Cet été, de nombreuses personnes se sont laissé tenter par des
échantillons gratuits d'açaï. En réalité, c'était une offre d'essai, reconduite
tacitement. Résultat, des prélèvements inattendus de plus de 80 euros.
Elles s'appellent
Claire, Jade ou Isabelle. Des sosies, manifestement, car sous le même visage,
toutes les trois vantent, sur des blogs strictement identiques, les vertus de
l'açaï, une baie censée faire maigrir. Et ça tombe bien, par l'intermédiaire de
leur site, il est possible d'obtenir des échantillons gratuits ! Il suffit de
cliquer sur le lien indiqué. Et d'entrer un numéro de carte bancaire, histoire
de couvrir les frais d'expédition, de l'ordre de 4euros. À ce stade, il n'y a
aucune raison apparente de s'inquiéter, et nombreuses sont les personnes qui se
sont laissé tenter. D'autant que la publicité qui les a attirées jusque-là
figure largement, aujourd'hui encore, sur Facebook.
Malheureusement, les
ennuis ne tardent pas. Car non seulement les blogs sont totalement bidon, mais
cette offre d'échantillons est tout simplement un piège. Les clients s'en
rendent compte rapidement : une dizaine de jours après avoir reçu les produits
gratuits, ils constatent, s'ils pensent à consulter leur compte, qu'ils ont été
soulagés, souvent à deux reprises, de plus de 80 euros ! L'explication est
simple : derrière la possibilité alléchante de recevoir des échantillons
gratuits se cache en réalité une offre d'essai qui se transforme
automatiquement, au bout de 2 semaines, en commande de produits payante. Tous
les 30 jours, une commande est ainsi débitée, grâce au numéro de carte bancaire
communiqué pour les frais d'envoi. Ces explications ne sont données que sur la
deuxième page, après avoir donné noms et adresse, au moment d'entrer le numéro
de carte bancaire. Elles sont également détaillées dans les conditions
générales de vente, rédigées en anglais.
À en croire les
quelque 260 plaintes reçues par le Réseau anti-arnaque, partenaire de l'UFC-Que
Choisir, les consommateurs abusés par cette méthode pour le moins insidieuse
sont très nombreux. Et il semble difficile de se défendre. Il est avant tout
impératif, si on a passé commande d'échantillons, de stopper la machine avant
de recevoir d'autres produits, en annulant l'inscription le plus vite possible,
par téléphone, et en insistant pour avoir confirmation écrite. Pour être
certain de ne pas être débité, on peut aussi faire opposition sur la carte
bancaire, ce qui occasionnera des frais. Si les prélèvements ont déjà eu lieu,
le mieux est de contacter sa banque et d'expliquer qu'on a été victime d'une
utilisation frauduleuse de la carte bancaire. Avec le risque que l'agence
estime cette demande irrecevable. Certaines personnes ont pu être remboursées
en envoyant une lettre recommandée à l'adresse de l'entreprise en Écosse.
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