La Commission européenne vient d'inaugurer trois
centres de recherche consacrés à l'alimentation animale et humaine.
Leur rôle : établir les méthodes que les autorités sanitaires de chaque
pays devront utiliser lors de leurs contrôles. Trois sortes de
substances nocives sont visées.
Depuis la crise de la
vache folle, les consommateurs sont plus sensibles à la qualité de leur
alimentation, et savent aussi qu'elle dépend de l'innocuité de la
nourriture qu'ingèrent les animaux d'élevage. La Commission européenne
a fait un signe dans leur direction, en inaugurant au sein de
l'Institut des matériaux et mesures de référence trois nouveaux
laboratoires spécialisés dans la sécurité alimentaire. Leur rôle sera
fondamental : ils seront chargés d'établir des références et des
méthodes standard de mesure de la conformité de l'alimentation animale
et humaine, et de les transmettre aux autorités sanitaires nationales
ainsi qu'à l'industrie agroalimentaire. Objectif : faire en sorte que
les contrôles réalisés à l'échelle de chaque pays soient fiables et
garantissent réellement le respect des normes européennes. Il ne sert
en effet à rien d'imposer des seuils et des valeurs limites de sécurité
si les procédés pour les évaluer varient d'un pays à l'autre, et ne
sont pas scientifiquement validés par la Commission européenne. Trois
familles de substances sont ainsi dans le collimateur de ces centres de
recherche : les métaux lourds - le plomb, le cadmium et le mercure -,
les mycotoxines produites par les champignons qui se développent en
particulier sur les fruits, et les hydrocarbures aromatiques
polycycliques, qui interviennent dans les processus de fabrication.
Tous ces composés couramment présents dans les aliments en raison des
modes de production ou de la pollution sont aussi dangereux pour la
santé. Ils provoquent notamment la survenue de cancers, peuvent
endommager le système nerveux ou favoriser des mutations génétiques. Il
est donc capital qu'ils soient détectés selon des règles strictes, afin
qu'ils ne dépassent en aucun cas les seuils définis par la législation
européenne. |