La Direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) estime que les
comparateurs de prix doivent faire un gros effort de transparence
vis-à-vis des consommateurs, notamment sur les prix.
En août dernier, la Direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) annonçait son
intention de mettre son grain de sel dans le petit monde des
comparateurs de prix, ces sites qui prétendent répertorier, pour un
produit donné, les meilleurs prix pratiqués sur Internet. Son objectif
: s'assurer que « les critères et l'étendue de l'offre soient
clairement explicités au consommateur et qu'ils correspondent à la
pratique véritable du site ». Bien lui en a pris. Les conclusions
de l'enquête, réalisée au dernier trimestre 2006, sont aujourd'hui
disponibles, et elles sont éloquentes : sur les douze comparateurs de
prix contrôlés, onze ont fait l'objet d'un rappel à la règlementation.
Les agents de la DGCCRF soulignent en particulier un défaut de «
loyauté de l'information donnée au consommateur ». Cinq sites font
ainsi croire, à tort, que la sélection de cybermarchands qu'ils
présentent est exclusive. L'un d'entre eux privilégie sans complexe les
sites qui sont ses partenaires commerciaux et qui paient pour que leurs
produits soient mieux présentés que les autres. Ce que le consommateur,
la plupart du temps, ignore. Les comparateurs ne se rattrapent pas sur
l'affichage des prix, loin de là. La DGCCRF a sanctionné leur manque
d'homogénéité : ils peuvent inclure ou pas les frais de livraison ou de
port, ou encore une garantie supplémentaire, sans que ces conditions de
vente soient très claires pour l'acheteur potentiel. Quant aux
relations commerciales entre les comparateurs et les sites marchands,
elles manquent singulièrement de clarté : les modalités de
référencement et de rémunération des sites sont imprécises, et les
règles de facturation ne sont pas respectées. Raison pour laquelle la
DGCCRF a là aussi dû sévir. L'ensemble de ces résultats
confirment en tout cas le constat de l'UFC-Que Choisir qui, dans une
enquête parue en juillet 2006, soulignait que les panels des
comparateurs étaient réalisés à partir d'un nombre de marchands assez
restreints, et recommandait de se méfier des prix affichés. La DGCCRF,
de son côté, annonce qu'elle « maintiendra sa vigilance sur ce secteur
». Une intention d'autant plus louable que la moitié des consommateurs
ont recours à un comparateur de prix pour éclairer leur choix.
Maintenant, ils savent que cet outil n'est pas aussi intègre qu'il y
paraît.
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