Le député socialiste André Vallini a pointé la "tentative
d'intimidation" du Garde des Sceaux envers une magistrate de Colmar,
qui a été appelé à s'expliquer sur ses propos tenus à l'encontre de
Nicolas Sarkozy.
André Vallini, député et responsable des
questions de justice au PS, a critiqué jeudi 15 mars la "tentative
d'intimidation" du Garde des Sceaux, Pascal Clément, à l'encontre d'une
magistrate de Colmar, sommée d'expliquer des propos tenus sur le
ministre de l'Intérieur.
Cette démarche "s'inscrit dans une reprise en main politique de la
justice qui renvoie à des pratiques d'une autre époque et qui est à
l'opposé du souhait des Français d'avoir une justice impartiale et
indépendante des pressions politiques", écrit André Vallini dans un
communiqué.
"Alors que le juge Bruguière, encore en fonction, annonce sa
candidature aux élections législatives sous l'étiquette UMP et alors
que l'UMP fait circuler chez les magistrats un formulaire de soutien à
Nicolas Sarkozy, le Garde des Sceaux a osé l'incroyable en tentant
d'intimider une magistrate qui s'inquiétait à juste titre des attaques
répétées du ministre de l'intérieur contre la magistrature",
s'indigne-t-il.
Clément "obéit à son collègue de l'Intérieur"
Sur demande de la Chancellerie, Josiane Bigot, conseillère à la cour
d'appel de Colmar, a dû s'expliquer devant sa hiérarchie sur des propos
rapportés par les Dernières Nouvelles d'Alsace
en janvier. Elle mettait en doute les capacités de Nicolas Sarkozy a
être "garant de l'indépendance de la Justice", alors qu'il "ne la
respecte pas depuis quand même quelques années et de moins en moins
dans les propos qu'il tient".
"Le Garde des Sceaux, dont le bilan est calamiteux et dont les réformes
récentes se sont transformées en fiasco, démontre une fois de plus que
sa fonction consiste avant tout à obéir à son collègue de l'intérieur,
candidat de l'UMP à l'élection présidentielle", dénonce André Vallini.
Mercredi, le Syndicat de la Magistrature avait affirmé que Pascal
Clément "reproche à Madame Bigot de co-présider le comité de soutien de
la candidate socialiste à l'élection présidentielle dans le département
où elle exerce ses fonctions et d'avoir, à ce titre, pris la parole
publiquement". Le SM, dont la magistrate est membre, dénonçait "avec
force cette tentative d'intimidation".
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