rapport Attali permettrait enfin d'en finir avec cette France « qui continue à vivre sur un modèle fondé en 1946, à partir du programme du Conseil national de la Résistance ».

On voit donc qu'il s'agit bien d'une entreprise concertée.

Pour savoir ce qu'est le programme du Conseil national de la Résistance, qui sert de préambule à la Constitution de 1946, qui fonde les droits et devoirs de chacun et des gouvernements de la République, prenez le temps de lire cet article : lecture particulièrement instructive.

Ainsi, tout ce à quoi l'on assiste depuis le début de l'ère Sarkozy, s'inscrit-il, malgré les apparences, dans une perspective tout à fait cohérente : "paquet fiscal" d'un côté et, de l'autre, la longue litanie (loin d'être terminée) des mesures anti-sociales : franchises médicales, déremboursement de médicaments, plan "hôpital", division du corps des fonctionnaires par deux, toutes les mesures restreignant les droits à la Sécurité sociale (optique, frais dentaires), aux différentes couvertures sociales (chômage supprimé en cas de refus de deux offres d'emploi, traque aux RMistes, obligation aux séniors, passés 57 ans 1/2, de retrouver du travail), aux droits familiaux (suppression de l'allocation familiale pour l'enfant de 11 ans), au droit au logement (relèvement du plafond de droit d'accès à l'habitat social) ; on en passe, parce que c'est loin d'être fini...


Les prochaines mesures "dans les tuyaux" concernent : la remise en cause du Smic, la refonte du Code du travail (entrée en vigueur le 1er mai) et, très bientôt, n'en doutons pas une seconde, celle des congés payés (cf. Le Figaro du 17 avril).


En guise de "réformes", le démantèlement du système de protection sociale français est donc systématiquement mis en œuvre.

Comme, par ailleurs, sous le coup des diverses mesures prises sur le plan économique (totalement inadéquates et inefficaces), la situation ne fait que s'aggraver : rappelons que la croissance française, comme depuis maintenant 2002, est EN DESSOUS de la moyenne européenne, que la dette continue de s'aggraver, de même que les déficits, quand l'inflation augmente, et que le pouvoir d'achat global des Français diminue, que rien n'est fait pour récupérer l'argent là où il pourrait l'être (40 milliards de fraudes fiscales des entreprises : estimation de la Cour des comptes, 65 milliards d'aides fiscales accordées aux entreprises, sans aucun contrôle d'utilisation), la France de la présidence Sarkozy, alors même qu'elle est, pour la production des richesses, la 6e puissance mondiale, et que la productivité de ses travailleurs est la deuxième meilleure au monde est en train de rejoindre, à la vitesse des derniers TGV, le peloton des nations de seconde zone ; surtout pour ce qui concerne les 3/4 de sa population : travailleurs, classes moyennes (pour les autres, pas de problème ; les entreprises du caca-rente ont réalisé, cette année, 100 milliards de bénéfice : chiffre jamais atteint jusque-là).


Le problème, c'est que, théoriquement, cette équipe de fossoyeurs est au pouvoir pour encore quatre ans : le temps d'achever ce travail de démolition et de porter, à la très grande majorité des citoyens de ce pays, un coup que risquent de payer les générations à venir, pour longtemps encore.


Les Français se laisseront-ils ainsi dépouiller de droits si chèrement et douloureusement acquis par leurs anciens ? Laisseront-ils les forces de l'argent, et leurs valets au pouvoir, les laminer jusqu'à la corde, sans réagir ?


Laisseront-ils un président et un gouvernement élus sur des tromperies et des mensonges (le "pouvoir d'achat"), mener une politique de spoliation, d'abus de pouvoir, contraire aux intérêts du pays et de leur grande majorité ?


C'est de notre pouvoir de réaction que dépend la réponse, et l'avenir de la France : n'ayons pas à regretter, dans quelque temps, une coupable passivité : le peuple est souverain, c'est à lui de faire rendre des comptes à ceux à qui il ne fait que déléguer le pouvoir, et de les destituer quand l'intérêt du pays et de ses citoyens l'exige.



mercredi 16 avril 2008, a 08:33
Sarkozy: "Une année de déception", pour Georges Tron (UMP)
 

PARIS - Georges Tron, député UMP de l'Essonne, estime que la première année de Nicolas Sarkozy à la présidence "est une année de surprises et finalement de déception" et "crain(t) à court terme des déconvenues", dit-il dans un entretien publié dans l'édition de mercredi de "France-Soir".

"Je crains à court terme des déconvenues et je pense qu'il serait utile de rechercher des économies en revoyant par exemple les aides apportées aux grandes entreprises ou celles dispensées aux collectivités territoriales", déclare le député villepiniste.


"Je ne vois pas réellement des réformes d'ampleur nécessaires pour faire face à cette crise. Je reconnais bien volontiers à Nicolas Sarkozy sa volonté de réforme. Mais celles-ci généreront dans un premier temps plus de dépenses que d'économies", prédit-il.


Georges Tron critique également la façon dont sont traités les députés de la majorité. "Nous avons l'impression que nous ne sommes plus écoutés comme nous le devrions, et que l'Assemblée est transformée en chambre d'enregistrement", lance-t-il.


"Aujourd'hui, une grande partie de la majorité s'interroge et fait part de ses inquiétudes (mais) la moindre critique est le plus souvent interprétée comme une attaque personnelle, ou un manquement à une solidarité obligée", juge-t-il, alors que selon lui "la profusion des idées serait profitable à la majorité si aujourd'hui l'UMP cherchait réellement à l'organiser".

mercredi 02 avril 2008, a 18:01
La Gauche en France depuis 1945
 


Un regard rapide sur soixante années de vie politique : naissances, évolutions, morts de partis politiques ; la gauche transite de l'opposition, souvent, au pouvoir, rarement.

Introduction

Depuis plus de deux siècles, la notion de gauche est un élément déterminant de notre vie politique. Mais qu'est ce que la gauche ? La division de la classe politique française en deux camps antagonistes date des premiers mois de la Révolution française. Dans l'assemblée autoproclamée nationale puis constituante, les partisans du veto royal se placèrent à droite quand leurs adversaires se retrouvaient à gauche.

Au XIXe siècle, la gauche regroupe les partisans de la république , et devient porteuse d'un message de progrès social . A mesure que le régime républicain s'impose, le seul fait d'être républicain ne place pas à gauche. Au début du XXe siècle, la gauche est divisée principalement en deux courants, les radicaux et les socialistes. Le premier est plus gestionnaire, quand le second est plus révolutionnaire. Les deux se retrouvent tout de même dans leur anticléricalisme . Le Parti Communiste qui naît en 1920 bouscule le paysage en s'affirmant plus révolutionnaire que les socialistes.


Avant 1945, la gauche est rarement unie et ses passages au pouvoir sont souvent brefs. Même le gouvernement de Front Populaire qu'on retient pour ses importantes réformes sociales n'est en place que quelques mois. Hormis pour les radicaux, le pouvoir est d'ailleurs une source de remords pour les hommes de gauche. En participant au pouvoir dans un régime capitaliste, ne renie-t-on pas la révolution ?

1945 est un tournant important pour la politique française. La Libération met fin à l'expérience de Vichy, le personnel politique est profondément renouvelé, consacre les communistes et le général De Gaulle, condamne la droite au silence et achève un régime en place depuis soixante-dix ans.

Depuis la fin de la guerre, plus de soixante ans se sont écoulés, deux constitutions se sont succédées. La vie politique a profondément changé, que ce soit dans son personnel, dans ses moyens d'expressions, ou encore dans ses partis. La gauche a suivi, avec plus ou moins de difficulté, ces évolutions. C'est en étudiant avec attention les changements tactiques, idéologiques des hommes de gauche et de leurs partis qu'on pourra appréhender la situation actuelle.


Pour mener cette réflexion, il faut d'abord observer le comportement de la gauche sous la IVe République. Ensuite, l'histoire de la gauche sous la Ve République peut s'étudier en deux phases, une période d'opposition et d'adaptation au régime, jusqu'en 1981, puis un tournant avec le retour de la gauche au pouvoir et les vingt ans qui suivent.


I - La gauche sous la IVe République


a) Le Parti Communiste Français, premier parti mais perpétuel opposant

Avant la Seconde Guerre Mondiale, le PCF refuse toujours de participer à l'exercice du pouvoir. S'il soutient le gouvernement de Front Populaire de Léon Blum, c'est effectivement sans y compter de ministre.

Dès 1944, il change d'attitude. Le gouvernement dirigé par le Général De Gaulle à Alger inclus deux communistes à partir d'avril 1944. Leur comportement fait alors du PCF un parti de gouvernement.


Auréolé de son rôle dans la Résistance et de la puissance que l'Armée Rouge a mise au service de la victoire sur l'Allemagne, le PCF sort grandi de la guerre. Dès les premières consultations électorales, il arrive en tête. A l'élection de l'Assemblée Constituante le 21 octobre 1945, plus d'un français sur quatre lui a apporté sa voix . Et s'il est doublé par le MRP le 2 juin 1946 pour la seconde Constituante, il reprend sa première place lors de la première élection législative de la IVe République le 10 novembre suivant. Jean Touchard estime que le Parti compte alors quelques 800 000 membres (il en revendique 1 000 000). La Guerre Froide n'est pas encore commencée et il ne semble pas complètement inimaginable qu'un communiste soit un jour Président du Conseil .


Ces trois assemblées sont littéralement dominées par trois partis, le PCF, la SFIO et le MRP. Pendant la rédaction de la Constitution et les premiers mois de la nouvelle république, les trois s'entendent pour diriger le pays. C'est le temps du tripartisme, le PCF est un parti de gouvernement.


Mais sur de nombreuses questions, communistes et MRP ne peuvent admettre la même solution. C'est notamment le cas des questions économiques et sociales. De plus, la Guerre Froide commence à peser. Churchill a lancé les mots « rideau de fer », Truman parle d'endiguement et le Plan Marshall est sur les rails.

Le 5 mai 1945, Président du Conseil, le socialiste Paul Ramadier, congédie les ministres communistes . Sur le moment, on n'est sans doute pas conscient de l'importance de cette rupture, mais aucun gouvernement français ne comptera plus de ministres communistes avant 1981.


C'est quelques mois plus tard que le fossé s'affirme vraiment pour les communistes. En septembre 1947, la Pologne accueille la conférence constitutive du Kominform, la nouvelle version de l'Internationale Communiste. Les communistes français s'y font sévèrement réprimander. Jdanov, reproche au PCF son « crétinisme parlementaire ». L'heure n'est plus à la participation au gouvernement, mais bien à l'opposition aux politiques atlantistes.


Soumis au Kominform, le PCF devient ainsi un fidèle soutien à l'URSS. En 1952, le communiste Jacques Duclos écrit dans Les cahiers du communisme que la défense de l'URSS doit être pour un communiste « sans réserves » et « sans conditions ». Il ajoute que « le monde est partagé en deux camps : le camp de la guerre avec à sa tête l'impérialisme américain, le camp de la paix avec à sa tête l'Union Soviétique ». Dans le même article, il cite Maurice Thorez, leader du PCF : « De tout notre coeur, nous proclamons notre amour ardent pour Staline et nous l'assurons de notre confiance inébranlable ».


Le fossé entre le PCF et le reste de la gauche semble difficile à combler tant que les communistes français persistent dans leur soutien aveugle au régime soviétique. Il suffit d'écouter Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO, affirmer lors de la campagne électorale de 1955, « les communistes ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont de l'Est » .

Si l'opposition systématique du PCF l'empêche de participer aux gouvernements successifs, même dirigés par des socialistes, leur influence politique est quand même primordiale. Sous la IVe République, il est en tête à chaque élection législative, conservant imperturbablement le soutien d' un quart de l'électorat français .


Ils contrôlent de nombreuses villes, notamment dans la banlieue parisienne (c'est la « ceinture rouge »). Ils ont aussi la mainmise sur la CGT, premier syndicat français, depuis la Libération. Ainsi, ils peuvent maintenir une pression sociale sur les gouvernants. De nombreuses associations sont également très proche du PCF. Ainsi, le PCF s'appuie sur un ensemble qui constitue presque une société parallèle avec ses réseaux et ses solidarités propres .


Enfin d'importantes figures intellectuelles, élites culturelles, philosophiques, universitaires, et même journalistiques soutiennent le PCF. C'est par exemple le cas d'Aragon qui écrit Les communistes entre 1948 et 1951, de Merleau-Ponty dans Humanisme et terreur en 1947, ou de Sartre avec certains de ces articles dans Les Temps Modernes ... La presse communiste n'hésite pas à attaquer violemment les livres ou articles anticommunistes. Dans cette pression, peu d'intellectuels osent s'afficher vraiment et complètement anticommunistes.


b) La gauche non communiste entre participation au pouvoir et opposition

A la Libération, les partis qui formaient la gauche non communiste avant la guerre existent toujours. Mais la situation du parti radical est loin d'être aussi bonne que celle du parti socialiste SFIO.


Dans l'esprit des Français, le parti radical porte le poids des dérives de la IIIe République , de l'incapacité à éviter la guerre. Lors du référendum d'octobre 1945, il est le seul parti à prôner le maintien de la IIIe République. Son échec est cinglant : moins de 4% des électeurs le suivent. Face au tripartisme qui s'installe, les radicaux optent pour l'opposition. Ils font campagne contre les deux projets de Constitution, se rapprochant ainsi un peu des gaullistes. Mais ils se rallient rapidement au nouveau régime, et c'est un radical, Edouard Herriot qui devient Président de la première Assemblée Nationale. Avec la rupture du tripartisme et le départ des communistes, les radicaux peuvent se rapprocher du gouvernement. D'autant plus qu'ils sont nécessaires à Paul Ramadier s'il veut s'appuyer sur une majorité parlementaire. C'est la période de la Troisième Force, gouvernements SFIO-MRP-Radicaux. Le parti occupe alors u ne place centrale dans les gouvernements successifs et bien qu'il ne soit jamais le groupe le plus important de la coalition, cette position lui permet de compter de nombreux Présidents du Conseil.


La question se pose de savoir si le parti radical est encore vraiment un parti de gauche sur cette période. En 1946, au congrès de Lyon, le parti se positionne sur une ligne de centre-droit. Cette « droitisation » du parti n'est pas acceptée par certains membres du parti, ceux qu'on appelle les « radicaux progressistes ». C'est ainsi que Pierre Cot, la veuve de Jean Zay et quelques autres quittent le parti. En 1952, les radicaux soutiennent le gouvernement d'Antoine Pinay, un homme de droite, soucieux avant tout d'une bonne gestion de l'économie, déclaré un temps inéligible pour sa participation au Conseil National de Vichy.


Ce qui en fait encore un parti de gauche sur cette période, c'est surtout l'expérience de Pierre Mendès France. Bien qu'il ne dura que sept mois, le gouvernement de Mendès France fut l'un des plus importants de la IVe République. Plus à gauche que les autres radicaux par son approche de l'économie : keynésien, il a le souci d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés et son dirigisme inquiète un peu la droite, même s'il n'est finalement pas l'auteur de nombreuses innovations. C'est le seul gouvernement qui entraîna un véritable engouement, notamment chez les jeunes. Il a essayé de nouvelles pratiques avec des causeries hebdomadaires à la radio et redynamisé un temps l'image du parti radical. Il n'a pas voulu se soumettre aux partis et choisi lui-même ses ministres. Mais la majorité composite qui le soutenait ne résiste pas aux rancoeurs dues à la mort de la CED, à ce que certains considèrent comme un bradage de l'Indochine et au début des affrontements en Algérie.


Après cet épisode et l'échec de Mendès France dans sa transformation du parti radical, celui-ci se délite petit à petit. Sous la Ve république, il éclate en plusieurs formations.


D'autres formations apparaissent au centre gauche au moment de la Libération. C'est le cas notamment de l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance (UDSR). Issu de la Résistance, ce parti avait vu le jour dans l'objectif de devenir le grand parti de la gauche non communiste. Cette ambition est vite déçue par la reconstitution des partis d'avant-guerre et surtout de la SFIO. L'UDSR devient, comme le parti radical auquel il s'associe dans le Rassemblement des Gauches Républicaines, une force d'appoint pour les gouvernements successifs. Parmi ses dirigeants, René Pléven est deux fois président du Conseil et François Mitterrand est onze fois ministre, même dans le gouvernement de droite de Joseph Laniel.


Le parti le plus important de cette gauche non communiste est la SFIO. Depuis août 1946, Guy Mollet est son secrétaire général. Lors du congrès qui lui a donné ce poste, il affirme clairement ses convictions : « Quand il s'agit d'interpréter les phénomènes sociaux portant sur les masses, l'analyse marxiste garde toute sa force et sa vérité ». La division du Comité directeur du parti lui permet de prendre la tête du parti devant les leaders du moment que sont André Philip et Daniel Mayer. C'est donc par la gauche qu'il prend le parti. Il y reste jusqu'en 1969. Mais son arrivée à la tête du parti ne signifie en rien la révolution. Les ministres socialistes restent au gouvernement, en juillet 1950, il est vice-président du Conseil, le 1er février 1956, il obtient la présidence du Conseil.


Dans les gouvernements de Troisième Force, auxquels participent les socialistes l'analyse marxiste ne se fait pas vraiment sentir. Il faut dire que ce sont des gouvernements de coalition, obligeant à travailler ensemble des socialistes partisans d'une économie dirigée et des radicaux beaucoup plus libéraux. Quand ils reviennent au pouvoir après les législatives de 1956, on voit encore le décalage entre un discours révolutionnaire, marxiste et une pratique qui s'accommode du pouvoir du grand capitalisme.


II - De l'opposition à la Ve République à la prise du pouvoir


a) La gauche éclatée face au nouveau pouvoir

La mise en place du nouveau régime est un moment difficile pour l'ensemble des forces de gauche. La Constitution de la Ve République elle-même divise la gauche. La SFIO, par l'intermédiaire de Guy Mollet, participe à la rédaction du texte et le soutien lors du référendum de 1958. Mais tous les socialistes ne sont pas sur la ligne du secrétaire général. Une scission accouche d'un nouveau parti, le Parti Socialiste Autonome qui s'oppose au texte. Hors du parti socialiste, la Constitution est dénoncée par les communistes, Mendès France, qui quitte les radicaux pour rejoindre le PSA, et François Mitterrand.

La gauche est divisée, mais elle est aussi en difficulté. En suffrage, le PCF passe pour la première fois depuis la Libération sous la barre de 20% , la SFIO se maintient autour de 15%, le parti radical s'enfonce à 7,3%. Le scrutin majoritaire amplifie la défaite de la gauche : les communistes n'ont plus que 10 députés, la SFIO 44 et les radicaux 23 quand le nouveau parti gaulliste, l'UNR en aligne 198 !

L'opposition du PCF est assez franche. En juin 1959, au XV congrès du PCF Maurice Thorez qualifie le nouveau régime de « pouvoir qui ouvre la voie au fascisme » et considère qu'à travers De Gaulle, c'est le « pouvoir des grands monopoles » qui s'impose. Cette opposition intransigeante est tout de même légèrement nuancée par une certaine approbation de la politique étrangère du Général. Sa politique d'indépendance face aux Etats-Unis ne vaut-elle pas mieux que l'atlantisme de certains socialistes ou radicaux ? Et sur la question algérienne, le PCF se rallie à la politique du gouvernement en appelant à approuver les accords d'Evian lors du référendum du 8 avril 1962.


Dans les premières années du nouveau régime, l'opposition de la SFIO est ambiguë . Dès janvier 59, les socialistes refusent de participer au gouvernement. Par la suite, leurs critiques portent sur les aspects de politique intérieure et sur la pratique constitutionnelle du Général. Mais la critique ne se fait pas vraiment entendre. Guy Mollet soutient la politique algérienne du gouvernement et l'importance de cette question suffit à modérer l'opposition.


Les radicaux aussi quittent assez rapidement le gouvernement : à partir de mai 1959, il n'y a plus de ministre radical, mais la faiblesse électorale et parlementaire du parti, ainsi que sa division le rendent peu audible.

Il faut attendre 1962 pour que toute la gauche se retrouve dans l'opposition , SFIO et Guy Mollet compris. La guerre d'Algérie qui faisait taire les critiques est terminée, De Gaulle semble se moquer de l'Assemblée quand il remplace Michel Debré par Georges Pompidou, qui apparaît comme un obscur homme de cabinet soumis au Général. Mais c'est surtout le référendum sur le mode d'élection du Président de la République qui unit la gauche. Toute la gauche vote la censure de Pompidou.


La dissolution leur permet de gagner quelques sièges : 41 pour le PCF, 66 pour la SFIO, 26 pour les radicaux. Mais si on compte en suffrages, la SFIO descend à 12,6%, le parti radical stagne avec 7,5%, seul le PCF remonte un peu avec 21,7%.

La décennie soixante est difficile pour l'ensemble de la gauche. Au PCF, malgré la déstalinisation entamée par Khrouchtchev au XXe Congrès du PCUS en 1956, Thorez verrouille toute évolution idéologique du parti . Il empêche la publication du rapport Khrouchtchev dans les organes communistes. Les éléments non orthodoxes sont exclus du Parti : Marcel Servin, Laurent Casanova, la direction de l'Union des Etudiants Communistes. Il entame une très timide déstalinisation au Comité Central de Malakoff en décembre 1962. Mais il faut attendre la mort de Thorez en 1964 pour voir une réelle évolution. C'est avec son successeur Waldeck Rochet que le PCF fait de nouveau preuve d'ouverture.


La SFIO aussi semble bloquée par sa direction. Guy Mollet tient l'appareil d'un parti qu'il dirige depuis 1946 et freine toute évolution majeure . Sa vie se confond avec celle du parti et il est sûrement proscrit pour son esprit de fondre la SFIO dans un grand rassemblement ou d'en laisser la tête à un autre socialiste. Ce qui explique par exemple que Mollet soutient beaucoup plus facilement la candidature de Mitterrand, pas encore socialiste, à la présidentielle de 1965 plutôt que celle de Gaston Defferre qui provient du sein même de son parti. Electoralement, on a vu que la SFIO est en perte d'audience, elle ne compte plus que 80 000 adhérents en 1960. Elle ne renvoie pas une image claire à l'opinion publique, une suite de scissions et de démissions et sa position parfois ambiguë brouillent la vue des Français. Enfin, le parti est décrédibilisé par le dernier gouvernement socialiste de la IVe République, celui de Guy Mollet en 1956-1957. On lui reproche surtout sa politique algérienne : surenchère répressive avec l'envoi massif de troupes et scandales de torture. Il faut attendre la mort de la SFIO en 1969 pour que la famille socialiste reparte d'un meilleur pied.


La crise est encore plus grande chez les radicaux. Ils avaient perdu les plus progressistes dès le début de la IVe République, Mendès France qui rejoint le PSA en 1958. Après l'échec de la candidature vers le centre de Gaston Defferre, le radicalisme est déchiré entre la voie centriste de Maurice Faure qui soutient la candidature du MRP Jean Lecanuet et celle de l'alliance à gauche qui pousse à soutenir la candidature de François Mitterrand. Si le parti survient tant bien que mal aux années soixante, l es années 1971-1972 lui sont fatale s. Le directeur de l' Express , Jean-Jacques Servan-Schreiber prend la tête du parti et négocie avec le Centre Démocrate de Jean Lecanuet la création du Mouvement réformateur qui soutient Valéry Giscard d'Estaing en 1974. Dès lors, ses opposants, Maurice Faure et Robert Fabre quittent le parti pour former le Mouvement de la gauche radicale-socialiste qui signe le programme commun avec communistes et socialistes. Le vieux parti radical valoisien (du nom de la place Valois où il a son siège) se fond ensuite dans l'UDF puis dans l'UMP tandis que les radicaux de gauche sont depuis les alliés des socialistes à chaque élection.


b) Reconstruction et unité

Ces années difficiles modifient profondément le paysage de la gauche. Cette évolution se fait à partir de trois éléments : la construction d'une union de la gauche, la création d'un nouveau parti socialiste et une adaptation au nouveau régime.


On peut voir des prémices à une union de la gauche dans les élections législatives de 1962. Pour Guy Mollet, quand on est socialiste, on doit préférer un candidat communiste à un candidat gaulliste. Mais il n'y a pas de politique de désistement automatique et la position de la SFIO n'est pas claire entre une ouverture au centre ou vers les communistes.


Pour les élections de 1965 , la gauche cherche à s'adapter à la nouveauté que constitue l'élection du Président de la République au suffrage universel direct. Pour cela il faut une candidature de regroupement et pas une candidature uniquement socialiste ou communiste. La première tentative est celle de Gaston Defferre, qui tente de regrouper la gauche non communiste jusqu'au centre et le MRP . Mais que ce soit pour des raisons idéologiques ou pour empêcher Gaston Defferre de doubler Guy Mollet dans son parti, la SFIO pose des conditions qui rendent inacceptables l'union pour le MRP. Cette tentative est un échec. C'est le deuxième essai qui sera le bon. Dès l'été 1965, François Mitterrand s'assure discrètement du soutien de la SFIO et de Pierre Mendès France. Ces contacts préalables lui permettent de ne pas donner l'impression de vouloir passer au-dessus des partis. Il a regroupé plusieurs petites organisations et club dans une Convention des Institutions Républicaines dont il prend la tête. Sa candidature obtient le soutien de toute la gauche non communiste qui se regroupe dans la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste et du PCF tandis que le MRP est écarté. C'est un premier succès : Mitterrand pousse De Gaulle au ballottage .


L'union continue pour les législatives de 1967 . Mitterrand réussit à imposer que les partis de la FGDS s'entendent pour présenter un candidat commun dans chaque circonscription et en 1966, il passe un accord de désistement avec le PCF. Hors de la FGDS, le PCF et le PSU (fusion du PSA et de quelques organisations) posent les bases d'un programme commun en 1967. Les gaullistes l'emportent sur le fil face aux excellents désistements. L'opposition est remontée, trois motions de censure échouent à peu de voix.


La gauche semble alors renforcée, mais les événements de mai 1968 viennent mettre du désordre dans cet édifice en construction . Le PCF condamne d'abord les « gauchistes », tandis que la gauche non communiste met du temps à réagir. La gauche est incapable d'utiliser politiquement des événements qui la dépassent complètement. La dissolution de l'Assemblée Nationale voit une vraie déferlante de la droite et annule la presque victoire de 1967. Les communistes n'ont plus que 34 sièges et la FGDS 57, tandis que les gaullistes ont 293 députés ! La conséquence politique immédiate de mai 68 est violente pour la gauche. C'est un revers et Mitterrand quitte la tête de la FGDS en novembre.


Mais un nouveau cycle est rapidement entamé. En 1969, la SFIO est enterrée et le Parti Socialiste est créé à Issy-les-Moulineaux. En même temps, François Mitterrand, qui n'est pas encore membre du PS, saisit l'importance de disposer d'un puissant parti capable de faire jeu égal à gauche avec le PCF. Il comprend qu'il lui faut un socle plus solide que la défunte FGDS pour construire une alternative. C'est pourquoi il pousse la Convention à adhérer au PS. C'est chose faite au congrès d'Epinay en 1971 . A ce congrès, il manoeuvre pour obtenir le soutien des grosses fédérations socialistes de Pierre Mauroy et Gaston Defferre en même temps que celui de l'aile marxiste incarnée par Jean-Pierre Chevènement. C'est ainsi qu'il obtient le poste de Premier Secrétaire.


Pour y arriver, il a dû donner dans la surenchère à gauche, lui qui venait de la droite. « Celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, [...] avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut être adhérent au Parti Socialiste ». Un virage dans son discours qui interroge aujourd'hui encore sur sa sincérité. Et qui fera dire à Guy Mollet « Mitterrand n'est pas socialiste, il a appris à le parler ».


Toujours est-il que la stratégie de Mitterrand est payante. Le PS et le PCF signent en 1972 un programme commun, rejoint par les radicaux de gauche . Les deux organisations espèrent en tirer profit, mais c'est le PS qui en bénéficiera. Il progresse à chaque élection, législatives en 1973, cantonales en 1976, municipales en 1977. A l'élection présidentielle de 1974, Valéry Giscard d'Estaing l'emporte à l'arrachée : il n'a que 400 000 voix d'avance sur Mitterrand. Entre temps, une partie du PSU a suivi Michel Rocard et rallié le PS.


Mais cette montée du PS fait peur au PCF qui rompt le programme commun en 1977. Et la droite emporte les législatives de 1978 pour lesquelles la gauche partait victorieuse. Mitterrand semble affaibli au sein de son parti. Il est disputé par Michel Rocard qui soutient une ligne plus sociale-démocrate que marxiste. Celui-ci tente de prendre la tête du PS au congrès de Metz en 1979. C'est en s'appuyant la fidélité à son programme antérieur que Mitterrand parvient à rester maître du parti. La ligne politique « d'Epinay », qui prétend rompre avec le capitalisme, s'impose encore une fois.


En 1981, PCF et PS partent divisés à l'élection présidentielle, mais la différence entre Mitterrand et Georges Marchais est trop grande, avec 25% des voix et 10 points d'avance sur son concurrent à gauche, Mitterrand domine la gauche. Pour le deuxième tour, il sait jouer entre les communistes et les centristes tandis que la consigne plus qu'ambiguë de Jacques Chirac entraîne un mauvais report des voix de droite sur Giscard d'Estaing. Le 10 mai 1981, Mitterrand l'emporte avec plus d'un million de voix d'avance sur son adversaire.


III - La gauche après la victoire


a) Virement idéologique au Parti Socialiste : du volontarisme politique au réalisme économique


Mitterrand élu, c'est la liesse populaire place de la Bastille. Aussitôt élu, il dissout l'Assemblée Nationale et pour la première fois, les socialistes ont une majorité absolue. Fort de sa majorité sans faille et de l'état de grâce dont il dispose dans l'opinion, Mitterrand semble avoir en main des atouts déterminant pour appliquer son programme et « changer la vie ».

Dès les premiers mois, les importantes réformes annoncées sont mises en routes par le gouvernement de Pierre Mauroy. De nombreuses nationalisations, la décentralisation, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, l'abolition de la peine de mort, le relèvement du SMIC, ainsi que des mesures visant à améliorer la liberté de la presse.


Mais les socialistes doivent déchanter assez rapidement. La conjoncture internationale est mauvaise, la baisse de la demande mondiale et la poussée du dollar entraîne une hausse de l'inflation et un déficit de la balance commerciale. De plus, la hausse des charges entraîne une baisse des investissements. Le déficit extérieur atteint 44 milliards de francs et la dette augmente de 57% entre 1981 et 1982.


En réaction, le gouvernement Mauroy adopte une politique financière de rigueur . Une première dévaluation est décidée en octobre 1981, une autre en juin 1982. C'est insuffisant et une autre dévaluation doit avoir lieu en mars 1983. Ainsi, le pouvoir socialiste choisit un virage économique plutôt que le protectionnisme et la sortie du SME. L'économie de marché s'est imposée devant la volonté politique. Finalement, l'inflation chute, mais le chômage continue sa courbe ascendante, passant de 1,8 million en 1981 à 2,5 millions en 1985. La recherche des équilibres financiers est passée avant la politique de l'emploi.


L'opposition au projet de réforme de l'Education Nationale d'Alain Savary entraîne la chute du gouvernement Mauroy le 17 juillet 1984. Laurent Fabius devient Premier Ministre d'un gouvernement sans communiste.

L'élection des socialistes n'entraîne aucune avancée vers une société socialiste. Au contraire, ce sont les socialistes qui s'adaptent au système capitaliste et réhabilitent l'entreprise et le marché . Les gouvernements du second mandat de Mitterrand, que ce soit celui de Pierre Bérégovoy, celui d'Edith Cresson ou celui de Michel Rocard, iront dans le même sens. En 1997, la gauche emporte les élections législatives et Lionel Jospin est le Premier ministre d'un gouvernement de gauche plurielle. S'il prend des mesures sociales (35 heures notamment), son gouvernement est aussi responsable de plusieurs privatisations.

b) Des années 80 à nos jours : une recomposition de la gauche

La première victime électorale du succès de la gauche semble être le PCF. Alors qu'il culminait à 25% des suffrages pendant toute la IVe République, alors qu'il amassait encore une voix sur cinq jusqu'à la fin des années 70 et qu'il restait le premier parti de la gauche, il est doublé par le PS. A l'élection présidentielle de 1981, Mitterrand a plus de deux millions de suffrages d'avance sur le candidat communiste Georges Marchais, qui descend à 15%. Ce n'est que le début d'une longue chute. À l'élection présidentielle de 2002, le communiste Robert Hue reçoit moins de 4% des suffrages, et il est devancé par deux candidats d'extrême gauche, Arlette Laguiller et Olivier Besancennot, ainsi que par le candidat des Verts, Noël Mamère. En 2007, Marie Georges Buffet, n'atteint même pas les 2%. Alors qu'il a été pendant près de quarante le premier parti de la gauche française la question de l'existence même du PCF est posée.

Plusieurs raisons semblent expliquer cette chute brutale. Les victoires socialistes donnent du crédit au PS alors que la chute de l'URSS en 1991 décrédibilisait le PCF. Alors qu'on avait pu voir dans les économies administrées l'avenir de l'humanité, cette organisation est remise profondément en question avec cet événement majeur. De plus le PCF s'est vu concurrencé par d'autres petites formations.


Pendant que le PCF est en crise, la contestation et l'envie d'une meilleure société se sont dirigées vers d'autres partis. L'écologie politique qui a commencé à prendre forme dans les années 1970-1980 s'est matérialisée dans plusieurs projets . A la question « l'écologie est-elle de gauche, de droite ou ni l'un ni l'autre », la réponse apportée par la plupart des écologistes penche vers la gauche. Ce qui s'exprime à travers un nouveau parti, les Verts. Dominique Voynet puis Yves Cochet participent au gouvernement de Lionel Jospin. Avec le renfort de Daniel Cohn Bendit, ils obtiennent près de 10% aux élections européennes tandis que Noël Mamère faisait un score honorable à 5,25% à la présidentielle de 2002. Les années 1990 voient aussi la croissance de deux mouvements « trotskystes » . Lutte Ouvrière et sa candidate et porte-parole Arlette Laguiller, présente à chaque élection présidentielle depuis 1974 et la Ligue Communiste Révolutionnaire d'Alain Krivine qui s'est refait une jeunesse grâce notamment à l'image de son nouveau candidat et porte-parole, Olivier Besancennot. Alors qu'elle tournait depuis 20 ans autour de 2%, la candidate LO perce à plus de 5% en 1995, score qu'elle confirme en 2002. Pour sa première candidature en 2002, Olivier Besancennot atteint quant à lui plus de 4% des suffrages. A l'élection de 2002, les deux candidats « trotskystes » obtiennent à eux deux plus de 10% des suffrages.


Depuis l'élection de Mitterrand, le PS est donc de loin le premier parti de la gauche française, mais il ne parvient pas à être hégémonique. En 1995, près de 17% des voix reviennent à la gauche non socialiste. A la présidentielle de 2002, c'est encore plus fort, les gauches non socialistes regroupent plus de 26% des suffrages quand Lionel Jospin se voit doublé par un Jean-Marie Le Pen à 16,95% .


La suite des élections de 2002 a été bien compliquée pour le PS. Eliminé au premier tour, son candidat annonce le 21 avril 2002 qu'il se « retire définitivement de la vie politique » . Le PS affiche une unité, et l'impopularité du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin lui permet d'enregistrer d'excellents résultats en 2004. Sur 22 régions françaises, une seule reste à la droite ! Mais la division du parti reprend le dessus lors de la campagne pour le référendum sur le Traité instituant une Constitution pour l'Europe . Le vote des militants n'est déjà pas très franc : ils ne sont que 55% à soutenir le texte. Mais surtout, les opposants socialistes refusent de rentrer dans le rang. Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg font campagne aux côtés de l'extrême gauche. Après le rejet du traité par les français 29 mai 2005, le PS se réunit en congrès au Mans au mois de novembre. Le but pour le premier secrétaire, François Hollande est de faire l'unité autour d'une motion consensuelle. Là encore, il rencontre de l'opposition : quatre motions sont opposées à la sienne et la ligne officielle du parti ne s'impose qu'à 55%. L'élection présidentielle de 2007 a du mal à ressouder les rangs du parti. Trois candidats s'affrontent, Ségolène Royal, qui se place un peu en dehors du parti, Dominique Strauss-Kahn qui représente plutôt l'aile droite du parti, et Laurent Fabius qui a rejoint en 2005 l'aile gauche. Royal s'impose dès le premier tour lors de la primaire socialiste, mais pourtant elle a du mal à fédérer autour d'elle les cadres du PS. Elle est finalement vaincue par le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy avec un score de 47% .


La victoire de la campagne contre le traité européen en 2005 avait donné des ailes aux mouvements d'extrême gauche. Des négociations ont été entamées afin des présenter une candidature « unitaire antilibérale » pour la présidentielle. Mais cette tentative échoue . Laguiller s'était située dès le départ en dehors du processus, et les divergences entre le PCF et la LCR ont amené leurs leaders respectifs, Marie-Georges Buffet et Olivier Besancennot, à se présenter. Début 2007, la candidature du militant altermondialiste José Bové venait ajouter à la division. Cette division, ajoutée au « vote utile » afin de ne pas revivre une élection comme celle de 2002 ont causé une grosse défaite à l'extrême gauche. Hormis Besancennot, aucun ne dépasse les 2%. Seul le candidat LCR n'est pas complètement vaincu : avec 4% des voix et une plus forte participation, il a même gagné près de 300 000 voix par rapport à 2002.


Conclusion

Depuis la Libération, la gauche française a connu une histoire mouvementée. Des partis sont nés, d'autres sont morts. Les rapports de force se sont inversés entre communistes et socialistes tandis que leurs partis évoluaient considérablement. Le PCF décline de plus en plus, alors que la SFIO puis le PS ont perdu la plus grande part de leur identité contestataire pour devenir un véritable parti de gouvernement. Et cette évolution continue encore aujourd'hui.


La candidature de Ségolène Royal n'a pas réuni le PS qui semble aujourd'hui bien divisé. Tous semblent d'accord pour dire la rénovation nécessaire au PS, sans pour autant se mettre d'accord sur le sens qu'elle doit prendre. Un rapprochement avec le nouveau parti centriste de François Bayrou ? Un ancrage plus à gauche ? Et avec quelle gauche quand les communistes n'atteignent même plus 2% des suffrages ?

Dans le même temps, l'extrême gauche est toujours aussi divisée. La volonté existe chez certains (Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon...) de prendre l'exemple du nouveau parti allemand Die Linke qui regroupe anciens communistes et dissidents du SPD autour de son ancien président, Oskar Lafontaine. A côté, Olivier Besancennot et la LCR ont lancé une tentative de « grand parti anticapitaliste » , qui pourrait bien ne pas dépasser de beaucoup le cadre de la défunte Ligue. Finalement tout regroupement semble difficile face à la volonté des appareils de chaque parti de survivre.

mercredi 19 mars 2008, a 06:20
Raz de marée à gauche le 16 mars : KO social ! La France est de gauche, avec un handicap :
 


Mieux qu'au printemps 2004 ! Sans doute 60 départements sur 100 à gauche, des dizaines de villes importantes gagnées sur la droite, une majorité en voix, une majorité en villes, une majorité en départements ! Les mêmes effets produisent les mêmes causes : contre Sarkozy-Fillon comme contre Chirac-Raffarin !

La gauche n'a pas gagné la présidentielle ni en 2001 ni en 2007 parce qu'elle n'est pas assez à gauche, pas assez opposante, pas assez attaquante contre le capitalisme, pour la redistribution des richesses, pour les 35 h, les 1500 euros, la retraite à 60 ans, la Sécu, les écoles, les services publics…


Mais pour autant la majorité de notre peuple ne supporte pas les politiques de la droite, et confirme chaque fois qu'elle le peut, son antilibéralisme ! Et c'est le cas en mars 2008 comme en mars 2004. La majorité de la France est de gauche. Il y a eu plus votants en 2008 qu'en 2001 mais même les abstentions élevées signifient quelque que chose : que Bling-bling est rejeté par ceux qui se sont laissées temporairement abuser par lui lors du vote massif à 53/47 % du 6 mai 2007.

Personne n'a intérêt à la politique de ce président sauf les 2 % des grandes fortunes, des grands actionnaires, des privilégiés.

Il y a eu une anomalie ce jour funeste où la France a élu le pire des présidents qu'elle ait jamais eue. Les yeux, les esprits s'ouvrent. La parenthèse est terminée, à peine 10 mois après !


« Ça va finir mal » si les intégristes néo libéraux conservateurs qui nous dirigent n'entendent pas le message des 9 et 16 mars : ils sont MINORITAIRES ! “Augmentez massivement les salaires ! tel est le mot d'ordre central et il déclenchera si la droite et le patronat ne veulent rien savoir, un vaste mouvement dans le pays. Pour autant le Parti socialiste, parti hyper majoritaire à gauche, dont les Français se servent, qu'ils utilisent pour combattre la droite, n'est pas à la hauteur : pas de programme alternatif, pas de critique de fond du capitalisme néo libéral, pas de stratégie d'union de la gauche, pas d'élan conquérant, entrainant sur des revendications centrales et immédiates.


Des dirigeants du PS ont même osé « servir la soupe » avec insistance et ostentation au Modem, un parti de droite au lieu de le combattre et de travailler à l'unité de toute la gauche. Ils ont perdu, l'hypothèque Modem est levée ! Autant que de la défaite de Sarkozy, réjouissons nous de la défaite de ce faux centre C'était un groupuscule de droite, qui cherchait à brouiller les cartes entre gauche et droite et il a encore échoué, et pour la gauche c'est une victoire, une clarification ! Il faut éradiquer le plus possible les illusions qui visent à nourrir le Modem plutôt que le PS, l'alliance au centre plutôt que l'alliance à gauche ! Ce n'est pas seulement une impasse c'est une terre de perdition, de quoi couler le PS et le faire perdre indéfiniment. I


Entre gauche et droite, il n'y a pas de centre, c'est comme le triangle des Bermudes, plus on le cherche plus on s'y perd. Il faut une gauche aussi unie et fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat et aux actionnaires.


samedi 15 mars 2008, a 19:32
Dimanche 16 mars : mettons la droite en déroute aux municipales et aux cantonales !
 


Le 9 mars dernier, la Droite s'est pris une gifle retentissante


Les médias ont essayé de minimiser cette claque en focalisant leurs caméras et leurs écrits sur Bordeaux et les Hauts-de-Seine. Mais cela n'a pas suffi à camoufler l'ampleur de la défaite de la Droite qui n'atteignait que 40 % des suffrages contre 47,5 % aux listes menées par un candidat de gauche.

A cela s'ajoutait le score réalisé par la LCR qui dépassait les 5 % dans plus de 100 villes et les 10 % dans 29 villes.

Pour faire obstacle à la politique de Sarkozy, c'est donc bien, malgré une abstention souvent importante dans les quartiers les plus populaires, vers la gauche que s'est dirigé le vote des électeurs.

Les résultats obtenus par les listes du Modem confirment que ce parti de Droite n'était qu'une baudruche gonflée par les médias lorsqu'ils annonçaient que Bayrou était le seul à même de battre Sarkozy.

De 18,57 % des votants à la présidentielle, le Modem est tombé à 7,71 % aux législatives et à 3,69 % aux municipales dans les villes de plus de 3 500 habitants. Les scores importants dont se vante Bayrou ont été obtenus dans des villes où la tête de liste Modem avait le soutien ou la participation de l'UMP et du Nouveau Centre. Même Bayrou qui arrive second à Pau a bénéficié du soutien d'Alain Juppé.


L'enjeu du scrutin de dimanche 16 mars est crucial


Le recul de la droite, le refus de sa politique se mesureront aux nombres de municipalités et de conseils généraux qu'elle aura perdus.

De l'ampleur du recul de la droite dépendront les marges de manœuvres qui seront accordées à Sarkozy pour continuer son offensive contre le salariat : retraites, assurance-maladie, statut de la fonction publique, régression des salaires et des minima sociaux, intensification de la précarité du travail…


De l'ampleur de ce recul dépendra également la force de l'encouragement qui sera envoyé à tous ceux qui se battent aujourd'hui le dos au mur contre des licenciements ou pour des augmentations de salaires, particulièrement dans les entreprises du secteur privé où les conflits commencent à se multiplier.

C'est pourquoi pas une voix ne doit manquer, le 16 mars, aux listes dirigées par un candidat du PS, du PC, des Verts, du PRG ou du MRC !


samedi 15 mars 2008, a 19:29
Quand TF1 pleurniche dans les jupes de l'Etat
 

Supprimer la publicité dans l'audiovisuel public, une idée du président? Non! Une idée de TF1, venue quémander à l'ami de Martin Bouygues un moyen de relancer le fournisseur n°1 de temps de cerveau.

Alain Minc n'aurait donc pas été le seul inspirateur de la suppression de la pub sur le service public, l'une des rares idées sorties du chapeau présidentiel lors de la conférence de presse de début d'année. C'est un «livre blanc» pleurnichard remis par TF1 en décembre dernier, qui aurait inspiré la compassion de Sarkozy pour la pauvre petite chaîne de son ami Bouygues et qui aurait conduit à cette décision charitable.
Quand ça ne va pas, qu'il a un gros coup de blues, que son audience baisse et ses recettes publicitaires aussi, vers qui se tourne en pleurnichant le champion français de la télé privée ? L'Etat bien sûr. Et c'est donc un livre blanc, pas moins, que TF1 a remis au gouvernement en fin d'année dernière, et dont Les Echos ont révélé l'essentiel du contenu la semaine dernière. Ce document répertorie tous les gros malheurs qui s'abattent sur la pauvre chaîne martyre du nouveau paysage audiovisuel de ces dernières années. Une panne d'imagination dans les programmes ? Des spectateurs qui désertent des émissions nulles et racoleuses? Un manque de vista dans les nouvelles technologies ? Une incapacité à se développer à l'international ? Vous n'y êtes pas. Si TF1 souffre depuis quelque temps, c'est qu'il y a vraiment trop de concurrence et pas assez de chiffre d'affaires. Et que cette situation «intenable» met en péril notre «chaîne historique», ce qui conduit irrémédiablement à la «destruction de valeur collective». Rien que ça.


Pauvre petite chaîne riche



C'est vrai quoi, la réglementation en matière de pub est vraiment trop contraignante ! TF1 n'a pas le droit de mettre autant de pub que l'on voudrait pendant les films. Et puis il y a la TNT, technologie numérique «marxiste» stigmatisée par l'inoubliable Le Lay, qui permet aujourd'hui aux téléspectateurs de recevoir gratuitement quatre fois plus de crétineries qu'au bon vieux temps de l'analogique. C'est-à-dire que maintenant, les spectateurs ont droit non seulement à TF1, mais à des tas d'autres mini-TF1, encore plus trash, comme TMC, NRJ12 ou NT1 (dont certaines appartiennent d'ailleurs à TF1). Cette TNT diabolique a ouvert les portes du PAF à d'autres grands groupes, et pas des moindres : Lagardère, NRJ et Bolloré, qui eux se fichent sûrement de la «valeur collective» comme d'une guigne. Sans compter les centaines de chaînes qu'on peut voir sur le satellite, le câble ou l'ADSL. Trop c'est trop! La concurrence c'est comme toutes les bonnes choses, il ne faut pas en abuser. La télévision selon TF1, c'est tout de même mieux quand on n'est pas nombreux, quand on peut accumuler des centaines de millions d'euros de bénéfices chaque année (presque 300 millions d'euros en 2007 pour 2,8 milliards de Chiffre d'affaires) et profiter d'une position dominante sur la publicité avec 40% du marché (unique en Europe) sans être inquiété par trop d'importuns. Le tout en exploitant gratuitement une fréquence hertzienne de première bourre. Rappelons-le en passant, cette fréquence est un bien public (et donc une «valeur collective»?) dont la jouissance a été accordée à Bouygues en 1987, en échange du respect d'un certain cahier des charges. Or on le sait, les obligations en terme de programmes sont depuis un sujet de plaisanterie de fin de repas chez les dirigeants de TF1(ici, le best-of en vidéo de l'audition publique, grand moment de divertissement).


Puisqu'on ne peut pas supprimer la concurrence...



Après lecture du livre blanc, Sarkozy est bouleversé (d'autant que la scène se passe en pleine période de Noël). Ce héros de la politique industrielle et des entreprises en difficulté n'hésite donc pas une seconde à voler au secours de ce champion de l'audiovisuel et du bon goût. Les médias, c'est encore plus son truc que les usines. Surtout si c'est Bouygues, un ami de la famille, qui lui envoie un livre blanc en forme d'appel au secours. Qu'à cela ne tienne, inspiré par Minc, un fan de la télévision de qualité, il propose tout à trac la suppression de la publicité sur France Télévisions pendant son one man show de début d'année. Pas mal. Mais est-ce suffisant pour faire cesser les gémissements et les malheurs de la pauvre chaîne ? Probablement pas.


Alors que faire de plus ? Supprimer la concurrence ? Difficile, les concurrents Bolloré et Lagardère sont aussi de la famille. Une solution plausible pour notre spécialiste des sauvetages industriels pourrait être d'organiser le rachat de TF1 par Bolloré, qui en rêve depuis longtemps, ou par Lagardère, qui n'a jamais réussi à se payer Canal+.
Mais il y a mieux encore. Une botte secrète proposée par Emmanuel Todd et reprise dans ces colonnes par Bernard Maris : pour sauver notre champion de l'audiovisuel français en péril, nationalisons-le. Un rachat de TF1 par France-télévisions, ça ce serait de la rupture !


jeudi 13 mars 2008, a 10:06
Le sarkozysme commence après les municipales
 


On sent bien, à gauche, comme un frémissement d'aise. Le dévissage de Sarkozy dans les sondages les fait frétiller. On voit d'ailleurs comme une agitation. Les prétendants à la course commencent à jouer des coudes pour être bien placés sur la ligne de départ. Ceux qu'on croyait fichus, comme Hollande, recommencent à bouger. Ségolène multiplie les déclarations. Delanoë peaufine son triomphe. Valls, Dray et les autres jeunes Turcs montrent les dents. Seuls les deux frères ennemis, Montebourg, concentré sur ses cantonales, et Peillon, qui vient de faire allégeance à Ségolène Royal, restent hors de ce petit jeu. Quant à Bayrou, c'est peu de dire qu'il crève l'écran en ce moment, avec un discours net et sincère sur les valeurs républicaines… Dans leur tête, tous sont déjà dans l'après Sarkozy… Ils auraient bien tort. Ils auraient tort, parce que c'est maintenant que Sarkozy devient vraiment dangereux. D'abord parce que le triomphe socialiste annoncé aux municipales a placé la barre très haut. Un “simple” succès serait désormais une défaite. Ensuite parce que la machine d'opposition est chauffée à blanc. Tant de provocations ces derniers mois : les tests ADN, Khadafi, le people et le mariage, la “rétention de sûreté”, les enfants Juifs, qui dissimulent le pouvoir d'achat, le commerce extérieur, la laïcité, les sectes, la morale à l'école. Et la sortie très programmée avec des figurants au salon de l'agriculture. Difficile d'avoir un discours intelligible dans cette cohue… Au total, la gauche risque d'apparaître comme une opposante systématique et le discours de victimisation de celui qui n'a cessé de multiplier les provocations va pouvoir prendre chez le quidam. Aussi, parce que Monsieur apprend vite. Il sait désormais se taire, et Carla sait se cacher. Elle ressortira en Diana prochainement, vous verrez, et ira visiter les enfants malades dans les hôpitaux, comme une princesse de Monaco de base. Mais surtout, parce que paradoxalement, Sarkozy n'a plus rien à perdre. Les contre-pouvoirs sont exténués, les circuits d'information sont saturés. Tout le monde grogne, mais tout le monde s'y fait : les conseillers sont des princes de sang, les ministres ont peur, la presse est sous contrôle et quelques attaques au pénal vont calmer les esprits, la blogosphère est un lieu de ragots où l'on ne parle que de SMS (c'est ce qui dira la presse tétanisée par les succès des sites en ligne…). Il a quatre ans. Il va commencer à appliquer son programme… Car il a un programme. Inquiétant. Ceux qui ont pris la peine de lire ses ouvrages, de suivre sa campagne, d'observer ses manœuvres le savent bien. Il y a un véritable programme. C'est une sorte de thatchérisme bushiste tel que peut le concevoir un Français. Un rêve de libéralisme qui ne tient pas compte du fait que la France n'est pas une nation de commerce et n'a pas de Commonwealth à ses ordres, ni bien sûr du coût social qu'a payé l'Angleterre. Un rêve de Maison blanche qui ne tient pas compte de la force des médias américains, de l'indépendance de la Justice et du rôle de l'opposition, ni bien sûr du coût que payeront les Etats-Unis après leurs aventures irakiennes. Un rêve fou et, disons-le, pas français. Mais, il faut le reconnaître aussi, un rêve cohérent, constant, suivi avec ténacité. Monsieur Sarkozy se croit investi pour faire cette rupture. Ses conseillers serrent les rangs autour de lui, face à l'adversité, et tournent de plus en plus en vase clos. Ils en viennent à oser prendre la parole pour défendre la secte scientologue que Sarkozy avait déjà dépouillée à l'intérieur de nombre de ses attributions. Enfermés entre eux, se rassurant mutuellement, se jugeant intouchables, persuadés qu'il leur faut accélérer encore pour prouver qu'ils avaient raison, de plus en plus paranoïaques, voyant dans toutes les résistances la preuve qu'ils avaient raison et que la France est irréformable, ils vont faire mal. Et si Monsieur Sarkozy avait décidé, en cohabitation, en minorité au Sénat, de gouverner par décret ?

mardi 11 mars 2008, a 19:40
47,5 % pour la gauche 40 % pour la droite de Sarkozy
 

Le vote du 9 mars 2008 est un complet renversement de tendance par rapport aux scrutins de 2007, on en revient à des votes proches de 2004. C'est un retournement électoral puissant qui accompagne un rejet massif du Sarkozysme, de sa politique comme de sa personne. La France est de toujours de gauche, comme tout l'indiquait de 2003 à 2006, avec, hélas, un président UMP de droite !

On constate que l'UMP qui se dissimulait derrière des candidats prétendument sans étiquette ne s'est pas pour autant sauvée de la vague puissante à gauche. Il est vrai que cela ne trompait personne et qu'on a bien vu, sur les télévisions du dimanche 9 mars au soir, tous les ministres sarkozystes se mettre en avant avec ces fameux « sans étiquette cantonnés aux questions locales ». S'ils avaient gagné, ils auraient crié à leur victoire politique nationale, comme ils ont perdu, ils affirment que c'est un scrutin local.


Raison de plus pour ne pas les laisser souffler et les devancer encore plus largement le 16 mars : que la leçon, dimanche prochain, leur soit la plus cuisante possible ! Que pas une voix ne manque, ne soit perdue, tous à gauche ! Plus le message sera fort, moins Bling-bling aura les moyens de continuer sa sale politique néo-libérale conservatrice.

Bravo pour les centaines de villes conservées à gauche ou gagnées par la gauche. Bravo pour les équipes de gauche qui se sont unies, car elles ont plus souvent battu la droite. L'unité sur le terrain est payante dans l'immense majorité des cas. Elle devrait servir de modèle pour toutes les autres élections !


De ce mode de scrutin, il ressort que la gauche est mieux incarnée par des milliers de candidats que par une seule. Décidément le scrutin présidentiel est mortifère, surtout quand la candidate ne reflète pas les aspirations majoritaires du peuple de gauche, et préfère ostensiblement l'alliance avec un secteur de la droite à l'unité de toute la gauche. Car le « Modem » est un morceau de la droite, dans la foulée des Lecanuet, Poher, Barre, Balladur, et pas plus progressiste puisque sur plusieurs questions (les retraites, la dette) il est plus à droite que Sarkozy.


Ce Modem fait environ 4,5 % des voix, l'extrême gauche, là où elle se présente, fait entre 2 et 13,5 % des voix… entre les deux il n'y a pas photo ! Nul ne peut comprendre qu'alors que le peuple de gauche fait mouvement à gauche, Ségolène Royal propose de « s'allier partout »


systématiquement avec un morceau de la droite ! Du point de vue politique c'est a contrario de ce qu'il faut faire, du point de vue électoral rien ne le justifie : ce n'est pas à nous d'ouvrir, par nos concessions et mollesses, un espace à un pseudo centre qui n'a pas de réalité – sous prétexte de s'allier ensuite avec lui.


Nous opposons à cette politique qui a déjà conduit à l'échec de toutes les « troisièmes voies » dans le passé, une politique, la seule porteuse d'avenir, d'unité de toute la gauche !


jeudi 06 mars 2008, a 22:06
« le poisson pourrit toujours par la tête » Pour Sarkozy : chaud, chaud , chaud, le printemps sera chaud !
 

Comme disait Mao : « le poisson pourrit toujours par la tête ». En ce milieu février, on constate que le processus de nécrose du sarkocircus est en phase d'accélération vertigineuse. La norme médiatique et bientôt la norme politique deviennent une critique brutale sur tous les sujets qui concernent notre Omniprésident. Quel changement, quel bouleversement en quelques semaines ! Respublica, qui fut parmi les premiers opposants radicaux à cette pitrerie politicienne, se félicite de voir l'évolution des mentalités, en particulier dans les médias.

Mais l'on est tout de même en droit de se poser la question suivante : pourquoi notre République n'a-t-elle pu éviter cette absurdité et cette impasse totale de l'exécutif ? De 2002 à 2007, pendant cinq longues années, l'ensemble des « ordres » économiques, politiques, administratifs et médiatiques se sont progressivement rangés derrière la candidature du Sarkocircus. Sarkozy, ministre de l'Intérieur, Sarkozy ministre de l'Economie, Sarkozy candidat, Sarkozy écrivain, Sarkozy mari et père de famille, bref toutes les facettes du personnages ont été montrées sous un jour ultra positif. L'ensemble des patrons, la totalité de la haute administration, par exemple, ont passé les cinq dernière années à expliquer que notre Omniprésident était LA personnalité politique qui allait sortir le pays de sa léthargie morbide.


Ne connaissaient-ils pas l'ex-maire de Neuilly ? Ne l'avaient-ils pas « évalué » au cours des trente dernière années de sa vie politique, commencée à la fin des années70 ? N'avaient-il pas présumé des aspects à proprement parler incohérents du personnage ? Non, Sarkozy n'a pas subjugué la France, il n'a trompé personne : ce sont les responsables économiques et politiques qui lui ont donné les clefs de l'Elysée, comme avant ils lui avaient confié celles du ministère de l'Intérieur, puis celles de l'UMP ! Ils sont responsables de l'engeance dans laquelle se trouve notre République.


Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Comment, et avec le moins de casse possible, pouvons-nous sortir de cette crise de confiance qui va devenir à court terme, n'en doutons pas, une crise de régime ?

Les élections municipales, qui vont être une Bérézina pour l'UMP, marqueront certainement le point de défiance définitif de la base politique de droite avec l'Omniprésident. Tous les ténors de ce courant, qui auront perdu leur fief en mars prochain, vont devenir des ennemis féroces de Sarkozy. Les coups de boutoir vont pleuvoir sur lui, et les barons de la droite ne feront rien pour le défendre en cas de tempête sociale. Il est symptomatique que certains d'entre eux signent dès aujourd'hui l'appel de Marianne à la « Vigilance Républicaine ». Certains d'entre eux sont déjà dans l'après Sarkozy.


Dans cette situation crépusculaire, les républicains de gauche que nous sommes doivent à tout prix éviter de renforcer la confusion. S'il faut clore au plus vite la pantalonnade politicienne en vigueur depuis 8 mois, ne tombons pas dans des alliances sans principes et sans convergences politiques qui ne visent qu'à exonérer les vrais responsables de leurs fautes et de leurs veuleries. Il ne peut y avoir de Front Républicain avec ceux qui pendant 5 ans ont propulsé le « human bomb » de l'Elysée !

Pour nous, la fin de Sarkozy doit être la conséquence d'une immense mobilisation populaire car nous ne serons jamais les supplétifs des révolutions de palais qui s'annoncent. Un large front social doit se constituer et être à l'origine d'une nouvelle politique, enfin capable de maîtriser les puissances financières et de mettre les intérêts réels du peuple français au poste de commande.


mardi 26 février 2008, a 10:00
L'Appel républicain de Marianne
 

Nous reproduisons ci-dessous un appel, publié dans Marianne, signé par dix-sept personnalités de la droite, du centre, de l'écologie et de la gauche républicaine. A situation exceptionnelle, rassemblement inédit...


Il se passe de drôles de choses dans notre République. L'actuel Président avait bien promis la rupture. Rupture il y a, mais pas seulement telle qu'elle avait été annoncée. Un gouvernement marginalisé, dont le travail s'avère pré-mâché par les conseillers du Prince. Rupture.
Un Président qui semble déserter la fonction, parlant tour à tour comme croyant ou comme laïc. Rupture.


Un Président qui veut mettre la politique en chiffres, comme s'il s'agissait de vendre des petits pois. Rupture.


Un Président qui entend diriger ses équipes comme un manager d'hypermarché, distribuant bons et mauvais points, primes ou sanctions. Rupture.


Un Président qui reste chef de parti et dont le domaine réservé est davantage la Mairie de Neuilly que la politique de défense. Rupture.


Un Président qui prétend substituer au débat contradictoire traditionnel entre majorité et opposition la mise en scène des divergences entre ses courtisans et ses ministres. Rupture.


Un Président qui affirme devoir être heureux pour gouverner le pays. Rupture.


Un Président qui annule ses rendez vous du soir et du matin pour vivre pleinement son couple. Rupture.


La liste est longue des stupéfiantes innovations, que, volontairement ou involontairement, Nicolas Sarkozy a introduit dans la politique présidentielle. Ce nouveau cours suscite donc des inquiétudes, une anxiété même. C'est cette anxiété, qui risque bien de s'amplifier dans les semaines et les mois à venir, que traduit l'appel républicain de dix-sept hommes et femmes politiques que nous reproduisons ci-dessous. On ne doit pas se tromper sur sa signification : si des personnalités politiques de premier plan qui ont l'habitude de s'affronter sur la scène publique depuis des années, prennent le risque de s'afficher au bas d'un même texte à quelques jours d'un scrutin dont le président lui a annoncé qu'il serait politique, si cet appel a recueilli la signature de plusieurs hommes et femmes politiques de la droite républicaine, c'est bien que le contexte politique créé par huit mois de sarkozysme est totalement inédit.


A lire. A méditer.
Avant d'agir ?

mardi 19 février 2008, a 09:50
Cybercriminalité le prommage des lois
 

- L'usurpation d'identité sur Internet sera punie par la loi comme un délit, passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Cette disposition sera intégrée à la future loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi).
dot.gif
- La création de peines alternatives de travaux d'intérêt général pour les hackers condamnés. « Ainsi, leurs réelles compétences en la matière pourront être nettement mieux utilisées au service de la collectivité ».
dot.gif
- Une charte des bonnes pratiques pour améliorer la coopération avec les opérateurs de communications électroniques. Elle devra permettre le blocage des sites illicites comme le fait déjà la Norvège - qui possède un dispositif de blocage de sites pédophiles - et l'accélération de la transmission des informations aux services de police et de gendarmerie.
dot.gif
- Mise en place en septembre 2008 d'une plate-forme de signalement automatique de « toute forme de malversation constatée sur Internet »  : escroquerie en ligne, sites pédopornographiques, apologie du terrorisme, incitation à la haine raciale, etc. Le traitement des signalements se fera en temps réel. La police transmettra ensuite à la justice lorsque les faits seront caractérisés. A noter que la France dispose d'une plate-forme automatisée de signalement des sites pédopornographiques.
dot.gif
- L'autorisation, sous contrôle d'un juge, de la captation à distance de données se trouvant dans un ordinateur, ou transitant par lui. Cette procédure concernera la criminalité organisée et figurera, elle aussi, dans la Lopsi. Elle permettra, par exemple, la captation de données au moment où elles s'affichent sur l'écran d'un pédophile ou d'un terroriste.
dot.gif
- L'application à l'ensemble des acteurs de l'Internet des dispositions de la loi antiterrorisme de 2006, qui prévoit notamment pour les cybercafés l'obligation de conserver à la disposition des autorités judiciaires les données de connexion pendant un an. Un décret détaillera pour chacun des acteurs la liste des catégories de données à conserver. Cette obligation pourra alors s'appliquer aux bornes d'accès Wi-Fi, aux éditeurs de messagerie électronique, aux points d'accès dans les lieux publics, etc.
dot.gif

dot.gif
- Lors de la présidence française de l'Union européenne sera formulée la proposition de la mise en place d'accords internationaux, permettant la perquisition informatique à distance sans qu'il soit nécessaire de demander au préalable l'autorisation du pays hôte du serveur. « Bien évidemment, comme toute perquisition, cette procédure s'effectuera sous contrôle du juge. » Pour rappel, la loi pour la sécurité intérieure de 2003 « autorise les perquisitions sur un réseau informatique, tant que les systèmes informatiques concernés se trouvent situés sur le territoire national ». La France proposera aussi qu'une plate-forme européenne d'échange d'informations sur la cybercriminalité soit développée.
dot.gif

dot.gif
- Le doublement du nombre d'enquêteurs spécialisés en criminalité informatique (ESCI) au sein de la direction centrale de la police judiciaire, et d'enquêteurs en technologie numérique de la gendarmerie. Ils « recevront une formation commune du plus haut niveau ». La ministre a également évoqué la création de cursus à vocation technologique au sein de la police nationale, en partenariat avec l'université, comme il en existe déjà dans la gendarmerie.

dimanche 17 février 2008, a 17:36
Je suis Nicolas le diable
 




dimanche 17 février 2008, a 15:47
Shoah/Sarkozy: Veil monte au créneau
 

SARKO SEMBLE IGNORER LES COMPOSANTES ETHNIQUES, CULTURELLES, CULTUELLES,  HISTORIQUES DE LA POPULATION FRANCAISE ET LEURS SENSIBILITES CONFESSIONNELLES.

En langage indien cela s'appelle "DETERRER LA HACHE DES GUERRES RELIGIEUSES".

Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, juge "inimaginable, insoutenable et injuste" la proposition de Nicolas Sarkozy d'associer chaque élève de CM2 à un enfant victime des persécutions nazies.
>
> Interrogée par l'express.fr, elle déclare qu'"on ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans". "On ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter", ajoute-t-elle.
>
> "Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et aujourd'hui encore, nous essayons d'épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs beaucoup d'enseignants parlent - très bien - de ces sujets", ajoute Mme Veil.
>
> Pour elle, la suggestion de M. Sarkozy risque aussi d'attiser les antagonismes religieux : "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d'incarner le souvenir d'un petit juif?", s'interroge-t-elle.
>

> Source : AFP

dimanche 17 février 2008, a 04:49
Le pouvoir d'achat et les personnes âgées.
 


La maison de retraite de Langeais ( 37130 ) est considérée comme l'un des établissements les moins onéreux du département d'Indre et Loire. Néanmoins, le 1er juillet 2007, le Conseil Général a "réajusté" les tarifs en augmentant la journée de 2,52 euros, soit 5%,40 de majoration. Et le 1er janvier 2008, une nouvelle augmentation de la journée de 2,94 euros vient d'être décidée, soit 5%,93 de hausse. En six mois,c'est donc à 11%,33 de relèvement du tarif journalier que les personnes âgées de l'EHPAD de Langeais ont à faire face.


Ce réajustement ne profite guère au personnel dont les salaires restent toujours à la traine, surtout en tenant compte de la spécificité et des conditions de travail. Il ne profite pas non plus à améliorer les conditions de confort des résidents, du fait d'un manque criant de personnel et d'une formation insuffisante.Il ne permet pas plus d'engager des travaux nécessaires afin de mettre l'établissement aux normes de notre temps.Il est d'ailleurs inconstestable que l'ouverture d'une nouvelle maison est nécessaire quand on sait que la durée de vie s'accroit et qu'il convient de se projeter dans l'avenir.


Dans le même temps, les franchises médicales qui frappent en priorité les personnes âgées et malades sont instaurées.Les personnes malades, même prises en charge à 100% n'échappent pas au paiement de certains médicaments "de confort".


Tout ceci alors que les retraites ne sont revalorisées que de 1,1% au 01/01/08!


Et dire que le Président Sarkozy veut redonner du pouvoir d'achat aux Français!! Mais c'est vrai que c'est en travaillant plus, en faisant des heures supplémentaires qu'il compte réaliser ce miracle;comment font alors les retraités? Ces retraités auxquels il avait promis durant la campagne présidentielle une hausse de 25% des petites retraites! Les 1%,1 d'augmentation attribués sont loin de faire le compte et font figure de miettes accordées à une catégorie à qui le pouvoir sarkozyste fait des effets d'annonce, mais n'apporte pas de concret.


Ainsi, les maigres économies de nos anciens qui ont travailléet cotisé toute leur vie, s'évaporent rapidement et dans de telles conditions, on peut dire que la vieillesse devient l'anti-chambre de la mort.

Nos parents et grands-parents ne peuvent attendre indéfiniment la réalisation des promesses de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement d'ouverture. Le président se dit sur le terrain, mais quel terrain? S'il visitait certaines EHPAD, il y découvrirait, non pas le luxe , ni les odeurs des palaces ou palais que ses amis du CAC 40 ou richissimes émirs mettent à sa disposition, mais il y rencontrerait une image de la vieillesse très dure à supporter.


Pendant que la vieillesse devient de plus en plus difficile à vivre, pratiquement en marge de la société, quatorze milliards de cadeaux fiscaux sont acordés aux privilégiés de la fortune, le Président de la République s'octroie 170 % d'augmentation et le MEDEF n'en finit pas de réclamer toujours plus.


La question du droit à une vieillesse digne ne peut se concevoir sans poser celle de la société dans laquelle nous voulons vivre.


vendredi 15 février 2008, a 18:27
l’arme communicante
 

Il y a un je-ne-sais-quoi d'émouvant à voir la secrétaire d'Etat des Droits de l'homme s'ébattre dans le bain de la communication de Sarkozy. Quand le président français déroule le tapis rouge au dictateur libyen, connu pour son goût prononcé du terrorisme, Rama Yade se lance dans une violente diatribe censée bouter Kadhafi hors de France. Mais après des gesticulations et de belles paroles dans la presse, Rama, pourfendeur du tyran, finit par embrasser chaleureusement la main de Mohammar Kadhafi.

De même, quand Sarkozy méprise le référendum sur la Constitution européenne qui avait vu la victoire du “non”, Rama Yade revient sur le devant de la scène et confie ses peines de cœur aux Français.

« Je ne sais si je peux le dire, mais moi aussi, j'ai voté non à la Constitution européenne en 2005, comme 55 % des Français. » La larme à l'œil, Rama l'opposante, concède un “moi aussi” pour laisser entendre qu'elle faisait partie de ces impénitents gauchistes ou de ces souverainistes de droite qui refusaient autrefois la ratification du Traité européen.

La juvénile Rama Yade figure la réflexion en mouvement, l'avancée d'une pensée affective vers le pragmatisme politique et la raison d'Etat. Elle est la pensée, l'émotion propre à chacun, le manque de maturité propre à la jeunesse et aux citoyens. Elle est le visage de cette France qui peine à comprendre faute de maturité intellectuelle, l'incarnation des doutes et des injustices que ses origines renvoient nécessairement aux spectateurs.

Mais sous ce visage, aux courbes délicates, censé figurer la pensée française portée vers des espérances politiques de justice, se cache une face de communicante aiguisée. Un personnage politique d'un genre nouveau qui n'aspire qu'à un seul objectif, dominer l'espace oppositionnel.

Qui mieux que Sarkozy a saisi l'importance de la communication et la maîtrise du discours de l'opposition pour contrôler les paroles de ses adversaires ?

Rama Yade présente ses doutes, ses interrogations et concentre les attentions de la presse. Elle permet ainsi de couper court aux virulentes critiques sur la venue de Kadhafi, sur la négation du référendum, et la manière dont Sarkozy bafoue la voix du peuple.

« Pourtant aujourd'hui, je suis satisfaite du Traité européen. J'aime beaucoup ce Traité parce qu'il tire les leçons du “non” français », ajoute-t-elle.

Avec des mots simples comme pourrait les prononcer une adolescente, Rama Yade vole la place réservée à l'opposition, s'empare de leurs discours et empêche les véritables opposants de s'exprimer. Car, dans la presse, les encarts réservés à l'opposition sont désormais consacrés aux discours de Rama Yade la secrétaire d'Etat et « opposante » intégrée au gouvernement.

Cette stratégie communicationnelle se fonde sur la capacité à devancer la critique en intégrant le discours de l'opposition pour mieux l'absorber, le digérer et l'annihiler. Cette maîtrise de l'opposition par l'intégration du discours conduit nécessairement à une forme de censure. Car elle vise à décrédibiliser l'opposition afin d'établir un consensus national autour du président de la République.

Si la gauche souhaite résister et défendre son projet politique, elle va devoir inévitablement dénoncer ces pratiques de communicants qui manipulent l'opinion publique en ne laissant place qu'à une seule voix, celle de Nicolas Sarkozy.

mercredi 13 février 2008, a 20:05
Un bélier contre l’assurance-maladie Le "bouclier sanitaire"
 


Présenté comme une mesure de protection en faveur des plus démunis (le pendant du "bouclier fiscal" pour les plus fortunés), le " bouclier sanitaire " est en réalité un bélier contre l'assurance-maladie.


Une idée de Martin Hirsch


Le "bouclier sanitaire" est une idée du Haut-commissaires aux Solidarité actives, Martin Hirsch, en juin 2007. Elle consistait à remplacer les tickets modérateurs, les franchises (un euro par consultation) et autres forfaits (18 euros par acte de plus de 90 €) par un plafonnement des remboursements. En dessous de 3 % à 5 % du revenu fiscal d'un ménage, les dépenses de santé ne seraient pas remboursées. Au-dessus de ce seuil, elles seraient intégralement remboursées par l'Assurance-maladie.


Un ménage de salarié ayant un revenu fiscal de 30 000 euros par an ne percevrait donc aucun remboursement de l'assurance-maladie pour des dépenses de santé inférieures à 900 euros par an (3 % du revenu) ou 1 500 euros (5 % du revenu) ! Ces dépenses resteraient à sa charge ou à celle de sa mutuelle.


Un scénario de Briet-Fragonard


Le rapport Briet-Fragonard reprenait l'idée de Martin Hirsh et y voyait l'occasion de simplifier de façon "drastique" les règles de prise en charge des Affections de Longues Durées (ALD). Le bouclier ne s'appliquerait qu'à la dépense remboursable : les "restes à charge" liés à des dépassements tarifaires qui se sont multipliés depuis la réforme Douste-Blazy de 2004 ne rentreraient pas dans son champ.

Toujours selon ce rapport, le "bouclier", à condition que le plafond soit modulé en fonction des revenus, pourrait permettre une meilleure protection des titulaires des revenus les plus modestes.


Il permettrait également de "garantir durablement un meilleur pilotage de l'évolution des dépenses d'assurance maladie obligatoire". Ce qui revient à dire que le plafond (de 3 % à 5 % du revenu fiscal au départ, selon Martin Hirsch) pourrait s'élever en fonction des besoins de l'assurance-maladie. Cette augmentation du pourcentage dispenserait de faire la moindre peine aux trusts pharmaceutiques, aux cliniques privées ou aux médecins libéraux dont l'augmentation des coûts et des tarifs est, pourtant, le facteur principal de l'augmentation des dépenses de santé. Nul besoin, non plus d'augmenter la part patronale des cotisations maladie qui stagne depuis vingt ans. Il suffirait de rehausser le plafond à 6 %, 8 %, 10 %... pour rééquilibrer les comptes de l'assurance-maladie. Aux Etats-Unis (le modèle de "civilisation" de Nicolas Sarkozy), les personnes de plus de 65 ans utilisent, en moyenne, 20 % de leurs revenus annuels en dépenses de santé non remboursées.


Un film de La Haute Autorité de Santé et de Roselyne Bachelot


Le lundi 11 décembre, la Haute Autorité de Santé remettait à Roselyne Bachelot un avis préconisant une refonde totale du système de suivi médical et de couverture des ALD qui concerne 7,4 millions de personnes et l'instauration de "la gratuité des dépenses de santé au-delà d'un plafond des dépenses fixé selon le niveau de revenus des ménages". Avec la "refonte totale" du remboursement des ALD ce ne sont plus seulement les "petits risques" qui sont en ligne de mire mais le cœur même de l'Assurance-maladie.


Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, reprend à son compte ce rapport et cet avis. Pour aider à convaincre de la nécessité d'un "bouclier sanitaire", Roselyne Bachelot n'avait d'ailleurs pas hésité à tirer quelques flèches bien acérées sur les assurés sociaux sous formes de "franchises médicales", mises en œuvre dès le 1er janvier 2008.


Une manœuvre en deux temps de Sarkozy pour briser l'assurance-maladie


Nicolas Sarkozy, la main sur le cœur comme d'habitude, a tenu à préciser ce que serait le sens du "bouclier sanitaire" : réserver la solidarité à ceux qui en ont le plus besoin. C'est au contraire une nouvelle application de la méthode classique de la droite : diviser le salariat, dans un premier temps, pour infliger, dans un second temps, une défaite à l'ensemble du salariat. Les néolibéraux américains ont procédé de la même façon à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Dans un premier temps, ils ont supprimé les aides sociales aux salariés dotés d'un emploi à plein temps, affirmant qu'il fallait réserver ces aides aux plus pauvres. Quelques années plus tard, ils ont retiré l'essentiel des aides sociales destinées aux plus pauvres dans l'indifférence générale, le restant du salariat ne se sentant plus concerné. C'est exactement ce qui nous attend.


Une remise en cause des principes fondamentaux de la Sécurité sociale


Rembourser les soins en fonction de la situation sociale d'un assuré social remet en cause le principe fondateur de l'assurance-maladie : chacun paie selon ses moyens mais est remboursé en fonction de ses besoins.


C'est aussi, l'abandon d'un autre principe fondateur : l'augmentation des cotisations sociales quand les besoins augmentent. En effet, c'est la suppression pure et simple de la part patronale de cotisations maladie que vise maintenant la Droite au moyen de ce "bouclier sanitaire".


lundi 11 février 2008, a 20:31
Baromètre Ipsos-Le Point : Sarkozy chute de 10 points à 39% de satisfaits
 

Nicolas Sarkozy poursuit sa chute de popularité, perdant 10 points de bonnes opinions en février avec seulement 39% de satisfaits, contre 49% en janvier, alors que la cote de François Fillon bondit de 7 points avec 52% de satisfaits (45% en janvier), selon le baromètre Ipsos-Le Point à paraître jeudi.

C'est le plus mauvais sondage d'opinion, depuis son élection, pour le chef de l'Etat, qui recueille dans cette enquête 58% (+9) d'opinions défavorables (3% ne se prononcent pas).


Il a perdu 19 points de jugements favorables depuis le mois de novembre où il avait encore 58% de satisfaits dans ce même baromètre.

Il s'agit du dernier d'une série de sondages montrant un décrochage de la cote de popularité du président, dû notamment selon les sondeurs à la déception de l'opinion en matière de pouvoir d'achat et à une surmédiatisation de la vie privée du chef de l'Etat.


Les plus mauvais chiffres jusqu'à présent remontaient à une enquête TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine rendue publique le 30 janvier, avec une cote de confiance de 41% contre 55% ne lui faisant pas confiance, les mêmes chiffres se retrouvant le 3 février dans un sondage LH2-Libération.

La popularité du Premier ministre suit une courbe inverse au décrochage présidentiel, avec 52 % de bonnes opinions contre 45 % en janvier et 40 % de défavorables contre 46% en janvier, selon le baromètre Ipsos-Le Point. 8% des sondés ne se prononcent pas.


Le revers de popularité s'étend par contre aux figures politiques de la majorité présidentielle.


Le maire de Paris, Bertrand Delanoë ravit, à la différence de points, la tête du palmarès des hommes politiques avec 63% de bonnes opinions (+3 sur janvier) au ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui perd 3 points à 63% (contre 66% en janvier).


Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, conserve sa troisième place mais perd un point à 58% (59%).


Sondage réalisé les 8 et 9 février par téléphone auprès d'un échantillon national de 944 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la commission des sondages.


dimanche 10 février 2008, a 19:10
On pouvait battre Sarkozy à Versailles et imposer un referendum
 

Une gauche unie pouvait gagner et imposer le référendum souhaité par 71 % de la population en votant contre le projet de modification de la Constitution française, le 4 février à Versailles.


Il a manqué 177 voix pour empêcher Sarkozy d'obtenir la majorité des 3/5ème des suffrages exprimés qui lui étaient nécessaires. Or, 182 députés ou sénateurs de gauche n'ont pas voté contre le projet de modification. Il était donc possible de battre Sarkozy et de lui imposer un référendum de ratification du Traité Modificatif Européen.


32 députés ou sénateurs socialistes et radicaux (dont Jack Lang, Annick Lepetit et Manuel Valls) ont même voté comme l'UMP pour la modification constitutionnelle.


147 députés ou sénateurs socialistes se sont abstenus ou n'ont pas pris part au vote (alors que la majorité des 3/5ème nécessaire à Sarkozy se calculait sur le nombre de votants), parmi eux, Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray, Jean Glavany, François Hollande, Pierre Mauroy, Louis Mermaz Pierre Moscovici ou Daniel Vaillant.


3 élus du groupe « Gauche démocrate et républicain) se sont abstenus, tels Yves Cochet ou Noël Mamère.


C'est donc au total (32 + 147 + 3) 182 députés ou sénateurs de gauche qui n'ont pas voté contre le projet de Sarkozy. Dans ce calcul n'est même par repris en compte le vote des 7 sénateurs radicaux de gauche qui, tel Jean-Michel Baylet ou Gérard Delfau, ont voté pour le projet sarkozyen, à l'unisson des radicaux de droite dont ils partagent le groupe parlementaire.


121 députés socialistes ont (comme les 44 élus communistes) défendu le suffrage universel et le droit du peuple français à un nouveau référendum. Parmi eux Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Serge Janquin, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Daniel Percheron, Michel Vauzelle ou Alain Vidalies.


En choisissant de voter contre le projet de Nicolas Sarkozy, ces 91 députés socialistes et ces 30 sénateurs (65,6 % des élus qui ont voté contre) ont eu le courage d'un vote historique, conforme au mandat unanime donné par 120 000 militants socialistes lors du dernier Congrès : « Nous exigerons un référendum pour tout traité remplaçant la Constitution européenne ».


Une opposition qui ne s'oppose pas quand il est possible de gagner



Nicolas Sarkozy a maintenant les mains libres pour faire ratifier le projet de Traité modificatif européen (TME). Ce vote se fera à la majorité simple : quel que soit les votes des socialistes, l'UMP est maintenant sûre de l'emporter.


Pourtant, depuis son élection Nicolas Sarkozy a lancé une offensive tous azimut contre le salariat : impôts, 35 heures, pouvoir d'achat, droit de grève, code du travail, contrat de travail, retraites, privatisation de GDF et bientôt d'EDF, franchises médicales et assurance maladie, TVA sociale… Et nous n'en sommes qu'au début puisque le but de cette offensive est, explicitement, de mettre à bas tous les acquis sociaux depuis 1945.

Dans une société où le salariat représente 91 % de la population active, Nicolas Sarkozy est en donc en train de récolter le fruit de sa politique. Dans le dernier sondage Louis Harris (LH2) il ne recueille plus (début février) que 41 % d'opinions favorables contre 54 % un mois plus tôt et 67 % en mai 2007. Cette chute est tellement spectaculaire que François Miquet-Marty, directeur des études à l'institut LH2 constate que les « désenchantements constatés » finissent par donner « le sentiment d'une imposture » !


Un échec de Sarkozy devant le Congrès de Versailles aurait ouvert une crise politique, l'aurait durablement fragilisé et l'aurait obligé à mettre en sourdine sa politique d'agression dirigée contre la grande majorité de la population.


Pourquoi dans ses conditions, une majorité des députés et sénateurs du Parti Socialiste ont-ils choisi de se porter au secours du président de la République en lui permettant d'obtenir la majorité de 3/5ème des votants nécessaires à la modification de la Constitution et ouvert, ainsi, la voie à la ratification du Traité Modificatif Européen (TME) ?


Pourquoi une majorité d'élus socialistes n'a-t-elle pas voulu imposer une défaite à Sarkozy au congrès de Versailles ?



Pour renforcer l'Union européenne ? Cela n'a aucun sens : l'Europe ne pourra pas se construire contre la volonté de ses peuples. Les Européens rejettent avec de plus en plus de force le coup d'Etat permanent imposé par une Union européenne où la seule institution élue au suffrage universel (le Parlement) est aussi celle qui a le moins de pouvoir. Un tel vote contre la volonté des citoyens constitue, au contraire, un coup terrible porté à l'idée même d'Europe.


Pour le respect du suffrage universel ? Evidemment non puisque leurs votes ont permis d'effacer la volonté populaire qui s'était clairement manifestée le 29 mai 2005 en rejetant, par 54,67 % des suffrages, le Traité Constitutionnel Européen ?


Parce qu'il s'agissait d'un nouveau traité ? Personne n'ose se risquer à une telle affirmation Valéry Giscard d'Estaing lui-même (le président de la Commission qui avait rédigé le projet deTraité Constitutionnel) reconnaissait qu'il s'agissait des mêmes outils mais classés dans un ordre différent.


Parce qu'il fallait tenir les engagements électoraux du Parti Socialiste ? Ces engagements (tant le projet du PS que le projet de Ségolène Royal) affirmaient exactement l'inverse : un nouveau référendum et un traité simplifié, limité aux institutions.


Parce que Sarkozy avait gagné les élections et annoncé qu'il ne ferait pas de référendum ? Dans ce cas, à quoi bon une opposition qui ne fait que de la figuration et qui ne gagne pas quand c'est possible ?

Pour ne pas perdre les élections municipales et cantonales ? Au contraire, le respect du vote du 29 mai 2005 n'aurait pu que s'ajouter au discrédit de Sarkozy pour battre la Droite.


Pour ne pas étaler les divergences au sein du Parti Socialiste lorsqu'il aurait fallu décider de la position du Parti Socialiste lors d'un nouveau référendum ? Comme si, avec 32 pour, 121 contre et 179 abstentions, ces divergences ne s'étaient pas étalées au grand jour.

samedi 09 février 2008, a 18:16
le Canard Enchaîné épingle Christian Estrosi
 

Notre Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer s'est donc fait épingler cette semaine par le Canard Enchaîné pour avoir loué un avion privé, un Falcon 900, pour se rendre aux Etats-Unis plutôt que d'utiliser l'avion d'Air France sur lequel des places lui avaient pourtant été réservées. Tout celà pour pouvoir assister à un cocktail réunissant quelques amis du président... Coût de l'opération : 138.000 euros.


Ce gaspillage est d'autant plus choquant que sa révélation survient le jour même où les Réunionnais apprennent la diminution de 70% des subventions de l'Etat à l'ANT, argent qui servait à payer les billets d'avion des jeunes Réunionnais souhaitant échapper au chômage en allant travailler en dehors de l'île.


Ces 138.000 euros ne sont pas les premiers et que le budget "voyages" du Secrétariat d'Etat avait explosé depuis l'arrivée de Christian Estrosi  et des siens à la rue Oudinot.


On me dit par exemple que son récent déplacement dans le Pacifique au mois d'octobre dernier, à l'occasion du 38ème forum des îles du Pacifique qui s'est tenu à Nuku Alofa, aux îles Tonga, avait coûté plus de 400.000 euros.


On me dit aussi que les services du ministère ont attiré l'attention de Christian Estrosi sur ces dérapages, mais qu'il a balayé les remarques d'un revers de main.


1380.000 euros par ci, 400.000 par là. Encore un petit effort, et on saura à quoi auront servi les quelques millions économisés sur le budget de l'ANT...

vendredi 08 février 2008, a 20:38
No Comment : CAMATCHY “Le sénateur maire UMP de Saint André m’a tué”
 

http://emmanuel-seriacaroupin.blogspot.com/

Article du JIR du 8 février 2008



Profondément déçu par l'attitude de son mentor Le sénateur maire UMP de Saint André, Serge Camatchy, l'actuel 1er adjoint à la mairie de Saint André parle aujourd'hui de “trahison” et “d'hypocrisie”. Il compte bien “ressusciter” aux régionales de 2010 et aux cantonales de 2011.

Un signe qui ne trompe pas : Serge Camatchy n'a pas assisté, hier après-midi, au conseil municipal de Saint-André. D'habitude il ne décolle pas du sénateur maire, toujours assis à sa gauche, et prêt à voler à son secours sur les grands dossiers en cours dans la commune.

Car en l'absence du maire de Saint-André, souvent retenu à Paris en raison de ses mandats parlementaires (il a été député de 1986 à 1997, et est sénateur depuis 2001) c'est son 1er adjoint qui prenait le relais, aux côtés des services administratifs. Mais hier sa chaise est restée vide au conseil municipal. Sa chaise uniquement, mais pas sa place sur la liste des municipales. Ceci explique donc cela. En clair, Serge Camatchy a décidé de prendre ses distances avec les Virapoullé (père et fils) en particulier et avec la politique municipale en général. Non pas de gaieté de cœur, mais par déception.
Il a le sentiment d'avoir été “trahi”. Et il le dit sans ciller. En faisant une rétrospection. “J'ai été victime de mon succès, de mon travail et de ma fidélité”, dit-il. “Trahison”, le mot est lâché ! “En 2004, ce n'est pas par hasard que j'ai perdu les élections cantonales. À la veille du second tour, le maire décide d'augmenter les impôts locaux de plusieurs points…”
La suite on la connaît. “On a laissé entendre du côté de la mairie que les gens ne voulaient plus de moi. Or, en 2004, Maryse Mussard, Jacquet Hoarau au Tampon, Vital Payet à Saint-Benoît… ont aussi perdu le scrutin à cause de la politique de Raffarin”.

Serge Camatchy est persuadé que son éviction de la mairie de Saint-André est préparée depuis longtemps déjà. La “manœuvre” était en route. “En octobre 2007, Virapoullé me demande de réfléchir pour Sainte-Suzanne. Il y a un coup à jouer, me dit-il. Je commence alors à activer mes réseaux. Je prends contact avec Sylvain Mounigan, Joseph Clain, avec le monde associatif. Alain Sinaretty me donne un coup de main. Mais, en novembre, après le Dipavali, Virapoullé m'a dit : tu envoies chier Sainte-Suzanne.

Reste à Saint-André, on gagne les municipales, tu passes ensuite la main à Jean-Marie et après on commence à préparer les régionales de 2010 et les cantonales de 2011”, raconte Camatchy. Au fil des semaines, le 1er adjoint déclare qu'il a commencé à être poussé vers la porte. “En janvier, Virapoullé-père a réuni son staff pour l'organisation de la campagne électorale. C'est à ce moment qu'il a confié à Jean-Marie la responsabilité de cette organisation, à laquelle je n'ai jamais été associé. Je me suis aussi rendu compte qu'ils avaient commencé à courtiser des militants très proches de moi, sans même m'en parler”, précise encore Serge Camatchy.

“Jeudi 31 janvier, Jean-Paul Virapoullé m'a invité à déjeuner au restaurant le Beau Rivage à Champ-Borne. Jean-Marie était présent. C'est là qu'il m'a fait comprendre que je devais laisser la place à son fils, qui est déjà 4e adjoint dans l'équipe actuelle, président de la Cirest et conseiller général du 3e canton”. Serge Camatchy manifeste d'emblée son opposition face à une telle proposition. La sienne lui semble plus logique : “En cas d'élection en mars prochain, je reste 1er adjoint à Jean-Marie tout en gardant quelques délégations municipales”. Selon Camatchy, Jean-Paul Virapoullé a refusé net ce schéma. “Je lui ai alors demandé le poste de 2e adjoint. Jean-Marie est monté au créneau en disant : ce n'est pas prévu comme ça. Il est question d'un duo, pas d'un trio ! Le repas s'achève sur un goût amer. Virapoullé demande à Camatchy de bien réfléchir. Au cours de l'après-midi du jeudi 31 janvier, Camatchy se fend d'une lettre destinée au sénateur maire, qui la reçoit le lendemain matin. Rendez-vous est pris entre les deux hommes pour le samedi 2 février à 18 h 30 au domicile de Virapoullé. Un rendez-vous qui n'aura jamais lieu. Les deux hommes s'appellent le samedi, aux environs de 16 heures. “Jean-Paul Virapoullé m'a fait comprendre que c'était ça ou rien. C'est-à-dire, laisser la place de 1er adjoint à son fils…” La “cassure” réelle date donc de samedi dernier. Serge Camatchy n'apprécie pas d'avoir été “jeté” comme un kleenex. “J'ai reçu une gifle sur la joue droite en 2004, je ne vais pas tendre la joue gauche en 2008”, souligne l'actuel 1er adjoint. “Il ne faudra pas compter sur moi pour cautionner la dynastie des Vergès et des Virapoullé. Je suis arrivé à la mairie les mains vides et la tête propre. Je repars pareil, en gardant toute ma dignité. Je ne regrette pas ce que j'ai fait pour les administrés, ni pour Jean-Paul Virapoullé. Il m'est même arrivé de faire barrage de mon corps pour le protéger notamment aux municipales de 1983, puis de 1984 et aux cantonales de 1985. Je constate tout simplement qu'il n'a pas été reconnaissant.” Serge Camatchy ne s'investira pas dans les municipales à Saint-André.

vendredi 08 février 2008, a 17:58
Oui il faut politiser élections municipales et cantonnales
 


Bien sûr qu'il faut politiser les élections municipales. Ces élections sont politiques, qu'on le veuille ou non. D'ailleurs les candidats essaient de chercher l'investiture de tel ou tel parti, tout en faisant des listes « d'ouverture ». Ensuite, on parle de maire UMP, PS, DVD, DVG, apparenté ou sans étiquette. C'est facile de dire je m'occupe de mon clocher, et au demeurant c'est prendre les électeurs pour des demeurés. Certes le maire sortant doit présenter le bilan de sa gestion, présenter de nouveaux projets, les opposants les critiquer. Ça c'est de la gestion, de la politique communale, de la politique de la cité (du mot polis, la cité en grec). Mais les maires et les conseillers municipaux interviennent à deux niveaux dans la gestion de la cité plus élargie : tout le territoire français. Ils interviennent fortement au niveau législatif dans la proposition et la confection des lois, la composition du gouvernement et la conduite de sa politique. Comment me direz-vous ? Tout d'abord lors des élections législatives. Il est évident qu'une circonscription comportant plus de communes de droite ou de gauche aura plus facilement un député de droite ou de gauche. Celle qui va du Tampon à Saint-Leu, la 3e en est un bon exemple. Et ne parlons des communes circonscriptions comme Saint-Denis. Si le maire en place a bien fait son travail, il n'y a pas de raison que lui-même ou quelqu'un de sa couleur politique ne soit pas député. Or que fait un député ? Il vote les lois ! Et c'est en fonction de la majorité de droite ou de gauche à l'Assemblée nationale qu'on forme le gouvernement. Mais ça ne s'arrête pas là. Le maire et les conseillers municipaux sont ce qu'on appelle les grands électeurs et à ce titre ils élisent les sénateurs. Est-il pensable qu'un maire ou un conseiller municipal de droite ou de gauche vote pour quelqu'un d'autre au-delà de sa couleur politique ? Sauf pour quelques coups bas. Et que font les sénateurs ? Ils votent aussi les lois, participent au congrès pour changer la constitution, font du lobbying. Et si on les appelle les sages ils sont un peu rétrogrades. L'a-t-on déjà vue à gauche assemblée de papys, au fait ? Alors utilisons ces élections pour exprimer un vrai sentiment politique.

 Vous avez aimé la franchise médicale, l'augmentation de la durée des cotisations pour la retraite, la promesse d'une augmentation du pouvoir d'achat qui ne vient pas, les expulsions, la mise à la poubelle du code du travail, la marchandisation du service public, le bling-bling présidentiel et bientôt la TVA sociale et Raffarin président du Sénat ? Pour ces municipales votez à droite et plus précisément UMP.

Vous n'avez pas aimé, vous voulez une France plus solidaire, plus culturelle, respectueuses de ses différences, de ses personnes âgées, de ses écoliers, une France plus juste, plus laïque, qui garde ses services publics contre l'Europe, qui veut un nouveau référendum pour le Traité européen ? Votez à gauche !


Arrêtez de voter pour un camarade, comme je l'ai entendu à Saint André, parce que c'est un bon boug que vous avez connu à l'école. Ce n'est pas lui qui souffre à votre place. Les hommes politiques risquent de voir à l'occasion de ces élections que les électeurs ne sont pas des imbéciles à qui ont fait croire qu'on s'occupe d'eux alors qu'en même temps on participe en paroles, en actes, en soutien à un gouvernement incapable non seulement de tenir les promesses du président mais aussi de proposer quelque chose de bien pour la population. Alors, sanctionnez, sanctionnez ! Il en sortira bien quelque chose.

jeudi 07 février 2008, a 19:48
a St-André le PCR va faire voter quelques centaines de militants acquis corps et âmes à la famille Vergès en faveur de Jean-Paul Virapoullé
 


En politique, il faut savoir profiter de la moindre faiblesse de ses adversaires pour enfoncer un coin décisif.


Les leaders de la Droite, Jean-Paul Virapoullé en tête, ont bien senti que le PCR était actuellement très affaibli. Paul Vergès vieillissant n'a plus la même emprise sur le Parti. On dit même qu'il s'en désintéresse complètement, ne se préoccupant plus que de ses grands projets (tram-train, route du Littoral, route des Tamarins et Maison des Civilisations) et à ce qui constitue son obsession : caser durablement ses enfants sur des postes juteux, et en particulier offrir à Pierre le Parti et la Région sur un plateau.


Virapoullé et les autres l'ont bien compris. Et ils ont également pressenti que Paul et Pierre Vergès étaient prêts à éliminer tous les leaders susceptibles de s'opposer à leurs projets, même si le résultat en est la liquidation du PCR. Mieux vaut Pierre à la tête d'un PCR affaibli qu'un communiste qui ne serait pas de la famille à la tête d'un PCR fort!



D'où le deal : soit le PCR s'arrange pour présenter des candidats qu'il sait incapables de gagner, soit il soutient des candidats non communistes (comme à St-Leu, bastion pourtant historique du Parti !), soit il fait mine de soutenir le candidat communiste "officiel" mais s'arrange pour faire glisser quelques centaines de voix sur le candidat de Droite...

Au début, je pensais que le marché ne valait que pour St-André. Quelle n'a donc pas été ma surprise de découvrir que de nombreuses autres villes étaient concernées, les Vergès ne cherchant rien moins que d'éliminer tous les leaders de leur Parti.

C'est ainsi qu'outre St-André où le PCR va faire voter quelques centaines de militants acquis corps et âmes à la famille Vergès en faveur de Jean-Paul Virapoullé, les Vergès vont tout faire pour faire battre Maurice Gironcel à Ste-Suzanne (Eric Fruteau et Maurice Gironcel payant là leurs réticences à faire voter Pierre Vergès aux législatives...).


Ils vont également donner un coup de main à René-Paul Victoria à St-Denis (même si Michel Tamaya et Alain Armand font partie de l'Alliance...) de façon à garantir la défaite de Gilbert Annette, à Alain Bénard à Saint-Paul car Huguette Bello est une des rares à pouvoir s'opposer à Pierre, à Jean-Luc Poudroux à St-Leu (alors que le Parti soutient officiellement Thierry Robert, mais ce ne sont absolument pas les consignes glissées dans les cellules...), à Cyrille Hamilcaro à Saint-Louis (pour les mêmes raisons que pour Huguette Bello), à Michel Fontaine à Saint-Pierre, etc...


La contrepartie? Elle est simple,  et je vous l'ai déjà donnée ici : Jean-Paul Virapoullé et les autres ténors de Droite ont promis à Paul Vergès de lui apporter le nombre de voix qui pourraient venir à lui manquer pour faire élire Pierre à la tête de la Région, après la démission de Paul Vergès, au lendemain des municipales.


Le nec plus ultra consistant pour Paul Vergès à cerner parfaitement le nombre de conseillers régionaux de l'Alliance refusant de voter pour Pierre, et pour la Droite d'apporter exactement le nombre de voix manquantes, de façon à ce que, vu de l'extérieur et notamment du côté de la presse, l'opération soit équilibrée et que l'on ait l'impression que Pierre a bénéficié du soutien de la totalité des conseillers régionaux de la majorité.


On imagine mal un des "traitres" aller voir la presse pour lui dire : "Je ne comprends pas que le compte puisse y être puisque j'ai moi même voté contre Pierre"...


Ni vu ni connu, et au passage ces mêmes leaders de Droite, qui craignaient pour leurs réélections, pourront continuer à se vautrer dans leurs indemnités de fonction, leurs avantages en nature et le reste...


Présentation
dzatan974
Bonjour,
Merci à tous.
LE COMBAT CONTINU !

Envoyer un mail à l'auteur
publicité
commentaire(s)
Un site de musique 100% péi vavie (20/10/2009 13:30)

super! merci de l�...

Grippe A Nouveau Surtout, pas de panique ! Blogger (15/09/2009 20:22)

Faites de la pub pou...

Démarchage Quand Vogica cuisinait ses clients IANNELLO (07/09/2009 12:00)

bje j ai eu aussi...

Lettre aux voyous de la finance ! Blogger (28/08/2009 18:26)

Faites de la pub pou...

Newsletter

Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :


mes catégories
Politik (303)
Komentèr (241)
Konsomater (162)
konsomatèr (35)
komentèr (33)
polityk (30)
HUMOUR "Kas lé kuï" (23)
komenter (22)
vidéo (22)
konsomater (17)
syndicat (8)
Tex de loi (4)
polytik (4)
loi (4)
politik (3)
Misyk (2)
pub (2)
dernyé minit (1)
Foot (1)
"Kas lé kuï" HUMOUR (1)
Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«avril 2009»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03 04 05
06 07 08 09 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30
archives
2009-11 (8)
2009-10 (11)
2009-09 (23)
2009-08 (15)
2009-07 (25)
2009-06 (27)
2009-05 (12)
2009-04 (13)
2009-03 (8)
2008-08 (8)
2008-07 (16)
2008-06 (22)
2008-05 (13)
2008-04 (20)
2008-03 (15)
2008-02 (23)
2008-01 (46)
2007-12 (23)
2007-11 (35)
2007-10 (40)
2007-09 (22)
2007-08 (15)
2007-07 (38)
2007-06 (28)
2007-05 (35)
2007-04 (46)
2007-03 (68)
2007-02 (98)
2007-01 (5)
thèmes
Komentèr
Politik
Mes autres blogs préférés
AIR-REUNION WAPËOU974
D'autres blogs sur monGenie
0N SE FAIT LA VIE PLUS BELLE -
Les trésors de Marilyn Monroe
Electron Livre
Liberté Egalité Fraternité
LE BLOG DE JM
Best Of
Un an de sarkozy : retour sur un bilan catastrophique

Sarkozy insulté par les pêcheurs au Guilvinec
Sarkozy énervé, un president doit rester calme
Comprendre la Réunion : Virapoullé (UMP) et Vergès (PCR) OBJECTIF :TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR FAIRE PERDURER LA DYNASTIE
Visites depuis

Le début du mois : 353

Le mois dernier : 479

L'ouverture du blog : 101131


** ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog