Quel aveu ! Lui, Sarkozy, il a tous les sondages et des équipes pour en
comparer la « qualité » finement. Il sait comment ils ont procédé
depuis deux mois, dans leur mise au point, dans leur publication, dans
leur instrumentalisation : d’abord tout pour lui Sarkozy afin de « créer le trou »,
puis
contre Ségolène pour la faire « décrocher » comme ils l’ont annoncé
plusieurs fois dans des « prophéties auto réalisatrices », puis devant l’échec, en grossissant à n’en plus finir le candidat du prétendu « centre »,
enfin
en diminuant le poids de Le Pen
tout cela pour empêcher ce qu’ils redoutent c’est que Ségolène en dépit
de toutes les limites de sa campagne ne capte in fine massivement le
vote réflexe de classe gauche-droite... anti Sarkozy
Il leur faut brouiller le clivage « droite-gauche »
qui, même exprimé de façon déformé, est un clivage entre deux classes
sociales fondamentales, celle des exploitants, rentiers, actionnaires
et celle du salariat.
Mais ils n’y parviennent pas, telle est la réalité.
Alors ils doutent et reconnaissent que « cela va se jouer dans un mouchoir de poche »
Ils ont « diminué » presque en ch¦ur, dans la presse
Dassault-Bouygues-Rotschild-Lagardère, la percée artificielle du
candidat du « centre » ces tous derniers jours : « Bayrou : le coup
d’arrêt » a titré le JDD Journal du Dimanche pour mieux en donner le
signal et l’orchestrer. C’était prévu, Bayrou, le faux-centriste
vraiment de droite, devait troubler le jeu mais pas au point de passer
devant... trop risqué !
Ils ont surtout diminué le « total gauche » : pas
difficile ce sont les « sondés » qui répondent le moins aux questions
en ce moment, ils sont mécontents de toutes parts, les socialistes pas
très heureux de la campagne de leur candidate, les autres pas très
heureux de la division de leurs candidats.
Alors si on tombe dans le panneau et si on prend au
premier degré, on dit « la gauche n’a jamais été aussi faible ». Elle
n’aurait que 35 % des intentions exprimées de vote.
Mais comment est-ce crédible après 2003 (retraites)
2004 (raz de marée à gauche) 2005 (le « non » de gauche avec 59 %
d’électeurs socialistes notamment) 2006 (le raz de marée anti Cpe). Le
rapport de force social est bien meilleur que cela ! Il faut avoir une
bonne dose de pessimisme ou de crédulité pour croire que tout cela est
« effacé ». La lame de fond depuis quatre ans, est là présente,
sous-jacente, non exprimée dans ces sondages extrapolés, pondérés,
corrigés.
Ils cherchent à démoraliser, à dire qu’il y a le feu au
lac, que c’est perdu, donc qu’il n’y a rien à faire sinon rester sur
son Aventin, à pronostiquer la défaite, et même à en anticiper les
conséquences en tirant d’avance sur le quartier général. On voit des
militants dévoués, sincères, baisser ainsi les bras, ne plus chercher à
influer sur le cours des choses. Ils pensent où laissent dire, que cela
va se jouer sans nous, et qu’après tout, c’était prévisible.
5’ de défaitisme et 5 ans de malheur !
Mais non ! On ne peut ainsi, dans les 25 jours qui viennent rester inactifs, ne pas mettre toutes nos forces dans la bataille.
Car elle peut, elle doit, elle va être gagner !
Ré-écoutez Sarkozy lui-même, il l’avoue « cela va se jouer dans un mouchoir de poche ».
Nous, nous croyons même que cela peut être plus net,
que s’il y a un deuxième tour Sarkozy-Ségolène, le rejet du candidat
« sortant » au « Karcher » sera le plus fort, et que la marge peut-être
plus grande si la candidate sait mieux y faire et répond mieux aux
attentes sur les retraites, 35 h, salaires, Code du travail,
redistribution des richesses par la fiscalité, VI° République sociale
parlementaire, etc.
Mais pour cela il faut passer la barre du premier tour
qui, lui, peut être serré, et pas une voix ne doit manquer, il faut
aller les chercher une à une... Nous y oeuvrons !
Sarkozy est en échec patent, gare du Nord comme dans le
19e arrondissement de Paris et demain ailleurs, car sa politique de
provocation, sa volonté de nettoyer la « racaille » au « karcher » peut
mettre la France en situation de guerre sociale permanente... pour un
contrôle « d’identité nationale » brutal ou une expulsion d’enfants de
sans-papiers à la sortie des écoles...
Cet excité a créé et crée un climat de tension, de défi
contre les jeunes, contre les pauvres, contre les immigrés, et on en
voit malheureusement les résultats.
Ses faibles contre-attaques contre « les laxistes socialistes qui
défendraient ceux qui ne paient pas de billets de métro » n’expliquent
rien : quel est ce pays où un tel contrôle peut déclencher des mini-émeutes comme à la Gare du Nord en plein c¦ur de Paris
le 27 mars ?
Quel
est ce pays oui on arrête un grand-père qui vient chercher ses enfants
à l’école en mettant la directrice en garde à vue parce qu’elle protége
les dits enfants ? C’est le pays où la fracture sociale est brutale,
énorme, c’est le pays où rien n’a été résolu depuis les « émeutes
sociales » (comme les avait finalement qualifiées de Villepin sur Cnn)
de novembre 2005.
C’est le pays archi riche des 100 milliards bénéfices gagnés par le Cac 40 et des 7 millions de travailleurs pauvres !
C’est le pays où les « sortants » (la majorité Ump-Udf,
Chirac-Sarkozy-Bayrou) qui avaient prétendu lutter contre la fracture
sociale l’ont aggravée, et qui annoncent qu’ils vont, en fait, aller
encore plus loin de ce sens : réduire le code du travail,
casser les 35 h,
faire travailler plus en gagnant moins,
porter la retraite à 67 ans,
réduire le droit de grève, le droit syndical et les prud’hommes,
réduire les impôts justes et augmenter les impôts injustes, etc.
La masse du peuple Français est consciente de cela et
va voter en conséquence : plus de 10 % d’inscrits en plus sur les
listes électorales en décembre 2006 !
Même en dépit des limites de sa campagne, des
surprenantes fioritures sur le drapeau bleu blanc rouge, Ségolène va
gagner car une majorité des 44 millions d’électeurs vont s’emparer
d’elle pour faire barrage à la droite, à Sarkozy-Bayrou !
Et nous, D&S, tout en exprimant nos critiques, nos
propositions, faisons tout pour qu’elle gagne, de toutes nos forces, et
pour que sa victoire entraîne une dynamique qui permette d’aller le
plus loin possible dans la transformation sociale...
On aura plus de chances, entre autres, alors, de
défendre la retraite à 60 ans que si c’est Sarkozy qui la casse comme
il le promet haut et fort...
Elire Ségolène, ce sera plus une victoire de la gauche,
du réflexe anti droite, de la volonté antilibérale que d’une adhésion à
un bout de tissu en trois couleurs...
Voix par voix, il faut placer Ségolène Royal le mieux
possible le 22 avril pour qu’elle gagne nettement et pas seulement dans
un mouchoir de poche le 6 mai... |