Un rapport de la Commission
européenne sur les services financiers de détail dans les 27 pays de l'Union se
révèle bien peu flatteur pour les établissements français : opacité des tarifs,
frais bancaires parmi les plus chers d'Europe... Bref, comme le dénonce
régulièrement l'UFC-Que Choisir, les banques vont devoir sérieusement modifier
leurs pratiques pour respecter leur obligation d'information.
Tarifications opaques, fiabilité des
conseils financiers mise en cause en raison de conflits d'intérêts, coût élevé
des services bancaires... La Commission européenne ne mâche pas ses mots pour
dénoncer les pratiques tarifaires des banques européennes. La commissaire
chargée des consommateurs, Meglena Kuneva, parle même de « principes de base
bafoués en raison de problèmes de tarifications complexes, de redevances
cachées et d'informations peu claires et incomplètes ».
La France, l'Autriche, l'Italie et
l'Espagne figurent bonnes dernières de la liste, qu'il s'agisse de transparence
ou de coût des comptes bancaires. Par exemple, la gestion d'un compte courant
en France revient en moyenne à 154 euros, contre 58 en Belgique et 27 en
Bulgarie. La Fédération bancaire française (FBF) a réagi vivement en expliquant
que « l'enquête ne prend en compte ni le niveau de service rendu, ni les
attentes des consommateurs par pays [...], les Français étant grands
utilisateurs de services bancaires, ce qui a amené les banques à développer des
services multiples, adaptés aux besoins de chacun ».
Des arguments que notre dernière enquête
(publiée sur Que Choisir en ligne dès le 3 octobre) ne tend pas à confirmer.
Les nombreux témoignages que nous avons recueillis font plutôt état de packages
coûteux placés d'office, de comparaisons impossibles entre banques, d'écarts de
prix de 1 à 10 pour un même service, d'apparition de services payants
auparavant gratuits (conservation de chéquiers facturée, frais de succession de
plusieurs centaines d'euros, frais de « gestion », « commission de forçage » en
cas de découvert, centre d'appel payant...), etc. Les associations de
consommateurs et la Commission européenne ne sont apparemment pas les seules à
dresser ce constat, puisqu'un communiqué du médiateur de la République publié
le lendemain du rapport de la Commission ne dit pas autre chose : « Les
pratiques tarifaires des banques restent bien opaques. Établir un glossaire
exhaustif obligatoire des frais bancaires est donc une première étape pour
faciliter la compréhension du client. » La Commission européenne s'est engagée
à suivre de près la façon dont les États prendront en compte les conclusions de
son rapport. |