La grippe A n'a qu'à bien se tenir, voici Roselyne B
qui arrive. Est-ce plutôt un bon signe ? Oui et non ! Les Réunionnais
qui n'ont pas la mémoire courte se souviendront certainement qu'un
autre ministre de la Santé vint jadis à leur secours. Eh oui, Xavier
Bertrand, le Raminagrobis passé du gouvernement à l'UMP. A cette
époque, notre majesté fourrée avait même promis un vaccin contre le
chikungunya. Les moustiques en rigolent encore !
Que vient donc faire la ministre de la Santé ? Sa visite s'inscrit
« dans une logique d'anticipation et de préparation à la gestion de
l'épidémie », explique le ministère. S'il est vrai que l'on compte 22
500 cas de grippe à La Réunion (chiffre officiel), on se dit que pour
l'anticipation c'est plutôt raté ! Préparer la gestion de la crise
alors ? Sans vouloir être désobligeant, on espère que les services de
santé de La Réunion ont déjà anticipé !
Que peut faire Roselyne Bachelot alors si elle ne peut même pas
annoncer un vaccin magique ?
Plus que ses compétences de pharmacienne dont je ne doute pas, c'est
sur ses aptitudes de boute-en-train que je compte. Volontiers
rigolarde, maquillée comme une voiture volée, la dame a du tonus, le
verbe haut, c'est-à-dire en dessous de la ceinture. Elle vous regonfle
un moral en deux ou trois mots. On la verrait volontiers en Madelon
apportant à boire à ceux que la fièvre assoiffe à l'hôpital. Car
Roselyne, comme Madelon, a toujours le sourire. D'ailleurs je me
permets de lui dédier la martiale chanson (en modifiant légèrement les
paroles) composée en 1914 pour amuser les soldats qui allaient
affronter autre chose qu'une grippe A :
« Quand Roselyne vient nous servir à boire
A l'hôpital on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Roselyne pour nous n'est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
Roselyne, Roselyne, Roselyne ! » |