Selon Le Canard enchaîné, le promoteur Lasserre aurait
bénéficié d'une ristourne de 775.000 euros sur l'un des terrains sur
lesquels ont été construits trois bâtiments, dont celui qui abritera
quelques mois plus tard l'appartement du maire de Neuilly.
Le Canard enchaîné affirme, dans son
édition à paraître mercredi 14 mars, que Nicolas Sarkozy, alors maire
de Neuilly, a concédé en 1997 un rabais sur des terrains municipaux au
promoteur Lasserre, avant de lui acheter un appartement.
L'hebdomadaire satirique réitère ainsi pour la troisième fois ses
attaques contre le candidat UMP, qu'il accuse d'avoir bénéficié
d'avantages de la part de ce groupe, lors de l'achat et de
l'aménagement à Neuilly, d'un duplex qu'il a revendu l'année dernière.
Selon le Canard Enchaîné,
le promoteur aurait économisé 775.000 euros grâce à un "coup de
bonneteau" sur les droits à construire qu'il était tenu de verser à la
ville de Neuilly pour pouvoir édifier trois immeubles sur l'île de la
Jatte.
"C'est une sorte de crédit gratuit que la mairie et la Sem 92 (une
société d'économie mixte) ont accordé à Lasserre", avance, sous couvert
de l'anonymat, un haut fonctionnaire parisien cité par l'hebdomadaire.
L'opération aurait consisté à retarder le solde de l'achat du dernier
de trois terrains constructibles et à baisser le prix de 20%.
Réponse écrite de Sarkozy
Le Canard Enchaîné précise avoir reçu le 13 mars une réponse
écrite du président de l'UMP, lequel justifie le rabais accordé par la
crise de l'immobilier.
"La ville de Neuilly et la Sem 92 ont fait face en 1997 à un
effondrement du marché immobilier (...) Dans ce contexte, les nombreux
promoteurs contactés se refusaient à réaliser la troisième tranche
(...) et c'est ainsi qu'elle a cédé les parcelles de la troisième
tranche au prix adapté à la réalité du marché au seul promoteur qui
acceptait de s'engager sur la réalisation de cette troisième tranche",
écrit-il.
Le Canard Enchaîné conteste l'argument de la crise immobilière, soulignant que la chute du marché date de 1992-93 et non de 1997.
"Le 9 juin 1997, deux mois après avoir accordé un cadeau de 775.000
euros sur les droits à construire, Sarko signait avec le promoteur un
contrat de réservation - aux conditions que l'on sait - pour son duplex
de 233 m2", avance-t-il.
Sarkozy "blessé"
L'hebdomadaire écrivait il y a une semaine que le candidat UMP avait
économisé au moins 300.000 euros et publiait une photocopie des travaux
effectués, selon lui, par le promoteur avant l'installation du couple
Sarkozy.
Nicolas Sarkozy, qui s'était dit blessé par la "calomnie", avait publié
une lettre du directeur général des impôts (DGI) affirmant n'avoir
détecté aucune anomalie dans ses déclarations d'ISF 2005 et 2006.
S'agissant de sa propriété de Neuilly, Bruno Parent a répondu que
l'estimation de la valeur vénale à laquelle Nicolas Sarkozy a procédé
pour 2005 "n'appelle pas d'observation" et qu'elle est "cohérente" avec
les prix du marché
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