Interdits dans les écoles par la loi sur la Santé
publique de 2004, les distributeurs automatiques ont fait leur
réapparition au sein d'un établissement de Mayenne, à l'initiative du
député Yannick Favennec. Toutes les études montrent pourtant que le
grignotage favorise l'obésité.
« Bien manger, c'est dans ta nature » : le slogan est inoffensif et
plein de bonnes intentions, mais l'expérimentation qu'il vante est
nettement plus culottée et pernicieuse. Vendredi dernier, des
distributeurs automatiques de nourriture ont été réinstallés pour une
période de 3 mois au sein de l'ensemble scolaire Don Bosco de Mayenne,
qui compte 3 000 élèves. Une opération ingénument présentée comme «
pilote », placée sous le patronage du député Yannick Favennec et de la
Chambre d'agriculture de la Mayenne, mais en réalité illégale : la loi
sur la Santé publique d'août 2004 interdit depuis la rentrée 2005, au
nom de la prévention de l'obésité, de mettre des en-cas à la portée des
enfants et des adolescents à l'école. Bien sûr, ceux qui ont
oeuvré à ce retour assumé des distributeurs automatiques en milieu
scolaire sont malins. En bons communicants, ils ont fait le maximum
pour prévenir les éventuelles critiques des parents et des
spécialistes, et paré leur idée de toutes les vertus. Dans les
machines, pas l'ombre d'une barre chocolatée ultra-calorique ou d'un
soda bourré de sucre, mais des fruits, de simples biscuits et des
yaourts. Que du bon, en somme ! Pourtant, à y regarder de plus près, et
aux dires mêmes de la diététicienne qui s'est occupée du dossier, les
biscuits, de 14 g chacun, contiennent 24 % de sucres et 21 % de
matières grasses, soit presque deux fois plus qu'un classique
petit-beurre. Quant au yaourt, il devrait afficher selon nos calculs
une teneur en sucre d'environ 15 g par pot, soit un tiers de la
quantité maximale journalière de sucre pour un enfant. Au-delà de
la valeur nutritionnelle des produits proposés, cette initiative,
réalisée sans consultation ni du ministère de la Santé ni de celui de
l'Éducation nationale, est en totale contradiction avec les
recommandations actuelles en matière d'alimentation. L'Agence française
de la sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s'est clairement
positionnée contre toute forme de grignotage, qui fait prendre aux
enfants de mauvaises habitudes. Pour l'Afssa, même la consommation de
fruits doit se faire dans le cadre structuré d'un repas. L'enjeu n'est
pas mince au regard de l'épidémie d'obésité qui touche la France et
l'Europe.
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