Elle est poursuivie pour "outrage" après des incidents survenus mardi
devant son établissement entre des parents d'élèves et des policiers
venus interpeller des sans-papiers.
La directrice d'une école maternelle
parisienne a été placée vendredi 23 mars au matin en garde à vue pour
outrage à la suite des incidents qui ont opposé mardi devant son
établissement des parents d'élèves aux policiers venus interpeller des
parents sans-papiers, a-t-on appris de source judiciaire. Deux autres
personnes ont également été placées en garde à vue dans cette enquête,
précisait-on.
Cette interpellation a provoqué un véritable tollé parmi les
syndicats, ainsi qu'à gauche. Le Réseau éducation sans frontières
(RESF) a appelé à un rassemblement vendredi en début d'après-midi
devant le commissariat où la directrice de l'école maternelle, située
rue Rampal dans le XIXe arrondissement de Paris, est retenue.
"Le Parti socialiste demande solennellement à ce que toute la
lumière soit faite sur l'arrestation de la directrice d'une école
maternelle devant laquelle des affrontements entre parents d'élèves et
forces de l'ordre ont eu lieu mardi, et exige que cette enseignante
soit remise en liberté", a déclaré de son côté le porte-parole du PS
Julien Dray dans un communiqué.
Aschieri "scandalisé"
"Le candidat dit qu'il a changé, parle d'amour et demande à ses
porte-parole de donner de lui une image adoucie, mais la réalité de la
politique qui est, et serait la sienne s'il était élu, toujours aussi
violente. Nicolas Sarkozy ne peut plus tenir ce double langage, en
laissant croire qu'il faut protéger les enfants tout en traquant leurs
parents", ajoute M. Dray.
"Je suis scandalisé qu'on s'en prenne à une enseignante qui n'a fait
que procéder à la protection des enfants. J'en appelle au ministre de
l'Intérieur pour qu'il fasse cesser cette scandaleuse garde à vue et au
ministre de l'Education pour qu'il joue son rôle de protection des
personnels", a déclaré de son côté à l'Associated Press Gérard
Aschieri, le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire
(FSU, première fédération de l'Education).
Heurts et gaz lacrymogène
"On atteint des sommets. Je ne sais pas s'il s'agit d'une initiative
locale ou s'il y a des ordres, mais c'est un acte particulièrement
grave. Un pas a été franchi", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs
(SNUIpp), Gilles Moindrot, parle lui d'une interpellation
"inadmissible" et exige que la directrice de l'école maternelle soit
"libérée immédiatement".
Jeudi, les deux principales fédérations de l'Education nationale, la
FSU et l'UNSA-Education, ont dénoncé de récentes opérations policières
à Paris à proximité d'écoles où sont scolarisés des enfants
sans-papiers, dont l'une, mardi dernier rue Rampal, s'est soldée par
des heurts et l'usage de gaz lacrymogène. (avec AP)
|