Il s'agit bien entendu d'un “pacs politique” pour les
régionales de mars 2010. A Paris, c'est décidé : ce sera Didier Robert
devant, Jean-Paul Virapoullé derrière. Rien à voir avec le refrain bien
connu : “Dame devant, cavalier derrière”. Juste avant les municipales
partielles à Saint-Paul, les 27 septembre et 4 octobre derniers,
lorsque l'UMP-Paris avait dépêché deux de ses émissaires, Eric Raoult
et Jean Simonetti, pour tenter l'union entre Alain Bénard et Cyrille
Melchior, le sénateur Virapoullé avait “sauté en l'air”. Il s'était
insurgé contre ces comportements “néo-coloniaux” en criant au scandale,
au mépris pour les Réunionnais “toujours soumis au diktat parisien”.
Lui, en tout cas, avait juré mordicus qu'il ne courberait pas l'échine.
Douze jours plus tard, en vue des régionales, l'Elysée
a décidé d'imposer - quoique, c'était dans les tuyaux depuis le départ
- Didier Robert comme tête de la liste “d'union de la droite”.
Virapoullé, 65 ans, “l'expérimenté”, se couche. Il se range derrière le
jeune député-maire de 45 ans. “L'expérience” s'efface devant “la
jeunesse et le renouveau”. Le “président a dit”, donc Virapoullé et La
Relève s'exécutent. Le sénateur avait-il réellement le choix ? Pas
vraiment. Entre son poste de sénateur et quelques petits quotas de
pêche à sauvegarder, on imagine que l'ancien maire de Saint-André a
vite tranché. Reste à savoir maintenant si le tandem Robert-Virapoullé
fera des flammes aux régionales, s'il sera plus efficace que le duo
Bénard-Melchior au deuxième tour des municipales à Saint-Paul face au
PCR. D'autant que d'autres élus de droite, “instrumentalisés” par la
pyramide inversée, se profilent à l'horizon et risquent de sérieusement
compliquer la donne de “l'union UMP-Objectif Réunion-La Relève”.
Il faudra aussi compter sur les faiblesses de
l'actuelle politique gouvernementale empêtrée dans des histoires de
“fesses” avec le ministre de la Culture et de “pistonnage” avec la
tentative du chef de l'Etat d'installer son fils Jean, 23 ans et en
deuxième année de droit, à la tête de l'Epad (quartier d'affaires de la
Défense). Et pour ce qui est de la Défense, ce n'est pas la visite dans
l'île du ministre éponyme, Hervé Morin, le Sarkozyste-centriste ou le
“Sarkotriste”, qui va redorer le blason de l'UMP. Le camarade du
Nouveau Centre Cyrille Hamilcaro a même oublié de rendre une petite
visite aux familles des deux soldats réunionnais tués en Afghanistan...
pour la France.
Yves Mont-Rouge |