Que faut-il dire quand le sordide côtoie le pitoyable, quand le
scandaleux se dispute au révoltant, quand le racketteur de voix,
excitant les bas instincts, jette sans vergogne aucune à la vindicte
populaire son fonds de commerce d’hier ?
La communauté mahoraise a perdu dans des conditions atroces un de ses
enfants à l’occasion d’une rixe qui ne la concernait nullement et qui
opposait des jeunes de Sainte-Suzanne et de Saint-André.
De statut de victime, un élu de la République a transformé la
communauté mahoraise dont on connaît la discrétion et la tranquillité,
en coupable. Je voudrais rappeler à cet élu irresponsable que cette
communauté est présente légalement sur notre sol même si les conditions
d’accueil qu’on lui offre sont pour le moins dégradantes et indignes.
Je voudrais lui signaler la richesse culturelle dont est porteur ce
peuple formidable et tout ce qu’il y aurait à apprendre pour qui veut
bien se donner la peine de s’y intéresser.
Je voudrais lui dire aussi que si les Mahorais acceptent ces conditions
indignes et à la limite du supportable c’est parce qu’elles sont
meilleures, sur les plans social, économique et éducatif, que celles
existantes encore pour l’heure dans leur pays d’origine.
Je voudrais demander à M. Virapoullé de ne pas rajouter à la douleur de
la rupture, de l’éloignement, de la séparation, une deuxième peine,
celle de l’ostracisme, de la stigmatisation, de la haine, du racisme et
de la xénophobie.
Le statut de parlementaire qu’il étrenne depuis tant d’années, la
proximité avec les dorures de la République dont il se targue aisément,
devraient être mis à profit pour faire avancer l’idée d’un rattrapage
social significatif à Mayotte, tant il est vrai que cette communauté
française vient tout simplement chercher chez nous ce qu’elle n’a pas
chez elle.Faisons en sorte Monsieur le sénateur-maire, que la venue
chez nous de nos frères mahorais, procède enfin d’un choix de vie et
non de survie, et agissons en attendant pour qu’ils trouvent dans nos
regards, dans nos postures, dans nos actes et dans nos paroles, le
réconfort dont ils ont tant besoin.
Votre attitude que je mettrai sous le signe d’un règne vieillissant,
fait en tout cas honte à vos mandats, insulte nos valeurs républicaines
et déshonore notre pays. Je ne vous félicite pas Monsieur Virapoullé.
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