La loi sur la consommation ayant été reportée sine die,
le ministre de l'Industrie François Loos compte sur la DGCCRF pour
faire rentrer les opérateurs de télécommunications dans le droit
chemin. Des menaces qui risquent bien de n'avoir aucun effet.
Peu importe si l'élection présidentielle risque de complètement
changer la donne dans quelques semaines. Le ministre de l'Industrie
François Loos vient de demander à la Direction générale de la
concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF) de suivre plus attentivement que jamais l'activité des
opérateurs de téléphonie et des fournisseurs d'accès à Internet,
notamment « ceux suscitant le plus grand nombre de plaintes », et
d'adresser à chacun d'entre eux une synthèse détaillée des motifs
d'insatisfaction de leurs clients. Les contrôles en matière de méthodes
de vente et de démarchage devront également être renforcés et des
actions contentieuses devront être menées « chaque fois que nécessaire
». La DGCCRF devra enfin vérifier que les engagements pris par les
opérateurs lors des tables rondes menées depuis un an et demi sous
l'égide du ministre sont bien tenus. Cette démonstration de force
arrive un peu tard. Cela fait 18 mois, en effet, que les opérateurs se
sont engagés face aux associations de consommateurs et au ministre à
changer les choses et, depuis, rien n'a vraiment bougé. Certes, la
portabilité en 10 jours des numéros de téléphone mobile devrait voir le
jour dans les semaines à venir... avec 6 mois de retard. Des fiches
détaillées censées faciliter la comparaison entre les offres sont mises
à la disposition des clients par la plupart des professionnels. Et
plusieurs opérateurs ont décidé de ne plus faire payer le temps
d'attente à leur hot-line. Mais ces quelques progrès n'arrivent
pas à faire oublier la triste réalité : difficultés de connexion,
assistances téléphoniques chères et incapables de régler les problèmes,
frais cachés, écrasements sauvages des lignes, résiliations
impossibles, etc. Malgré les engagements des opérateurs, les litiges
n'ont pas diminué. La DGCCRF elle-même a noté en 2006 une augmentation
de 17,4 % des plaintes liées aux fournisseurs d'accès à Internet.
Plutôt que de vagues menaces sans conséquence à quelques semaines des
échéances présidentielles, il aurait mieux valu que de vraies mesures
soient prises. Des mesures qui justement figuraient dans le projet de
loi sur la consommation que le gouvernement a retiré en février dernier.
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