PSA Peugeot-Citroën : 50 embauches illégales
Le
tribunal de Bobigny a condamné, lundi 26 mars, la société PSA
Peugeot-Citroën pour l'embauche illégale de cinquante intérimaires
depuis le début de la grève à l'usine d'Aulnay-sous-Bois
(Seine-Saint-Denis). Le constructeur automobile devra s'acquitter d'une
amende de 5 000 euros par infraction constatée.
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Saisi en
référé par quatre syndicats de l'usine (CGT, SUD, UNSA, CFDT) et le
syndicat CGT de la société d'intérim Manpower, le tribunal ordonne à
PSA de retirer ces salariés en contrat précaire des postes actuellement
occupés. Dans sa décision, la magistrate Nina Touati écrit que PSA a
contrevenu dans cinquante cas à l'article L 124-2-3 du code du travail
et porté "atteinte à l'effectivité du droit de grève" dans l'usine. La juge reproche à l'entreprise d'avoir "volontairement poursuivi sa politique de recrutement de personnels intérimaires" alors qu'une grève paralysait en partie l'entreprise "et que ces travailleurs précaires devaient en réalité être affectés au remplacement des salariés grévistes". La
justice interdit à l'usine automobile de procéder à de nouvelles
embauches de personnels intérimaires (ou en contrat à durée déterminée)
pour "tout motif autre que le remplacement de salariés non grévistes absents", jusqu'à l'issue du conflit démarré le 28 février. "ET UN, ET DEUX, ET 300 EUROS !"
Dans
l'après-midi, 300 grévistes de l'usine d'Aulnay-sous-Bois ont défilé à
proximité du ministère du travail pour demander l'intervention des
pouvoirs publics dans le conflit. Ils se sont réjouis de la décision du
tribunal de Bobigny. "C'est un des succès de la grève : mettre au
grand jour les pratiques de la direction. Maintenant, on va faire en
sorte que ça soit appliqué, et pour cela on va saisir l'inspection du
travail", a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué CGT.
En
moyenne 400 à 500 salariés font grève depuis près d'un mois. Ils
réclament une hausse de salaire mensuelle de 300 euros. Samedi, plus
d'un millier de personnes (grévistes ou non grévistes) ont défilé à
Paris, entre Barbès et la place de la République, aux cris de : "et un, et deux, et 300 euros !"
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