Au regard du droit international, Mayotte
n'est pas un Territoire français d'outre-mer, mais un territoire comorien
illégalement occupé par une puissance étrangère. En expulsant chaque années de
l'île des milliers de Comoriennes et Comoriens prétendument “ clandestins ”, la
puissance coloniale se rend donc coupable de “ déplacement forcé de population
”, donc de crime contre l'humanité.
L'État français, soucieux de présenter
un visage émancipateur, a utilisé, et continue d'utiliser les vocables et
expressions “ décolonisation ”, “ droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ”.
Dans la plupart des cas, cela ne mange pas de pain. La réalité est tout autre
lorsqu'il s'agit de peuples et de territoires encore colonisés par la France.
Dans les années 1960, sous le règne du
général de Gaulle, on avançait que les peuples d'Afrique s'étaient affranchis
de la tutelle coloniale et avaient gagné leur indépendance. Pourtant, dans la
plupart des cas – les guerres d'Algérie et d'Indochine constituant une
exception –, les indépendances “ accordées ” ont été assorties d'accords dits
de “ coopération ” économiques et militaires tout à l'avantage de
l'ex-colonisateur. Donnant-donnant : Paris a commencé à soutenir des
dictateurs fantoches, qui en retour ont accordé un droit de pillage des
ressources naturelles de leur pays par des firmes françaises. Ainsi est née la
Françafrique, théâtre de marionnettes à l'échelle d'un continent, dont les
ficelles étaient tirées depuis l'Elysée, ou depuis la “ Rue Monsieur ”, dans le
VIIe arrondissement de Paris, où siégeait le ministère de la Coopération,
spécialement créé en 1959 par de Gaulle pour gérer les relations bilatérales
avec les pays du “ champ ” [1].
Décolonisation ?
Néocolonialisme ? En fonction des circonstances, le vêtement s'est avéré
réversible.
La décolonisation de l'archipel des
Comores, au large de Madagascar, s'est lui déroulé de façon très particulière.
Avant de rendre son indépendance au pays, Paris l'a en effet amputé d'une
partie de son territoire, Mayotte [2].
L'archipel est composé principalement de quatre îles : Grande-Comore,
Anjouan, Mohéli et Maoré (en français Mayotte). Lorsque le 22 décembre 1974 un
référendum sur l'indépendance est organisé, les Comoriens et Comoriennes votent
Oui à 95 %. Le Non n'est majoritaire, de peu, qu'à Mayotte. Le
gouvernement français de l'époque, malgré sa promesse de respecter le choix
global de la population, en profite pour maintenir sa souveraineté sur cette
seule île. Ce qui dès lors, au regard du droit international, devenait une “
occupation ”, que l'ONU condamnera plus de vingt fois.
Archipel
amputé
Dès le 12 novembre 1975, la résolution
3385 affirmait la “ nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale
de l'archipel des Comores ”. Le 6 février 1976, lors d'un nouveau débat sur la
question, le vote est bloqué par Paris, unique cas dans l'histoire de cette
organisation où la France a opposé seule son veto ! Il faut dire que deux
jours plus tard, l'État français organisait sur l'île une “ consultation ” qui
donnera cette fois… 99,4 % de Oui à l'occupation française ! Un
résultat à faire pâlir d'envie tout régime despotique. Pour y parvenir, il aura
fallu faire émerger la faune des petits potentats du Mouvement populaire
mahorais (MPM), manipulés par l'Action française, des militants de l'ex-OAS et
les gaullistes, user d'intimidation face à une population majoritairement
illettrée, et déporter les indépendantistes vers les autres îles, entassé-e-s
dans des boutres. Toute cette mascarade sera à nouveau condamnée par l'ONU.
Dans son ouvrage, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Pierre Caminade
expose les motivations françaises : les matières premières comme la vanille
et l'ylang-ylang, certes, mais surtout une présence militaire dans cette région
– le canal du Mozambique – où passent deux tiers du pétrole exporté du
Moyen-Orient. Le livre analyse le processus de “ dom-tomisation ”, puis ses
conséquences, notamment la déstabilisation du reste des Comores, devenu chasse
gardée d'une clique de mercenaires, Bob Denard en tête : vingt-cinq
tentatives de coups d'État en 25 ans, Mayotte servant souvent de base arrière
aux barbouzes agissant pour le compte de la République française, puis pour
leur propre compte [3].
Le
chaos comorien
Entre 1976 et 1994, pour ne pas aggraver
la crise née de la partition, le colonisateur a maintenu la liberté de
circulation entre les différentes îles. Les Comoriens et Comoriennes ont donc
pu continuer à visiter leur famille de part et d'autre de la “ frontière ”,
chercher du travail, commercer, etc. Mais en 1994, pour couper davantage
Mayotte du reste de l'archipel, le gouvernement Balladur a inventé ce que
Pierre Caminade appelle le “ visa scalpel ”, obligeant les Comoriens des autres
îles à obtenir un visa pour venir à Mayotte. La liberté de circulation entre
les quatre îles se trouvait ainsi entravée et, surtout, la France plongeait du
même coup dans la clandestinité toutes les Comoriennes et Comoriens non
mahorais présents sur le sol de Mayotte. Devenus “ illégaux ”, ils et elles
sont désormais à la merci du patronat mahorais qui peut les faire travailler au
noir dans des conditions misérables. Une telle situation ne peut que créer des
tensions entre la population de Mayotte et celle des trois autres îles, les
Mahoraises et Mahorais étant désormais vus comme des profiteurs par les autres
Comoriennes et Comoriens, eux-mêmes désormais considérés comme des “ immigrés
”. Une division qui profite évidemment aux autorités coloniales.
Des rafles gigantesques sont
régulièrement organisées pour “ expulser ” les indésirables, dans des
conditions de violence inouïe. Selon l'association Survie, “ les maisons de ces
“clandestins” sont régulièrement incendiées avec la bénédiction de maires, du
préfet et sous la protection de la gendarmerie. Les victimes sont entassées
dans des centres de rétention en attendant leur déportation vers les autres
îles ”. Ce faisant, Mayotte étant, au regard du droit international, un
territoire des Comores illégalement occupé par une puissance étrangère, la
France se rend coupable de “ déplacements forcés de populations ” qui sont “ un
crime contre l'humanité, passible de la Cour pénale internationale (articles
7.1.d et 7.2.d des Statuts de Rome) pour ceux commis depuis son entrée en
vigueur, en juillet 2002 ” [4]. Fort heureusement pour la France, la
question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée
générale de l'ONU depuis 1995.
Malgré le danger, des milliers de
Comoriennes et Comoriens tentent chaque année de franchir le bras de mer qui
les sépare de Mayotte. Des centaines périssent noyé-e-s.
Mayotte
aujourd'hui
Mayotte est une île pauvre de 201 234
habitantes et habitants, où le produit intérieur brut par habitant n'était que
de 2 600 $ par habitant en 2003 (contre 27 800 $ en métropole). Étonnamment,
pour une population qui a voté à plus de 99 % pour être “française”,
trente ans plus tard l'illettrisme en français est toujours de 35 % pour
les hommes et 40 % pour les femmes. Les gens préfèrent parler malgache ou
mahorais, la langue du colonisateur étant plutôt rejetée.
En 1999, presque 30 % de la
population n'avait pas l'eau courante, ou pas l'électricité ; 85% n'avait
ni WC avec chasse d'eau, ni douche ni baignoire ; 65 % pas de
réfrigérateur ; 92% pas de machine à laver. En 1999, 30 % des hommes
et 70 % des femmes étaient au chômage (probablement davantage
aujourd'hui), sachant que le RMI n'est pas appliqué à Mayotte. En effet, depuis
1976 la France a inventé pour Mayotte le statut de “ collectivité territoriale
”, laissant l'île très largement à l'écart du droit commun.
Ainsi les Mahorais et Mahoraises peuvent
choisir entre le statut de droit commun, identique à la métropole
(administrations, tribunaux, etc.), et un “statut personnel” dérogatoire au
code civil et à la laïcité, et réservé aux musulmans. Pour ceux et celles
relevant du “ statut personnel ”, la justice est rendue par des cadis, dans le
cadre de la Charia. Les cadis sont des fonctionnaires religieux nommés et
rémunérés par le préfet, Jean-Paul Kihl. Le droit de répudiation des femmes par
leur mari, ainsi que la polygamie, ont néanmoins été interdits depuis la loi du
21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer.
La loi du 11 juillet 2001 prévoit en
effet l'application progressive du droit commun, dans la perspective de
l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Une évolution qui
impliquerait la disparition du “ statut personnel ” et l'application du RMI. De
loin, on peut y voir un progrès. Le problème est que cette évolution est “
subie ” par le peuple mahorais, comme une directive coloniale, et ne procède
pas d'une authentique volonté populaire.
Quoi que prétendent nos dirigeants de tous
bords, c'est une imposture de déclarer que Mayotte doit rester dans le giron
d'une France qui foule aux pieds le droit le plus élémentaire de se retrouver
et de vivre ensemble pour le peuple comorien. L'État français doit quitter
Mayotte et laisser le peuple comorien libre de choisir son avenir.
Ngoc (AL
Paris-Sud)
[1] Le
ministère de la Coopération a été fondu au sein du ministère des Affaires
étrangères le 1er janvier 1999. Le gouvernement Jospin voulait par cet acte
symbolique signifier que, désormais, les relations entre la France et ses
ex-colonies ne seraient plus marquées du sceau de l'exception, mais
répondraient aux règles de la diplomatie classique. Dans ce cadre, Brigitte
Girardin est l'actuelle ministre déléguée à la Coopération et à la
Francophonie.
[2] En
fait l'archipel des Comores avait déjà lui-même été amputé de Madagascar par
les Français en 1946.
[3]
Pierre Caminade, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Agone,
2003, 192 pages, 11 euros.
Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à reprendre l'examen du
projet de loi Création et Internet, les eurodéputés envoient un signal
politique fort à la France. À une écrasante majorité, ils viennent d'adopter un
rapport qui inscrit l'accès à Internet comme un droit fondamental.
Couper à titre punitif l'accès à Internet,
c'est violer le droit d'accès à l'éducation des personnes. Voici, en substance,
le message envoyé par les eurodéputés à l'intention, faut-il en douter, du
gouvernement français. Alors que l'Assemblée nationale doit reprendre, le 30
mars, l'examen du projet de loi Création et Internet, les parlementaires
européens ont adopté à une écrasante majorité (481 voix contre 25 et 21
abstentions) un rapport consacré au « renforcement de la sécurité et des
libertés fondamentales sur Internet ». Selon ce rapport, « garantir l'accès de
tous les citoyens à Internet équivaut à garantir l'accès de tous les citoyens à
l'éducation ». En conséquence, « un tel accès ne devrait pas être refusé comme
une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées ». Un amendement
déposé, entre autres, par les eurodéputés français Jean-Marie Cavada et Jacques
Toubon, qui visait précisément à vider de son sens ce point du rapport, a été
rejeté dans la foulée.
«
Modernisme » de Christine Albanel
Pour l'auteur du texte, le socialiste
grec Stavros Lambrinidis, « la tentation de couper l'accès à Internet peut être
comparée à l'interdiction de suivre des études au cours des siècles précédents
». Une subtile allusion au modernisme dont fait preuve Christine Albanel, en
défendant bec et ongles la suspension de l'accès comme arme de lutte contre le
téléchargement illégal de fichiers sur Internet. Lors d'un premier examen du
texte, il y a 2 semaines, à l'Assemblée nationale, la ministre de la Culture
avait précisément soutenu que l'accès à Internet ne pouvait pas « être
considéré comme un droit fondamental », précisant qu'on pouvait avoir accès à
Internet « partout ailleurs » que chez soi.
Cette nouvelle fronde contre le projet
de loi Création et Internet influencera-t-elle les députés français ? On
murmure ces jours-ci que le gouvernement serait prêt à privilégier une amende
en lieu et place de la coupure de l'accès comme ultime sanction, d'ailleurs 4
amendements ont été déposés en ce sens. Autant dire reculer pour, probablement,
ne jamais sauter !
La décision du gouvernement de diminuer les moyens alloués aux
établissements accueillant des personnes âgées dépendantes provoque un
véritable tollé. La prise en charge efficace et humaine des seniors s'en trouve
remise en cause.
Les mots sont forts : « sabotage » et «
scandale », suivis des plus sobres « poudre aux yeux » et autres « effets
d'annonce ». Les communiqués se suivent et se ressemblent. Professionnels du
grand âge et représentants des résidents sont unanimes pour dénoncer les
budgets rognés. À l'origine de cette vive réaction, la fixation de tarifs
plafonds pour les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes,
par un arrêté pris en application de la loi de financement de la Sécurité
sociale (LFSS). Des tarifs assez bas, qui ne tiennent pas compte des démarches
qualité. Et sont en totale contradiction avec les beaux discours sur la
professionnalisation du secteur et la lutte contre la maltraitance.
« Les recommandations de bonnes
pratiques se multiplient, mais les moyens pour les atteindre diminuent »,
fustige la Fédération hospitalière de France (FHF), d'autant que cette
réduction s'inscrit dans la durée, en principe jusqu'en 2016. Avec une
enveloppe budgétaire en baisse, les établissements devront réduire le
personnel. « Aberrant ! dénonce Pascal Champvert, président de l'AD-PA
(Association des directeurs au service des personnes âgées). Dans son rapport
de 2005, la Cour des comptes signalait que seule la moitié des besoins des
personnes dépendantes étaient couverts. On manque de moyens et on continue à
les baisser. »
Opacité
des budgets
Autre cheval de bataille : le manque de
transparence des crédits votés par le Parlement pour les dépendants et les
handicapés. Une partie de ceux-ci sont inutilisés et serviraient à combler le déficit
de la Sécurité sociale. « L'essentiel des financements suit un circuit
financier complexe, sinon opaque, entre les comptes de l'Assurance maladie et
ceux de la Caisse nationale de solidarité à l'autonomie » (argent issu de la
journée de solidarité), constate la Cour des comptes dans son rapport public
annuel 2009. À noter qu'il en va de même pour la fraction de l'argent de la
dernière franchise médicale destinée à financer une partie du Plan Alzheimer
III. Il n'apparaît pas sur une ligne budgétaire spécifique, mais est noyé dans
les financements de l'assurance maladie...
La mobilisation des professionnels ne
fait en tout cas que commencer. La médiatisation va se poursuivre, de même que
l'interpellation des parlementaires. Quant aux familles, elles sont en colère.
« On vit au travers d'effets d'annonce, cela passe bien auprès du grand public
mais les familles, elles, s'aperçoivent que la bientraitance en reste au stade
de l'écrit, qu'elle n'est pas appliquée, s'indigne Joëlle Legall, présidente de
la Fédération des associations de personnes âgées en établissements (FNAPAEF),
et que le prix de l'hébergement augmente de 5 % par an alors que les retraites
ne sont revalorisées que de 1,5 % ! »
Au regard du droit international, Mayotte n'est pas un
Territoire français d'outre-mer, mais un territoire comorien illégalement
occupé par une puissance étrangère. En expulsant chaque années de l'île des
milliers de Comoriennes et Comoriens prétendument “ clandestins ”, la puissance
coloniale se rend donc coupable de “ déplacement forcé de population ”, donc de
crime contre l'humanité.
L'État français, soucieux de présenter un visage émancipateur, a
utilisé, et continue d'utiliser les vocables et expressions “ décolonisation ”,
“ droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ”. Dans la plupart des cas, cela ne
mange pas de pain. La réalité est tout autre lorsqu'il s'agit de peuples et de
territoires encore colonisés par la France.
Dans les années 1960, sous le règne du général de Gaulle, on
avançait que les peuples d'Afrique s'étaient affranchis de la tutelle coloniale
et avaient gagné leur indépendance. Pourtant, dans la plupart des cas – les
guerres d'Algérie et d'Indochine constituant une exception –, les indépendances
“ accordées ” ont été assorties d'accords dits de “ coopération ” économiques
et militaires tout à l'avantage de l'ex-colonisateur. Donnant-donnant :
Paris a commencé à soutenir des dictateurs fantoches, qui en retour ont accordé
un droit de pillage des ressources naturelles de leur pays par des firmes
françaises. Ainsi est née la Françafrique, théâtre de marionnettes à l'échelle
d'un continent, dont les ficelles étaient tirées depuis l'Elysée, ou depuis la
“ Rue Monsieur ”, dans le VIIe arrondissement de Paris, où siégeait le
ministère de la Coopération, spécialement créé en 1959 par de Gaulle pour gérer
les relations bilatérales avec les pays du “ champ ” [1].
Décolonisation ? Néocolonialisme ? En fonction des circonstances, le
vêtement s'est avéré réversible.
La décolonisation de l'archipel des Comores, au large de
Madagascar, s'est lui déroulé de façon très particulière. Avant de rendre son
indépendance au pays, Paris l'a en effet amputé d'une partie de son territoire,
Mayotte [2]. L'archipel est composé principalement de quatre îles :
Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Maoré (en français Mayotte). Lorsque le 22
décembre 1974 un référendum sur l'indépendance est organisé, les Comoriens et
Comoriennes votent Oui à 95 %. Le Non n'est majoritaire, de peu, qu'à
Mayotte. Le gouvernement français de l'époque, malgré sa promesse de respecter
le choix global de la population, en profite pour maintenir sa souveraineté sur
cette seule île. Ce qui dès lors, au regard du droit international, devenait
une “ occupation ”, que l'ONU condamnera plus de vingt fois.
Archipel amputé
Dès le 12 novembre 1975, la résolution 3385 affirmait la “
nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des
Comores ”. Le 6 février 1976, lors d'un nouveau débat sur la question, le vote
est bloqué par Paris, unique cas dans l'histoire de cette organisation où la
France a opposé seule son veto ! Il faut dire que deux jours plus tard, l'État
français organisait sur l'île une “ consultation ” qui donnera cette fois…
99,4 % de Oui à l'occupation française ! Un résultat à faire pâlir
d'envie tout régime despotique. Pour y parvenir, il aura fallu faire émerger la
faune des petits potentats du Mouvement populaire mahorais (MPM), manipulés par
l'Action française, des militants de l'ex-OAS et les gaullistes, user
d'intimidation face à une population majoritairement illettrée, et déporter les
indépendantistes vers les autres îles, entassé-e-s dans des boutres.
Toute cette mascarade sera à nouveau condamnée par l'ONU. Dans
son ouvrage, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Pierre Caminade expose
les motivations françaises : les matières premières comme la vanille et
l'ylang-ylang, certes, mais surtout une présence militaire dans cette région –
le canal du Mozambique – où passent deux tiers du pétrole exporté du
Moyen-Orient. Le livre analyse le processus de “ dom-tomisation ”, puis ses
conséquences, notamment la déstabilisation du reste des Comores, devenu chasse
gardée d'une clique de mercenaires, Bob Denard en tête : vingt-cinq
tentatives de coups d'État en 25 ans, Mayotte servant souvent de base arrière
aux barbouzes agissant pour le compte de la République française, puis pour
leur propre compte [3].
Le chaos comorien
Entre 1976 et 1994, pour ne pas aggraver la crise née de la
partition, le colonisateur a maintenu la liberté de circulation entre les
différentes îles. Les Comoriens et Comoriennes ont donc pu continuer à visiter
leur famille de part et d'autre de la “ frontière ”, chercher du travail,
commercer, etc. Mais en 1994, pour couper davantage Mayotte du reste de
l'archipel, le gouvernement Balladur a inventé ce que Pierre Caminade appelle
le “ visa scalpel ”, obligeant les Comoriens des autres îles à obtenir un visa
pour venir à Mayotte.
La liberté de circulation entre les quatre îles se trouvait
ainsi entravée et, surtout, la France plongeait du même coup dans la
clandestinité toutes les Comoriennes et Comoriens non mahorais présents sur le
sol de Mayotte. Devenus “ illégaux ”, ils et elles sont désormais à la merci du
patronat mahorais qui peut les faire travailler au noir dans des conditions
misérables. Une telle situation ne peut que créer des tensions entre la
population de Mayotte et celle des trois autres îles, les Mahoraises et
Mahorais étant désormais vus comme des profiteurs par les autres Comoriennes et
Comoriens, eux-mêmes désormais considérés comme des “ immigrés ”. Une division
qui profite évidemment aux autorités coloniales.
Des rafles gigantesques sont régulièrement organisées pour “
expulser ” les indésirables, dans des conditions de violence inouïe. Selon
l'association Survie, “ les maisons de ces “clandestins” sont régulièrement
incendiées avec la bénédiction de maires, du préfet et sous la protection de la
gendarmerie. Les victimes sont entassées dans des centres de rétention en
attendant leur déportation vers les autres îles ”. Ce faisant, Mayotte étant,
au regard du droit international, un territoire des Comores illégalement occupé
par une puissance étrangère, la France se rend coupable de “ déplacements
forcés de populations ” qui sont “ un crime contre l'humanité, passible de la
Cour pénale internationale (articles 7.1.d et 7.2.d des Statuts de Rome) pour
ceux commis depuis son entrée en vigueur, en juillet 2002 ” [4]. Fort
heureusement pour la France, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à
l'ordre du jour de l'assemblée générale de l'ONU depuis 1995. Malgré le danger,
des milliers de Comoriennes et Comoriens tentent chaque année de franchir le
bras de mer qui les sépare de Mayotte. Des centaines périssent noyé-e-s.
Mayotte aujourd'hui
Mayotte est une île pauvre de 201 234 habitantes et habitants,
où le produit intérieur brut par habitant n'était que de 2 600 $ par habitant
en 2003 (contre 27 800 $ en métropole). Étonnamment, pour une population qui a
voté à plus de 99 % pour être “française”, trente ans plus tard
l'illettrisme en français est toujours de 35 % pour les hommes et
40 % pour les femmes. Les gens préfèrent parler malgache ou mahorais, la
langue du colonisateur étant plutôt rejetée.
En 1999, presque 30 % de la population n'avait pas l'eau
courante, ou pas l'électricité ; 85% n'avait ni WC avec chasse d'eau, ni
douche ni baignoire ; 65 % pas de réfrigérateur ; 92% pas de
machine à laver. En 1999, 30 % des hommes et 70 % des femmes étaient
au chômage (probablement davantage aujourd'hui), sachant que le RMI n'est pas
appliqué à Mayotte. En effet, depuis 1976 la France a inventé pour Mayotte le
statut de “ collectivité territoriale ”, laissant l'île très largement à
l'écart du droit commun.
Ainsi les Mahorais et Mahoraises peuvent choisir entre le statut
de droit commun, identique à la métropole (administrations, tribunaux, etc.),
et un “statut personnel” dérogatoire au code civil et à la laïcité, et réservé
aux musulmans. Pour ceux et celles relevant du “ statut personnel ”, la justice
est rendue par des cadis, dans le cadre de la Charia. Les cadis sont des
fonctionnaires religieux nommés et rémunérés par le préfet, Jean-Paul Kihl. Le
droit de répudiation des femmes par leur mari, ainsi que la polygamie, ont
néanmoins été interdits depuis la loi du 21 juillet 2003 de programme pour
l'outre-mer.
La loi du 11 juillet 2001 prévoit en effet l'application
progressive du droit commun, dans la perspective de l'évolution vers le statut
de département d'outre-mer (DOM). Une évolution qui impliquerait la disparition
du “ statut personnel ” et l'application du RMI. De loin, on peut y voir un
progrès. Le problème est que cette évolution est “ subie ” par le peuple
mahorais, comme une directive coloniale, et ne procède pas d'une authentique
volonté populaire.
Quoi que prétendent nos dirigeants de tous bords, c'est une
imposture de déclarer que Mayotte doit rester dans le giron d'une France qui
foule aux pieds le droit le plus élémentaire de se retrouver et de vivre
ensemble pour le peuple comorien. L'État français doit quitter Mayotte et
laisser le peuple comorien libre de choisir son avenir. Ngoc (AL Paris-Sud)
[1] Le ministère de la Coopération a été fondu au sein du
ministère des Affaires étrangères le 1er janvier 1999. Le gouvernement Jospin
voulait par cet acte symbolique signifier que, désormais, les relations entre
la France et ses ex-colonies ne seraient plus marquées du sceau de l'exception,
mais répondraient aux règles de la diplomatie classique. Dans ce cadre,
Brigitte Girardin est l'actuelle ministre déléguée à la Coopération et à la
Francophonie.
[2] En fait l'archipel des Comores avait déjà lui-même été
amputé de Madagascar par les Français en 1946.
[3] Pierre Caminade, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale,
Agone, 2003, 192 pages, 11 euros.
Son visage pur semble capable de s'éclairer à la demande, et son
sourire est irrésistible. Question charme, Andry Rajoelina est sans rival dans la classe
politique malgache. Pendant les deux mois qu'a durés le bras de fer avec le
président malgache, qu'il vient de faire tomber et de remplacer, l'homme
d'affaires a déployé cette séduction immédiate partout. Sur le podium de la
contestation, qu'il avait planté au centre de Madagascar. Et dans les médias,
pour lesquels il était toujours disponible.
Et puis, dans une accélération-dénouement dont la Grande Ile a le secret, le pouvoir lui est arrivé entre les
mains, et ce jeune homme de 34 ans aux traits lisses de premier communiant est
devenu le plus jeune chef d'Etat africain en prêtant serment le 21 mars. Alors,
la situation a changé.
Désormais, Andry Rajoelina file toutes sirènes hurlantes à
travers la capitale, escorté de pick-up avec soldats en armes. Le pouvoir n'est
pas aussi solide que son aplomb.
"Très jeune, j'ai eu l'habitude d'animer, de manier le
micro. Parfois, j'étais aux platines. Dans les clubs, j'enflammais les
pistes", raconte-t-il avec nostalgie. C'est l'époque, dans les années
1990, où il monte les "soirées
live" qui attirent la jeunesse dorée d'Antananarivo. DJ Andry
y fait d'intéressantes rencontres, au sein d'un milieu social qui lui servira
bientôt de tremplin.
Ambitieux, il l'est. Sa famille est issue de la classe moyenne,
notion importante dans un pays où on dissèque les pedigrees sociaux et
ethniques avec des passions d'entomologiste. Le père, colonel, est "sorti du
rang", selon l'un de ses vieux compagnons d'armes, au terme
d'une carrière qui l'a amené à faire la guerre d'Algérie sous l'uniforme
français et donc à léguer la nationalité française à ses enfants.
Andry Rajoelina, lui, sortira de sa classe, prenant femme dans
l'élite de Madagascar. Son épouse, Mialy, va mettre de l'ordre dans ses
affaires et de ses idées. "Aujourd'hui,
cela pose des problèmes. Andry fait des promesses pour des nominations, mais ce
qui est fait le jour est défait quand il rentre à la maison",
note un proche de longue date.
"COMBATTRE UN GRAND"
En 1999, un journal de l'île distingue un entrepreneur du nom de
Ravalomanana comme "manager
de l'année". En 2000, Andry Rajoelina lui succède. Il a fondé
la première société d'impression offset numérique et créé un réseau d'affichage
avant de se diversifier dans la publicité et les médias. Marc Ravalomanana,
lui, a pris le pouvoir. Andry Rajoelina, qui fréquente alors assidûment sa
fille, en fait son "modèle".
Un jour, son tour viendra, il en est sûr, déclarant au hasard de
la discussion : "Les
gens disent que je suis le messie." Trop pressé pour verser
dans le mysticisme, "TGV" applique à la politique les règles du
marketing. Là où son prédécesseur avait confondu programme politique et business plan,
Andry Rajoelina, qui a arrêté les études au baccalauréat, fonde ses espérances
sur un plan média. Un exemple ?
"Nicolas Sarkozy." Pourquoi ? "Il sait très bien
communiquer."
On peut lui retourner le "compliment". En 2007, il
s'attaque à la fois à la mairie d'Antananarivo et à son ex-modèle, le président
Ravalomanana. "Pour
devenir grand, il faut combattre un grand",affirme-t-il.
La guerre avec Marc Ravalomanana est déclarée. Le mouvement
de TGV, conçu comme un happening, capitalise sur le mécontentement de la
population sans révéler qu'il s'agit d'une machine pour prendre le pouvoir,
avec l'appui des ennemis de Marc Ravalomanana.
Opposants, proches de l'ancien président Didier Ratsiraka, riches hommes d'affaires
marginalisés par le chef de l'Etat vont contribuer aux dépenses de la campagne.
Mais les mois de contestation échevelée n'ont pas permis de mettre sur pied une
équipe complète, ni un programme précis. "On
se réunissait toujours en catastrophe, en changeant tout le temps d'endroit, on
n'a pas eu le temps de construire", justifie l'opposant Roland Ratsiraka, neveu de l'ex-président en
exil en France. "Maintenant,
commente un observateur de la politique malgache, il faut surtout que
le président écoute les conseils. Il est jeune, très jeune. Et
inexpérimenté."
90.000 chômeurs de plus le mois dernier,
350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques
officielles, pas une semaine sans l'annonce de nouveaux plans de
licenciements...
Chaque jour qui passe confirme l'ampleur et la gravité de la crise
qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et
du privé, les chômeurs et les retraités.
Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu'il y aurait à
laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel
qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au
contraire de l'alimenter, continue de nous la faire payer et s'enfonce
dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !
L'argent, par milliards d'euros, continue de circuler à sens unique:
tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le
monde du travail !
Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses
d'Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers
spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de
l'Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en
les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel
(20000 suppressions d'emplois annoncées!). Mais ils sont fermés pour
l'université et la recherche, l'hôpital et la santé, le logement
social, les salaires et les retraites, l'ensemble des services publics.
Cela suffit! C'est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible.
Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise!
La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et
à la Réunion portent clairement ce message et l'exigence d'un
changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de
l'emploi et des services publics.
Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.
Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur
l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures
contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l'université qui a
obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes
d'enseignants-chercheurs.
Plus légitime que jamais, l'exigence de choix politiques,
économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en
Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la
mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements
financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping
social et fiscal.
Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se
renforcer. C'est vrai dans l'université, la recherche, la santé, la
poste et d'autres secteurs publics. C'est vrai dans de très nombreuses
entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et
de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme
le besoin d'unité pour construire le rapport de force le plus large.
Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du
Président de la République, du gouvernement et du Medef à l'égard des
revendications que la journée d'action unitaire du 29 janvier et les
grèves dans l'ensemble des Antilles et à l'ile de la Réunion ont
portées, continue.
Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement
confirmé la tenue d'une grande journée de grèves et de manifestations
le 19 mars prochain.
Conscientes que l'unité est une force essentielle face à
l'obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le
mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce
texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir
le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions,
plus forte encore que celle du 29 janvier.
Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à
amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux
choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et
utiles pour répondre aux mobilisations sociales.
Cela concerne notamment l'opposition aux suppressions d'emplois et à
la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public,
l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des
retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi
publics; la réorientation des richesses du pays vers le développement
de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un
tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins
sociaux dans le respect des équilibres écologiques.
Signataires: Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF,
Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC , La Fédération, la
Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative
Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire
La Santé, c'est (aussi) votre affaire ! C'est l'affaire de tous !
La santé a un coût mais elle n'a pas de prix !
Le projet de Loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire) dite Loi Bachelot
débattu à l'Assemblée Nationale le 10 février est présenté comme le
seul moyen pour garantir l'accès aux soins de qualité pour tous.
Pourtant s'il est adopté en l'état, ce projet de Loi ne peut que
dégrader et accélérer les inégalités face à l'accès aux soins. Il
contient des dispositions pour détruire notre système de santé,
transformer l'hôpital en entreprise commerciale. Il annonce la mort
programmée de notre système de santé. Alors que l'actualité révèle
régulièrement de tristes événements (décès de patients, d'enfants…)
conséquence de la dégradation des conditions de travail des personnels
et de la qualité des soins. Le gouvernement utilise ces faits pour vanter une nouvelle réforme hospitalière catastrophique pour l'hôpital public :
LA LOI HPST
Les hôpitaux malades tout comme les établissements privés
associatifs participant au service public hospitalier et le secteur
médico-social. Ils subissent ces dernières années des réorganisations incohérentes, dues notamment aux réformes des modes de financement…
Ces réformes entraînent des insuffisances dans tous les domaines du soin et des dysfonctionnements extrêmement importants.
Les multiples réformes imposées à l'hôpital public n'ont qu'un
objectif : son affaiblissement au profit des structures privées et
commerciales.
Toutes les restrictions budgétaires conduisent chaque citoyen, à
devoir assumer individuellement, sa santé, en fonction de ses moyens et
non plus selon ses besoins.
L'EGALITE A L'ACCES AUX SOINS DIMINUE
De plus en plus de citoyens reportent ou renoncent aux soins dont ils ont besoin. Le
transfert de la prise en charge collective par un système solidaire
comme c'est le cas encore avec la sécurité sociale vers l'assurance
privée (assurances, banques, institutions de prévoyance…) traduit la
volonté de marchandisation de la santé. Les contrats de
complémentaire santé obligatoires, signés avec ces organismes, qui
s'ont introduits dans les entreprises, accélèrent ce mouvement de
privatisation.
Il est évident qu'entre la santé des banques, des financiers et la
santé de la population, Sarkosy et Bachelot ont fait leur choix !
Des moyens pour la finance et des restrictions pour la santé.
La notion de politique de santé ne peut se limiter aux modes de financement et d'organisation. Les
réformes politiques menées ces dernières années ont déjà créé des
inégalités face à la qualité des soins et démontré que la gestion de
l'hôpital comme une entreprise a atteint ses limites.
Parce que les besoins en soins augmentent il convient de regarder la
réalité de notre système de santé d'hier et celui d'aujourd'hui. Une
véritable politique de soins doit se préoccuper aussi des conditions de
vie et de travail de la population.
IL EST URGENT QUE LA POPULATION REPRENNE SA SANTE EN MAIN.
Il ne s'agit plus d'une armée républicaine de défense du territoire
national, mais d'une armée de corps expéditionnaire orientée vers la
domination de territoires d'autres nations. Voilà l'essentiel de la
réforme qui supprime 54 000 hommes et le quadrillage du sol français au
bénéfice d'opérations extérieures comme celles de l'Afghanistan, du
Tchad, et dans d'autres pays africains... Nous avons la conception
inverse, une armée de défense nationale appuyée sur ses citoyens, et le
retrait immédiat de toutes les troupes d'intervention et d'occupation
en Afghanistan. La France na rien à faire à défendre à Kaboul le
pouvoir du fantoche Hamid Karzaï, homme de main d'UNOCAL du pétrolier
Dick Chesney, elle n'a rien à faire à imposer aux populations locales
un régime étranger aux afghans totalement dépendant des USA.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a estimé mardi 29 juillet sur
France Inter qu'un assuré peut changer de mutuelle ou d'assurance santé
privée si celle-ci augmente ses tarifs pour compenser l'instauration en
2009 d'une nouvelle taxe au profit de la Sécurité sociale.
"Il n'y a aucune raison que les organismes
complémentaires augmentent les cotisations. Nous sommes dans un système
de libre concurrence. Et d'ailleurs, si vous notez que votre organisme
complémentaire augmente ses cotisations, vous avez toute possibilité de
vous tourner vers un autre assureur complémentaire", a-t-elle répondu à la question d'un auditeur - Source Nouvel Obs
Sachez Madame que cela peut avoir des conséquence financières encore
plus dramatiques en fonction de l'âge des assurés !!!! Mais cela semble
vous avoir échappé. De plus, avez-vous le moindre pouvoir pour empêcher
quelque augmentation que ce soit. Votre répartie Madame la Ministre
sonne comme celle de Marie Antoinette déclarant : "Ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche"
Sarkozy a bien fait d'agacer les Irlandais ,en ne voulant pas respecter
leur vote, il n'a réussi qu'a faire augmenter le nombre de mécontents
envers l'Europe des technocrates de Bruxelle. Un récent sondage voit
le "non" progresser de 53% à 62%
Si seulement ,son agitation et son mépris pouvait avoir le meme effet
sur le peuple français pour qu'enfin la france qui souffre et qui travaille
réagisse et se mobilise en masse pour mettre fin aux frasques de
ce dictateur.
Selon un sondage réalisé entre le 21 et le 23 juillet pour le cercle de
réflexion Open Europe et publié dimanche 27 juillet 2008, près des
trois quarts des Irlandais s'opposent à l'organisation d'un nouveau
référendum sur le Traité de Lisbonne, rejeté à 53,4% en juin.
Alors que la France n'a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal
redistribuées, chaque jour, ce sale régime sarkozyste pousse les feux
anti-sociaux tous azimuts. Un seul objectif : augmenter les profits des
multinationales, baisser les salaires et la protection sociale. Bling-bling et
sa bande du Medef redistribuent à l'envers : tout pour l'actionnariat,
rien pour le salariat, tout pour les riches, rien pour les pauvres.
Ils menacent la Sécu de tous côtés : moins de
recettes, moins de soins. Ils hésitent encore sur la date : lors de la
LFSS ou par une loi spécifique, mais ils veulent dé-rembourser les soins, taxer
les seuls malades, casser la solidarité entre bien-portants et malades.
Ils organisent la guerre aux chômeurs : pas plus
de refus de deux pseudo offres valables d'emploi, à bas prix et loin du
domicile.
Ils traquent les sans-papiers, y compris ceux qui
travaillent, exploités par des patrons délinquants, sans vergogne.
Pour la retraite, ils promulguent les 41 annuités, alors que les Français
travaillent toujours en moyenne 37 annuités dans la vie réelle, c'est-à-dire
qu'ils baissent encore le niveau des retraites, planifiant la plongée
progressive des vieux dans la misère et les mouroirs.
Pour le code du travail, ils le passent à l'acide des
exigences du Medef, démantelant le caractère collectif du contrat de travail
pour le remplacer par des contrats individuels de gré à gré, de type
commercial.
Ils aggravent la loi Fillon du 4 mai 2004 qui permet
de déroger par le bas à l'ordre public social, et maintenant de renoncer par
accord d'entreprise à la durée légale à 35 h ; ils opèrent même un
spectaculaire tête-à-queue, puisque, après avoir valorisé de toute leur
propagande, les heures supplémentaires à 25 %, ils permettent de les
ramener à 10 %.
Ils ouvrent la voie à 235 jours de travail pour les
cadres au lieu de 218, leur supprimant même les jours fériés.
Ils poussent au travail des femmes vendeuses et
caissières, pauvres et précaires, le dimanche.
Ils allongent le contingent d'heures supplémentaires de façon illimitée,
mais sans les majorer : travailler plus, gagner moins.
Ils bloquent le Smic, facilitent les CDD de 36 mois,
les périodes d'essai de 8 mois, la suppression du droit du licenciement.
Ils facilitent les grandes hyper surfaces
monopolistiques au détriment des commerces de proximité.
En bloquant les salaires, ils creusent le trou de la
Sécu et des caisses de retraite.
Ils ferment les hôpitaux et les services publics, privatisent la Poste pour
aller plus vite dans cette voie.
Ils dérégulent chaque jour tous azimuts : la loi
imposant un quota de logements sociaux dans les communes est contournée.
Contrairement à toutes leurs pseudo-promesses
écologiques, ils bradent le transport du fret par rail.
Ils augmentent le prix du gaz massivement pour
satisfaire les nouveaux actionnaires.
Ils proposent de reprendre l'allocation dépendance des
personnes âgées sur leurs maigres successions.
Ils affaiblissent cyniquement l'école publique :
ils annoncent la 65 000e suppression de postes d'enseignants alors qu'on
en a tant besoin pour tirer les élèves en difficulté des secteurs difficiles.
Ils montent comme prévu la loi Pécresse en pleine
puissance, mettant en concurrence dix universités “championnes”, à la mode
états-unienne.
Ils distribuent 60 milliards d'exonérations de cotisations sociales aux
chefs d'entreprise, ils laissent 72 milliards de niches fiscales profiter aux
plus riches, ils redonnent au nom du « bouclier fiscal », des impôts
« trop perçu » aux 378 000 millionnaires de ce pays.
Ils sont les plus grands licencieurs, empêchant des centaines de milliers
de jeunes d'accéder à la fonction publique alors que des postes se libèrent en
masse, suppriment un fonctionnaire sur deux, mais les contractuels, les
précaires, se multiplient, leur but étant de détruire le statut protecteur de
la fonction publique comme ils l'ont fait du code du travail.
C'est une autre société qu'ils essaient de faire
passer en force. C'est la France sociale qu'ils cassent. Un recul sans
précédent historique depuis 60 ans…
Et Bling-bling, battu aux élections de mars 2008, réduit à 33 % d'opinions
favorables, ajoute l'insulte provocatrice à toutes ces attaques :
« en France quand il y a une grève, on ne la remarque plus… »
Oui, bah, il va voir… ça va mal finir !
Car l'explosion peut survenir à tout instant, le salariat ne se laissera
pas faire, pas davantage qu'en mai 68, novembre - décembre 95 ou 2006… On ne
fait pas ainsi reculer une société avec une telle violence : tôt ou tard,
elle va s'auto-défendre et trouver en son sein, à la fois un mouvement d'ampleur
et à la fois une issue politique, quand bien même la gauche ne se mettrait pas
d'elle-même à la hauteur !
Mais notre rôle est de nous battre pour « mettre la gauche à la
hauteur » de cette situation explosive, c'est en tout cas, ce à quoi nous
œuvrons à l'occasion du congrès du Parti socialiste !
Non, Sarkozy n'est pas bling-bling selon le mot en
vigueur dans les médias et qui ne signifie finalement pas grand-chose.
Sarkozy n'est pas clinquant, il est vulgaire.
Sarkozy est vulgaire dans sa manière de marcher en
roulant les épaules, imitant sans s'en rendre compte la racaille qu'il
dénonce.
Sarkozy est vulgaire dans sa manière de parler, de
brader la rhétorique comme les marchands de tapis ou les joueurs de
bonneteau.
Sarkozy est vulgaire comme son compère Bernard Tapie à
qui il vient de refiler un sérieux coup de pouce dans son combat contre
le Crédit lyonnais.
Sarkozy est vulgaire dans sa manière de la jouer peuple, de taper sur
l'épaule du citoyen comme Chirac tapait sur le cul des vaches. Sarkozy
est vulgaire dans sa manière de faire croire aux Français qu'il
détricote le droit du travail pour leur bien.
Sarkozy est vulgaire dans sa manière de jouer avec ses
montres de marque, d'étaler le pognon qu'elles ont coûté à défaut de
pouvoir disserter de leur esthétique.
Sarkozy est vulgaire dans sa manière de triturer son
téléphone, d'envoyer des SMS à tout propos, comme si seul son petit ego
pouvait avoir de l'importance sur la scène du monde.
Sarkozy est vulgaire dans sa manière d'exhiber ses
femmes comme on exhibe une décapotable, vulgaire jusque dans les
manières de son fils Jean qui le singe. Sarkozy est vulgaire comme
Berlusconi, la honte de l'Italie, comme tous les petits dictateurs
d'opérette.
Sarkozy est vulgaire comme un hamburger trop mou, comme
un soda trop sucré, comme les états d'âme des stars d'Hollywood, comme
l'horoscope sirupeux des magazines féminins, comme la dérision
institutionnalisée dans les émissions de télé, comme l'omniprésence du
bruit dans les lieux publics.
Mais ne nous y trompons pas.
Sarkozy est notre président parce que nous
devenons vulgaires. Il est le symptôme de notre maladie, de notre
vacuité, de notre néant, de ce que nous sommes en train d'abandonner
tout sens des valeurs pour devenir de simples marchandises.
Dans le cadre de l'article 6.11 des statuts du Parti
Socialiste, les membres du Parti Socialiste ci-dessous signataires
demandent que soit organisée une consultation directe des adhérents,
visant à interdire le cumul d'un mandat parlementaire (Député/e,
Sénateur/trice, Député/e Européen) par l'introduction, dans l'article
9.3 des statuts du Parti Socialiste du paragraphe suivant :
« Le parti Socialiste applique le
mandat unique parlementaire. En conséquence tout(e) candidat(e) membre
du parti prend par écrit, avant la ratification de sa candidature,
l'engagement sur l'honneur de remettre sa démission de ses autres
mandats électifs après son élection au parlement national ou européen ».
Article 6.11 des statuts : consultation directe des
adhérents Sur proposition du(de la) Premier(e) Secrétaire du Parti, du
Bureau national, de 35 fédérations ou à la demande d'au moins 15% des
adhérents (par rapport au nombre arrêté au 31 décembre de l'année
précédente), le Conseil national peut décider, après en avoir débattu
sur le fond et à la majorité qualifiée des deux tiers de ses membres,
d'organiser une consultation directe des adhérents en leur soumettant
une question rédigée simplement. Le Conseil national fixe les modalités
de discussion collective et d'organisation des votes en découlant.
Le peuple
irlandais a rejeté le Traité Modificatif Européen (TME), nouvel avatar du
Traité Constitutionnel européen (TCE) à une large majorité : 53,4 %
contre 46,6 %. 33 des 43 circonscriptions de l'Eire ont donné la majorité
au « non ».Le taux de participation s'est élevé à 53,13 %, soit
20 points que lors du premier vote sur le traité de Nice en 2001, alors que
l'importance du taux de participation était présenté comme favorable au
« oui ».
Pourtant,
le non avait pourtant contre lui la quasi-totalité des appareils politiques et
la très grande majorité des médias. Pourtant, l'Union européenne, n'avait cessé
tout au long de la campagne référendaire d'exercer sa pression sur le peuple
irlandais.
Juridiquement, le traité de Lisbonne n'existe plus
Le projet de
traité prévoyait lui-même qu'il ne pourrait entrer en vigueur que si 27
Etats-membres l'avaient ratifié. Il n'est pas possible, en effet, de réformer
l'Union Européenne sans l'unanimité des Etats-membre. C'est la loi que se sont
fixés à eux-mêmes les Etats européens et pour changer cette règle, il faudrait
l'unanimité desdits Etats.
La seule
concession faite à la victoire du « non » irlandais est la reconnaissance
par le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker, que le traité ne
pourrait pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009. Tout est mis en œuvre, au
contraire, pour passer outre le verdict du suffrage universel, culpabiliser et
punir le peuple irlandais.
Les dirigeants européens cherchent à relativiser la portée du
référendum
Premier
argument : les « élites » comprennent, le peuple ne comprend
pas, la démocratie est une erreur dès qu'il s'agit de laisser le peuple
trancher des questions aussi complexes. On connaît la chanson, elle était
devenue une vraie scie après la victoire du « non » au référendum
français en 2005. C'est parce que le contenu du traité n'a pas suffisamment été
expliqué et que les Irlandais ne comprennent pas la profonde démocratie de
l'Union européenne que le « non » l'a emporté.
Le contraire
est pourtant évident : la majorité des Irlandais, comme la majorité des
Européens ont très bien compris la véritable nature de l'Union
européenne : un instrument au service du capital, dirigé contre le
salariat. Un instrument qui interdit toute harmonisation sociale vers le haut
et encourage la mise en concurrence des salariés des différents pays de
l'Union. Ils connaissent la nature des politiques menées par l'Union européenne
depuis plus de vingt ans. Ils savent que l'essentiel du pouvoir de cette Union
est détenu par des institutions qui n'ont aucun compte à rendre au suffrage
universel : la Commission, la Banque Centrale Européenne, le Conseil
européen.
Ben Tora,
spécialiste des questions européennes à l'université de Dublin mettait
d'ailleurs parfaitement en lumière les raisons essentielles du vote des
habitants des zones rurales et des salariés irlandais pour le
« non » : ils se sont sentis menacés « par la concurrence
étrangère, une baisse des salaire, un risque d'affaiblissement des protections
sociales » (Libération du 14 juin 2008). Des raisons identiques à celles
qui avaient amené les victoires du « non » en France et aux Pays-Bas
en 2005.
Le deuxième
argument, c'est « l'alliance de la carpe et du lapin », l'alliance
entre le Sinn Fein de gauche et des opposants à l'avortement et au divorce.
Comme si l'alliance des partisans du « oui » et la couverture de
Paris-Match avec François Hollande et Nicolas Sarkozy en mars 2005 n'avait rien
à voir avec ce type d'alliance.
Le comble de
la mauvaise foi est atteint lorsque - troisième argument - le rôle de la presse
est mis en cause. La victoire du « non » irlandais serait du à la
« presse Murdoch ». Alors que les 4/5ème des médias irlandais étaient
des inconditionnels du « oui ». Alors qu'en 2005, on avait jamais
entendu les médias français dénoncer (et pour cause) les groupes Bouygues,
Lagardère, Dassault et Rothschild. Des médias qui ne soient pas à 99 %
pour le « oui » et nous voilà bien près du crime de lèse- majesté.
Le dernier
argument ne manque pas non plus de sel. Les libéraux de tous poils reprochent
aux 862 415 irlandais qui ont voté « non » d'avoir décidé d'un
projet conçu pour près de 500 millions d'Européen. Mais s'ils ne voulaient pas
que cela soit le cas, pourquoi les dirigeants européens n'ont-ils pas demandé
leur avis aux centaines de millions d'Européens concernés en organisant des
référendums dans les 27 pays de l'Union ? Pourquoi l'Irlande a-t-elle été
le seul pays européen à organiser un référendum ?
Les dirigeants européens veulent se débarrasser du
« non » irlandais
Cette
volonté ne date pas du triomphe du « non » au référendum irlandais.
Pour parer à toute mauvaise surprise, dès le 20 février 2008, le Parlement européen
avait cru bon d'approuver le traité de Lisbonne. Un amendement dépose par la
Gauche Unitaire Européenne proposait que le Parlement européen « s'engage
à respecter le résultat du référendum irlandais ». Il a été repoussé par
499 voix contre 129 !
En 2005,
après les victoires du « non » en France et aux Pays-Bas, les
dirigeants européens avaient stoppées les ratifications référendaires pour les
Danois, les Tchèques, les Polonais et les Irlandais. Ils avaient même amenés
(tant la peur les tenaillait) les parlements suédois et finlandais à différer
leurs votes de ratification. Aujourd'hui, ils font la preuve que, pour eux, la
fin justifie les moyens en décidant exactement l'inverse, la continuation des
ratifications (toutes par voie parlementaire…) dans tous les pays où elles
n'ont pas eu lieu. Il s'agit d'intimider les électeurs Irlandais, de les
encercler pour les amener à renier leur vote.
Un
« chercheur associé », cité par Libération du 14 juin, va jusqu'à
justifier à l'avance un nouveau référendum irlandais alors que le gouvernement
de Dublin avait expressément rejeté cette hypothèse : « Le rejet d'un
second vote était un argument politique de bon aloi, en pleine campagne
référendaire. Maintenant que l'on connaît les résultats du référendum, la donne
politique change… » On se demande ce que pourrait bien être, pour ce
monsieur, un argument de mauvais aloi…
Toutes les
stratégies pour « passer outre » le « non » irlandais
fleurissent : organiser un nouveau référendum après avoir procédé à un
changement cosmétique du TME ; mettre l'Irlande au cachot en créant une
Union européenne de deuxième zone… Elles ont toutes en commun le mépris et la
peur du suffrage universel.
L'Union européenne bloquée ?
C'est la
menace que les partisans de l'Union Européenne libérale brandissent maintenant
à tout bout de champ. Comment, selon eux, faire fonctionner avec les règles du
Traité de Nice qui étaient faite pour une Europe à 15, une Europe de 27
membres ?
Pourquoi
n'ont-ils pas commencé par changer les règles de fonctionnement avant d'élargir
l'Union européenne ?
De quelle
menace s'agit-il, ensuite, dans la mesure où la Pologne avait imposé un
compromis qui permettait de différer les nouvelles modalités de fixation de la
majorité qualifiée (et donc de continuer à fonctionner selon les règles du
traité de Nice) jusqu'en 2014 et même 2017 si un Etat-membre l'exigeait ?
Comment
n'ont-ils pas compris, enfin, que si cette Union Européenne là était bloquée
cela ne pourrait que soulager la très grande majorité des Européens. Que
signifie, en effet, son fonctionnement, si ce n'est la mise en pièce de nos
services publics, l'adoption de la directive McCreevy qui reprend à son compte
70 à 80 % de la directive Bolkestein, des milliards d'euros mis à la disposition
des banques privées dont la spéculation a mis l'économie mondiale au bord de la
faillite, l'augmentation des taux d'intérêts par la BCE aux dépens de la
croissance et aux profits des rentiers…
Ce que
veulent les Européens c'est une autre Europe et les dirigeants européens
feraient peut-être bien d'écouter ce que dit un économiste comme Patrick Artus,
qui n'est pourtant pas spécialement de gauche. Ses propos s'appliquent à la
mondialisation mais concernent tout autant l'Union européenne libérale : « Il
est à craindre que le pire soit à venir avec un retour en force du
protectionnisme et le danger de réactions populistes de plus en plus
exacerbées. Ce sera alors, le règne du chacun pour soi et le retour de tensions
géopolitiques lourdes de conséquences ».
Une Constituante européenne
Il n'y a pas
trente-six méthodes pour réconcilier l'Union européenne et ses habitants mais
il faudrait, pour cela, commencer par en finir avec le mépris et la peur de la
démocratie en organisant l'élection d'une Assemblée constituante européenne. Il
n'est pas possible de décider du sort de près de 500 millions d'Européens sans
leur demander d'élaborer démocratiquement la Constitution qui leur permettra de
vivre ensemble. Et seule une Assemblée Constituante élue pour proposer une Constitution
européenne peut remplir cette fonction.
Conformément
à la tradition constitutionnelle européenne cette Assemblée constituante
devrait débattre publiquement, en utilisant tous les moyens de communications
modernes, les différentes propositions faites par les élus de cette assemblée.
Le projet adopté par cette Assemblée Constituante devrait, ensuite, être soumis
à un référendum unique pour tous les électeurs de l'Union européenne.
La leçon est de taille : le seul pays de l'Union
Européenne à avoir dû se soumettre à un référendum sur la nouvelle constitution
(une obligation constitutionnelle) refuse la constitution européenne libérale.
Inutile de préciser que l'Irlande est en passe de s'attirer les foudres des
milieux libéraux. En France, Sarkozy avait reçu l'appui de la direction du PS
pour éviter la voie référendaire et le triste souvenir de 2005, et tous les
autres pays avaient également entériné le texte par voie parlementaire.
Comment
le libéralisme gagne !
D'abord parce qu'il matraque les esprits. La
monopolisation des médias est l'arme du libéralisme. Grâce à cette domination,
les tenants du libéralisme ont tout loisir de délivrer quantité de messages
allant dans le sens de son éthique et de sa culture.
L'exemple du vote en Irlande est révélateur. Les résultats officiels ne sont
même pas encore tombés que l'on parle déjà de contourner la décision des
irlandaises et des irlandais : aménagements particuliers pour appliquer le texte
malgré tout, voire faire rapidement revoter le texte !
Les médias précisent déjà que seul un « non » massif verra le rejet
de la constitution chérie des milieux libéraux. On installe déjà l'évidence
qu'un « non » ne suffit pas pour exprimer un refus. La morale est
cocasse : la prochaine fois que vous refusez quelque chose, pensez à dire
« je refuse massivement » au lieu de juste dire non.
Autre décorticage du message délivré par les média : Imagine t-on que pour
entériner la constitution il eut fallu un « oui massif » ? Et qu'en
cas d'un « petit oui » il aurait fallu faire revoter les gens ?!
Tout converge vers le fait que le monopole de la
culture est l'arme du libéralisme. Il faut à la gauche un média audiovisuel
porteur. Avant l'avènement de la télévision, la concurrence entre les journaux
et la radio permettait d'équilibrer les forces éthiques et culturelles en
présence. Aujourd'hui, ce rapport de force est trop déséquilibré, il faut un
mass-média de gauche.
Classes
populaires : Où la gauche perd !
La gauche perd parce qu'elle s'est éloignée des
classes populaires, c'est à dire de 55% de la population française. Mai 2005 a
été une manifestation claire du refus des classes populaires d'aller plus avant
dans le libéralisme. La triste réalité d'une partie de la gauche est cette
coupure qui s'est doucement opérée entre « classes moyennes » et
« classes populaires ». d'abord, force est de constater que les
directions des partis pensent davantage en terme de mandats qu'en terme
réellement politique. La perte d'un support idéologique et l'abandon d'une
démarche de réactualisation des idées sont à l'origine des situations du PS et
du PCF. « Boboïsation » pour l'un, écroulement pour l'autre.
L'autre écueil vient des classes moyennes elles-mêmes,
c'est à dire de ces gens, « employés du libéralisme », qui ont fini
par s'imaginer qu'ils n'étaient justement pas vraiment des employés. Que la
misère, l'emploi, les problèmes d'éducations, le système de santé, le logement,
la laïcité, sont des sujets pour lesquels ils peuvent s'en sortir (seul, chacun
pour soi... ) et qu'ils n'ont aucun lien avec ces gens des classes populaires.
Même l'emblématique association ATTAC est constituée sur cette coupure entre
classe moyenne et classe populaire. Il ne s'agit seulement une coupure de
dialogue – au sens où l'on se refuse à aller dans les quartiers dits
« populaires » – il s'agit une coupure de conception de ce qu'est un
individu. Des actions militantes menées par nombres d'associations de gauche,
bien que de bonne foi, ne prennent pas en compte les réalités et les conditions
de vie des classes populaires, et les messages culturels et politiques sont
inaudibles. Le parallèle avec la création des « Maisons de la
Culture », sensées ouvrir les gens à la culture, est saisissant. Les maisons
de la culture ont été conçues avec l'a priori que les gens – tous ! –
viendraient car se sentiraient concernés par la culture. Or, cet a priori
marque justement une différence sociologique, et de fait, les maisons de la
culture ont été essentiellement fréquentées non par des gens désirant s'ouvrir
à la culture, mais par des gens s'intéressant déjà à la culture par ailleurs.
La plupart des actions d'ATTAC ont le même problème : bien que faites pour tout
le monde, elles ne s'adressent qu'aux classes moyennes parce qu'elles ne
prennent pas en compte la réalité sociologique des classes populaires. Bourdieu
– entre autre ! – avait expliqué dès le départ le mauvais a priori fondateur
des maisons de la culture et expliqué leur échec futur ; de même la gauche se
coupe toujours davantage des classes populaires faute de se mettre à leur
portée et faute de considérer que l'implication politique et l'intérêt pour la
culture ne sont « naturels » que pour ceux qui en ont reçu cette
éducation. Or, cette éducation est très souvent le signe des classes moyennes,
et non celui des classes populaires.
Revenir
vers les gens : cultiver le lien social élémentaire
Si Bourdieu avait prévu les
problèmes des maisons de la culture, ce n'est pas par des incantations, mais
bien par des réalités sociologiques tangibles et accessibles. Il est nécessaire
d'arrêter de considérer que l'intérêt pour la chose politique est naturel : il
relève d'une éducation. Il faut arrêter de considérer que tout le monde peut
s'intéresser à la culture : cet intérêt relève lui aussi d'une éducation.
Si la gauche veut reconquérir le terrain qui est le sien (et ce terrain est
aussi convoité par le pétainisme de Sarkozy, voire le nationalisme... ), les
militants doivent repenser les modes d'actions par lesquels ils entendent
délivrer leurs messages.
Les conférences n'intéressent que ceux qui connaissent déjà l'intérêt des
conférences. Mais par ailleurs, c'est le lien social, le concret, qui suscite
l'intérêt des gens qui n'ont pas reçu en héritage l'intérêt pour la culture et
la politique. Aide au logement, cours du soir, soutien scolaire et garde pour
les enfants, soutien juridique, animation collective, système d'entraide,
autant de champs d'actions possibles. Une partie des militants pensent que de
telles actions sont de l'ordre du palliatif, du caritatif : on panse les maux
du libéralisme. Cette image est très clairement une lecture libérale qui
désolidarise les employés entre eux, car c'est par le lien social élémentaire
que le message politique et culturel passe auprès de ceux qui n'ont pas reçu
cet intérêt en héritage. Ces terrains d'actions possibles sont autant
d'opportunités qui permettent de délivrer un message et de montrer ce qu'est la
solidarité, ce qu'est la conscience citoyenne, ce qu'est la laïcité.
Là, il y a possibilité de montrer comment on ne vit pas seul, mais avec
d'autres, et que toute chose a un prix, un revers, c'est à dire une
« valeur citoyenne ». Si je veux être en bonne santé, alors il (me)
faut un bon système de santé pour tous. Si je veux de l'instruction pour mes
enfants, alors il (me) faut un bon système éducatif pour tous. Si je veux vivre
dans un pays en paix, alors il (me) faut les moyens d'éliminer un maximum de
tensions dans la vie des individus autour de moi et donc développer l'emploi,
les services publics, les lois individuelles garantissant le respect de
l'intimité, etc. Par le concret, il y a non seulement le moyen d'illustrer et
de rendre accessibles des images comme la solidarité, l'individu-citoyen, la
santé pour tous, etc. mais aussi le moyen d'impliquer les gens, de leur faire
prendre conscience qu'ils sont parties prenantes, qu'ils sont impliqués dans un
système plus vaste qui dépasse les proches (famille, amis) et qu'être citoyen
ça n'est pas seulement réclamer des services publics, c'est aussi, dans le
quotidien, assumer le lien social avec ses voisins, là où l'on vit, et que la
vie du Pacte Républicain c'est le temps que les individus consacrent à d'autres
individus.
Parce que le lien social élémentaire sera constitué et soutenu par l'éthique du
citoyen, par la culture de l'individualisme républicain (qui est
l'individualisme de gauche depuis plus de 200 ans), alors la politique et la
culture seront possibles, accessibles et collectives. Alors la gauche sera à
nouveau de gauche, des classes populaires jusqu'aux classes moyennes, et ceci
aussi bien en France, qu'en Europe.
L'Irlande est le seul pays où les dirigeants du turbocapitalisme ne
pouvaient pas supprimer la voix du peuple et l'Irlande a dit non !
En France comme aux Pays-Bas, mais comme beaucoup d'autres pays
européens où l'on baillonne la démocratie (Grande-Bretagne, Allemagne,
etc.) les dirigeants du turbocapitalisme, Sarkozy et le patronat
européen multinational en tête, bafouent la souveraineté populaire, un
des neuf principes fondamentaux de la République.
Ce non rejoint tous les non qui souhaitent plus de démocratie, d'égalité, de laïcité et de social dans tous les pays, en Europe et dans le monde.
Ce non renforce la résistance des citoyens et des peuples
contre les complices des dirigeants du turbocapitalisme, gouvernements,
patronat, églises, dirigeants des organisations putes et soumises,
qui mettent un voile ou un bandeau sur leurs yeux et leurs oreilles
pour ne pas voir, ne pas entendre la voix des citoyens et des peuples.
Aujourd'hui, nous devons appeler à renforcer la résistance contre
cette Union européenne là, anti-laïque, anti-sociale,
anti-démocratique, anti-féministe. Soit les gouvernements nous
proposent un autre texte RADICALEMENT DIFFERENT de TOUS les traités
européens existants, soit l'Union européenne sera perçu de plus en plus
pour ce qu'elle est, c'est-à-dire l'Europe des puissants, des
dirigeants des multinationales et des églises, de ceux qui pensent que
la croissance des inégalités sociales de revenus, de santé et de
protection sociale, de condition, est une fatalité et ce sera "sauve
qui peut" de cette Europe-là !
J'appelle donc au rassemblement le plus large possible du non de
gauche pour préparer les prochaines élections européennes de juin 2009
avec une liste unitaire du non de gauche regroupant le non de gauche
dans tous les pays. Pour la France, cet appel est lancé à toutes les
organisations représentatives des 31,3% des citoyens qui ont contribué
à la victoire du non le 29 mai 2005, des socialistes de gauche à
l'extrême gauche.
La
gauche avait prévu en 2002 que les heures supplémentaires, dans les entreprises
de moins de 20 salariés, ne seraient majorées provisoirement que de 10 %
jusqu'au 1er janvier 2005 et qu'ensuite elles seraient toutes à 25 % dés
la 36e heure de travail hebdomadaire.
Ce sont MM. Raffarin, Fillon et Sarkozy qui ont
bloqué l'augmentation de salaire ainsi prévue le 1er janvier 2005 pour ceux
auxquels l'employeur faisait faire des heures supplémentaires.
Dans les entreprises de moins de 20, il y a 5 millions
de salariés : ceux-ci ont donc, lorsqu'ils travaillaient plus, perdu
substantiellement du salaire entre le 1er janvier 2005 et le 1er octobre 2007
où MM Fillon et Sarkozy ont rétabli ce que la gauche avait prévu comme
augmentation des majorations d'heures supp'. Mettons un salarié au Smic, qui
aurait fait 180 h supp par an (le contingent annuel non soumis à autorisation)
en 2005, 2006, et 2007, il aurait gagné environ 1260 euros nets de plus en ces
trois années : si cela n'a pas été le cas, c'est la résultante des lois
Fillon qui ont différé de trois ans le taux de majoration que la gauche avait
voté et fixé.
Concrètement 5 millions de salariés ont été privés de
2005 à 2007 de gagner ce qu'il était prévu qu'ils gagnent d'après la loi de la
gauche. Toute la campagne de M. Sarkozy étant axée sur « travailler
plus » et les heures supplémentaires majorées, ils ne pouvaient faire
autrement que de cesser ce blocage du salaire et de rétablir les 25 % de
majoration pour tous les salariés dans toutes les entreprises qui travaillent
au delà de 35 h.
Mais voilà que nos hypocrites, menteurs, faussement
partisans de la « hausse du pouvoir d'achat », veulent en revenir sur
cette petite majoration affectée à ceux qui « travaillent plus » et
la ramener à 10 % voire 0 %... pour tous les salariés dans toutes les
entreprises soit 16 millions de salariés concernables.
Ils se moquent vraiment des travailleurs, ils comptent
sur des médias qui n'expliqueront pas ces manœuvres, ces reculs, ces mensonges.
Mais la vérité se fera jour et un mouvement d'ensemble sur les salaires se
dessine : tous les travailleurs sont concernés, 10 euros de l'heure, le
Smic à 1500 euros, 200 euros d'augmentation pour tous, partagez les richesses,
augmentez les salaires, cela fera aussi de l'argent dans les caisses de la Sécu
et des retraites.
Un document en cours de rédaction au ministère de l'Intérieur
imposerait de nouvelles obligations aux FAI. Notamment en matière de
surveillance du Web.
C'est un document de quatre pages qui a mis le feu aux poudres. Vendredi 6 juin 2008, le site
PC Inpact
met en ligne un texte intitulé charte « Confiance en ligne », dont le ministère de
l'Intérieur serait à l'origine.
Ce document, visiblement encore à l'état de
brouillon, serait en discussion entre les acteurs du Net, fournisseurs
d'accès à Internet, et opérateurs mobiles, fournisseurs de services en
ligne et éditeurs. Il liste une série d'engagements destinés à
renforcer la sécurité d'Internet et à en faire
« un environnement le plus sûr possible pour tous les citoyens ».
Blocage de certains ports de communication
Les acteurs signataires de cette charte
s'engageraient à améliorer la sécurité des utilisateurs. Notamment en
les informant des risques qu'ils encourent sur le Net, en leur
indiquant une liste d'outils de protection à leur disposition ou encore
en leur prodiguant les bons conseils pour lutter contre le spam. Jusque
là, rien de bien choquant. Mais la suite, consacrée aux
« engagements pris auprès des autorités »,
est au
coeur de la polémique.
Les prestataires s'engageraient en effet à
communiquer certains contenus et comportements sur la Toile qu'ils
jugeraient suspicieux ou présentant un risque pour la sécurité des
personnes et des biens, cela sans qu'il soit fait état d'un quelconque
cadre juridique. La Quadrature du Net, association pour la défense des
libertés publiques, y voit la mise en place d'un
« dispositif de surveillance généralisé et de
contrôle de l'information digne du régime chinois »
.
D'autres mesures suscitent l'inquiétude, comme la
possibilité pour les FAI de suspendre ou carrément de supprimer les
espaces de discussion en cas d'absence de mise à jour ou de modération
pendant trois mois. Le blocage de certains ports de communication sur
les équipements des internautes mettant en jeu la sécurité du réseau et
le contrôle
a priori
des espaces destinés aux mineurs font également craindre à certains la mise en place
d'un système de filtrage du Web.
Autant de sujets dont les différents acteurs
d'Internet devront discuter. Le gouvernement se serait donné jusqu'au
10 juin pour faire signer cette charte.
Selon les propos de M. Xavier BERTRAND, alors ministre de la Santé, parce
que 10 à 12 millions de personnes ont ou ont eu un problème de santé, elles
sont susceptibles de ne pas avoir accès à l'assurance et par voie de
conséquence à la propriété.
Les engagements pris, notamment par les banques et les assureurs, dans le
cadre de la convention AERAS (pour s'Assurer et Emprunter avec un Risque
Aggravé de Santé) devaient permettre de lutter contre cette injustice.
L'enquête menée par l'UFC-Que Choisir dans 625 agences bancaires et sur 50
dossiers, suivis de bout en bout, démontre que les engagements pris ne sont pas
tenus. Les personnes avec un risque aggravé de
santé continuent à faire face à des obstacles d'ordre administratif ou économique
insurmontables.
Défaut
d'information et lourdeur administrative
- Rares sont les agences bancaires à faire la publicité de la convention AERAS.
Rares sont également les chargés de clientèle à connaître ne serait-ce que
l'existence même de cette convention. Dans 93% des établissements, à l'issue de
l'entrevue la convention n'a même pas été évoquée.
- La confidentialité des données sur l'état de santé des personnes n'est pas
respectée.
- Les personnes entrant dans le champ de la convention ignorent très souvent
la nécessité de rechercher une assurance individuelle autre que celle proposée
par la banque.
- La plupart du temps un compromis de vente ayant déjà été signé, le temps
imparti pour faire jouer la concurrence et souscrire une police d'assurance est
insuffisant.
Des
barrières économiques majeures
- Les primes d'assurance peuvent être 2 à 3 fois plus chères, soit un surcoût
pour la personne assurée pouvant atteindre 200 euros par mois !
- Pour un prix pourtant majoré, les assureurs réduisent très souvent la
couverture du risque au seul décès et excluent le risque d'invalidité par
exemple.
- L'évaluation du risque et le montant des primes qui en découlent peuvent
varier fortement d'un assureur à un autre. Il existe donc un doute sur la prise
en compte, par certains, des données épidémiologiques existantes pour calculer
une prime véritablement ajustée au risque réel.
Pour mettre fin à cette discrimination,
l'UFC-Que Choisir plaide pour un véritable droit opposable à l'assurance en vue
d'acquérir sa résidence principale.
Concrètement, compte tenu du montant des
surprimes, la mutualisation globale des risques est une nécessité, Il s'agit
donc de faire rentrer dans les contrats d'assurance de groupe les personnes
avec un risque aggravé de santé.
Cette mutualisation qui s'inscrit dans l'égalité de tous dans l'accès à son
logement est possible et cela sans affecter le coût de l'assurance, les marges
réalisées par l'assurance emprunteur étant démesurées, de l'ordre de 60 %.
N.B. : Retrouvez l' « Etude de la convention AERAS » au format PDF (363 Ko)
sur lequel ce communiqué est basé, en
cliquant ici !.
Car s'il le faisait, il reculerait encore davantage, il
se condamnerait à perdre les élections suivantes. Ce n'est pas son
intérêt ni celui du peuple. En Europe, les "troisièmes voies" sociales
ET libérales sont toutes en échec, elles ont conduit à la désespérance,
la division et la perdition. En France, c'est encore plus net, le rejet
de la politique néo-libérale, extrémiste, intégriste de l'équipe
Sarkozy-UMP est encore plus vaste et plus ferme ! La majorité de la
France cherche une vraie issue à gauche et non pas un trompe l'oeil ou
un placebo néo centriste !
Il faut une gauche à la hauteur des espérances de la gauche, et toutes les saillies droitières récentes.
Il faut un congrès de Reims rénovant la gauche et non
pas l'abandonnant. Il faut un congrès de Reims social et non pas
libéral. Il faut un congrès de Reims revenant aux fondamentaux et non
pas dilapidant nos forces et nos soutiens.
Il faut un congrès de Reims prônant l'unité de la
gauche et non l'unité avec le centre. Il faut un congrès de Reims
dynamisant et pas décourageant, il faut un congrès gagnant et non pas
conduisant à une nouvelle défaite comme celles d'avril 2002 et de mai
2007.
Voilà pourquoi ce qui transparaît ces jours derniers
des débats du PS n'est pas la réalité, ni ce qui va l'emporter. La
gauche de ce parti existe, elle a les clefs de l'avenir dans ses mains,
il faut qu'elle se réunisse et propose une véritable issue... Je dépose
avec mes amis une contribution en ce sens, et c'est ce à quoi j'appelle
mes camarades ! Pour ancrer à gauche ce parti, il faut faire se
rencontrer autour d'une même table les acteurs susceptibles d'y oeuvrer
le mieux...
En ce jeudi 22 Mai 2008, le rassemblement pour la défense d'un système
de retraites juste a été un succès. Même si elle n'a pas égalée des
records, la mobilisation est croissante et elle montre des signes
d'enracinement, c'est à dire qu'elle repose de plus en plus sur une
construction et une capacité à relier des idées au delà de l'apparence.
D'abord, les cortèges ont montré une plus grande variété de personnes.
Nombres de jeunes de 30 ans ou moins étaient présents, preuve qu'un
système de retraite juste n'est pas qu'une affaire de salariés sur le
départ. Notons aussi que l'artifice de l'allongement de la vie
justifiant l'allongement de la durée de cotisation est balayé par la
prise de conscience que pour cotiser il faut pouvoir travailler, et que
là réside le problème essentiel. Autant d'indices qui montrent qu'une
prise de conscience est en train de se faire, non sur un point précis,
mais bien sur la globalité de ce qui est à l'œuvre actuellement.
n affirmant explicitement sa rupture avec un certain gaullisme qui
était à droite, sinon une réalité concrète, du moins une position
traditionnelle dans les discours, Sarkozy percute de plein fouet des
fondements culturels qui sont les nôtres depuis des générations. Nous
ne sommes pas anglo-saxons, ne lui en déplaise, et l'enracinement du
Pacte Républicain est profond. Le fait que le président ait du mal à
tenir ses troupes UMP illustre que même dans les rangs de la droite,
une telle politique de rupture choque les fondements traditionnels de
certains. On l'oublie souvent, car la dénonciation de ce que l'on
perd prend toujours le dessus, mais le pétainisme de Sarkozy n'est pas
tant destructeur que constructeur d'un nouvel ordre moral. De fait, il
n'y a aucune contradiction entre, d'une part, le discours vantant la
liberté de tous à entreprendre ou la fin de « l'ingérence économique » de l'Etat, et, d'autre part, la volonté d'inscrire « en dur »
dans la constitution française des règles économiques scellant ainsi la
ligne libérale dans les lois de notre pays, privant ainsi la jeunesse à
venir de sa liberté à s'autodéterminer (dans sa réforme
constitutionnelle, Nicolas Sarkozy a prévu des éléments fixant des
règles budgétaires libérales pour l'économie de la France). Seule la
constitution de l'Union Soviétique en 1924 avait osé déposséder des
êtres humains à venir de leur possibilité de choisir la politique de
leur pays.
Du sécuritaire au totalitarisme... Cette
similitude est-elle le fruit d'une pure coïncidence ? Plus qu'une
nouvelle avancée libérale, le symbole d'une telle démarche
constitutionnelle est révélateur d'une manière de concevoir le monde.
La voie totalitaire signe le fait que, malgré les discours, l'individu
ne compte pour rien. Il y a sur ce point une ambiguïté fondamentale
entretenue par le discours de droite depuis des années (plus de 150
ans !). Cette droite qui se dit protectrice et porteuse de « l'individualisme »
ne conçoit l'individu dont elle parle que dans l'arène de la loi du
plus fort (les plus forts étant déjà en place !). Hors ce cadre,
l'individu est un être surveillé, aseptisé, maîtrisé et mis sous
sécurité car il est potentiellement porteur de changements. Et on le
sait au moins depuis Max Weber, le libéralisme anglo-saxon, outre le
fait qu'il n'aime pas vraiment les révolutions populaires, est
construit sur des valeurs de vie posant l'existence comme dangereuse,
comme une source d'imprévus et de douleurs. On le constate, la vision
sécuritaire est toujours liée à un défaut de vitalité heureuse, c'est à
dire un défaut de confiance et de joie à vivre. Lorsqu'une personne
perçoit la vie avant tout comme une source de dangers et de douleurs,
elle tombe dans le sécuritaire par besoin de se protéger. La liberté
individuelle est l'incarnation de cette source d'imprévus : contrôler
les individus devient une impératif. La politique américaine en matière
de surveillance, de justice et de répression est l'illustration
flagrante de ce qu'est La Vie et de ce qu'est l'individu pour les
valeurs de vie du libéralisme anglo-saxon. De fait, une pensée
politique devient totalitaire et sécuritaire non parce qu'elle
s'intéresse à l'individualité, mais justement parce qu'elle ne conçoit
pas l'individualité. C'est le défaut de capacité à comprendre
l'individualisme qui fait qu'un système politique devient méfiant à
l'égard des individus et tombe dans la surveillance, le contrôle de
l'intimité, la sécurisation, l'internement et la répression. Parce
qu'il est méconnu, l'individu est une source d'incertitudes, donc une
source de dangers.
N'en déplaise, le libéralisme anglo-saxon n'est
pas seul à fonctionner sur ce mode. Toute l'expérience des pays
d'Europe de l'Est illustre cette dérive qui conduit de l'immense espoir
d'Octobre 1917 à la réalité terrifiante de la Stazi et des goulags.
Sarkozy est plus que le porteur d'un mode de fonctionnement économique,
il est porteur d'une culture et d'une éthique de vie néfaste à la vie
individuelle. Il n'y aura de projet politique à gauche sans la
compréhension et la prise en compte de ce qu'est l'individu en dehors
de l'aspect économique.
Sur ce terrain, la construction d'un projet
à gauche va se heurter à la tradition globalisante qui conçoit
l'individu comme un rouage économique et social, et relègue les
questions éthiques et anthropologiques dans des corollaires mineurs.
Pour relever cette épreuve indispensable et asseoir un nouveau projet
de société, la gauche doit réapprendre la place politique de l'individu.
Dans
cette tache, une des forces de l'esprit et de la culture de gauche
réside dans sa tradition d'érudition et de savoir. Capacité à la
critique, à la recherche et à la construction ; désirs de transparence,
d'éducation populaire et d'élévation du plus grand nombre, autant de
piliers qui fondent la solidité de la pensée et de l'action de gauche.
Mai 2005 reste une démonstration grandeur nature, à l'échelle de tout
un pays, de cette capacité à la mobilisation et à l'explicitation
passionnée par le savoir. Face à des approximations, face à de la
politique spectacle, face à des slogans aussi creux que de la
publicité, la mobilisation contre le TCE a été la preuve que nous
sommes vainqueur dès que nous avons un projet solide à défendre.
Et puis vint le mois de Mai... Est ce le
printemps, de longues années passées à tenter de conserver des acquis,
le durcissement qu'incarne le pétainisme d'un sarkozy, ou un 40ième
anniversaire qui nous ramène à des élans restés sans réponses,
difficile à dire, mais ce début de mois de Mai marque une rupture. Le
mot « dénonciations » se fait entendre, et avec lui : « marre de ne faire que de la dénonciation », « il faut sortir de la dénonciation », « on ne peut plus se contenter de dénoncer, il faut proposer du neuf ! », etc. Voilà ce que l'on pouvait entendre aux détours de conversations dans les manifestations pour défendre les retraites.
De
fait, de manière très concrète, un cap a été franchi. La conscience à
gauche que le monde des trente glorieuses est achevé prend peu à peu
consistance et s'incarne dans ce qui est le réflexe fondateur de
l'esprit de gauche : le désir de construire un nouveau monde. Ce nouveau monde sera le notre.
WASHINGTON - Le président américain George W. Bush a préféré mener une
"campagne de propagande politique" plutôt que de dire la vérité au
sujet de la guerre en Irak, accuse l'ancien porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan dans un nouveau livre, selon la presse américaine.
L'administration Bush a pris la "décision de se détourner de la
franchise et de l'honnêteté quand ces qualités étaient les plus
nécessaires", à une époque où le pays était au bord de la guerre, écrit
M. McClellan dans "What Happened: Inside the Bush White House and
Washington's Culture of Deception" ("Ce qui s'est passé: à l'intérieur
de la Maison Blanche de Bush et de la culture de la tromperie de
Washington").
La manière dont le président américain a géré le
dossier irakien "rendait presque inévitable que le recours à la force
devienne la seule option envisageable", dénonce l'ancien porte-parole
présidentiel dans ses mémoires, rapportent mercredi le "New York Times"
et le "Washington Post". Et M. McClellan de préciser: "Il s'agissait de
manipuler les sources de l'opinion publique à l'avantage du président."
Dans
un jugement étonnamment sévère de la part de l'homme qui était à
l'époque le porte-voix fidèle de la Maison Blanche, M. McClellan estime
que la guerre en Irak a été une "erreur stratégique grave". "La guerre
en Irak n'était pas nécessaire", conclut-il.
Les collaborateurs
de la Maison Blanche ont semblé sidérés par cette charge cinglante, et
l'actuelle porte-parole de la présidence, Dana Perino, a publié un
communiqué très critique à l'égard de son ancien collègue. "Scott, nous
le savons maintenant, est mécontent de son expérience à la Maison
Blanche", affirme-t-elle. "Ceux d'entre nous qui l'ont soutenu sans
réserve, avant, pendant et après qu'il fut porte-parole, sont
déconcertés. C'est triste, ce n'est pas le Scott que nous avons connu."
Mme
Perino a précisé que M. Bush avait été informé de la teneur du livre,
mais qu'il ne fallait s'attendre à aucun commentaire de sa part. "Il a
des questions plus urgentes à régler que de passer du temps à commenter
des livres d'anciens employés", a-t-elle indiqué.
L'ancien
porte-parole reconnaît que certaines de ses déclarations lors des
points presse de la Maison Blanche se sont révélées être "gravement
erronées". Mais il affirme qu'il était sincère à l'époque. M. McClellan
met également en cause les médias, qui ont selon lui facilité la
campagne de la Maison Blanche pour manipuler l'opinion sur la guerre en
Irak.
Le livre sera en vente à partir du 1er juin aux Etats-Unis.
M. McClellan y dresse le portrait d'un président Bush intelligent,
charmeur et politiquement habile, mais réticent à reconnaître ses
erreurs. En outre, M. Bush "se convainc de croire ce qui l'arrange sur
le moment", et "manque de curiosité", ajoute-t-il. AP
Le 6 mai 2008, cela fait déjà un an que Mireille Mathieu braillait «
Mille Colombes » sur la Place de la Concorde devant une foule de gogos
qui croyait encore que pour gagner plus il suffisait de travailler
plus. L'ex-égérie de la chanson française des années 60 était là avec
toute la fine fleur du sarkozisme et des courtisans du nouveau régime.
Le Leader Minimo, lui, jubilait sur l'estrade. Normal. Même s'il ne put
réfréner un énième mensonge (« Je ne vous mentirai pas, je ne vous
trahirai pas, je ne vous décevrai pas »), il avait tout de même gagné
l'élection présidentielle. Qu'importe si la victoire avait été arrachée
aux termes d'une campagne démagogique, populiste et sécuritaire.
Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse et ce d'autant plus
qu'il venait de faire un bon gueuleton au Fouquet's et s'apprêtait, dès
le lendemain, à « méditer » sur le yacht prêté par le milliardaire
Vincent Bolloré avec celle qui s'appelait – encore – Madame Cécilia
Sarkozy. C'était le temps où celui qui n'est jamais parvenu à habiter
la fonction présidentielle pensait qu'il suffisait de dire les choses
pour qu'elles se réalisent et de chercher la croissance avec les dents
pour que celle-ci remonte. Vouloir n'est pas forcément pouvoir, surtout
quand on a promis aux Français ce que l'on savait pertinemment ne pas
pouvoir tenir. Sarkozy l'a-t-il seulement compris etjusqu'où ira-t-il ?
On n'ose formuler une réponse tant il semble qu'avec Sarkozy, le pire
est toujours à venir.
C'est la nouvelle provocation du Medef.
Selon Mme Parisot c'est « le seul scénario qui permette en 2020 de
retrouver un équilibre financier ». Elle oublie un autre scénario :
l'augmentation de la part de la richesse nationale consacrée au financement des
retraites. Un scénario qui ne devrait pas présenter de réelle difficulté dans
la mesure où en 2020, avec un taux de croissance médiocre de 1,7 % par an,
la richesse réelle de notre pays aura augmenté de plus de 25 %. De 1 700
milliards d'euros aujourd'hui, le PIB passera en effet à 2 150 milliards
d'euros (constants c'est-à-dire une fois l'inflation neutralisée), soit une
augmentation de 450 milliards d'euros.
Le « besoin de financement » de nos régimes
de retraites, serait, selon Madame Parisot de 15,7 milliards d'euro en 2020. Il
suffit de rapprocher ces deux chiffres (450 et 15,7) pour constater qu'un tout
autre scénario que celui préconisé par le Medef est possible. Augmenter la part
du PIB destinée à financer les besoins des régimes de retraites par
répartition. Une fois répondu à ce besoin, il resterait encore, en effet, un
supplément de richesse de plus de 430 milliards d'euros. De quoi financer
l'assurance-maladie, l'assurance-chômage, l'augmentation des salaires directs,
l'investissement productif et même les profits…
Ce scénario aurait, certes, un grave inconvénient aux
yeux du patronat, celui d'empêcher les profits de confisquer la part de
l'augmentation de la richesse nationale qui devrait revenir aux retraites en
augmentant les cotisations-retraites et tout particulièrement la part patronale
de ces cotisations.
Madame Parisot se permet d'ajouter que le passage de
l'âge de la retraite à 63,5 ans permettrait de résoudre du même coup le
problème du taux d'emploi des salariés de 55 à 64 ans. Par quel miracle ?
Quel est le rapport entre ces deux phénomènes ? Si le patronat continue,
comme il le pratique depuis 25 ans, à licencier sans aucune retenue les
salariés de plus de 55 ans, en quoi le passage de l'âge à la retraite à 63,5
ans pourrait-il bien permettre d'augmenter le taux d'emploi des
« Seniors » ? Pourquoi, d'ailleurs, faudrait-il augmenter le
taux d'emploi des « Seniors » alors que des centaines de milliers de
jeunes ne trouvent pas d'emplois ?
Ce passage de l'âge de la retraite de 60 ans à 63,5
ans aurait, en fait, une seule conséquence : les salariés qui
disposeraient des trimestres nécessaires pour partir en retraite à 60 ans
seraient privés de ce droit. Il leur faudrait encore attendre 3,5 ans. Autant
de gagné pour éviter l'augmentation des cotisations retraites patronales. Et,
comme le Medef veut progressivement supprimer la dispense de recherche d'emploi
pour les salariés au chômage de plus de 57 ans, il ne resterait plus qu'une
solution par un salarié sans emploi de plus de 60 ans mais de moins de 63,5 ans
disposant de 160 trimestres de cotisations : le RMI.
Quant au gouvernement, il estime qu'aucun élément
nouveau n'est intervenu depuis la loi Fillon de 2003 et qu'il n'y a donc aucune
raison de ne pas allonger d'un an (de 40 à 41 annuités) la durée de cotisation
nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein en 2012 Sans doute
n'a-t-il pas lu le dernier rapport du COR (2007) qui remet très sérieusement en
cause les hypothèses démographiques qui avaient servi de prétexte à cette loi.
Le population en âge de travailler ne subirait plus une diminution de 2,2
millions de personnes entre 2006 et 2050 mais resterait stable. Quant au nombre de
retraités, il diminuerait de 650 000 en raison d'une baisse moins rapide du
taux de mortalité. Le chiffre d'un trimestre d'augmentation de l'espérance de
vie annuelles, sans cesse affirmé par le Medef et le gouvernement est
totalement infirmé par ce rapport qui chiffre cette augmentation à 0,44
trimestres par an.
Sans doute le gouvernement n'a-t-il pas lu non plus le
bilan que tirait le COR de l'augmentation de la durée de cotisation ?
60 % des salariés du privé continuent à ne plus être au travail au moment
où ils prennent leurs retraites. Ils sont au chômage, en invalidité ou en
maladie. Selon le COR, l'âge réel de cessation d'activité des salariés du
secteur privé augmentait 7 fois moins que la durée d'assurance exigée (0,2
année pour un allongement de 1,5 année). Le passage à 41 annuités de cotisation
ne pourrait, dans ces conditions, avoir qu'une conséquence : une nouvelle
baisse du montant des retraites. C'est tout aussi inacceptable que la remise en
cause du droit à la retraite à 60 ans.
Si la réforme des retraites est appliquée, les jeunes professeurs
des écoles devront travailler jusqu'à 67 ans au moins pour percevoir
leur pension. “Nous sommes assimilés fonctionnaires ; mais nous n'en
aurons pas la retraite ; nous avons tous les inconvénients du privé”,
proteste une enseignante.
“Je suis gavée” soupire Valérie, mère de deux enfants scolarisés à
l'école maternelle du Sacré-Coeur (Saint-Denis). “Jeudi, même l'école
privée est fermée, alors que j'avais choisi le privé justement pour ne
pas avoir de grève”. Pas de chance demain : sur les vingt professeurs
de l'école maternelle, dix-neuf cesseront le travail, ainsi que la
quasi-totalité des autres personnes (Atsem, agents techniques,
secrétaires, etc).
Car enseignants et agents se montrent également “gavés” par le projet
gouvernemental de réforme de retraites. L'une des institutrices
explique : “Moi, j'ai commencé à travailler et à cotiser à 20 ans. Je
pourrai donc partir à 60 ans avec une retraite pleine, c'est-à-dire
environ 2 000 euros, alors que mon salaire de fin de carrière atteindra
3 300 euros”.
LES JEUNES NE BÉNÉFICIERONT PAS DE LA RETRAITE C'est déjà une injustice vis-à-vis de ses collègues du secteur public,
dont la retraite bénéficie de l'indexation de 35%. À cette inéquité va
s'ajouter, avec la réforme en projet, l'obligation de travailler 41 ans
à temps complet pour percevoir une retraite. L'institutrice s'insurge :
“Les jeunes professeurs des écoles commencent leur carrière à 26 ou 30
ans. Vous ajoutez 41 ans : ils devront travailler jusqu'à 67 ou 71
ans !”
Le résultat est prévisible : les actuels jeunes s'arrêteront de
travailler avant d'avoir cotisé 41 ans, et ne pourront jamais
bénéficier d'une véritable retraite par répartition. C'est d'ailleurs
l'objectif de la réforme (lire ci-dessous). Et c'est pour cela que les
enseignants du secteur privé, peu coutumiers de la grève, y
participeront demain. “Nous sommes assimilés fonctionnaires ; mais nous
n'en aurons pas la retraite ; nous avons tous les inconvénients du
privé”, proteste l'enseignante. Quant à Valérie, elle a déjà cherché
une solution pour faire garder ses deux enfants demain. Lorsqu'elle
découvre les motifs de la grogne, elle questionne : “Pourquoi ne
fait-on pas grève aussi dans mon entreprise ?” Elle ne sera pas la
seule à poser la question. Selon toute vraisemblance, la grève de
demain s'annonce fort suivie.
10 questions, 10 réponses sur l'actualité de
nos retraites
En juillet, Fillon veut faire voter une loi pour
encore diminuer le montant des retraites
1 - Depuis la loi Fillon de 2003, les
perspectives démographiques des régimes de retraites se sont-elles
détériorées ?
Non, au
contraire. Selon le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites
(COR) les perspectives démographiques sont plus favorables.
Le nombre de
naissances devraient augmenter puisque le taux de fécondité (nombre d'enfants
par femmes en âge de procréer) passerait de 1,8 à 1,9, en moyenne.
L'espérance
de vie serait revue à la baisse aussi bien pour les hommes et pour les femmes.
Ce qui n'est pas, en soi, une bonne nouvelle…
Le solde
migratoire passerait, chaque année, de + 50 000 à +100 000. Ce
rapport confirme qu'à l'horizon 2050, les prévisions catastrophistes qui
avaient présidé à la réforme de 2003 ne sont plus de mise : au lieu de
reculer de 2 200 000 personnes entre 2015 et 2050, la population
active devrait rester stable.
2 - L'allongement de la durée de cotisation
permet-il de maintenir le montant des retraites ?
Non, pour la
simple et bonne raison que, dans le secteur privé, 60 % des personnes qui
partent en retraite ne sont déjà plus au travail. Elles sont en invalidité, en
maladie ou au chômage. La durée moyenne d'une carrière dans le privé est égale
à 37 ans. Quant à ceux qui restent au travail, très rares sont les employeurs
qui accepteraient de les garder dans leur effectif une fois passé l'âge de 60
ans. Au contraire, les pratiques patronales actuelles consistent à se
débarrasser de leurs salariés dès l'âge de 50 ou 55 ans.
Le
gouvernement fait comme si un salarié avait le choix de son âge de départ en
retraite. En réalité, il n'a ni le choix de son âge de départ en retraite, ni
le choix de rester ou non, dans l'entreprise. Avec la possibilité de rupture de
contrat « à l'amiable », la situation des salariés âgés ne pourra
qu'empirer.
3 - Le travail des « seniors »
peut-il apporter une solution au problème des retraites ?
Non, pour
trois raisons.
La première
de ces raisons est qu'en période de chômage de masse, les salariés âgés
prendraient la place des jeunes qui sont aujourd'hui à la recherche d'un
emploi. Chaque retraité de la fonction publique qui ne sera pas remplacé
signifiera un jeune de plus au chômage. Des centaines de milliers de salariés
âgés maintenus au travail, cela signifie des centaines de jeunes qui ne
trouveront pas de travail. Il n'est pas possible de traiter le problème des
retraites sans considérer la réalité sociale dans sa totalité.
La deuxième
raison est que l'on ne voit pas pourquoi les salariés âgés n'auraient pas le
droit de profiter des gains de productivité réalisés chaque année (environ
2 %) et que cette augmentation ne devrait profiter qu'aux employeurs.
La troisième
raison est que cet éventuel maintien des salariés âgés au travail se traduirait
par une précarisation de leurs conditions. Les employeurs ont, en effet, le
droit de proposer deux CDD de 18 mois successifs aux salariés de plus de 55
ans. Même si cette mesure n'a pas eu le moindre succès (40 CDD de ce type
signés en 2007) elle n'en constitue pas moins une épée de Damoclès au-dessus de
la tête des salariés de plus de 55 ans pour qui le gouvernement ne voit qu'un
seul choix possible : la porte ou la précarité.
4 - Quel est le bilan du choix fait par CFDT
de soutenir la loi Fillon en contrepartie du droit pour certains salariés de
pouvoir partir avant 60 ans ?
Près de
600 000 personnes qui avaient commencé à travailler tôt (14, 15 et 16 ans)
ont pu, sous certaines conditions, bénéficier d'un départ anticipé en retraite.
Le succès de cette mesure indique clairement la volonté de la majorité des
salariés âgés de fuir un travail de plus en plus insupportable.
Mais ces 600
000 départs anticipés ont pour contrepartie l'augmentation de la durée de
cotisation pour plus de 10 millions de futurs retraités. Le moins que l'on
puisse dire est que le patronat est le grand gagnant de l'opération.
D'autant,
d'ailleurs, que le gouvernement compte bien supprimer cette mesure lors de la
loi qu'il veut faire voter en juillet 2008. En plein été, comme pour la loi
Balladur de 1993 ou la loi Fillon de 2003.
5 - L'épargne-retraite peut-elle constituer
un complément aux retraites par répartition ?
L'épargne-retraite
qui avait disparu des arguments gouvernementaux depuis la crise financière du
début des années 2000 vient de resurgir.
C'est
pourtant la pire des solutions.
C'est la
forme de retraite la plus inégalitaire qui soit. Les salariés qui peuvent tout
juste joindre les deux bouts à la fin du mois ne pourront pas en profiter.
Seuls pourront le faire une partie des cadres et des salariés des grandes
entreprises.
C'est
accepter de jouer sa retraite à la bourse. Non seulement les frais de gestion
sont trois fois plus élevés que pour la retraite par répartition mais les
sommes versées sur les produits d'épargne retraite font l'objet de spéculations
boursières. Après la crise des « subprime », quel salarié accepterait
de jouer sa retraite en bourse ? Quel salarié accepterait de confier sa
retraite à la Société Générale (ou à toute autre banque) après ses 4,9
milliards d'euro de pertes en quelques semaines du fait d'un seul trader ?
Les
employeurs ont utilisé près d'une dizaine de milliard d'euros pour abonder ces
fonds de pension. Pourquoi n'ont-ils pas utilisé ces sommes pour consolider les
retraites par répartition ? L'image de l'épargne-retraite qui serait un
« troisième étage » de l'édifice des retraites est une supercherie.
La hauteur totale de l'immeuble des retraites ne changera pas : ce
soi-disant troisième étage ne fera que siphonner les ressources qui auraient dû
être allouées aux deux premiers étages, celui de la retraite de base et celui
de la retraite complémentaire.
6 - Le fonds de réserve mis en place par
Lionel Jospin est-il la solution pour nos retraites ?
Non, pour
trois raisons.
D'abord
parce qu'au lieu de cumuler 300 milliards de réserve, la politique de la droite
l'a laissé stagner à 30 milliards d'euros.
Ensuite,
parce que (comme l'a révélé récemment le Canard enchaîné), les fonds placés sur
ce compte sont, eux aussi, joués en bourse et ont essuyé une perte de 3,1
milliards d'euros à la suite de placements risqués.
Enfin, parce
que même s'il était correctement abondé, ce fonds de réserve ne constituerait
qu'un fonds de lissage, permettant d'amortir le choc d'une augmentation brusque
du montant des retraites et non de financer les retraites par répartition.
7 - Les retraites n'ont-elles vraiment rien
à voir avec le partage des richesses ?
Si l'on en
croit le gouvernement, les deux choses n'ont rien à voir. Elles sont pourtant
totalement liées.
En effet, en
40 ans, même avec le taux de croissance médiocre retenu par le COR (1,7 %
par an en moyenne), la richesse réelle (en euros constants) de notre pays
doublera et passera de 1800 milliards d'euros en 2007 à 3600 milliards d'euros
en 2047. La richesse de notre pays augmentera donc de 1800 milliards d'euros en
40 ans.
Pour
maintenir le montant des retraites au niveau où il se situait avant les
réformes de 1993, 1996, 2003 et 2007 il faudrait que la part du PIB destinée à
financer les retraites augmente de 6 points et atteigne donc 216 milliards
d'euros en 2047.
Il suffit de
rapprocher les deux chiffres : 1800 milliards d'euros et 216 milliards
d'euros pour constater qu'il serait parfaitement possible de financer les
retraites par répartition tout en permettant aux salaires directs et aux
investissements productifs d'augmenter eux aussi. A une condition, c'est que
les profits ne confisquent pas la part des richesses qui devraient servir à
financer les retraites.
8 - 41 ans de cotisation en 2012, est-ce
acceptable ?
Non.
D'abord
parce que contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, l'espérance de vie
n'augmente pas d'un trimestre tous les ans mais de 0,4 trimestre. Ce qui est
quand même assez différent.
Ensuite parce
que ce passage à 41 années (puis 42, 43 jusqu'à l'objectif de 45 ans fixé par
le Medef) se traduira avant tout par une baisse du montant des pensions, de
moins en moins de salariés pouvant bénéficier d'une carrière complète. Non
seulement la durée de cotisation augmente mais l'âge d'entrée dans la vie
active est de plus en plus tardive et les périodes de chômage de plus en plus
fréquentes.
Enfin, parce
que la part de la richesse nationale destinée à financer les retraites, ne doit
pas être confisqué (comme s'y emploient le gouvernement et le Medef) par les
profits.
Le
gouvernement s'est attaqué en trois temps au salariat : d'abord ceux du
privé en 1993, puis à ceux des fonctions publiques en 2003, enfin aux salariés
des régimes spéciaux en 2007. Aujourd'hui, c'est à l'ensemble du salariat qu'il
s'attaque en voulant imposer les 41 annuités de cotisations en 2012 (ou en 2016
pour les régimes spéciaux). C'est donc tous ensemble qu'il faut riposter.
9 - Quels sont les véritables objectifs du
gouvernement ?
Ils sont
doubles et parfaitement complémentaires.
D'abord ne
pas augmenter la part patronale des cotisations retraites. L'objectif est
d'augmenter les profits patronaux. Ensuite, en diminuant le montant des
retraites, de laisser une place à l'épargne-retraite des banques et des
assurances. Là encore, le but est d'augmenter les profits dans ces deux
secteurs.
10 - Comment financer nos retraites ?
En mettant
le capital à contribution.
Chaque
année, des dizaines de milliards d'euros de profits sont utilisés à des fins
spéculatives ou distribués aux actionnaires alors que la part patronale des
cotisations retraites stagne depuis vingt ans. Alors que les impôts des riches
diminuent graduellement asséchant les caisses de l'Etat et la possibilité de
maintenir le montant des pensions des salariés de la fonction publique.
C'est
inacceptable. Les impôts des riches doivent augmenter.
La part
patronale des cotisations retraites doit être majorée en fonction des besoins
de financement des régimes de retraite par répartition. Le COR (dans son
rapport 2000) reconnaissait qu'avec une augmentation de 15 points en 40 ans, il
était possible de financer des retraites de même niveau que celles d'avant la
contre-réforme de 1993 (passage de 37,5 à 40 années de cotisation, calcul des retraites
sur la base des 25 meilleures années et non plus des 10, indexation des
retraites sur les prix et non sur les salaires). Une augmentation de 15 points
en 40 ans, cela représenterait, chaque année, une augmentation de 0,25 point de
la part patronale et de 0,12 point de la part salariale.
En quoi
est-ce impossible ? En quoi cela n'est-il pas préférable au retour de la
pauvreté pour la grande majorité des retraités dans les vingt ans qui
viennent ?
Le porte-parole de la LCR a comme prévu
déposé plainte, ce mercredi, auprès du parquet de Paris, après les
révélations de LEXPRESS.fr sur l'espionnage privé dont il a été la
cible pendant plusieurs mois à la fin de l'année dernière.
Comme l'avait annoncé la LCR dès lundi,
son porte-parole, Olivier Besancenot, a porté plainte contre X auprès
du parquet de Paris, ce mercredi, pour "atteinte à la vie privée" après
l'article d'Eric Pelletier sur LEXPRESS.fr selon lequel il a été espionné, fin 2007 et début 2008, par une officine de renseignement privée.
Selon
son avocat, Me Antoine Conte, "M. Besancenot a porté plainte, en son
nom, contre X pour atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des
personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et
violation du secret professionnel".
La plainte a été déposée ce
mercredi matin auprès de la section "Presse et protection des libertés"
du parquet de Paris, dont l'avocat espère qu'il "va ouvrir une
information judiciaire".
Arrêtés, puis transférés, puis enfin libérés, les six de l'Arche de Zoé
affrontent aujourd'hui l'opprobre public opportunément déversé sur
leurs têtes par la classe politique et les médias. Pendant ce temps,
les tambours-majors de l'indignation générale, à l'abri de tous
reproches, continuent de battre le rappel, pour une autre cause, un
autre génocide.
1 - Réfutant les accusations d'enlèvement d'enfants,
Eric Breteau, le président de l'Arche de Zoé, a expliqué que
l'opération Children Rescue avait pour objectif prioritaire de
déclencher "une crise" et de "susciter une prise de conscience
internationale". Pourquoi ne pas le croire a priori ?
2 - Il faut se souvenir que pendant les mois qui ont
précédé l'arrestation des membres de cette ONG, le Darfour a fait
l'objet d'une très grosse campagne de presse. Des associations telles
que SAUVER LE DARFOUR ou le collectif URGENCE POUR LE DARFOUR
poussaient comme champignons après la pluie. Les débats succédaient aux
meetings, que précédaient les manifs, qui suivaient les pétitions et
les déclarations à l'emporte-pièce. Les personnalités du showbiz et de
la politique, dans le combat qu'ils se livrent depuis toujours pour
décrocher la timbale de l'indignation, criaient à qui mieux mieux au
génocide. L'improbable Bernard-Henri Lévy se rendit sur place et se fit
photographier sur fond de désert soudanais (temps clair et ensoleillé).
Quant à l'inimitable Bernard Kouchner, il lança un appel déchirant, un
truc à vraiment chialer… Préparez vos mouchoirs : "Mes amis,
entendez-vous ce cri qui s'élève du Darfour ? Pouvons-nous, sans rien
faire, laisser mourir les hommes, les femmes, les enfants ?
Pouvons-nous, sans rien dire, nous résoudre à l'intransigeance du
président soudanais qui s'oppose à toute aide humanitaire efficace
proposée par la communauté internationale ? Non ! nous ne le pouvons
pas. (…) Nombreux sont les volontaires prêts à répondre aux besoins de ces populations livrées à elles-mêmes
(c'est moi qui souligne, ndr). Nous demandons l'ouverture de toute
urgence d'un corridor humanitaire en direction du Darfour, comme le
prévoit la résolution 43/131 adoptée par l'ONU en 1988 et complétée en
1990." Cet appel publié en février 2007 fut aussitôt propulsé en tête
des charts médiatiques, seulement devancé par la campagne des
présidentielles. Or, de quoi parlaient les candidats, quand ils
n'avaient plus rien à dire sur le pouvoir d'achat ? Du Darfour et de
l'épouvantable génocide perpétré là-bas.
3 - Au milieu de ce concert d'indignation, quelques
voix tentèrent vainement de faire entendre un autre son de cloche.
Ronny Brauman, par exemple, expliqua que des ONG se trouvaient déjà sur
place, en nombre suffisant, et que la situation des darfouris
s'améliorait. Quelle impudence ! BHL se chargea lui-même de tancer
l'importun en le qualifiant de "révisionniste". Et les appels au droit
d'ingérence toutes affaires cessantes reprirent de plus belle. C'est
donc dans cette ambiance d'excitation et d'incitation à la débauche
humanitaire que l'idée d'agir pour de vrai germa au sein de l'Arche de
Zoé. On avait fourni à ses membres les mobiles politique et juridique
(corridor humanitaire et résolution de l'ONU) ; il ne leur restait plus
qu'à dégoter les moyens (la contribution financière des familles
d'accueil) et à s'attirer la bienveillance de personnes influentes,
sans laquelle ils n'auraient probablement jamais osé se lancer à
l'assaut d'un pareil moulin à vent.
4 - Dans un entretien daté du 7 avril (Le Figaro), Eric
Breteau, fraîchement gracié par Idriss Déby, affirma, avec un aplomb
extraordinaire, avoir "été reçu par le conseiller politique de Bernard
Kouchner, qui a trouvé l'idée (de ramener des enfants, ndr) très
intéressante." Ensuite de quoi, il aurait remis un dossier complet à un
conseiller de Nicolas Sarkozy, qui lui aurait dit : "Banco, on va
envoyer Cécilia…" Il aurait aussi reçu "un feu vert officieux du
ministère de la Justice." Et comme si cela ne suffisait pas, on aurait
envisagé, dans le monde opaque des conseillers du pouvoir, que "Cécilia
Sarkozy et Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les
103 enfants à l'aéroport de Vatry." Ce même 7 avril, sur le plateau du
Grand Journal de Canal Plus, Breteau donna une autre info (ou intox),
plus énorme encore. Le conseiller de Sarkozy dont il est question plus
haut, un proche de Catherine Pégard, aurait été démissionné le 25
octobre 2007, quelques heures après le foirage tchadien ! Là encore,
pourquoi ne pas le croire a priori ?
5 - Le 18 novembre 2007, nous évoquions ici-même une
piste que la presse, à quelques rares exceptions près, s'entête à ne
pas suivre (http://lavraiedemocratie.com/spip.php ?article95).
Petit rappel pour ceux qui aurait manqué un épisode. Stéphanie
Lefebvre, la secrétaire générale de l'Arche de Zoé, est également la
directrice adjointe d'un incubateur d'entreprises médicales appelé
Paris Biotech Santé, dont le fondateur n'est autre que son père,
Jean-François Dhainaut. Ce ponte de la recherche médicale, qui préside
l'Université Paris-V, est un proche du pouvoir. C'est lui qui a dirigé
la commission Recherche et Enseignement de l'UMP pendant la campagne
des présidentielles ; et c'est à lui que Nicolas Sarkozy a confié les
rênes de l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement
Supérieur. Or, par le plus grand des hasards, le siège de l'Arche de
Zoé se trouve à son domicile parisien. Plus fort, — le NouvelObs l'a
révélé le 29 novembre 2007 (http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2247/articles/a361338-lombre_de_la_patronnesse.html)
— Olivier Amédée-Manesme, le directeur de Paris Biotech Santé, apporta
son soutien à Eric Breteau dans un courrier daté du 14 avril 2005 :
"Satisfait de la collaboration entre notre association et votre équipe
depuis le début de cette année et soutenant le programme envisagé par
les bénévoles de l'Arche de Zoé, je tenais à vous confirmer notre
souhait de poursuivre notre collaboration en termes de moyens
logistiques et de mise à disposition de réseaux dont vous pourriez
avoir besoin dans ce programme." Cet article révèle en outre que
l'attachée de presse de Paris Biotech Santé s'appelle "Mary Sills, une
vétérante de l'humanitaire. Elle est l'ancienne attachée de presse de
Bernard Kouchner. Elle l'a suivi partout pendant près de dix ans, au
ministère de la Santé, à Ingérence Santé, son association. En fait,
Mary Sills appartient au premier cercle du French doctor, à ce petit
groupe de fidèles soudés et solidaires." Si les membres de l'Arche de
Zoé ont éprouvé le besoin de s'attirer la bienveillance de personnes
influentes, ils n'ont pas eu à chercher très loin. En fait, ils en
avaient un plein sac.
6 - Il va de soi que tous ces petits faits et tous ces
noms de personnalités mis bout à bout ne prouvent rien. Remarquons
quand même qu'ils ont une fâcheuse tendance à converger entre eux comme
de la limaille de fer aimantée. Ainsi de ce détail, ce quasi rien dont
je ne peux pas croire un instant qu'il a échappé à la presse
parisienne : l'un des trois reporters arrêtés au Tchad travaillait pour
le compte de CAPA ; le patron de cette agence, Hervé Chabalier, un
vieux pote de Kouchner, a été, au titre de journaliste, de tous les
bons coups humanitaires du French Doctor.
7 - Avant de conclure, et pour nous distraire, je vais
vous narrer une drôle d'histoire*. Elle a pour toile de fond la guerre
des Balkans, qui fut en son temps une grande source d'inspiration pour
les indignés de tous poils. En 1991, une étrange ONG pointe le bout de
sa truffe rose sur le marché de l'humanitaire. Elle a pour nom
EQUILIBRE. Elle est étrange parce qu'elle ne fait rien comme les
autres. Alors qu'elle achemine gratuitement les denrées nécessaires à
la survie de certaines populations, elle affrête commercialement ses
camions au retour, une façon plutôt originale de se rembourser.
Remarquée par le secrétaire d'état à l'action humanitaire, un certain
Bernard Kouchner, elle est missionnée par le Quai d'Orsay pour se
rendre en Yougoslavie. Alain Michel, son président, raconte : "Il
fallait envoyer l'un des camions à Zagreb et l'autre vers Dubrovnik
(…). Je ne comprenais pas pourquoi on organisait deux convois aussi
petits. (…) les camions étaient à peine chargés. (…) Et puis soudain,
j'ai réalisé. (…) quel que soit l'endroit, il lui fallait un camion à
décharger." Il, c'est Bernard Kouchner, évidemment du voyage, avec les
médias. Pour un différend d'ordre financier, la collaboration entre
l'ONG et le Quai d'Orsay n'ira pas plus loin. Mais Alain Michel était
lancé. Dans la foulée, il inventa les "convois pour la paix", qui
consistaient à transporter un peu d'aide matérielle, et surtout
beaucoup de personnalités : BHL (tiens, tiens…), Jean-François Deniau,
etc. Succès médiatique garanti. Lequel succès n'est pourtant rien en
comparaison de la gloire et de l'infâmie qu'il connut en ramenant des
enfants. Et pas qu'un peu… des centaines ! D'abord, on l'applaudit pour
la prouesse ; puis on le suspecta ; enfin, on le salit. On le traita de
gourou. On lui reprocha d'arracher des enfants à leurs familles. Bref,
devenu gênant pour la si belle et si utile image de l'action
humanitaire, on le pria sans ménagement de secourir ailleurs. Toute
ressemblance avec des faits existant ou ayant existé serait à
l'évidence fortuite.
8 - Reste une question à poser. Pourquoi Nicolas
Sarkozy a invité Bernard Kouchner à la table de ses ministres ? Si l'on
en juge aux résultats obtenus ces derniers mois en politique étrangère,
la réponse s'impose d'elle même : pour rien. Mais si l'on prend en
compte la volonté répétée de Nicolas Sarkozy de faire des coups
humanitaro-humanistes (infirmières bulgares, Ingrid Bétancourt), alors…
Back to the futur!
Sous l'apparence relativement incohérente des "couacs" gouvernementaux,
se cache, de fait, une entreprise tout à fait logique, cohérente,
concertée, préméditée, du démantèlement, par l'entreprise de démolition
générale Sarko, Medef and Co, du système social français. Bien au-delà
de "liquider Mai-68", le but est, clairement, de liquider également 46,
et aussi 36, pour laisser enfin le champ libre au libéralisme
triomphant, dégagé des pesantes contraintes d'une protection sociale,
perçue comme un frein insupportable à la toute-puissance du "marché"...
Ceux qui connaissent un peu la chose politique ne s'y trompent pas : c'est Lionel Jospin qui déclare, hier, au 20 heures de France 2 : "J'entends parler de cafouillage, de cacophonie ; il y a
peut-être quelque chose qui relève de l'art de gouverner", a déclaré
Lionel Jospin, citant les remboursements de lunettes, la carte famille
nombreuse, les allocations familiales.
"Je me suis demandé si, derrière l'apparence de l'incohérence
politique, il n'y a pas, en fait, comme explication, une logique
économique et sociale dure, qui n'est pas acceptée par la population,
et que les députés de la majorité n'arrivent pas à assumer", a-t-il
ajouté.
"C'est peut-être au cœur de cette logique économique et sociale que se
trouvent les raisons de cette relative incohérence politique", a conclu
l'ancien locataire de Matignon.
Lionel
Jospin, en disant "peut-être", est encore en dessous de la vérité. Il
suffit, pour s'en convaincre, de prendre connaissance des différentes
déclarations des porte-parole du Medef, depuis quelque temps.
Kessler s'en réjouissait : au fond, les différentes
réformes engagées par Sarkozy, disait-il, « peuvent donner une
impression de patchwork », mais « on constate qu'il y a une profonde
unité à ce programme ambitieux ».
Le 27 janvier dernier, dans une interview au JDD, c'est Charles Beigbeder, PDG de Poweo qui affirmait, que selon lui le rapport Attali permettrait enfin d'en finir avec cette
France « qui continue à vivre sur un modèle fondé en 1946, à partir du
programme du Conseil national de la Résistance ».
On voit donc qu'il s'agit bien d'une entreprise concertée.
Pour
savoir ce qu'est le programme du Conseil national de la Résistance, qui
sert de préambule à la Constitution de 1946, qui fonde les droits et
devoirs de chacun et des gouvernements de la République, prenez le
temps de lire cet article : lecture particulièrement instructive.
Ainsi,
tout ce à quoi l'on assiste depuis le début de l'ère Sarkozy,
s'inscrit-il, malgré les apparences, dans une perspective tout à fait
cohérente : "paquet fiscal" d'un côté et, de l'autre, la longue litanie
(loin d'être terminée) des mesures anti-sociales : franchises
médicales, déremboursement de médicaments, plan "hôpital", division du
corps des fonctionnaires par deux, toutes les mesures restreignant les
droits à la Sécurité sociale (optique, frais dentaires), aux
différentes couvertures sociales (chômage supprimé en cas de refus de
deux offres d'emploi, traque aux RMistes, obligation aux séniors,
passés 57 ans 1/2, de retrouver du travail), aux droits familiaux
(suppression de l'allocation familiale pour l'enfant de 11 ans), au
droit au logement (relèvement du plafond de droit d'accès à l'habitat
social) ; on en passe, parce que c'est loin d'être fini...
Les prochaines mesures "dans les tuyaux" concernent : la remise en cause du Smic,
la refonte du Code du travail (entrée en vigueur le 1er mai) et, très
bientôt, n'en doutons pas une seconde, celle des congés payés (cf. Le Figaro du 17 avril).
En guise de "réformes", le démantèlement du système de protection sociale français est donc systématiquement mis en œuvre.
Comme,
par ailleurs, sous le coup des diverses mesures prises sur le plan
économique (totalement inadéquates et inefficaces), la situation ne
fait que s'aggraver : rappelons que la croissance française, comme
depuis maintenant 2002, est EN DESSOUS de la moyenne européenne, que la
dette continue de s'aggraver, de même que les déficits, quand
l'inflation augmente, et que le pouvoir d'achat global des Français
diminue, que rien n'est fait pour récupérer l'argent là où il pourrait
l'être (40 milliards de fraudes fiscales des entreprises : estimation
de la Cour des comptes, 65 milliards d'aides fiscales accordées aux
entreprises, sans aucun contrôle d'utilisation), la France de la
présidence Sarkozy, alors même qu'elle est, pour la production des
richesses, la 6e
puissance mondiale, et que la productivité de ses travailleurs est la
deuxième meilleure au monde est en train de rejoindre, à la vitesse des
derniers TGV, le peloton des nations de seconde zone ; surtout pour ce
qui concerne les 3/4 de sa population : travailleurs, classes moyennes
(pour les autres, pas de problème ; les entreprises du caca-rente ont
réalisé, cette année, 100 milliards de bénéfice : chiffre jamais
atteint jusque-là).
Le
problème, c'est que, théoriquement, cette équipe de fossoyeurs est au
pouvoir pour encore quatre ans : le temps d'achever ce travail de
démolition et de porter, à la très grande majorité des citoyens de ce
pays, un coup que risquent de payer les générations à venir, pour
longtemps encore.
Les Français se laisseront-ils
ainsi dépouiller de droits si chèrement et douloureusement acquis par
leurs anciens ? Laisseront-ils les forces de l'argent, et leurs valets
au pouvoir, les laminer jusqu'à la corde, sans réagir ?
Laisseront-ils
un président et un gouvernement élus sur des tromperies et des
mensonges (le "pouvoir d'achat"), mener une politique de spoliation,
d'abus de pouvoir, contraire aux intérêts du pays et de leur grande
majorité ?
C'est de notre pouvoir
de réaction que dépend la réponse, et l'avenir de la France : n'ayons
pas à regretter, dans quelque temps, une coupable passivité : le peuple
est souverain, c'est à lui de faire rendre des comptes à ceux à qui il
ne fait que déléguer le pouvoir, et de les destituer quand l'intérêt du
pays et de ses citoyens l'exige.
PARIS - Georges Tron, député UMP de l'Essonne, estime que la première année de Nicolas Sarkozy
à la présidence "est une année de surprises et finalement de déception"
et "crain(t) à court terme des déconvenues", dit-il dans un entretien
publié dans l'édition de mercredi de "France-Soir".
"Je crains à court terme des déconvenues et je pense qu'il serait
utile de rechercher des économies en revoyant par exemple les aides
apportées aux grandes entreprises ou celles dispensées aux
collectivités territoriales", déclare le député villepiniste.
"Je
ne vois pas réellement des réformes d'ampleur nécessaires pour faire
face à cette crise. Je reconnais bien volontiers à Nicolas Sarkozy sa
volonté de réforme. Mais celles-ci généreront dans un premier temps
plus de dépenses que d'économies", prédit-il.
Georges Tron
critique également la façon dont sont traités les députés de la
majorité. "Nous avons l'impression que nous ne sommes plus écoutés
comme nous le devrions, et que l'Assemblée est transformée en chambre
d'enregistrement", lance-t-il.
"Aujourd'hui, une grande partie de
la majorité s'interroge et fait part de ses inquiétudes (mais) la
moindre critique est le plus souvent interprétée comme une attaque
personnelle, ou un manquement à une solidarité obligée", juge-t-il,
alors que selon lui "la profusion des idées serait profitable à la
majorité si aujourd'hui l'UMP cherchait réellement à l'organiser".
Un regard rapide sur soixante années de vie politique : naissances,
évolutions, morts de partis politiques ; la gauche transite de
l'opposition, souvent, au pouvoir, rarement.
Introduction
Depuis plus de deux
siècles, la notion de gauche est un élément déterminant de notre vie
politique. Mais qu'est ce que la gauche ? La division de la classe
politique française en deux camps antagonistes date des premiers mois
de la Révolution française. Dans l'assemblée autoproclamée nationale
puis constituante, les partisans du veto royal se placèrent à droite
quand leurs adversaires se retrouvaient à gauche.
Au
XIXe siècle, la gauche regroupe les partisans de la république , et
devient porteuse d'un message de progrès social . A mesure que le
régime républicain s'impose, le seul fait d'être républicain ne place
pas à gauche. Au début du XXe siècle, la gauche est divisée
principalement en deux courants, les radicaux et les socialistes. Le
premier est plus gestionnaire, quand le second est plus
révolutionnaire. Les deux se retrouvent tout de même dans leur
anticléricalisme . Le Parti Communiste qui naît en 1920 bouscule le
paysage en s'affirmant plus révolutionnaire que les socialistes.
Avant
1945, la gauche est rarement unie et ses passages au pouvoir sont
souvent brefs. Même le gouvernement de Front Populaire qu'on retient
pour ses importantes réformes sociales n'est en place que quelques
mois. Hormis pour les radicaux, le pouvoir est d'ailleurs une source de
remords pour les hommes de gauche. En participant au pouvoir dans un
régime capitaliste, ne renie-t-on pas la révolution ?
1945
est un tournant important pour la politique française. La Libération
met fin à l'expérience de Vichy, le personnel politique est
profondément renouvelé, consacre les communistes et le général De
Gaulle, condamne la droite au silence et achève un régime en place
depuis soixante-dix ans.
Depuis la fin de la guerre,
plus de soixante ans se sont écoulés, deux constitutions se sont
succédées. La vie politique a profondément changé, que ce soit dans son
personnel, dans ses moyens d'expressions, ou encore dans ses partis. La
gauche a suivi, avec plus ou moins de difficulté, ces évolutions. C'est
en étudiant avec attention les changements tactiques, idéologiques des
hommes de gauche et de leurs partis qu'on pourra appréhender la
situation actuelle.
Pour mener cette réflexion, il
faut d'abord observer le comportement de la gauche sous la IVe
République. Ensuite, l'histoire de la gauche sous la Ve République peut
s'étudier en deux phases, une période d'opposition et d'adaptation au
régime, jusqu'en 1981, puis un tournant avec le retour de la gauche au
pouvoir et les vingt ans qui suivent.
I - La gauche sous la IVe République
a) Le Parti Communiste Français, premier parti mais perpétuel opposant
Avant
la Seconde Guerre Mondiale, le PCF refuse toujours de participer à
l'exercice du pouvoir. S'il soutient le gouvernement de Front Populaire
de Léon Blum, c'est effectivement sans y compter de ministre.
Dès
1944, il change d'attitude. Le gouvernement dirigé par le Général De
Gaulle à Alger inclus deux communistes à partir d'avril 1944. Leur
comportement fait alors du PCF un parti de gouvernement.
Auréolé
de son rôle dans la Résistance et de la puissance que l'Armée Rouge a
mise au service de la victoire sur l'Allemagne, le PCF sort grandi de
la guerre. Dès les premières consultations électorales, il arrive en
tête. A l'élection de l'Assemblée Constituante le 21 octobre 1945, plus
d'un français sur quatre lui a apporté sa voix . Et s'il est doublé par
le MRP le 2 juin 1946 pour la seconde Constituante, il reprend sa
première place lors de la première élection législative de la IVe
République le 10 novembre suivant. Jean Touchard estime que le Parti
compte alors quelques 800 000 membres (il en revendique 1 000 000). La
Guerre Froide n'est pas encore commencée et il ne semble pas
complètement inimaginable qu'un communiste soit un jour Président du
Conseil .
Ces trois assemblées sont littéralement
dominées par trois partis, le PCF, la SFIO et le MRP. Pendant la
rédaction de la Constitution et les premiers mois de la nouvelle
république, les trois s'entendent pour diriger le pays. C'est le temps
du tripartisme, le PCF est un parti de gouvernement.
Mais
sur de nombreuses questions, communistes et MRP ne peuvent admettre la
même solution. C'est notamment le cas des questions économiques et
sociales. De plus, la Guerre Froide commence à peser. Churchill a lancé
les mots « rideau de fer », Truman parle d'endiguement et le Plan
Marshall est sur les rails.
Le 5 mai 1945, Président
du Conseil, le socialiste Paul Ramadier, congédie les ministres
communistes . Sur le moment, on n'est sans doute pas conscient de
l'importance de cette rupture, mais aucun gouvernement français ne
comptera plus de ministres communistes avant 1981.
C'est
quelques mois plus tard que le fossé s'affirme vraiment pour les
communistes. En septembre 1947, la Pologne accueille la conférence
constitutive du Kominform, la nouvelle version de l'Internationale
Communiste. Les communistes français s'y font sévèrement réprimander.
Jdanov, reproche au PCF son « crétinisme parlementaire ». L'heure n'est
plus à la participation au gouvernement, mais bien à l'opposition aux
politiques atlantistes.
Soumis au Kominform, le PCF
devient ainsi un fidèle soutien à l'URSS. En 1952, le communiste
Jacques Duclos écrit dans Les cahiers du communisme que la défense de
l'URSS doit être pour un communiste « sans réserves » et « sans
conditions ». Il ajoute que « le monde est partagé en deux camps : le
camp de la guerre avec à sa tête l'impérialisme américain, le camp de
la paix avec à sa tête l'Union Soviétique ». Dans le même article, il
cite Maurice Thorez, leader du PCF : « De tout notre coeur, nous
proclamons notre amour ardent pour Staline et nous l'assurons de notre
confiance inébranlable ».
Le fossé entre le PCF et
le reste de la gauche semble difficile à combler tant que les
communistes français persistent dans leur soutien aveugle au régime
soviétique. Il suffit d'écouter Guy Mollet, secrétaire général de la
SFIO, affirmer lors de la campagne électorale de 1955, « les
communistes ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont de l'Est » .
Si
l'opposition systématique du PCF l'empêche de participer aux
gouvernements successifs, même dirigés par des socialistes, leur
influence politique est quand même primordiale. Sous la IVe République,
il est en tête à chaque élection législative, conservant
imperturbablement le soutien d' un quart de l'électorat français .
Ils
contrôlent de nombreuses villes, notamment dans la banlieue parisienne
(c'est la « ceinture rouge »). Ils ont aussi la mainmise sur la CGT,
premier syndicat français, depuis la Libération. Ainsi, ils peuvent
maintenir une pression sociale sur les gouvernants. De nombreuses
associations sont également très proche du PCF. Ainsi, le PCF s'appuie
sur un ensemble qui constitue presque une société parallèle avec ses
réseaux et ses solidarités propres .
Enfin
d'importantes figures intellectuelles, élites culturelles,
philosophiques, universitaires, et même journalistiques soutiennent le
PCF. C'est par exemple le cas d'Aragon qui écrit Les communistes entre
1948 et 1951, de Merleau-Ponty dans Humanisme et terreur en 1947, ou de
Sartre avec certains de ces articles dans Les Temps Modernes ... La
presse communiste n'hésite pas à attaquer violemment les livres ou
articles anticommunistes. Dans cette pression, peu d'intellectuels
osent s'afficher vraiment et complètement anticommunistes.
b) La gauche non communiste entre participation au pouvoir et opposition
A
la Libération, les partis qui formaient la gauche non communiste avant
la guerre existent toujours. Mais la situation du parti radical est
loin d'être aussi bonne que celle du parti socialiste SFIO.
Dans
l'esprit des Français, le parti radical porte le poids des dérives de
la IIIe République , de l'incapacité à éviter la guerre. Lors du
référendum d'octobre 1945, il est le seul parti à prôner le maintien de
la IIIe République. Son échec est cinglant : moins de 4% des électeurs
le suivent. Face au tripartisme qui s'installe, les radicaux optent
pour l'opposition. Ils font campagne contre les deux projets de
Constitution, se rapprochant ainsi un peu des gaullistes. Mais ils se
rallient rapidement au nouveau régime, et c'est un radical, Edouard
Herriot qui devient Président de la première Assemblée Nationale. Avec
la rupture du tripartisme et le départ des communistes, les radicaux
peuvent se rapprocher du gouvernement. D'autant plus qu'ils sont
nécessaires à Paul Ramadier s'il veut s'appuyer sur une majorité
parlementaire. C'est la période de la Troisième Force, gouvernements
SFIO-MRP-Radicaux. Le parti occupe alors u ne place centrale dans les
gouvernements successifs et bien qu'il ne soit jamais le groupe le plus
important de la coalition, cette position lui permet de compter de
nombreux Présidents du Conseil.
La question se pose
de savoir si le parti radical est encore vraiment un parti de gauche
sur cette période. En 1946, au congrès de Lyon, le parti se positionne
sur une ligne de centre-droit. Cette « droitisation » du parti n'est
pas acceptée par certains membres du parti, ceux qu'on appelle les
« radicaux progressistes ». C'est ainsi que Pierre Cot, la veuve de
Jean Zay et quelques autres quittent le parti. En 1952, les radicaux
soutiennent le gouvernement d'Antoine Pinay, un homme de droite,
soucieux avant tout d'une bonne gestion de l'économie, déclaré un temps
inéligible pour sa participation au Conseil National de Vichy.
Ce
qui en fait encore un parti de gauche sur cette période, c'est surtout
l'expérience de Pierre Mendès France. Bien qu'il ne dura que sept mois,
le gouvernement de Mendès France fut l'un des plus importants de la IVe
République. Plus à gauche que les autres radicaux par son approche de
l'économie : keynésien, il a le souci d'augmenter le pouvoir d'achat
des salariés et son dirigisme inquiète un peu la droite, même s'il
n'est finalement pas l'auteur de nombreuses innovations. C'est le seul
gouvernement qui entraîna un véritable engouement, notamment chez les
jeunes. Il a essayé de nouvelles pratiques avec des causeries
hebdomadaires à la radio et redynamisé un temps l'image du parti
radical. Il n'a pas voulu se soumettre aux partis et choisi lui-même
ses ministres. Mais la majorité composite qui le soutenait ne résiste
pas aux rancoeurs dues à la mort de la CED, à ce que certains
considèrent comme un bradage de l'Indochine et au début des
affrontements en Algérie.
Après cet épisode et
l'échec de Mendès France dans sa transformation du parti radical,
celui-ci se délite petit à petit. Sous la Ve république, il éclate en
plusieurs formations.
D'autres formations
apparaissent au centre gauche au moment de la Libération. C'est le cas
notamment de l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance
(UDSR). Issu de la Résistance, ce parti avait vu le jour dans
l'objectif de devenir le grand parti de la gauche non communiste. Cette
ambition est vite déçue par la reconstitution des partis d'avant-guerre
et surtout de la SFIO. L'UDSR devient, comme le parti radical auquel il
s'associe dans le Rassemblement des Gauches Républicaines, une force
d'appoint pour les gouvernements successifs. Parmi ses dirigeants, René
Pléven est deux fois président du Conseil et François Mitterrand est
onze fois ministre, même dans le gouvernement de droite de Joseph
Laniel.
Le parti le plus important de cette gauche
non communiste est la SFIO. Depuis août 1946, Guy Mollet est son
secrétaire général. Lors du congrès qui lui a donné ce poste, il
affirme clairement ses convictions : « Quand il s'agit d'interpréter
les phénomènes sociaux portant sur les masses, l'analyse marxiste garde
toute sa force et sa vérité ». La division du Comité directeur du parti
lui permet de prendre la tête du parti devant les leaders du moment que
sont André Philip et Daniel Mayer. C'est donc par la gauche qu'il prend
le parti. Il y reste jusqu'en 1969. Mais son arrivée à la tête du parti
ne signifie en rien la révolution. Les ministres socialistes restent au
gouvernement, en juillet 1950, il est vice-président du Conseil, le 1er
février 1956, il obtient la présidence du Conseil.
Dans
les gouvernements de Troisième Force, auxquels participent les
socialistes l'analyse marxiste ne se fait pas vraiment sentir. Il faut
dire que ce sont des gouvernements de coalition, obligeant à travailler
ensemble des socialistes partisans d'une économie dirigée et des
radicaux beaucoup plus libéraux. Quand ils reviennent au pouvoir après
les législatives de 1956, on voit encore le décalage entre un discours
révolutionnaire, marxiste et une pratique qui s'accommode du pouvoir du
grand capitalisme.
II - De l'opposition à la Ve République à la prise du pouvoir
a) La gauche éclatée face au nouveau pouvoir
La
mise en place du nouveau régime est un moment difficile pour l'ensemble
des forces de gauche. La Constitution de la Ve République elle-même
divise la gauche. La SFIO, par l'intermédiaire de Guy Mollet, participe
à la rédaction du texte et le soutien lors du référendum de 1958. Mais
tous les socialistes ne sont pas sur la ligne du secrétaire général.
Une scission accouche d'un nouveau parti, le Parti Socialiste Autonome
qui s'oppose au texte. Hors du parti socialiste, la Constitution est
dénoncée par les communistes, Mendès France, qui quitte les radicaux
pour rejoindre le PSA, et François Mitterrand.
La
gauche est divisée, mais elle est aussi en difficulté. En suffrage, le
PCF passe pour la première fois depuis la Libération sous la barre de
20% , la SFIO se maintient autour de 15%, le parti radical s'enfonce à
7,3%. Le scrutin majoritaire amplifie la défaite de la gauche : les
communistes n'ont plus que 10 députés, la SFIO 44 et les radicaux 23
quand le nouveau parti gaulliste, l'UNR en aligne 198 !
L'opposition
du PCF est assez franche. En juin 1959, au XV congrès du PCF Maurice
Thorez qualifie le nouveau régime de « pouvoir qui ouvre la voie au
fascisme » et considère qu'à travers De Gaulle, c'est le « pouvoir des
grands monopoles » qui s'impose. Cette opposition intransigeante est
tout de même légèrement nuancée par une certaine approbation de la
politique étrangère du Général. Sa politique d'indépendance face aux
Etats-Unis ne vaut-elle pas mieux que l'atlantisme de certains
socialistes ou radicaux ? Et sur la question algérienne, le PCF se
rallie à la politique du gouvernement en appelant à approuver les
accords d'Evian lors du référendum du 8 avril 1962.
Dans
les premières années du nouveau régime, l'opposition de la SFIO est
ambiguë . Dès janvier 59, les socialistes refusent de participer au
gouvernement. Par la suite, leurs critiques portent sur les aspects de
politique intérieure et sur la pratique constitutionnelle du Général.
Mais la critique ne se fait pas vraiment entendre. Guy Mollet soutient
la politique algérienne du gouvernement et l'importance de cette
question suffit à modérer l'opposition.
Les radicaux
aussi quittent assez rapidement le gouvernement : à partir de mai 1959,
il n'y a plus de ministre radical, mais la faiblesse électorale et
parlementaire du parti, ainsi que sa division le rendent peu audible.
Il
faut attendre 1962 pour que toute la gauche se retrouve dans
l'opposition , SFIO et Guy Mollet compris. La guerre d'Algérie qui
faisait taire les critiques est terminée, De Gaulle semble se moquer de
l'Assemblée quand il remplace Michel Debré par Georges Pompidou, qui
apparaît comme un obscur homme de cabinet soumis au Général. Mais c'est
surtout le référendum sur le mode d'élection du Président de la
République qui unit la gauche. Toute la gauche vote la censure de
Pompidou.
La dissolution leur permet de gagner
quelques sièges : 41 pour le PCF, 66 pour la SFIO, 26 pour les
radicaux. Mais si on compte en suffrages, la SFIO descend à 12,6%, le
parti radical stagne avec 7,5%, seul le PCF remonte un peu avec 21,7%.
La
décennie soixante est difficile pour l'ensemble de la gauche. Au PCF,
malgré la déstalinisation entamée par Khrouchtchev au XXe Congrès du
PCUS en 1956, Thorez verrouille toute évolution idéologique du parti .
Il empêche la publication du rapport Khrouchtchev dans les organes
communistes. Les éléments non orthodoxes sont exclus du Parti : Marcel
Servin, Laurent Casanova, la direction de l'Union des Etudiants
Communistes. Il entame une très timide déstalinisation au Comité
Central de Malakoff en décembre 1962. Mais il faut attendre la mort de
Thorez en 1964 pour voir une réelle évolution. C'est avec son
successeur Waldeck Rochet que le PCF fait de nouveau preuve d'ouverture.
La
SFIO aussi semble bloquée par sa direction. Guy Mollet tient l'appareil
d'un parti qu'il dirige depuis 1946 et freine toute évolution majeure .
Sa vie se confond avec celle du parti et il est sûrement proscrit pour
son esprit de fondre la SFIO dans un grand rassemblement ou d'en
laisser la tête à un autre socialiste. Ce qui explique par exemple que
Mollet soutient beaucoup plus facilement la candidature de Mitterrand,
pas encore socialiste, à la présidentielle de 1965 plutôt que celle de
Gaston Defferre qui provient du sein même de son parti. Electoralement,
on a vu que la SFIO est en perte d'audience, elle ne compte plus que 80
000 adhérents en 1960. Elle ne renvoie pas une image claire à l'opinion
publique, une suite de scissions et de démissions et sa position
parfois ambiguë brouillent la vue des Français. Enfin, le parti est
décrédibilisé par le dernier gouvernement socialiste de la IVe
République, celui de Guy Mollet en 1956-1957. On lui reproche surtout
sa politique algérienne : surenchère répressive avec l'envoi massif de
troupes et scandales de torture. Il faut attendre la mort de la SFIO en
1969 pour que la famille socialiste reparte d'un meilleur pied.
La
crise est encore plus grande chez les radicaux. Ils avaient perdu les
plus progressistes dès le début de la IVe République, Mendès France qui
rejoint le PSA en 1958. Après l'échec de la candidature vers le centre
de Gaston Defferre, le radicalisme est déchiré entre la voie centriste
de Maurice Faure qui soutient la candidature du MRP Jean Lecanuet et
celle de l'alliance à gauche qui pousse à soutenir la candidature de
François Mitterrand. Si le parti survient tant bien que mal aux années
soixante, l es années 1971-1972 lui sont fatale s. Le directeur de l'
Express , Jean-Jacques Servan-Schreiber prend la tête du parti et
négocie avec le Centre Démocrate de Jean Lecanuet la création du
Mouvement réformateur qui soutient Valéry Giscard d'Estaing en 1974.
Dès lors, ses opposants, Maurice Faure et Robert Fabre quittent le
parti pour former le Mouvement de la gauche radicale-socialiste qui
signe le programme commun avec communistes et socialistes. Le vieux
parti radical valoisien (du nom de la place Valois où il a son siège)
se fond ensuite dans l'UDF puis dans l'UMP tandis que les radicaux de
gauche sont depuis les alliés des socialistes à chaque élection.
b) Reconstruction et unité
Ces
années difficiles modifient profondément le paysage de la gauche. Cette
évolution se fait à partir de trois éléments : la construction d'une
union de la gauche, la création d'un nouveau parti socialiste et une
adaptation au nouveau régime.
On peut voir des
prémices à une union de la gauche dans les élections législatives de
1962. Pour Guy Mollet, quand on est socialiste, on doit préférer un
candidat communiste à un candidat gaulliste. Mais il n'y a pas de
politique de désistement automatique et la position de la SFIO n'est
pas claire entre une ouverture au centre ou vers les communistes.
Pour
les élections de 1965 , la gauche cherche à s'adapter à la nouveauté
que constitue l'élection du Président de la République au suffrage
universel direct. Pour cela il faut une candidature de regroupement et
pas une candidature uniquement socialiste ou communiste. La première
tentative est celle de Gaston Defferre, qui tente de regrouper la
gauche non communiste jusqu'au centre et le MRP . Mais que ce soit pour
des raisons idéologiques ou pour empêcher Gaston Defferre de doubler
Guy Mollet dans son parti, la SFIO pose des conditions qui rendent
inacceptables l'union pour le MRP. Cette tentative est un échec. C'est
le deuxième essai qui sera le bon. Dès l'été 1965, François Mitterrand
s'assure discrètement du soutien de la SFIO et de Pierre Mendès France.
Ces contacts préalables lui permettent de ne pas donner l'impression de
vouloir passer au-dessus des partis. Il a regroupé plusieurs petites
organisations et club dans une Convention des Institutions
Républicaines dont il prend la tête. Sa candidature obtient le soutien
de toute la gauche non communiste qui se regroupe dans la Fédération de
la Gauche Démocrate et Socialiste et du PCF tandis que le MRP est
écarté. C'est un premier succès : Mitterrand pousse De Gaulle au
ballottage .
L'union continue pour les législatives
de 1967 . Mitterrand réussit à imposer que les partis de la FGDS
s'entendent pour présenter un candidat commun dans chaque
circonscription et en 1966, il passe un accord de désistement avec le
PCF. Hors de la FGDS, le PCF et le PSU (fusion du PSA et de quelques
organisations) posent les bases d'un programme commun en 1967. Les
gaullistes l'emportent sur le fil face aux excellents désistements.
L'opposition est remontée, trois motions de censure échouent à peu de
voix.
La gauche semble alors renforcée, mais les
événements de mai 1968 viennent mettre du désordre dans cet édifice en
construction . Le PCF condamne d'abord les « gauchistes », tandis que
la gauche non communiste met du temps à réagir. La gauche est incapable
d'utiliser politiquement des événements qui la dépassent complètement.
La dissolution de l'Assemblée Nationale voit une vraie déferlante de la
droite et annule la presque victoire de 1967. Les communistes n'ont
plus que 34 sièges et la FGDS 57, tandis que les gaullistes ont 293
députés ! La conséquence politique immédiate de mai 68 est violente
pour la gauche. C'est un revers et Mitterrand quitte la tête de la FGDS
en novembre.
Mais un nouveau cycle est rapidement
entamé. En 1969, la SFIO est enterrée et le Parti Socialiste est créé à
Issy-les-Moulineaux. En même temps, François Mitterrand, qui n'est pas
encore membre du PS, saisit l'importance de disposer d'un puissant
parti capable de faire jeu égal à gauche avec le PCF. Il comprend qu'il
lui faut un socle plus solide que la défunte FGDS pour construire une
alternative. C'est pourquoi il pousse la Convention à adhérer au PS.
C'est chose faite au congrès d'Epinay en 1971 . A ce congrès, il
manoeuvre pour obtenir le soutien des grosses fédérations socialistes
de Pierre Mauroy et Gaston Defferre en même temps que celui de l'aile
marxiste incarnée par Jean-Pierre Chevènement. C'est ainsi qu'il
obtient le poste de Premier Secrétaire.
Pour y
arriver, il a dû donner dans la surenchère à gauche, lui qui venait de
la droite. « Celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi,
[...] avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut être
adhérent au Parti Socialiste ». Un virage dans son discours qui
interroge aujourd'hui encore sur sa sincérité. Et qui fera dire à Guy
Mollet « Mitterrand n'est pas socialiste, il a appris à le parler ».
Toujours
est-il que la stratégie de Mitterrand est payante. Le PS et le PCF
signent en 1972 un programme commun, rejoint par les radicaux de gauche
. Les deux organisations espèrent en tirer profit, mais c'est le PS qui
en bénéficiera. Il progresse à chaque élection, législatives en 1973,
cantonales en 1976, municipales en 1977. A l'élection présidentielle de
1974, Valéry Giscard d'Estaing l'emporte à l'arrachée : il n'a que 400
000 voix d'avance sur Mitterrand. Entre temps, une partie du PSU a
suivi Michel Rocard et rallié le PS.
Mais cette
montée du PS fait peur au PCF qui rompt le programme commun en 1977. Et
la droite emporte les législatives de 1978 pour lesquelles la gauche
partait victorieuse. Mitterrand semble affaibli au sein de son parti.
Il est disputé par Michel Rocard qui soutient une ligne plus
sociale-démocrate que marxiste. Celui-ci tente de prendre la tête du PS
au congrès de Metz en 1979. C'est en s'appuyant la fidélité à son
programme antérieur que Mitterrand parvient à rester maître du parti.
La ligne politique « d'Epinay », qui prétend rompre avec le
capitalisme, s'impose encore une fois.
En 1981, PCF
et PS partent divisés à l'élection présidentielle, mais la différence
entre Mitterrand et Georges Marchais est trop grande, avec 25% des voix
et 10 points d'avance sur son concurrent à gauche, Mitterrand domine la
gauche. Pour le deuxième tour, il sait jouer entre les communistes et
les centristes tandis que la consigne plus qu'ambiguë de Jacques Chirac
entraîne un mauvais report des voix de droite sur Giscard d'Estaing. Le
10 mai 1981, Mitterrand l'emporte avec plus d'un million de voix
d'avance sur son adversaire.
III - La gauche après la victoire
a) Virement idéologique au Parti Socialiste : du volontarisme politique au réalisme économique
Mitterrand
élu, c'est la liesse populaire place de la Bastille. Aussitôt élu, il
dissout l'Assemblée Nationale et pour la première fois, les socialistes
ont une majorité absolue. Fort de sa majorité sans faille et de l'état
de grâce dont il dispose dans l'opinion, Mitterrand semble avoir en
main des atouts déterminant pour appliquer son programme et « changer
la vie ».
Dès les premiers mois, les importantes
réformes annoncées sont mises en routes par le gouvernement de Pierre
Mauroy. De nombreuses nationalisations, la décentralisation, les 39
heures, la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans,
l'abolition de la peine de mort, le relèvement du SMIC, ainsi que des
mesures visant à améliorer la liberté de la presse.
Mais
les socialistes doivent déchanter assez rapidement. La conjoncture
internationale est mauvaise, la baisse de la demande mondiale et la
poussée du dollar entraîne une hausse de l'inflation et un déficit de
la balance commerciale. De plus, la hausse des charges entraîne une
baisse des investissements. Le déficit extérieur atteint 44 milliards
de francs et la dette augmente de 57% entre 1981 et 1982.
En
réaction, le gouvernement Mauroy adopte une politique financière de
rigueur . Une première dévaluation est décidée en octobre 1981, une
autre en juin 1982. C'est insuffisant et une autre dévaluation doit
avoir lieu en mars 1983. Ainsi, le pouvoir socialiste choisit un virage
économique plutôt que le protectionnisme et la sortie du SME.
L'économie de marché s'est imposée devant la volonté politique.
Finalement, l'inflation chute, mais le chômage continue sa courbe
ascendante, passant de 1,8 million en 1981 à 2,5 millions en 1985. La
recherche des équilibres financiers est passée avant la politique de
l'emploi.
L'opposition au projet de réforme de
l'Education Nationale d'Alain Savary entraîne la chute du gouvernement
Mauroy le 17 juillet 1984. Laurent Fabius devient Premier Ministre d'un
gouvernement sans communiste.
L'élection des
socialistes n'entraîne aucune avancée vers une société socialiste. Au
contraire, ce sont les socialistes qui s'adaptent au système
capitaliste et réhabilitent l'entreprise et le marché . Les
gouvernements du second mandat de Mitterrand, que ce soit celui de
Pierre Bérégovoy, celui d'Edith Cresson ou celui de Michel Rocard,
iront dans le même sens. En 1997, la gauche emporte les élections
législatives et Lionel Jospin est le Premier ministre d'un gouvernement
de gauche plurielle. S'il prend des mesures sociales (35 heures
notamment), son gouvernement est aussi responsable de plusieurs
privatisations. b) Des années 80 à nos jours : une recomposition de la gauche
La
première victime électorale du succès de la gauche semble être le PCF.
Alors qu'il culminait à 25% des suffrages pendant toute la IVe
République, alors qu'il amassait encore une voix sur cinq jusqu'à la
fin des années 70 et qu'il restait le premier parti de la gauche, il
est doublé par le PS. A l'élection présidentielle de 1981, Mitterrand a
plus de deux millions de suffrages d'avance sur le candidat communiste
Georges Marchais, qui descend à 15%. Ce n'est que le début d'une longue
chute. À l'élection présidentielle de 2002, le communiste Robert Hue
reçoit moins de 4% des suffrages, et il est devancé par deux candidats
d'extrême gauche, Arlette Laguiller et Olivier Besancennot, ainsi que
par le candidat des Verts, Noël Mamère. En 2007, Marie Georges Buffet,
n'atteint même pas les 2%. Alors qu'il a été pendant près de quarante
le premier parti de la gauche française la question de l'existence même
du PCF est posée.
Plusieurs raisons semblent
expliquer cette chute brutale. Les victoires socialistes donnent du
crédit au PS alors que la chute de l'URSS en 1991 décrédibilisait le
PCF. Alors qu'on avait pu voir dans les économies administrées l'avenir
de l'humanité, cette organisation est remise profondément en question
avec cet événement majeur. De plus le PCF s'est vu concurrencé par
d'autres petites formations.
Pendant que le PCF est
en crise, la contestation et l'envie d'une meilleure société se sont
dirigées vers d'autres partis. L'écologie politique qui a commencé à
prendre forme dans les années 1970-1980 s'est matérialisée dans
plusieurs projets . A la question « l'écologie est-elle de gauche, de
droite ou ni l'un ni l'autre », la réponse apportée par la plupart des
écologistes penche vers la gauche. Ce qui s'exprime à travers un
nouveau parti, les Verts. Dominique Voynet puis Yves Cochet participent
au gouvernement de Lionel Jospin. Avec le renfort de Daniel Cohn
Bendit, ils obtiennent près de 10% aux élections européennes tandis que
Noël Mamère faisait un score honorable à 5,25% à la présidentielle de
2002. Les années 1990 voient aussi la croissance de deux mouvements
« trotskystes » . Lutte Ouvrière et sa candidate et porte-parole
Arlette Laguiller, présente à chaque élection présidentielle depuis
1974 et la Ligue Communiste Révolutionnaire d'Alain Krivine qui s'est
refait une jeunesse grâce notamment à l'image de son nouveau candidat
et porte-parole, Olivier Besancennot. Alors qu'elle tournait depuis 20
ans autour de 2%, la candidate LO perce à plus de 5% en 1995, score
qu'elle confirme en 2002. Pour sa première candidature en 2002, Olivier
Besancennot atteint quant à lui plus de 4% des suffrages. A l'élection
de 2002, les deux candidats « trotskystes » obtiennent à eux deux plus
de 10% des suffrages.
Depuis l'élection de
Mitterrand, le PS est donc de loin le premier parti de la gauche
française, mais il ne parvient pas à être hégémonique. En 1995, près de
17% des voix reviennent à la gauche non socialiste. A la présidentielle
de 2002, c'est encore plus fort, les gauches non socialistes regroupent
plus de 26% des suffrages quand Lionel Jospin se voit doublé par un
Jean-Marie Le Pen à 16,95% .
La suite des élections
de 2002 a été bien compliquée pour le PS. Eliminé au premier tour, son
candidat annonce le 21 avril 2002 qu'il se « retire définitivement de
la vie politique » . Le PS affiche une unité, et l'impopularité du
gouvernement de Jean-Pierre Raffarin lui permet d'enregistrer
d'excellents résultats en 2004. Sur 22 régions françaises, une seule
reste à la droite ! Mais la division du parti reprend le dessus lors de
la campagne pour le référendum sur le Traité instituant une
Constitution pour l'Europe . Le vote des militants n'est déjà pas très
franc : ils ne sont que 55% à soutenir le texte. Mais surtout, les
opposants socialistes refusent de rentrer dans le rang. Henri
Emmanuelli, Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg
font campagne aux côtés de l'extrême gauche. Après le rejet du traité
par les français 29 mai 2005, le PS se réunit en congrès au Mans au
mois de novembre. Le but pour le premier secrétaire, François Hollande
est de faire l'unité autour d'une motion consensuelle. Là encore, il
rencontre de l'opposition : quatre motions sont opposées à la sienne et
la ligne officielle du parti ne s'impose qu'à 55%. L'élection
présidentielle de 2007 a du mal à ressouder les rangs du parti. Trois
candidats s'affrontent, Ségolène Royal, qui se place un peu en dehors
du parti, Dominique Strauss-Kahn qui représente plutôt l'aile droite du
parti, et Laurent Fabius qui a rejoint en 2005 l'aile gauche. Royal
s'impose dès le premier tour lors de la primaire socialiste, mais
pourtant elle a du mal à fédérer autour d'elle les cadres du PS. Elle
est finalement vaincue par le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy
avec un score de 47% .
La victoire de la campagne
contre le traité européen en 2005 avait donné des ailes aux mouvements
d'extrême gauche. Des négociations ont été entamées afin des présenter
une candidature « unitaire antilibérale » pour la présidentielle. Mais
cette tentative échoue . Laguiller s'était située dès le départ en
dehors du processus, et les divergences entre le PCF et la LCR ont
amené leurs leaders respectifs, Marie-Georges Buffet et Olivier
Besancennot, à se présenter. Début 2007, la candidature du militant
altermondialiste José Bové venait ajouter à la division. Cette
division, ajoutée au « vote utile » afin de ne pas revivre une élection
comme celle de 2002 ont causé une grosse défaite à l'extrême gauche.
Hormis Besancennot, aucun ne dépasse les 2%. Seul le candidat LCR n'est
pas complètement vaincu : avec 4% des voix et une plus forte
participation, il a même gagné près de 300 000 voix par rapport à 2002.
Conclusion
Depuis
la Libération, la gauche française a connu une histoire mouvementée.
Des partis sont nés, d'autres sont morts. Les rapports de force se sont
inversés entre communistes et socialistes tandis que leurs partis
évoluaient considérablement. Le PCF décline de plus en plus, alors que
la SFIO puis le PS ont perdu la plus grande part de leur identité
contestataire pour devenir un véritable parti de gouvernement. Et cette
évolution continue encore aujourd'hui.
La
candidature de Ségolène Royal n'a pas réuni le PS qui semble
aujourd'hui bien divisé. Tous semblent d'accord pour dire la rénovation
nécessaire au PS, sans pour autant se mettre d'accord sur le sens
qu'elle doit prendre. Un rapprochement avec le nouveau parti centriste
de François Bayrou ? Un ancrage plus à gauche ? Et avec quelle gauche
quand les communistes n'atteignent même plus 2% des suffrages ?
Dans
le même temps, l'extrême gauche est toujours aussi divisée. La volonté
existe chez certains (Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon...) de
prendre l'exemple du nouveau parti allemand Die Linke qui regroupe
anciens communistes et dissidents du SPD autour de son ancien
président, Oskar Lafontaine. A côté, Olivier Besancennot et la LCR ont
lancé une tentative de « grand parti anticapitaliste » , qui pourrait
bien ne pas dépasser de beaucoup le cadre de la défunte Ligue.
Finalement tout regroupement semble difficile face à la volonté des
appareils de chaque parti de survivre.
Mieux qu'au printemps 2004 ! Sans doute 60 départements sur 100 à
gauche, des dizaines de villes importantes gagnées sur la droite, une
majorité en voix, une majorité en villes, une majorité en
départements !
Les mêmes effets produisent les mêmes causes : contre Sarkozy-Fillon
comme contre Chirac-Raffarin !
La gauche n'a pas gagné la présidentielle ni en 2001 ni
en 2007 parce qu'elle n'est pas assez à gauche, pas assez opposante,
pas assez attaquante contre le capitalisme, pour la redistribution des
richesses, pour les 35 h, les 1500 euros, la retraite à 60 ans, la
Sécu, les écoles, les services publics…
Mais pour autant la majorité de notre peuple ne
supporte pas les politiques de la droite, et confirme chaque fois
qu'elle le peut, son antilibéralisme ! Et c'est le cas en mars 2008
comme en mars 2004. La majorité de la France est de gauche.
Il y a eu plus votants en 2008 qu'en 2001 mais même les abstentions
élevées signifient quelque que chose : que Bling-bling est rejeté par
ceux qui se sont laissées temporairement abuser par lui lors du vote
massif à 53/47 % du 6 mai 2007.
Personne n'a intérêt à la politique de ce président
sauf les 2 % des grandes fortunes, des grands actionnaires, des
privilégiés.
Il y a eu une anomalie ce jour funeste où la France a
élu le pire des présidents qu'elle ait jamais eue. Les yeux, les
esprits s'ouvrent. La parenthèse est terminée, à peine 10 mois après !
« Ça va finir mal » si les intégristes néo libéraux
conservateurs qui nous dirigent n'entendent pas le message des 9 et 16
mars : ils sont MINORITAIRES !
“Augmentez massivement les salaires ! tel est le mot d'ordre central et
il déclenchera si la droite et le patronat ne veulent rien savoir, un
vaste mouvement dans le pays.
Pour autant le Parti socialiste, parti hyper majoritaire à gauche, dont
les Français se servent, qu'ils utilisent pour combattre la droite,
n'est pas à la hauteur : pas de programme alternatif, pas de critique
de fond du capitalisme néo libéral, pas de stratégie d'union de la
gauche, pas d'élan conquérant, entrainant sur des revendications
centrales et immédiates.
Des dirigeants du PS ont même osé « servir la soupe »
avec insistance et ostentation au Modem, un parti de droite au lieu de
le combattre et de travailler à l'unité de toute la gauche.
Ils ont perdu, l'hypothèque Modem est levée ! Autant que de la défaite
de Sarkozy, réjouissons nous de la défaite de ce faux centre C'était un
groupuscule de droite, qui cherchait à brouiller les cartes entre
gauche et droite et il a encore échoué, et pour la gauche c'est une
victoire, une clarification ! Il faut éradiquer le plus possible les
illusions qui visent à nourrir le Modem plutôt que le PS, l'alliance au
centre plutôt que l'alliance à gauche ! Ce n'est pas seulement une
impasse c'est une terre de perdition, de quoi couler le PS et le faire
perdre indéfiniment. I
Entre gauche et droite, il n'y a pas de centre, c'est
comme le triangle des Bermudes, plus on le cherche plus on s'y perd. Il
faut une gauche aussi unie et fidèle aux salariés que la droite est
fidèle au patronat et aux actionnaires.
Le 9 mars dernier, la Droite s'est pris une gifle retentissante
Les médias ont essayé de minimiser cette claque en
focalisant leurs caméras et leurs écrits sur Bordeaux et les
Hauts-de-Seine. Mais cela n'a pas suffi à camoufler l'ampleur de la
défaite de la Droite qui n'atteignait que 40 % des suffrages contre
47,5 % aux listes menées par un candidat de gauche.
A cela s'ajoutait le score réalisé par la LCR qui dépassait les 5 % dans plus de 100 villes et les 10 % dans 29 villes.
Pour faire obstacle à la politique de Sarkozy, c'est
donc bien, malgré une abstention souvent importante dans les quartiers
les plus populaires, vers la gauche que s'est dirigé le vote des
électeurs.
Les résultats obtenus par les listes du Modem
confirment que ce parti de Droite n'était qu'une baudruche gonflée par
les médias lorsqu'ils annonçaient que Bayrou était le seul à même de
battre Sarkozy.
De 18,57 % des votants à la présidentielle, le Modem
est tombé à 7,71 % aux législatives et à 3,69 % aux municipales dans
les villes de plus de 3 500 habitants. Les scores importants dont se
vante Bayrou ont été obtenus dans des villes où la tête de liste Modem
avait le soutien ou la participation de l'UMP et du Nouveau Centre.
Même Bayrou qui arrive second à Pau a bénéficié du soutien d'Alain
Juppé.
L'enjeu du scrutin de dimanche 16 mars est crucial
Le recul de la droite, le refus de sa politique se
mesureront aux nombres de municipalités et de conseils généraux qu'elle
aura perdus.
De l'ampleur du recul de la droite dépendront les
marges de manœuvres qui seront accordées à Sarkozy pour continuer son
offensive contre le salariat : retraites, assurance-maladie, statut de
la fonction publique, régression des salaires et des minima sociaux,
intensification de la précarité du travail…
De l'ampleur de ce recul dépendra également la force de
l'encouragement qui sera envoyé à tous ceux qui se battent aujourd'hui
le dos au mur contre des licenciements ou pour des augmentations de
salaires, particulièrement dans les entreprises du secteur privé où les
conflits commencent à se multiplier.
C'est pourquoi pas une voix ne doit manquer, le 16
mars, aux listes dirigées par un candidat du PS, du PC, des Verts, du
PRG ou du MRC !
Supprimer la publicité dans l'audiovisuel public, une idée du
président? Non! Une idée de TF1, venue quémander à l'ami de Martin
Bouygues un moyen de relancer le fournisseur n°1 de temps de cerveau.
Alain Minc n'aurait donc pas été le seul inspirateur de la
suppression de la pub sur le service public, l'une des rares idées
sorties du chapeau présidentiel lors de la conférence de presse de
début d'année. C'est un «livre blanc» pleurnichard remis par TF1 en
décembre dernier, qui aurait inspiré la compassion de Sarkozy pour la
pauvre petite chaîne de son ami Bouygues et qui aurait conduit à cette
décision charitable.
Quand ça ne va pas, qu'il a un gros coup de blues, que son audience
baisse et ses recettes publicitaires aussi, vers qui se tourne en
pleurnichant le champion français de la télé privée ? L'Etat bien sûr.
Et c'est donc un livre blanc, pas moins, que TF1 a remis au
gouvernement en fin d'année dernière, et dont Les Echos ont révélé
l'essentiel du contenu la semaine dernière. Ce document répertorie tous
les gros malheurs qui s'abattent sur la pauvre chaîne martyre du
nouveau paysage audiovisuel de ces dernières années. Une panne
d'imagination dans les programmes ? Des spectateurs qui désertent des
émissions nulles et racoleuses? Un manque de vista dans les nouvelles
technologies ? Une incapacité à se développer à l'international ? Vous
n'y êtes pas. Si TF1 souffre depuis quelque temps, c'est qu'il y a
vraiment trop de concurrence et pas assez de chiffre d'affaires. Et que
cette situation «intenable» met en péril notre «chaîne historique», ce
qui conduit irrémédiablement à la «destruction de valeur collective».
Rien que ça.
Pauvre petite chaîne riche
C'est vrai quoi, la réglementation en matière de pub est vraiment
trop contraignante ! TF1 n'a pas le droit de mettre autant de pub que
l'on voudrait pendant les films. Et puis il y a la TNT, technologie
numérique «marxiste» stigmatisée par l'inoubliable Le Lay, qui permet
aujourd'hui aux téléspectateurs de recevoir gratuitement quatre fois
plus de crétineries qu'au bon vieux temps de l'analogique. C'est-à-dire
que maintenant, les spectateurs ont droit non seulement à TF1, mais à
des tas d'autres mini-TF1, encore plus trash, comme TMC, NRJ12 ou NT1
(dont certaines appartiennent d'ailleurs à TF1). Cette TNT diabolique a
ouvert les portes du PAF à d'autres grands groupes, et pas des
moindres : Lagardère, NRJ et Bolloré, qui eux se fichent sûrement de la
«valeur collective» comme d'une guigne. Sans compter les centaines de
chaînes qu'on peut voir sur le satellite, le câble ou l'ADSL. Trop
c'est trop! La concurrence c'est comme toutes les bonnes choses, il ne
faut pas en abuser. La télévision selon TF1, c'est tout de même mieux
quand on n'est pas nombreux, quand on peut accumuler des centaines de
millions d'euros de bénéfices chaque année (presque 300 millions
d'euros en 2007 pour 2,8 milliards de Chiffre d'affaires) et profiter
d'une position dominante sur la publicité avec 40% du marché (unique en
Europe) sans être inquiété par trop d'importuns. Le tout en exploitant
gratuitement une fréquence hertzienne de première bourre. Rappelons-le
en passant, cette fréquence est un bien public (et donc une «valeur
collective»?) dont la jouissance a été accordée à Bouygues en 1987, en
échange du respect d'un certain cahier des charges. Or on le sait, les
obligations en terme de programmes sont depuis un sujet de plaisanterie
de fin de repas chez les dirigeants de TF1(ici, le best-of en vidéo de
l'audition publique, grand moment de divertissement).
Puisqu'on ne peut pas supprimer la concurrence...
Après lecture du livre blanc, Sarkozy est bouleversé (d'autant que
la scène se passe en pleine période de Noël). Ce héros de la politique
industrielle et des entreprises en difficulté n'hésite donc pas une
seconde à voler au secours de ce champion de l'audiovisuel et du bon
goût. Les médias, c'est encore plus son truc que les usines. Surtout si
c'est Bouygues, un ami de la famille, qui lui envoie un livre blanc en
forme d'appel au secours. Qu'à cela ne tienne, inspiré par Minc, un fan
de la télévision de qualité, il propose tout à trac la suppression de
la publicité sur France Télévisions pendant son one man show de début
d'année. Pas mal. Mais est-ce suffisant pour faire cesser les
gémissements et les malheurs de la pauvre chaîne ? Probablement pas.
Alors que faire de plus ? Supprimer la concurrence ? Difficile, les
concurrents Bolloré et Lagardère sont aussi de la famille. Une solution
plausible pour notre spécialiste des sauvetages industriels pourrait
être d'organiser le rachat de TF1 par Bolloré, qui en rêve depuis
longtemps, ou par Lagardère, qui n'a jamais réussi à se payer Canal+.
Mais il y a mieux encore. Une botte secrète proposée par Emmanuel Todd
et reprise dans ces colonnes par Bernard Maris : pour sauver notre
champion de l'audiovisuel français en péril, nationalisons-le. Un
rachat de TF1 par France-télévisions, ça ce serait de la rupture !
On sent bien, à gauche, comme un frémissement d'aise. Le dévissage de
Sarkozy dans les sondages les fait frétiller.
On voit d'ailleurs comme une agitation. Les prétendants à la course
commencent à jouer des coudes pour être bien placés sur la ligne de
départ.
Ceux qu'on croyait fichus, comme Hollande, recommencent à bouger.
Ségolène multiplie les déclarations. Delanoë peaufine son triomphe.
Valls, Dray et les autres jeunes Turcs montrent les dents. Seuls les
deux frères ennemis, Montebourg, concentré sur ses cantonales, et
Peillon, qui vient de faire allégeance à Ségolène Royal, restent hors
de ce petit jeu.
Quant à Bayrou, c'est peu de dire qu'il crève l'écran en ce moment,
avec un discours net et sincère sur les valeurs républicaines…
Dans leur tête, tous sont déjà dans l'après Sarkozy…
Ils auraient bien tort.
Ils auraient tort, parce que c'est maintenant que Sarkozy devient
vraiment dangereux.
D'abord parce que le triomphe socialiste annoncé aux municipales a
placé la barre très haut. Un “simple” succès serait désormais une
défaite.
Ensuite parce que la machine d'opposition est chauffée à blanc. Tant de
provocations ces derniers mois : les tests ADN, Khadafi, le people et
le mariage, la “rétention de sûreté”, les enfants Juifs, qui
dissimulent le pouvoir d'achat, le commerce extérieur, la laïcité, les
sectes, la morale à l'école. Et la sortie très programmée avec des
figurants au salon de l'agriculture.
Difficile d'avoir un discours intelligible dans cette cohue… Au total,
la gauche risque d'apparaître comme une opposante systématique et le
discours de victimisation de celui qui n'a cessé de multiplier les
provocations va pouvoir prendre chez le quidam.
Aussi, parce que Monsieur apprend vite. Il sait désormais se taire, et
Carla sait se cacher. Elle ressortira en Diana prochainement, vous
verrez, et ira visiter les enfants malades dans les hôpitaux, comme une
princesse de Monaco de base.
Mais surtout, parce que paradoxalement, Sarkozy n'a plus rien à perdre.
Les contre-pouvoirs sont exténués, les circuits d'information sont
saturés. Tout le monde grogne, mais tout le monde s'y fait : les
conseillers sont des princes de sang, les ministres ont peur, la presse
est sous contrôle et quelques attaques au pénal vont calmer les
esprits, la blogosphère est un lieu de ragots où l'on ne parle que de
SMS (c'est ce qui dira la presse tétanisée par les succès des sites en
ligne…). Il a quatre ans. Il va commencer à appliquer son programme…
Car il a un programme.
Inquiétant.
Ceux qui ont pris la peine de lire ses ouvrages, de suivre sa campagne,
d'observer ses manœuvres le savent bien. Il y a un véritable programme.
C'est une sorte de thatchérisme bushiste tel que peut le concevoir un
Français. Un rêve de libéralisme qui ne tient pas compte du fait que la
France n'est pas une nation de commerce et n'a pas de Commonwealth à
ses ordres, ni bien sûr du coût social qu'a payé l'Angleterre.
Un rêve de Maison blanche qui ne tient pas compte de la force des
médias américains, de l'indépendance de la Justice et du rôle de
l'opposition, ni bien sûr du coût que payeront les Etats-Unis après
leurs aventures irakiennes.
Un rêve fou et, disons-le, pas français.
Mais, il faut le reconnaître aussi, un rêve cohérent, constant, suivi
avec ténacité. Monsieur Sarkozy se croit investi pour faire cette
rupture. Ses conseillers serrent les rangs autour de lui, face à
l'adversité, et tournent de plus en plus en vase clos. Ils en viennent
à oser prendre la parole pour défendre la secte scientologue que
Sarkozy avait déjà dépouillée à l'intérieur de nombre de ses
attributions.
Enfermés entre eux, se rassurant mutuellement, se jugeant intouchables,
persuadés qu'il leur faut accélérer encore pour prouver qu'ils avaient
raison, de plus en plus paranoïaques, voyant dans toutes les
résistances la preuve qu'ils avaient raison et que la France est
irréformable, ils vont faire mal.
Et si Monsieur Sarkozy avait décidé, en cohabitation, en minorité au
Sénat, de gouverner par décret ?
Le vote du 9 mars 2008 est un complet renversement de tendance par
rapport aux scrutins de 2007, on en revient à des votes proches de
2004. C'est un retournement électoral puissant qui accompagne un rejet
massif du Sarkozysme, de sa politique comme de sa personne. La France
est de toujours de gauche, comme tout l'indiquait de 2003 à 2006, avec,
hélas, un président UMP de droite !
On constate que l'UMP qui se dissimulait derrière des
candidats prétendument sans étiquette ne s'est pas pour autant sauvée
de la vague puissante à gauche. Il est vrai que cela ne trompait
personne et qu'on a bien vu, sur les télévisions du dimanche 9 mars au
soir, tous les ministres sarkozystes se mettre en avant avec ces fameux
« sans étiquette cantonnés aux questions locales ». S'ils avaient
gagné, ils auraient crié à leur victoire politique nationale, comme ils
ont perdu, ils affirment que c'est un scrutin local.
Raison de plus pour ne pas les laisser souffler et les
devancer encore plus largement le 16 mars : que la leçon, dimanche
prochain, leur soit la plus cuisante possible ! Que pas une voix ne
manque, ne soit perdue, tous à gauche ! Plus le message sera fort,
moins Bling-bling aura les moyens de continuer sa sale politique
néo-libérale conservatrice.
Bravo pour les centaines de villes conservées à gauche
ou gagnées par la gauche. Bravo pour les équipes de gauche qui se sont
unies, car elles ont plus souvent battu la droite. L'unité sur le
terrain est payante dans l'immense majorité des cas. Elle devrait
servir de modèle pour toutes les autres élections !
De ce mode de scrutin, il ressort que la gauche est
mieux incarnée par des milliers de candidats que par une seule.
Décidément le scrutin présidentiel est mortifère, surtout quand la
candidate ne reflète pas les aspirations majoritaires du peuple de
gauche, et préfère ostensiblement l'alliance avec un secteur de la
droite à l'unité de toute la gauche.
Car le « Modem » est un morceau de la droite, dans la foulée des
Lecanuet, Poher, Barre, Balladur, et pas plus progressiste puisque sur
plusieurs questions (les retraites, la dette) il est plus à droite que
Sarkozy.
Ce Modem fait environ 4,5 % des voix, l'extrême gauche,
là où elle se présente, fait entre 2 et 13,5 % des voix… entre les deux
il n'y a pas photo ! Nul ne peut comprendre qu'alors que le peuple de
gauche fait mouvement à gauche, Ségolène Royal propose de « s'allier
partout »
systématiquement avec un morceau de la droite ! Du point de
vue politique c'est a contrario de ce qu'il faut faire, du point de vue
électoral rien ne le justifie : ce n'est pas à nous d'ouvrir, par nos
concessions et mollesses, un espace à un pseudo centre qui n'a pas de
réalité – sous prétexte de s'allier ensuite avec lui.
Nous opposons à cette politique qui a déjà conduit à
l'échec de toutes les « troisièmes voies » dans le passé, une
politique, la seule porteuse d'avenir, d'unité de toute la gauche !
Comme disait Mao : « le poisson pourrit toujours par la tête ». En ce
milieu février, on constate que le processus de nécrose du sarkocircus
est en phase d'accélération vertigineuse. La norme médiatique et
bientôt la norme politique deviennent une critique brutale sur tous les
sujets qui concernent notre Omniprésident. Quel changement, quel
bouleversement en quelques semaines ! Respublica, qui fut parmi les
premiers opposants radicaux à cette pitrerie politicienne, se félicite
de voir l'évolution des mentalités, en particulier dans les médias.
Mais l'on est tout de même en droit de se poser la question suivante :
pourquoi notre République n'a-t-elle pu éviter cette absurdité et cette
impasse totale de l'exécutif ? De 2002 à 2007, pendant cinq longues
années, l'ensemble des « ordres » économiques, politiques,
administratifs et médiatiques se sont progressivement rangés derrière
la candidature du Sarkocircus. Sarkozy, ministre de l'Intérieur,
Sarkozy ministre de l'Economie, Sarkozy candidat, Sarkozy écrivain,
Sarkozy mari et père de famille, bref toutes les facettes du
personnages ont été montrées sous un jour ultra positif. L'ensemble des
patrons, la totalité de la haute administration, par exemple, ont passé
les cinq dernière années à expliquer que notre Omniprésident était LA
personnalité politique qui allait sortir le pays de sa léthargie
morbide.
Ne connaissaient-ils pas l'ex-maire de Neuilly ? Ne l'avaient-ils
pas « évalué » au cours des trente dernière années de sa vie politique,
commencée à la fin des années70 ? N'avaient-il pas présumé des aspects
à proprement parler incohérents du personnage ?
Non, Sarkozy n'a pas subjugué la France, il n'a trompé personne : ce
sont les responsables économiques et politiques qui lui ont donné les
clefs de l'Elysée, comme avant ils lui avaient confié celles du
ministère de l'Intérieur, puis celles de l'UMP ! Ils sont responsables
de l'engeance dans laquelle se trouve notre République.
Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Comment, et avec le moins
de casse possible, pouvons-nous sortir de cette crise de confiance qui
va devenir à court terme, n'en doutons pas, une crise de régime ?
Les élections municipales, qui vont être une Bérézina pour l'UMP,
marqueront certainement le point de défiance définitif de la base
politique de droite avec l'Omniprésident. Tous les ténors de ce
courant, qui auront perdu leur fief en mars prochain, vont devenir des
ennemis féroces de Sarkozy. Les coups de boutoir vont pleuvoir sur lui,
et les barons de la droite ne feront rien pour le défendre en cas de
tempête sociale. Il est symptomatique que certains d'entre eux signent
dès aujourd'hui l'appel de Marianne à la « Vigilance Républicaine ».
Certains d'entre eux sont déjà dans l'après Sarkozy.
Dans cette situation crépusculaire, les républicains de gauche que
nous sommes doivent à tout prix éviter de renforcer la confusion. S'il
faut clore au plus vite la pantalonnade politicienne en vigueur depuis
8 mois, ne tombons pas dans des alliances sans principes et sans
convergences politiques qui ne visent qu'à exonérer les vrais
responsables de leurs fautes et de leurs veuleries. Il ne peut y avoir
de Front Républicain avec ceux qui pendant 5 ans ont propulsé le
« human bomb » de l'Elysée !
Pour nous, la fin de Sarkozy doit être la conséquence d'une immense
mobilisation populaire car nous ne serons jamais les supplétifs des
révolutions de palais qui s'annoncent. Un large front social doit se
constituer et être à l'origine d'une nouvelle politique, enfin capable
de maîtriser les puissances financières et de mettre les intérêts réels
du peuple français au poste de commande.
Nous reproduisons ci-dessous un appel,
publié dans Marianne, signé par dix-sept personnalités de la droite, du
centre, de l'écologie et de la gauche républicaine. A situation
exceptionnelle, rassemblement inédit...
Il se passe de drôles de choses dans notre République. L'actuel
Président avait bien promis la rupture. Rupture il y a, mais pas
seulement telle qu'elle avait été annoncée.
Un gouvernement marginalisé, dont le travail s'avère pré-mâché par les
conseillers du Prince. Rupture.
Un Président qui semble déserter la fonction, parlant tour à tour comme croyant ou comme laïc. Rupture.
Un Président qui veut mettre la politique en chiffres, comme s'il s'agissait de vendre des petits pois. Rupture.
Un Président qui entend diriger ses équipes comme un manager
d'hypermarché, distribuant bons et mauvais points, primes ou sanctions.
Rupture.
Un Président qui reste chef de parti et dont le domaine réservé est
davantage la Mairie de Neuilly que la politique de défense. Rupture.
Un Président qui prétend substituer au débat contradictoire
traditionnel entre majorité et opposition la mise en scène des
divergences entre ses courtisans et ses ministres. Rupture.
Un Président qui affirme devoir être heureux pour gouverner le pays.
Rupture.
Un Président qui annule ses rendez vous du soir et du matin pour vivre pleinement son couple. Rupture.
La liste est longue des stupéfiantes innovations, que,
volontairement ou involontairement, Nicolas Sarkozy a introduit dans la
politique présidentielle. Ce nouveau cours suscite donc des
inquiétudes, une anxiété même. C'est cette anxiété, qui risque bien de
s'amplifier dans les semaines et les mois à venir, que traduit l'appel
républicain de dix-sept hommes et femmes politiques que nous
reproduisons ci-dessous. On ne doit pas se tromper sur sa signification
: si des personnalités politiques de premier plan qui ont l'habitude de
s'affronter sur la scène publique depuis des années, prennent le risque
de s'afficher au bas d'un même texte à quelques jours d'un scrutin dont
le président lui a annoncé qu'il serait politique, si cet appel a
recueilli la signature de plusieurs hommes et femmes politiques de la
droite républicaine, c'est bien que le contexte politique créé par huit
mois de sarkozysme est totalement inédit.
-L'usurpation d'identité
sur Internet sera punie par la loi comme un
délit, passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
Cette disposition sera intégrée à la future loi d'orientation et de
programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi). -La création de peines alternatives
de travaux d'intérêt général pour les
hackers
condamnés.
« Ainsi, leurs réelles compétences en la matière pourront être
nettement mieux utilisées au service de la collectivité ». -
Une charte des bonnes pratiques pour améliorer la
coopération avec les opérateurs de communications électroniques. Elle
devra permettre
le blocage des sites illicites
comme le fait déjà la Norvège - qui possède un
dispositif de blocage de sites pédophiles - et l'accélération de la
transmission des informations aux services de police et de gendarmerie. -
Mise en place en septembre 2008 d'une
plate-forme de signalement automatique
de
« toute forme de malversation constatée sur Internet »
: escroquerie en ligne, sites
pédopornographiques, apologie du terrorisme, incitation à la haine
raciale, etc. Le traitement des signalements se fera en temps réel. La
police transmettra ensuite à la justice lorsque les faits seront
caractérisés. A noter que la France dispose d'une plate-forme
automatisée de signalement des sites pédopornographiques. -
L'autorisation, sous contrôle d'un juge, de la
captation à distance de données
se trouvant dans un ordinateur, ou transitant par
lui. Cette procédure concernera la criminalité organisée et figurera,
elle aussi, dans la Lopsi. Elle permettra, par exemple, la captation de
données au moment où elles s'affichent sur l'écran d'un pédophile ou
d'un terroriste. -
L'application à l'ensemble des acteurs de
l'Internet des dispositions de la loi antiterrorisme de 2006, qui
prévoit notamment pour les cybercafés l'obligation de conserver à la
disposition des autorités judiciaires
les données de connexion
pendant un an. Un décret détaillera pour chacun
des acteurs la liste des catégories de données à conserver. Cette
obligation pourra alors s'appliquer aux bornes d'accès Wi-Fi, aux
éditeurs de messagerie électronique, aux points d'accès dans les lieux
publics, etc.
-
Lors de la présidence française de l'Union
européenne sera formulée la proposition de la mise en place d'accords
internationaux, permettant la
perquisition informatique à distance
sans
qu'il soit nécessaire de demander au préalable l'autorisation du pays hôte du serveur.
« Bien évidemment, comme toute perquisition, cette procédure s'effectuera sous contrôle du juge. »
Pour rappel, la
loi pour la sécurité intérieure de 2003
« autorise les perquisitions sur un réseau
informatique, tant que les systèmes informatiques concernés se trouvent
situés sur le territoire national ».
La France proposera aussi qu'une plate-forme
européenne d'échange d'informations sur la cybercriminalité soit
développée.
-
Le
doublement du nombre d'enquêteurs
spécialisés en criminalité informatique (ESCI) au
sein de la direction centrale de la police judiciaire, et d'enquêteurs
en technologie numérique de la gendarmerie. Ils
« recevront une formation commune du plus haut niveau ».
La ministre a également évoqué la création de cursus à vocation technologique au sein de la police nationale, en
partenariat avec l'université, comme il en existe déjà dans la gendarmerie.
SARKO
SEMBLE IGNORER LES COMPOSANTES ETHNIQUES, CULTURELLES, CULTUELLES,
HISTORIQUES DE LA POPULATION FRANCAISE ET LEURS SENSIBILITES
CONFESSIONNELLES.
En langage indien cela s'appelle "DETERRER LA HACHE DES GUERRES RELIGIEUSES".
Simone
Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah
et ancienne déportée, juge "inimaginable, insoutenable et injuste" la
proposition de Nicolas Sarkozy d'associer chaque élève de CM2 à un
enfant victime des persécutions nazies. > > Interrogée par
l'express.fr, elle déclare qu'"on ne peut pas infliger ça à des petits
de dix ans". "On ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un
enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter",
ajoute-t-elle. > > "Nous mêmes, anciens déportés, avons eu
beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions
vécu, même avec nos proches. Et aujourd'hui encore, nous essayons
d'épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs beaucoup
d'enseignants parlent - très bien - de ces sujets", ajoute Mme Veil. > > Pour
elle, la suggestion de M. Sarkozy risque aussi d'attiser les
antagonismes religieux : "Comment réagira une famille très catholique
ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d'incarner
le souvenir d'un petit juif?", s'interroge-t-elle. > > Source : AFP
La maison de retraite de Langeais ( 37130 )
est considérée comme l'un des établissements les moins onéreux du
département d'Indre et Loire. Néanmoins, le 1er juillet 2007, le
Conseil Général a "réajusté" les tarifs en augmentant la journée de
2,52 euros, soit 5%,40 de majoration. Et le 1er janvier 2008, une
nouvelle augmentation de la journée de 2,94 euros vient d'être décidée,
soit 5%,93 de hausse. En six mois,c'est donc à 11%,33 de relèvement du
tarif journalier que les personnes âgées de l'EHPAD de Langeais ont à
faire face.
Ce réajustement ne profite guère au personnel dont les salaires
restent toujours à la traine, surtout en tenant compte de la
spécificité et des conditions de travail. Il ne profite pas non plus à
améliorer les conditions de confort des résidents, du fait d'un manque
criant de personnel et d'une formation insuffisante.Il ne permet pas
plus d'engager des travaux nécessaires afin de mettre l'établissement
aux normes de notre temps.Il est d'ailleurs inconstestable que
l'ouverture d'une nouvelle maison est nécessaire quand on sait que la
durée de vie s'accroit et qu'il convient de se projeter dans l'avenir.
Dans le même temps, les franchises médicales qui frappent en priorité
les personnes âgées et malades sont instaurées.Les personnes malades,
même prises en charge à 100% n'échappent pas au paiement de certains
médicaments "de confort".
Tout ceci alors que les retraites ne sont revalorisées que de 1,1% au 01/01/08!
Et dire que le Président Sarkozy veut redonner du pouvoir d'achat
aux Français!! Mais c'est vrai que c'est en travaillant plus, en
faisant des heures supplémentaires qu'il compte réaliser ce
miracle;comment font alors les retraités? Ces retraités auxquels il
avait promis durant la campagne présidentielle une hausse de 25% des
petites retraites! Les 1%,1 d'augmentation attribués sont loin de faire
le compte et font figure de miettes accordées à une catégorie à qui le
pouvoir sarkozyste fait des effets d'annonce, mais n'apporte pas de
concret.
Ainsi, les maigres économies de nos anciens qui ont travailléet
cotisé toute leur vie, s'évaporent rapidement et dans de telles
conditions, on peut dire que la vieillesse devient l'anti-chambre de la
mort.
Nos parents et grands-parents ne peuvent attendre indéfiniment la
réalisation des promesses de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement
d'ouverture. Le président se dit sur le terrain, mais quel terrain?
S'il visitait certaines EHPAD, il y découvrirait, non pas le luxe , ni
les odeurs des palaces ou palais que ses amis du CAC 40 ou richissimes
émirs mettent à sa disposition, mais il y rencontrerait une image de la
vieillesse très dure à supporter.
Pendant que la vieillesse devient de plus en plus difficile à vivre,
pratiquement en marge de la société, quatorze milliards de cadeaux
fiscaux sont acordés aux privilégiés de la fortune, le Président de la
République s'octroie 170 % d'augmentation et le MEDEF n'en finit pas de
réclamer toujours plus.
La question du droit à une vieillesse digne ne peut se concevoir
sans poser celle de la société dans laquelle nous voulons vivre.
Il y a un je-ne-sais-quoi d'émouvant à voir la secrétaire d'Etat des Droits
de l'homme s'ébattre dans le bain de la communication de Sarkozy. Quand
le président français déroule le tapis rouge au dictateur libyen, connu
pour son goût prononcé du terrorisme, Rama Yade se lance dans une
violente diatribe censée bouter Kadhafi hors de France. Mais après des
gesticulations et de belles paroles dans la presse, Rama, pourfendeur
du tyran, finit par embrasser chaleureusement la main de Mohammar
Kadhafi.
De même, quand Sarkozy méprise le référendum sur la
Constitution européenne qui avait vu la victoire du “non”, Rama Yade
revient sur le devant de la scène et confie ses peines de cœur aux
Français.
« Je ne sais si je peux le dire, mais moi aussi, j'ai voté non à la Constitution européenne en 2005, comme 55 % des Français. »
La larme à l'œil, Rama l'opposante, concède un “moi aussi” pour laisser
entendre qu'elle faisait partie de ces impénitents gauchistes ou de ces
souverainistes de droite qui refusaient autrefois la ratification du
Traité européen.
La juvénile Rama Yade figure la réflexion en mouvement,
l'avancée d'une pensée affective vers le pragmatisme politique et la
raison d'Etat. Elle est la pensée, l'émotion propre à chacun, le manque
de maturité propre à la jeunesse et aux citoyens. Elle est le visage de
cette France qui peine à comprendre faute de maturité intellectuelle,
l'incarnation des doutes et des injustices que ses origines renvoient
nécessairement aux spectateurs.
Mais sous ce visage, aux courbes délicates, censé
figurer la pensée française portée vers des espérances politiques de
justice, se cache une face de communicante aiguisée. Un personnage
politique d'un genre nouveau qui n'aspire qu'à un seul objectif,
dominer l'espace oppositionnel.
Qui mieux que Sarkozy a saisi l'importance de la communication et la maîtrise du discours de l'opposition pour contrôler les paroles de ses adversaires ?
Rama Yade présente ses doutes, ses interrogations
et concentre les attentions de la presse. Elle permet ainsi de couper
court aux virulentes critiques sur la venue de Kadhafi, sur la négation
du référendum, et la manière dont Sarkozy bafoue la voix du peuple.
« Pourtant aujourd'hui, je suis satisfaite du Traité européen.
J'aime beaucoup ce Traité parce qu'il tire les leçons du “non” français », ajoute-t-elle.
Avec des mots simples comme pourrait les prononcer
une adolescente, Rama Yade vole la place réservée à l'opposition,
s'empare de leurs discours et empêche les véritables opposants de
s'exprimer. Car, dans la presse, les encarts réservés à l'opposition
sont désormais consacrés aux discours de Rama Yade la secrétaire d'Etat
et « opposante » intégrée au gouvernement.
Cette stratégie communicationnelle se fonde sur la
capacité à devancer la critique en intégrant le discours de
l'opposition pour mieux l'absorber, le digérer et l'annihiler. Cette
maîtrise de l'opposition par l'intégration du discours conduit
nécessairement à une forme de censure. Car elle vise à décrédibiliser
l'opposition afin d'établir un consensus national autour du président
de la République.
Si la gauche souhaite résister et défendre son projet
politique, elle va devoir inévitablement dénoncer ces pratiques de
communicants qui manipulent l'opinion publique en ne laissant place
qu'à une seule voix, celle de Nicolas Sarkozy.
Présenté comme une mesure de protection en faveur des
plus démunis (le pendant du "bouclier fiscal" pour les plus fortunés),
le " bouclier sanitaire " est en réalité un bélier contre
l'assurance-maladie.
Une idée de Martin Hirsch
Le "bouclier sanitaire" est une idée du
Haut-commissaires aux Solidarité actives, Martin Hirsch, en juin 2007.
Elle consistait à remplacer les tickets modérateurs, les franchises (un
euro par consultation) et autres forfaits (18 euros par acte de plus de
90 €) par un plafonnement des remboursements. En dessous de 3 % à 5 %
du revenu fiscal d'un ménage, les dépenses de santé ne seraient pas
remboursées. Au-dessus de ce seuil, elles seraient intégralement
remboursées par l'Assurance-maladie.
Un ménage de salarié ayant un revenu fiscal de 30 000
euros par an ne percevrait donc aucun remboursement de
l'assurance-maladie pour des dépenses de santé inférieures à 900 euros
par an (3 % du revenu) ou 1 500 euros (5 % du revenu) ! Ces dépenses
resteraient à sa charge ou à celle de sa mutuelle.
Un scénario de Briet-Fragonard
Le rapport Briet-Fragonard reprenait l'idée de Martin
Hirsh et y voyait l'occasion de simplifier de façon "drastique" les
règles de prise en charge des Affections de Longues Durées (ALD).
Le bouclier ne s'appliquerait qu'à la dépense remboursable : les
"restes à charge" liés à des dépassements tarifaires qui se sont
multipliés depuis la réforme Douste-Blazy de 2004 ne rentreraient pas
dans son champ.
Toujours selon ce rapport, le "bouclier", à condition
que le plafond soit modulé en fonction des revenus, pourrait permettre
une meilleure protection des titulaires des revenus les plus modestes.
Il permettrait également de "garantir durablement un
meilleur pilotage de l'évolution des dépenses d'assurance maladie
obligatoire". Ce qui revient à dire que le plafond (de 3 % à 5 % du
revenu fiscal au départ, selon Martin Hirsch) pourrait s'élever en
fonction des besoins de l'assurance-maladie. Cette augmentation du
pourcentage dispenserait de faire la moindre peine aux trusts
pharmaceutiques, aux cliniques privées ou aux médecins libéraux dont
l'augmentation des coûts et des tarifs est, pourtant, le facteur
principal de l'augmentation des dépenses de santé. Nul besoin, non plus
d'augmenter la part patronale des cotisations maladie qui stagne depuis
vingt ans. Il suffirait de rehausser le plafond à 6 %, 8 %, 10 %...
pour rééquilibrer les comptes de l'assurance-maladie. Aux Etats-Unis
(le modèle de "civilisation" de Nicolas Sarkozy), les personnes de plus
de 65 ans utilisent, en moyenne, 20 % de leurs revenus annuels en
dépenses de santé non remboursées.
Un film de La Haute Autorité de Santé et de Roselyne Bachelot
Le lundi 11 décembre, la Haute Autorité de Santé
remettait à Roselyne Bachelot un avis préconisant une refonde totale du
système de suivi médical et de couverture des ALD qui concerne 7,4
millions de personnes et l'instauration de "la gratuité des dépenses de
santé au-delà d'un plafond des dépenses fixé selon le niveau de revenus
des ménages". Avec la "refonte totale" du remboursement des ALD ce ne
sont plus seulement les "petits risques" qui sont en ligne de mire mais
le cœur même de l'Assurance-maladie.
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, reprend à son
compte ce rapport et cet avis. Pour aider à convaincre de la nécessité
d'un "bouclier sanitaire", Roselyne Bachelot n'avait d'ailleurs pas
hésité à tirer quelques flèches bien acérées sur les assurés sociaux
sous formes de "franchises médicales", mises en œuvre dès le 1er
janvier 2008.
Une manœuvre en deux temps de Sarkozy pour briser l'assurance-maladie
Nicolas Sarkozy, la main sur le cœur comme d'habitude,
a tenu à préciser ce que serait le sens du "bouclier sanitaire" :
réserver la solidarité à ceux qui en ont le plus besoin. C'est au
contraire une nouvelle application de la méthode classique de la
droite : diviser le salariat, dans un premier temps, pour infliger,
dans un second temps, une défaite à l'ensemble du salariat. Les
néolibéraux américains ont procédé de la même façon à la fin des années
1970 et au début des années 1980. Dans un premier temps, ils ont
supprimé les aides sociales aux salariés dotés d'un emploi à plein
temps, affirmant qu'il fallait réserver ces aides aux plus pauvres.
Quelques années plus tard, ils ont retiré l'essentiel des aides
sociales destinées aux plus pauvres dans l'indifférence générale, le
restant du salariat ne se sentant plus concerné. C'est exactement ce
qui nous attend.
Une remise en cause des principes fondamentaux de la Sécurité sociale
Rembourser les soins en fonction de la situation
sociale d'un assuré social remet en cause le principe fondateur de
l'assurance-maladie : chacun paie selon ses moyens mais est remboursé
en fonction de ses besoins.
C'est aussi, l'abandon d'un autre principe fondateur :
l'augmentation des cotisations sociales quand les besoins augmentent.
En effet, c'est la suppression pure et simple de la part patronale de
cotisations maladie que vise maintenant la Droite au moyen de ce
"bouclier sanitaire".
Nicolas Sarkozy
poursuit sa chute de popularité, perdant 10 points de bonnes opinions
en février avec seulement 39% de satisfaits, contre 49% en janvier,
alors que la cote de François Fillon bondit de 7 points avec 52% de satisfaits (45% en janvier), selon le baromètre Ipsos-Le Point à paraître jeudi.
C'est le plus mauvais sondage d'opinion, depuis son élection, pour
le chef de l'Etat, qui recueille dans cette enquête 58% (+9) d'opinions
défavorables (3% ne se prononcent pas).
Il a perdu 19 points de
jugements favorables depuis le mois de novembre où il avait encore 58%
de satisfaits dans ce même baromètre.
Il s'agit du dernier d'une
série de sondages montrant un décrochage de la cote de popularité du
président, dû notamment selon les sondeurs à la déception de l'opinion
en matière de pouvoir d'achat et à une surmédiatisation de la vie
privée du chef de l'Etat.
Les plus mauvais chiffres jusqu'à
présent remontaient à une enquête TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine
rendue publique le 30 janvier, avec une cote de confiance de 41% contre
55% ne lui faisant pas confiance, les mêmes chiffres se retrouvant le 3
février dans un sondage LH2-Libération.
La popularité du Premier
ministre suit une courbe inverse au décrochage présidentiel, avec 52 %
de bonnes opinions contre 45 % en janvier et 40 % de défavorables
contre 46% en janvier, selon le baromètre Ipsos-Le Point. 8% des sondés
ne se prononcent pas.
Le revers de popularité s'étend par contre aux figures politiques de la majorité présidentielle.
Le
maire de Paris, Bertrand Delanoë ravit, à la différence de points, la
tête du palmarès des hommes politiques avec 63% de bonnes opinions (+3
sur janvier) au ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui
perd 3 points à 63% (contre 66% en janvier).
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, conserve sa troisième place mais perd un point à 58% (59%).
Sondage
réalisé les 8 et 9 février par téléphone auprès d'un échantillon
national de 944 personnes représentatif de la population française de
18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès
de la commission des sondages.
Une gauche unie pouvait gagner et imposer le référendum souhaité par
71 % de la population en votant contre le projet de modification de la
Constitution française, le 4 février à Versailles.
Il a manqué 177 voix pour empêcher Sarkozy d'obtenir la
majorité des 3/5ème des suffrages exprimés qui lui étaient nécessaires.
Or, 182 députés ou sénateurs de gauche n'ont pas voté contre le projet
de modification. Il était donc possible de battre Sarkozy et de lui
imposer un référendum de ratification du Traité Modificatif Européen.
32 députés ou sénateurs socialistes et radicaux (dont
Jack Lang, Annick Lepetit et Manuel Valls) ont même voté comme l'UMP
pour la modification constitutionnelle.
147 députés ou sénateurs socialistes se sont abstenus
ou n'ont pas pris part au vote (alors que la majorité des 3/5ème
nécessaire à Sarkozy se calculait sur le nombre de votants), parmi eux,
Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray, Jean Glavany, François
Hollande, Pierre Mauroy, Louis Mermaz Pierre Moscovici ou Daniel
Vaillant.
3 élus du groupe « Gauche démocrate et républicain) se sont abstenus, tels Yves Cochet ou Noël Mamère.
C'est donc au total (32 + 147 + 3) 182 députés ou
sénateurs de gauche qui n'ont pas voté contre le projet de Sarkozy.
Dans ce calcul n'est même par repris en compte le vote des 7 sénateurs
radicaux de gauche qui, tel Jean-Michel Baylet ou Gérard Delfau, ont
voté pour le projet sarkozyen, à l'unisson des radicaux de droite dont
ils partagent le groupe parlementaire.
121 députés socialistes ont (comme les 44 élus
communistes) défendu le suffrage universel et le droit du peuple
français à un nouveau référendum. Parmi eux Henri Emmanuelli, Laurent
Fabius, Serge Janquin, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Daniel
Percheron, Michel Vauzelle ou Alain Vidalies.
En choisissant de voter contre le projet de Nicolas
Sarkozy, ces 91 députés socialistes et ces 30 sénateurs (65,6 % des
élus qui ont voté contre) ont eu le courage d'un vote historique,
conforme au mandat unanime donné par 120 000 militants socialistes lors
du dernier Congrès : « Nous exigerons un référendum pour tout traité
remplaçant la Constitution européenne ».
Une opposition qui ne s'oppose pas quand il est possible de gagner
Nicolas Sarkozy a maintenant les mains libres pour
faire ratifier le projet de Traité modificatif européen (TME). Ce vote
se fera à la majorité simple : quel que soit les votes des socialistes,
l'UMP est maintenant sûre de l'emporter.
Pourtant, depuis son élection Nicolas Sarkozy a lancé
une offensive tous azimut contre le salariat : impôts, 35 heures,
pouvoir d'achat, droit de grève, code du travail, contrat de travail,
retraites, privatisation de GDF et bientôt d'EDF, franchises médicales
et assurance maladie, TVA sociale… Et nous n'en sommes qu'au début
puisque le but de cette offensive est, explicitement, de mettre à bas
tous les acquis sociaux depuis 1945.
Dans une société où le salariat représente 91 % de la
population active, Nicolas Sarkozy est en donc en train de récolter le
fruit de sa politique. Dans le dernier sondage Louis Harris (LH2) il ne
recueille plus (début février) que 41 % d'opinions favorables contre
54 % un mois plus tôt et 67 % en mai 2007. Cette chute est tellement
spectaculaire que François Miquet-Marty, directeur des études à
l'institut LH2 constate que les « désenchantements constatés »
finissent par donner « le sentiment d'une imposture » !
Un échec de Sarkozy devant le Congrès de Versailles
aurait ouvert une crise politique, l'aurait durablement fragilisé et
l'aurait obligé à mettre en sourdine sa politique d'agression dirigée
contre la grande majorité de la population.
Pourquoi dans ses conditions, une majorité des députés
et sénateurs du Parti Socialiste ont-ils choisi de se porter au secours
du président de la République en lui permettant d'obtenir la majorité
de 3/5ème des votants nécessaires à la modification de la Constitution
et ouvert, ainsi, la voie à la ratification du Traité Modificatif
Européen (TME) ?
Pourquoi une majorité d'élus socialistes n'a-t-elle pas voulu imposer une défaite à Sarkozy au congrès de Versailles ?
Pour renforcer l'Union européenne ? Cela n'a aucun
sens : l'Europe ne pourra pas se construire contre la volonté de ses
peuples. Les Européens rejettent avec de plus en plus de force le coup
d'Etat permanent imposé par une Union européenne où la seule
institution élue au suffrage universel (le Parlement) est aussi celle
qui a le moins de pouvoir. Un tel vote contre la volonté des citoyens
constitue, au contraire, un coup terrible porté à l'idée même d'Europe.
Pour le respect du suffrage universel ? Evidemment non
puisque leurs votes ont permis d'effacer la volonté populaire qui
s'était clairement manifestée le 29 mai 2005 en rejetant, par 54,67 %
des suffrages, le Traité Constitutionnel Européen ?
Parce qu'il s'agissait d'un nouveau traité ? Personne
n'ose se risquer à une telle affirmation Valéry Giscard d'Estaing
lui-même (le président de la Commission qui avait rédigé le projet
deTraité Constitutionnel) reconnaissait qu'il s'agissait des mêmes
outils mais classés dans un ordre différent.
Parce qu'il fallait tenir les engagements électoraux du
Parti Socialiste ? Ces engagements (tant le projet du PS que le projet
de Ségolène Royal) affirmaient exactement l'inverse : un nouveau
référendum et un traité simplifié, limité aux institutions.
Parce que Sarkozy avait gagné les élections et annoncé
qu'il ne ferait pas de référendum ? Dans ce cas, à quoi bon une
opposition qui ne fait que de la figuration et qui ne gagne pas quand
c'est possible ?
Pour ne pas perdre les élections municipales et
cantonales ? Au contraire, le respect du vote du 29 mai 2005 n'aurait
pu que s'ajouter au discrédit de Sarkozy pour battre la Droite.
Pour ne pas étaler les divergences au sein du Parti
Socialiste lorsqu'il aurait fallu décider de la position du Parti
Socialiste lors d'un nouveau référendum ? Comme si, avec 32 pour, 121
contre et 179 abstentions, ces divergences ne s'étaient pas étalées au
grand jour.
Notre Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer s'est donc fait épingler cette
semaine par le Canard Enchaîné pour avoir loué un avion privé, un
Falcon 900, pour se rendre aux Etats-Unis plutôt que d'utiliser l'avion
d'Air France sur lequel des places lui avaient pourtant été réservées.
Tout celà pour pouvoir assister à un cocktail réunissant quelques amis
du président... Coût de l'opération : 138.000 euros.
Ce gaspillage est d'autant plus choquant que sa révélation survient
le jour même où les Réunionnais apprennent la diminution de 70% des
subventions de l'Etat à l'ANT, argent qui servait à payer les billets
d'avion des jeunes Réunionnais souhaitant échapper au chômage en allant
travailler en dehors de l'île.
Ces 138.000 euros ne sont pas les premiers et que le budget "voyages" du Secrétariat d'Etat avait explosé depuis l'arrivée de Christian Estrosi et des siens à la rue Oudinot.
On me dit par exemple que son récent déplacement dans le Pacifique
au mois d'octobre dernier, à l'occasion du 38ème forum des îles du
Pacifique qui s'est tenu à Nuku Alofa, aux îles Tonga, avait coûté plus
de 400.000 euros.
On me dit aussi que les services du ministère ont attiré l'attention
de Christian Estrosi sur ces dérapages, mais qu'il a balayé les remarques
d'un revers de main.
1380.000 euros par ci, 400.000 par là. Encore un petit effort, et on
saura à quoi auront servi les quelques millions économisés sur le
budget de l'ANT...
Profondément déçu
par l'attitude de son mentor Le sénateur maire UMP de Saint André,
Serge Camatchy, l'actuel 1er adjoint à la mairie de Saint André parle
aujourd'hui de “trahison” et “d'hypocrisie”. Il compte bien
“ressusciter” aux régionales de 2010 et aux cantonales de 2011.
Un
signe qui ne trompe pas : Serge Camatchy n'a pas assisté, hier
après-midi, au conseil municipal de Saint-André. D'habitude il ne
décolle pas du sénateur maire, toujours assis à sa gauche, et prêt à
voler à son secours sur les grands dossiers en cours dans la commune.
Car
en l'absence du maire de Saint-André, souvent retenu à Paris en raison
de ses mandats parlementaires (il a été député de 1986 à 1997, et est
sénateur depuis 2001) c'est son 1er adjoint qui prenait le relais, aux
côtés des services administratifs. Mais hier sa chaise est restée vide
au conseil municipal. Sa chaise uniquement, mais pas sa place sur la
liste des municipales. Ceci explique donc cela. En clair, Serge
Camatchy a décidé de prendre ses distances avec les Virapoullé (père et
fils) en particulier et avec la politique municipale en général. Non
pas de gaieté de cœur, mais par déception. Il
a le sentiment d'avoir été “trahi”. Et il le dit sans ciller. En
faisant une rétrospection. “J'ai été victime de mon succès, de mon
travail et de ma fidélité”, dit-il. “Trahison”,
le mot est lâché ! “En 2004, ce n'est pas par hasard que j'ai perdu les
élections cantonales. À la veille du second tour, le maire décide
d'augmenter les impôts locaux de plusieurs points…” La suite
on la connaît. “On a laissé entendre du côté de la mairie que les gens
ne voulaient plus de moi. Or, en 2004, Maryse Mussard, Jacquet Hoarau
au Tampon, Vital Payet à Saint-Benoît… ont aussi perdu le scrutin à
cause de la politique de Raffarin”.
Serge Camatchy est persuadé
que son éviction de la mairie de Saint-André est préparée depuis
longtemps déjà. La “manœuvre” était en route. “En octobre 2007,
Virapoullé me demande de réfléchir pour Sainte-Suzanne. Il y a un coup
à jouer, me dit-il. Je commence alors à activer mes réseaux. Je prends
contact avec Sylvain Mounigan, Joseph Clain, avec le monde associatif.
Alain Sinaretty me donne un coup de main. Mais, en novembre, après le
Dipavali, Virapoullé m'a dit : tu envoies chier Sainte-Suzanne.
Reste à Saint-André, on gagne les municipales, tu passes ensuite la main à Jean-Marie et
après on commence à préparer les régionales de 2010 et les cantonales
de 2011”, raconte Camatchy. Au fil des semaines, le 1er adjoint déclare
qu'il a commencé à être poussé vers la porte. “En janvier,
Virapoullé-père a réuni son staff pour l'organisation de la campagne
électorale. C'est à ce moment qu'il a confié à Jean-Marie la
responsabilité de cette organisation, à laquelle je n'ai jamais été
associé. Je me suis aussi rendu compte qu'ils avaient commencé à
courtiser des militants très proches de moi, sans même m'en parler”,
précise encore Serge Camatchy.
“Jeudi 31 janvier, Jean-Paul
Virapoullé m'a invité à déjeuner au restaurant le Beau Rivage à
Champ-Borne. Jean-Marie était présent. C'est là qu'il m'a fait
comprendre que je devais laisser la place à son fils, qui est déjà 4e
adjoint dans l'équipe actuelle, président de la Cirest et conseiller
général du 3e canton”. Serge Camatchy manifeste d'emblée son opposition
face à une telle proposition. La sienne lui semble plus logique : “En
cas d'élection en mars prochain, je reste 1er adjoint à Jean-Marie tout
en gardant quelques délégations municipales”. Selon Camatchy, Jean-Paul
Virapoullé a refusé net ce schéma. “Je lui ai alors demandé le poste de
2e adjoint. Jean-Marie est monté au créneau en disant : ce n'est pas
prévu comme ça. Il est question d'un duo, pas d'un trio ! Le repas
s'achève sur un goût amer. Virapoullé demande à Camatchy de bien
réfléchir. Au cours de l'après-midi du jeudi 31 janvier, Camatchy se
fend d'une lettre destinée au sénateur maire, qui la reçoit le
lendemain matin. Rendez-vous est pris entre les deux hommes pour le
samedi 2 février à 18 h 30 au domicile de Virapoullé. Un rendez-vous
qui n'aura jamais lieu. Les deux hommes s'appellent le samedi, aux
environs de 16 heures. “Jean-Paul Virapoullé m'a fait comprendre que
c'était ça ou rien. C'est-à-dire, laisser la place de 1er adjoint à son
fils…” La “cassure” réelle date donc de samedi dernier. Serge Camatchy
n'apprécie pas d'avoir été “jeté” comme un kleenex. “J'ai reçu une
gifle sur la joue droite en 2004, je ne vais pas tendre la joue gauche
en 2008”, souligne l'actuel 1er adjoint. “Il ne faudra pas compter sur
moi pour cautionner la dynastie des Vergès et des Virapoullé. Je suis
arrivé à la mairie les mains vides et la tête propre. Je repars pareil,
en gardant toute ma dignité. Je ne regrette pas ce que j'ai fait pour
les administrés, ni pour Jean-Paul Virapoullé. Il m'est même arrivé de
faire barrage de mon corps pour le protéger notamment aux municipales
de 1983, puis de 1984 et aux cantonales de 1985. Je constate tout
simplement qu'il n'a pas été reconnaissant.” Serge Camatchy ne
s'investira pas dans les municipales à Saint-André.
Bien sûr qu'il faut politiser les élections municipales. Ces élections
sont politiques, qu'on le veuille ou non. D'ailleurs les candidats
essaient de chercher l'investiture de tel ou tel parti, tout en faisant
des listes « d'ouverture ». Ensuite, on parle de maire UMP, PS, DVD,
DVG, apparenté ou sans étiquette. C'est facile de dire je m'occupe de
mon clocher, et au demeurant c'est prendre les électeurs pour des
demeurés. Certes le maire sortant doit présenter le bilan de sa
gestion, présenter de nouveaux projets, les opposants les critiquer. Ça
c'est de la gestion, de la politique communale, de la politique de la
cité (du mot polis, la cité en grec). Mais les maires et les
conseillers municipaux interviennent à deux niveaux dans la gestion de
la cité plus élargie : tout le territoire français.
Ils interviennent fortement au niveau législatif dans la proposition et
la confection des lois, la composition du gouvernement et la conduite
de sa politique. Comment me direz-vous ? Tout d'abord lors des
élections législatives. Il est évident qu'une circonscription
comportant plus de communes de droite ou de gauche aura plus facilement
un député de droite ou de gauche. Celle qui va du Tampon à Saint-Leu,
la 3e en est un bon exemple. Et ne parlons des communes
circonscriptions comme Saint-Denis. Si le maire en place a bien fait
son travail, il n'y a pas de raison que lui-même ou quelqu'un de sa
couleur politique ne soit pas député. Or que fait un député ? Il vote
les lois ! Et c'est en fonction de la majorité de droite ou de gauche à
l'Assemblée nationale qu'on forme le gouvernement.
Mais ça ne s'arrête pas là. Le maire et les conseillers municipaux sont
ce qu'on appelle les grands électeurs et à ce titre ils élisent les
sénateurs. Est-il pensable qu'un maire ou un conseiller municipal de
droite ou de gauche vote pour quelqu'un d'autre au-delà de sa couleur
politique ? Sauf pour quelques coups bas. Et que font les sénateurs ?
Ils votent aussi les lois, participent au congrès pour changer la
constitution, font du lobbying. Et si on les appelle les sages ils sont
un peu rétrogrades. L'a-t-on déjà vue à gauche assemblée de papys, au
fait ?
Alors utilisons ces élections pour exprimer un vrai sentiment
politique.
Vous avez aimé la franchise médicale, l'augmentation de la
durée des cotisations pour la retraite, la promesse d'une augmentation
du pouvoir d'achat qui ne vient pas, les expulsions, la mise à la
poubelle du code du travail, la marchandisation du service public, le
bling-bling présidentiel et bientôt la TVA sociale et Raffarin
président du Sénat ? Pour ces municipales votez à droite et plus
précisément UMP.
Vous n'avez pas aimé, vous voulez une France plus
solidaire, plus culturelle, respectueuses de ses différences, de ses
personnes âgées, de ses écoliers, une France plus juste, plus laïque,
qui garde ses services publics contre l'Europe, qui veut un nouveau
référendum pour le Traité européen ? Votez à gauche !
Arrêtez de
voter pour un camarade, comme je l'ai entendu à Saint André, parce que
c'est un bon boug que vous avez connu à l'école. Ce n'est pas lui qui
souffre à votre place.
Les hommes politiques risquent de voir à l'occasion de ces élections
que les électeurs ne sont pas des imbéciles à qui ont fait croire qu'on
s'occupe d'eux alors qu'en même temps on participe en paroles, en
actes, en soutien à un gouvernement incapable non seulement de tenir
les promesses du président mais aussi de proposer quelque chose de bien
pour la population. Alors, sanctionnez, sanctionnez ! Il en sortira
bien quelque chose.
En politique, il faut savoir profiter de la moindre faiblesse de ses adversaires pour enfoncer un coin décisif.
Les leaders de la Droite, Jean-Paul Virapoullé en tête, ont bien
senti que le PCR était actuellement très affaibli. Paul Vergès
vieillissant n'a plus la même emprise sur le Parti. On dit même qu'il
s'en désintéresse complètement, ne se préoccupant plus que de ses
grands projets (tram-train, route du Littoral, route des Tamarins et
Maison des Civilisations) et à ce qui constitue son obsession : caser
durablement ses enfants sur des postes juteux, et en particulier offrir
à Pierre le Parti et la Région sur un plateau.
Virapoullé et les autres l'ont bien compris. Et ils ont également
pressenti que Paul et Pierre Vergès étaient prêts à éliminer tous les
leaders susceptibles de s'opposer à leurs projets, même si le résultat
en est la liquidation du PCR. Mieux vaut Pierre à la tête d'un PCR
affaibli qu'un communiste qui ne serait pas de la famille à la tête
d'un PCR fort!
D'où le deal : soit le PCR s'arrange pour présenter des candidats
qu'il sait incapables de gagner, soit il soutient des candidats non
communistes (comme à St-Leu, bastion pourtant historique du Parti !),
soit il fait mine de soutenir le candidat communiste "officiel" mais s'arrange pour faire glisser quelques centaines de voix sur le candidat de Droite...
Au début, je pensais que le marché ne valait que pour St-André.
Quelle n'a donc pas été ma surprise de découvrir que de nombreuses
autres villes étaient concernées, les Vergès ne cherchant rien moins
que d'éliminer tous les leaders de leur Parti.
C'est ainsi qu'outre St-André où le PCR va faire voter quelques
centaines de militants acquis corps et âmes à la famille Vergès en
faveur de Jean-Paul Virapoullé, les Vergès vont tout faire pour faire
battre Maurice Gironcel à Ste-Suzanne (Eric Fruteau et Maurice Gironcel
payant là leurs réticences à faire voter Pierre Vergès aux
législatives...).
Ils vont également donner un coup de main à René-Paul
Victoria à St-Denis (même si Michel Tamaya et Alain Armand font partie
de l'Alliance...) de façon à garantir la défaite de Gilbert Annette, à
Alain Bénard à Saint-Paul car Huguette Bello est une des rares à
pouvoir s'opposer à Pierre, à Jean-Luc Poudroux à St-Leu (alors que le
Parti soutient officiellement Thierry Robert, mais ce ne sont
absolument pas les consignes glissées dans les cellules...), à Cyrille
Hamilcaro à Saint-Louis (pour les mêmes raisons que pour Huguette
Bello), à Michel Fontaine à Saint-Pierre, etc...
La contrepartie? Elle est simple, et je vous l'ai déjà donnée ici :
Jean-Paul Virapoullé et les autres ténors de Droite ont promis à Paul
Vergès de lui apporter le nombre de voix qui pourraient venir à lui
manquer pour faire élire Pierre à la tête de la Région, après la
démission de Paul Vergès, au lendemain des municipales.
Le nec plus ultra consistant pour Paul Vergès à cerner parfaitement
le nombre de conseillers régionaux de l'Alliance refusant de voter pour
Pierre, et pour la Droite d'apporter exactement le nombre de voix
manquantes, de façon à ce que, vu de l'extérieur et notamment du côté
de la presse, l'opération soit équilibrée et que l'on ait l'impression
que Pierre a bénéficié du soutien de la totalité des conseillers
régionaux de la majorité.
On imagine mal un des "traitres" aller voir la presse pour lui dire : "Je ne comprends pas que le compte puisse y être puisque j'ai moi même voté contre Pierre"...
Ni vu ni connu, et au passage ces mêmes leaders de Droite, qui
craignaient pour leurs réélections, pourront continuer à se vautrer
dans leurs indemnités de fonction, leurs avantages en nature et le
reste...